Cœur de Marie

Cœur de Marie

Le Cœur de Marie ou encore Cœur-de-Jeannette ou Cœur-Saignant (Dicentra spectabilis L.) est une plante vivace de la famille des Papavéracées, cultivée pour ses fleurs roses et blanches très décoratives.
Anciennement de la famille des Fumariaceae.

Utilisation

Il s’agit d’une plante d’ornement ne dépassant pas 70 centimètres de hauteur, vivace à bulbes, au feuillage caduc, cultivée en massifs, en bordures ou en jardinières surtout pour ses très belles fleurs printanières en forme de cœur, rouges, roses ou blanches.

Culture

La multiplication de la plante se fait par semis des graines avant qu’elles ne se dessèchent ou par division de préférence en fin d’automne ou tôt au printemps.
Les pucerons, limaces et escargots se nourrissent parfois des feuilles de cette espèce.
D’origine asiatique, il en existe une vingtaine de variétés que l’on peut acheter chez les pépiniéristes spécialisés. Plusieurs cultivars ont été sélectionnés :
* «Alba», à fleurs blanches,
* «Goldheart», un cultivar relativement nouveau mis au point au Jardin Hadspen en Angleterre et lancé en 1997 avec des fleurs fuchsia qui tombent de la tige dans une rangée, et le feuillage jaune qui devient vert lime à la mi-été.
Le contact avec la sève de cette plante peut provoquer une irritation de la peau chez certaines personnes en raison de la présence d’alcaloïdes de type isoquinoline.

wikipedia

Le Maroc, un leader dans le domaine de l'écologie en Afrique

– Propos recueillis par Nadia El Hachimi

Alexandria (Virginie), 23/04/10 – Le Royaume du Maroc est doté de nombreux atouts lui permettant de devenir un leader dans le domaine de l’écologie non seulement en Afrique mais aussi dans le monde, a affirmé, vendredi à Alexandria, John Passacantando, un activiste de longue date au sein de l’organisation internationale “Greenpeace”. “Le Maroc a réalisé d’innombrables avancées dans le domaine des énergies renouvelables et de l’agriculture (…) sous l impulsion de SM le Roi Mohammed VI et nous sommes confiants que le Maroc sera un leader dans le domaine de l’écologie en Afrique et dans le monde”, a-t-il souligné dans un entretien accordé à la MAP.

Aux yeux de cet économiste formé à l’université de Lake Forst en Caroline du Nord (est des Etats-Unis) et celle de New York, le choix du Royaume pour abriter les festivités du 40ème anniversaire de la Journée de la Terre dénote de la vision écologique adoptée par le Royaume sous la conduite éclairée du Souverain. “Aujourd’hui nous avons besoin de leaders environnementaux forts dans le monde”, a fait savoir cet environnementaliste, qui regrette de ne pas avoir pu se rendre au Maroc pour participer à cet évènement planétaire en raison de l’irruption en Islande du volcan .

Evoquant les grands projets initiés par le Royaume dans le domaine de l’énergie solaire et éolienne et de la promotion agricole, M. Passacantando, n’a pas manqué de souligner que le choix du Maroc pour abriter cet événement à la lumière des différentes initiatives “vertes” initiées dans le royaume “est un signe d’espoir pour le mouvement écologique dans le monde”. Depuis son lancement le 22 avril 1970 à l’initiative de l’ancien sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelsonde, la Journée de la Terre a permis d'”éduquer toute une génération aux fondements de l’écologie et de comprendre que le bien-être de la nature est inextricablement lié à celui de l’Homme”, a-t-il expliqué.

M. Passacantando a, cependant, estimé que le défi majeur dans le domaine de l’environnement consiste à “trouver une solution à la dépendance mondiale vis-à-vis des hydrocarbures et à promouvoir les énergies renouvelables propres”. Soulignant l’impératif de renfoncer la coopération dans le domaine de l’écologie, M. Passacantando a relevé que cet objectif ne peut se matérialiser qu’à travers une coordination sans faille entre les différents pays dans le monde.

“Nous avons besoin de toutes les forces vives au Maroc et dans le monde tout comme nous avons besoin de davantage de soutien de la part des jeunes générations”, a-t-il ajouté. S’agissant des initiatives des Etats-Unis en vue de promouvoir la question de l’environnement, M. Passacantando a noté que de tels efforts nécessitent de “bons partenaires” et des actions concrètes au niveau mondial pour résoudre tous les problèmes écologiques sur le long terme.

Ancien directeur exécutif de la Florence and John Schumann Foundation à New York, M. Passacantando a fondé le groupe de lutte contre le réchauffement climatique  “Ozone action”, avant de rejoindre Greenpeace en 2000. La ville de Rabat avait, rappelle-t-on, été choisie comme “Ville Première” par l’organisation américaine “Earth Day Network” pour célébrer le 40ème anniversaire de la Journée de la Terre. Outre la ville de Rabat, cinq autres villes abritent simultanément les célébrations de la Journée de la Terre, à savoir Washington, New York, Rome, Shanghai et Bombay.

http://www.map.ma/mapfr/earthday/index.htm

Climat,le Maroc répond aux exigences de l'accord de Copenhague dans les délais impartis

Le Maroc a apporté, dans les délais impartis, sa réponse aux exigences de l’accord de Copenhague relatives à la mise au point des programmes des Etats pour la réduction des gaz à effets de serre, a indiqué mercredi le secrétaire d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement, M. Abdelkébir Zahoud.

Dans une allocution lue en son nom à l’ouverture d’une réunion de présentation du 2ème rapport national sur les changements climatiques, élaboré sur la base de la communication présentée à la conférence de Copenhague (2009), M. Zahoud a ajouté que l’élaboration de ce document dans les délais impartis permet au Maroc de confirmer sa position dans les négociations relatives aux changements climatiques. Le rapport a été élaboré par le secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement et le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le secrétaire d’Etat s’est félicité des efforts déployés pour la mise au point de ce document, établi conformément aux recommandations de la Conférence de Copenhague relatives à la simplification des procédures pour l’établissement de rapports nationaux périodiques tous les deux ans. La qualité des rapports est tributaire d’un partenariat entre les secteurs public et privé pour la mise en place d’un système de données crédibles et d’un suivi des indicateurs climatiques aux niveaux territorial et sectoriels, a-t-il souligné.

Pour ce qui est du “projet d’adaptation pour des oasis résilientes”, lancé lors de cette réunion, M. Zahoud a souligné qu’il revêt une grande importance pour le Maroc qui pratique une politique préventive d’adaptation pour préparer les populations et les acteurs économiques à mieux faire face aux effets des changements climatiques.

Le représentant du PNUD, M. El Kébir Alaoui Mdaghri, a affirmé que le savoir faire dont le Maroc a fait preuve dans l’établissement de ce rapport représente une expérience qui mérite d’être soumise à autres pays désireux d’en profiter, estimant que le processus d’élaboration de ce document a permis au Royaume non seulement d’être dans les délais requis, mais aussi d’enrichir le débat sur le climat et les stratégies et plans sectoriels et approches territoriales en la matière.

Le 2ème rapport présente les politiques et mesures adoptées par les Maroc pour l’atténuation des effets des changements climatiques, sur la base d’un inventaire national des GES (énergie, déchets, industrie) émetteurs de gaz à effet de serre et des secteurs considérés comme les plus vulnérables aux changements climatiques (ressources en eau, agriculture, forêts, oasis, littoral et ressources halieutiques).

Le 2ème rapport confirme les effets des changements climatiques consignés dans le premier document du genre (2001), particulièrement l’augmentation des températures, la baisse des ressources en eau et des rendements des cultures, l’amincissement des hauteurs de la neige, la perturbation des mécanismes des vents et la montée de l’intensité de la sécheresse.

http://www.map.ma/mapfr/earthday/index.htm

L'OCP annonce le lancement d'un fonds d'investissement agricole de 200 Millions de Dirhams

Meknès -29-04-10- Le groupe OCP a saisi l’occasion de la 5-ème édition du SIAM pour annoncer le lancement de son Fonds d’investissement agricole, “OCP Innovation Fund for agriculture”, qui mobilisera dans un premier temps 200 millions de dirhams.

“OCP Innovation Fund for agriculture” est opérationnel et s’apprête à finaliser le financement de quelques projets agricoles, a déclaré à la presse M. Mohamed Soual, directeur général de la Fondation OCP. Ce Fonds se fixe pour objectif, sur une durée de quatre ans, de participer dans une quarantaine d’entreprises, associations et coopératives, émergentes ou en croissance, développant des projets de production végétale et animale, d’agrégation des agriculteurs et de valorisation et commercialisation de leurs productions.

Les crédits initiaux à récupérer, après un horizon de placement défini, seront replacés intégralement dans le Fonds pour permettre le financement de nouveaux projets, a-t-on précisé.

Porté par la Fondation OCP, ce Fonds d’investissement agricole se propose de financer des structures agricoles et agro-industrielles développant des stratégies d’accroissement et de diversification des productions agricoles, dont l’objectif est de renforcer le professionnalisme, d’organiser la production agricole et de moderniser les filières identifiées par le Plan Maroc Vert.

Il appuiera les opérateurs adoptant des méthodes compatibles avec les principes de protection de l’environnement, d’amélioration des ressources et de création de richesses et de revenus pour les populations qui comptent sur l’agriculture pour subsister.

Selon l’OCP, le Fonds, qui ambitionne d’impulser une dynamique créatrice d’emploi et de contribuer à la croissance de la productivité agricole du Royaume, investira prioritairement dans les projets agricoles situés dans les territoires d’implantation du groupe OCP et accompagnera les projets structurant tels l’irrigation raisonnée, la réhabilitation des terrains miniers ou encore la production de biocarburants.

SM le Roi préside à Meknès l'ouverture du 5ème salon international de l'agriculture au Maroc

Meknès, 28-04-10- SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de SAR le Prince Moulay Rachid a présidé, mercredi à Sahrij Souani à Meknès, l’ouverture de la cinquième édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), qui se poursuivra jusqu’au 02 mai prochain.

* Le Souverain procède à la remise de certificats et trophées de reconnaissance des signes distinctifs de qualité.
* L’agriculture, maillon fondamental de tout processus de développement durable-.
* Plus de 500.000 visiteurs attendus au Salon-.
* 840 exposants, dont 184 représentant 30 pays, participent à cette édition-.

Au début de cette cérémonie, SM le Roi a procédé à la remise de certificats et trophées de reconnaissance des signes distinctifs de qualité. Ainsi, le Souverain a remis l’Indication géographique “Clémentine Berkane” à M. Kamal Kantari, président de l’association de l’Indication géographique protégée de la clémentine de Berkane, et l’appellation d’origine “safran de Taliouine” au Dr. Ibrahim Hafidi, président du conseil régional de Souss-Massa-Draa.

De même, SM le Roi Mohammed VI a remis l’Indication géographique “Dattes Majhoul de Tafilalet” à M. Abdellah Dindane, président de l’association Oasis de Tafilalet pour la valorisation des produits de terroir et la promotion de l’agriculture biologique. M. Benmbarek Fenniri, président de l’association nationale des éleveurs ovins et caprins, a reçu des mains de SM le Roi le label agricole “Agneau laiton”. Par la suite, SM le Roi a visité les différents stands et espaces du Salon, organisé par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime sous le thème “Développement durable”.

Le choix de cette thématique traduit la volonté du Maroc de veiller à ce que l’agriculture soit le maillon fondamental de tout processus de développement durable, ainsi que de la nécessité de déployer davantage d’efforts pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique et la pénurie des ressources naturelles. Une occasion aussi pour mettre en exergue les principes de la bonne gouvernance agricole, ce Salon se veut au service des petits agriculteurs, de l’amélioration de la production agricole et de la protection des ressources naturelles, à travers notamment une gestion rationnelle et équilibrée des ressources et des moyens de production, dans le pur respect des normes écologiques en vigueur.

Aménagé sur une surface de 10 ha, le SIAM constitue une opportunité pour établir des partenariats entre les professionnels marocains et étrangers du secteur et pour mettre en valeur les potentialités de l’agriculture marocaine et sa place dans le tissu économique national. Plus de 500.000 visiteurs sont attendus à ce Salon qui se veut avant tout un espace de réflexion sur les potentialités de l’agriculture marocaine, secteur clé de l’économie nationale, ainsi que sur les défis qui se posent au secteur dans un monde mondialisé et de plus en plus compétitif. 840 exposants, dont 184 représentant 30 pays, prennent part à l’édition 2010 du Salon qui connait la participation de 85 pc des établissements et sociétés étrangères ayant participé aux précédentes éditions.

Le Salon international de l’agriculture au Maroc, version 2010, s’articule autour de neuf pôles thématiques, à savoir : “16 régions du Royaume”, “Sponsors et Institutionnels”, “International”, “Produits agricoles”, “Agrofournitures”, “Machinisme”, “Nature, Environnement et Développement durable”, “le Souk” , “Coopératives, Associations, Produits du terroir” et “Elevage”.  Le pôle des “16 régions du Royaume” est un espace où chaque région décline les thématiques relatives à l’agriculture de sa zone géographique (particularités géoclimatiques, produits du terroir, agrotourisme, politique agricole).

Quant au “pôle Institutionnels et Sponsors”, il s’agit d’un espace dédié aux institutions publiques et privées qui s’impliquent dans l’agriculture du pays et soutiennent le Salon International de l’agriculture au Maroc. Concernant le pôle “International”, il illustre l’ouverture résolue du Maroc et son engagement à renforcer ses relations commerciales avec des entreprises étrangères évoluant dans le secteur de l’agriculture ou de l’agroalimentaire, les organismes internationaux et les ONG. S’agissant du pôle “Produit”, il rassemble toutes les PME et grandes entreprises agricoles ou agroalimentaires du Maroc proposant des produits bruts tels que les fruits et légumes, jusqu’aux produits transformés.

Le pôle “machinisme” est réservé aux professionnels proposant du matériel agricole et des équipements à destination des exploitations agricoles. Ces professionnels y exposent également les machines et engins développés dans un souci de répondre aux attentes des agriculteurs en matière de rendement, de productivité et de réduction de coûts. Pour ce qui est du pôle “élevage”, il constitue un panel représentatif des élevages existants au Maroc. Seront également présentes sur ce pôle, les sociétés spécialisées dans la fabrication et la commercialisation des fournitures techniques et du matériel utilisés dans cette filière, ainsi que celles spécialisées dans l’alimentation animale et les médicaments vétérinaires.

Le pôle “Nature, Vie et Environnement” correspond aux loisirs plein air telles que la pêche et la chasse, au jardinage, aux espaces verts, aux forêts mais aussi à l’éco-habitat et aux activités environnementales. Il représente un cadre de réflexion sur les problématiques environnementales de l’heure ayant trait notamment aux énergies renouvelables et au développement durable. Le pôle “Agrofourniture” concerne les secteurs liés aux intrants et petits équipements de production végétale (semences, plants, matériel de culture, fertilisants, engrais, serres). Créé lors de la 4ème édition du SIAM, le pôle “Souk”est dédié aux coopératives et associations du Maroc qui oeuvrent pour la promotion des produits agricoles artisanaux et produits du terroir.

Les premiers jours du salon, les 28 et 29 avril, sont exclusivement dédiés aux professionnels, avant son ouverture au grand public du 30 avril au 2 mai. Cette année, le salon verra l’organisation d’une série de conférences et de tables rondes scientifiques animées par des experts et des professionnels nationaux et internationaux (Australie, USA, France, Allemagne), qui s’ajouteront aux rencontres d’information et de sensibilisation programmées par les organisateurs au profit des agriculteurs. Les organisateurs ont aussi prévu un espace dédié aux animations (concours d’élevage, ateliers de produits et animations du Souk…) qui offriront aux visiteurs l’occasion de découvrir les richesses du Royaume.

http://www.map.ma/mapfr/siam2010/

La Turquie souhaite développer la culture de l'avocat

Article proposé par : M. Youssef CHARHABAILI/PROMAGRI


L’Organisation nationale de planification, ou DTC, finance un projet de la Mustafa Kemal Université, MKU, visant à étendre la culture des avocats en Turquie.
Dans le cadre du projet, le département d’horticulture de la Faculté de l’Agriculture à MKU a pour objectif d’étudier et d’améliorer le rendement de l’avocat.
“Nous avons fait une étude sur les 5 types d’avocats préférés dans les pays européens. Nous avons réalisé que l’avocat est adapté à notre région. Nous avons observé que l’avocat peut se développer dans tous les endroits où poussent les citrons, et peuvent être conservés pendant deux mois à six degrés Celsius ” a déclaré le chef de projet, le professeur Mustafa Kaplankiran.
“Dans le cadre du projet, on obtient 40 kilos d’avocat par arbre” : rendement plutôt satisfaisant. L’avocat pourrait devenir un produit d’exportation, source de revenus pour les producteurs.
Chaque année, Israël exporte 60.000 tonnes d’avocats et l’Espagne 70.000 tonnes, aussi la future production turque, estimée à 50.000 tonnes, pourrait trouver sa place sur le marché européen.

source : hurryiet daily news

Pas de risque sanitaire après l'éruption volcanique

Article proposé par : M. Youssef CHARHABAILI/PROMAGRI

Suite à une demande de la Commission européenne, l’European Food Safety Authority (EFSA) a rendu un avis sur les risques sanitaires pour l’alimentation et la sécurité des aliments après l’éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande le 14 avril dernier.
Les experts de l’EFSA se sont concentrés sur les dangers sanitaires éventuels du fluorure, identifié comme le principal élément issu de cendres volcaniques pouvant causer un risque à court terme sur la sécurité des aliments.

L’EFSA a conclut que selon les renseignements disponibles, le risque potentiel posé par le fluor dans les cendres volcaniques de la contamination de l’eau potable, des fruits, légumes, poissons, lait, viande et aliments pour animaux dans l’Union européenne est négligeable.
Par conséquent, le risque pour la santé humaine et animale par les aliments et aliments pour animaux n’est pas considérée comme un sujet de préoccupation dans l’UE.
Dans son évaluation, l’EFSA reconnaît un certain nombre d’incertitudes, comme la dispersion des cendres dans l’air, combien de cendres est tombée dans l’UE, le manque de données sur la composition des cendres dans l’UE, et les zones géographiques susceptibles d’avoir été touchées.

source : efsa

Le marché de l’huile d’Argan et son impact dans la région d’Essaouira

Introduction

L’huile d’argan est devenue l’une des huiles comestibles les plus chères dans le monde. Elle est encore plus chère comme produit cosmétique et est le sujet de plusieurs brevets cosmétiques aux USA et en Europe. Cette huile, qui a été une source de revenus des habitants du Sud-Ouest du Maroc pendant des siècles, a connu un regain d’intérêt avec les diverses découvertes de ses vertus culinaires, cosmétiques et même médicinales. Ceci a engendré une croissance importante du marché de haute valeur d’argan lors de cette dernière décennie. Les ONG, les agences de développement nationales et internationales et les coopératives locales de l’huile d’argan ont joué un rôle central dans ce boom du marché d’argan avec comme objectif principal l’amélioration des revenus des populations locales et la conservation de la forêt d’argan.

Par ailleurs, la «théorie de conservation par le biais de la commercialisation» se rapportant à l’huile et aux autres produits non ligneux en vue d’aboutir à la fois à un développement économique et à la conservation de l’environnement, a suscité lors de dernières décennies l’intérêt des chercheurs et des développeurs.

L’objectif de cette étude est ainsi d’étudier l’impact de la croissance du marché d’argan sur le développement socio-économique de la population locale et sur la conservation de la forêt. L’approche de travail adoptée a consisté en l’évaluation de l’impact du marché d’argan sur un échantillon de ménages de la forêt d’argan dans le Sud-Ouest du Maroc (Smimou, région d’Essaouira) avant le boom d’argan en 1999 et après la montée en flèche des prix d’argan en 2007.

Situation de la forêt de l’arganier et du marché de l’huile

L’arganier (Argania spinosa) est endémique au Maroc où il est classé en seconde place en termes de couverture après le chêne-liège. Ses racines profondes jouent un rôle important dans la stabilisation des écosystèmes arides et constituent un obstacle important à l’avancement des déserts. En reconnaissance de sa valeur écologique et économique locale, la région forestière de l’arganier a été déclarée Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 1998.

La forêt d’Argan est précieuse pour les autochtones qui utilisent quotidiennement ses divers produits: le bois et le charbon de bois pour le chauffage et la cuisson, le bois pour la menuiserie et la construction, les feuilles et les fruits pour la nourriture du bétail et l’huile pour les utilisations culinaires, cosmétiques et médicinales. En effet, près de 90 % de l’économie rurale de la région d’argan dépend du système agro-forestier de l’arganier.

L’exploitation de la forêt et l’accès aux fruits d’argan est collective dans la plupart des cas. Toutefois, certains ménages ont des arbres d’arganiers privés sur leurs terres. Au cours de la période de récolte des fruits (Mai à Septembre), une partie de la forêt est exploitée individuellement pour la collecte des fruits selon le droit appelé droit d’agdal. L’autre partie de la forêt appelée azroug est exploitée collectivement durant toute l’année que ce soit pour la collecte des fruits, du bois ou le pâturage.

Toutefois, la forêt de l’arganier est confrontée à diverses menaces. En effet, près de la moitié des forêts de l’arganier a disparu au cours du 20ème siècle. Cette forte régression est due à l’exploitation de la forêt, notamment pour la fabrication du charbon de bois de haute qualité, à la forte pression pour le pâturage, la collecte du bois et le gaulage, et plus récemment à la conversion vers la production agricole des cultures d’exportations et la forte demande en immobilier rural.

L’huile extraite des fruits de l’arganier présente des propriétés culinaires, cosmétiques et médicinales intéressantes. Grâce à ces propriétés, cette précieuse huile a attiré l’attention de scientifiques, de touristes, d’entrepreneurs et de grandes firmes cosmétiques à travers le monde, ce qui a aboutit à sa forte demande et au développement d’un marché de haute valeur. Durant les années 1990, ce marché de haute valeur de l’huile d’argan a été accompagné par des efforts de développement, notamment des femmes rurales qui sont les plus impliquées dans les activités d’argan, et de conservation à travers la création de coopératives féminines de production de l’huile d’argan à travers la région de l’arganier. Ces coopératives ont été assistés par des organismes nationaux (Ministère de l’Agriculture, Universités, ODECO, ADS,…) et internationaux (GTZ, UE,…) en vue de l’amélioration des techniques d’extraction, d’emballage, d’étiquetage et de labellisation pour la production d’une huile de haute qualité accessible aux marchés d’exportation.

Le nombre de coopératives féminines de production de l’huile d’argan est passé de quelques unes, comptant quelques centaines de femmes en 1999, à plus de 100 regroupant près de 4000 femmes en 2007. Ces coopératives sont organisées au sein d’unions ou d’associations de coopératives féminines de production d’argane (UCFA) ou au sein de groupements d’intérêts économiques (GIE). En Janvier 2008, l’Association Marocaine pour l’Identifica-tion Géographique d’Huile d’Argane (AMIGHA) a été crée à l’initiative du Conseil Régional du Souss Massa Drâa. Cette association regroupant tous les partenaires de la filière de l’huile d’argan a pour mission de faire reconnaître et de mettre en œuvre l’Indication Géographique Protégée (IGP) de l’huile d’argan dans le cadre de la loi 25/06 relatives aux signes distinctifs d’origine et de qualité (SDOQ).

La production d’argan varie largement d’une année à l’autre, notamment en fonction des fluctuations des précipitations. Il n’existe pas de chiffres officiels relatifs à la production de fruits d’argan. Historiquement, une partie de fruits d’argan est collectée manuellement entre Mai et Septembre l’autre partie est collectée indirectement par les chèvres. Actuellement, avec l’évolution de la valeur des fruits d’argan et les exigences de qualité, la majeure partie des fruits est collectée manuellement puisque les graines collectées à travers les chèvres sont de moindre qualité.

Le marché d’argan a connu une évolution spectaculaire entre 1998 et 2007 (figure 1). Le prix des fruits d’argan dans les souks hebdomadaires a presque doublé entre les deux années d’enquête 1999 et 2007 et a augmenté plus rapidement que le prix de l’huile d’argan en raison de la forte demande des fruits par les marchés de l’huile d’argan de haute valeur (coopératives, sociétés privées).

Les prix des amendons d’argan ont suivi la même tendance que celle de l’huile d’argan et ont connu une augmentation substantielle en raison de la forte demande grandes sociétés privées du business de l’huile d’argan et qui opèrent dans les grands souks hebdomadaires de la région d’argan, par l’intermédiaire de collecteurs de graines.

La forte demande en huile d’argan n’a pas uniquement aboutit à l’augmentation des prix des produits d’argan mais également à une différenciation significative dans les marchés d’argan. En effet, il existe deux types d’huiles d’argan, l’une culinaire, extraite à chaud après torréfaction, et l’autre cosmétique préparée à froid, généralement mécaniquement à l’aide de machines spéciales.

L’huile culinaire, historiquement disponible et commercialisée uniquement dans la région d’argan et dans certaines villes environnantes, est actuellement commercialisée à travers tout le Maroc et dans le monde entier. Ses prix varient largement, de 200 Dh/litre localement dans les souks hebdomadaires, à plus de 20 fois ce prix dans les restaurants haut de gamme de Paris ou New York.

Le marché de l’huile d’argan cosmétique a également explosé au cours de la dernière décennie. Le vaste savoir traditionnel des populations de la région d’argan, qui utilisaient cette huile comme produit cosmétique depuis des siècles, a attiré l’attention des chercheurs, des grandes firmes de cosmétiques et des touristes depuis des décennies. Ayant confirmé l’importance des propriétés chimiques de cette huile pour un usage cosmétique et esthétique, voire médicinal, celle-ci a pu être commercialisée dans les marchés internationaux de haute valeur. Les prix de l’huile cosmétique dépassent de loin ceux de l’huile culinaire. Au détail, elle est plus de 4 fois plus chère (50 Dh les 50 ml).

La croissance du marché de l’huile d’argan a été favorisée par l’amélioration des techniques d’emballage et d’étiquetage et par la certification par certains organismes tels que AlterEco et Max Havelaar. L’Indication Géographique Protégée (IGP) pour l’huile d’argan du Maroc donnera davantage de valeur au marché de l’huile d’argan et protégera en plus cette huile des piratages et des tricheries. Ce label permettra également de protéger les coopératives féminines de production de l’huile d’argan contre les déguisements des sociétés privées.

Méthodologie de l’enquête

Les données utilisées dans le présent travail ont été recueillies en deux phases lors d’une enquête auprès des ménages. La première a été effectuée en 1999 correspondant au début des changements dans les marchés d’argan et la seconde a été réalisée en 2007 après les profonds changements opérés dans les marchés d’argan. L’enquête a porté sur les mêmes ménages lors des deux années pour l’évaluation de l’impact du changement des marchés d’argan sur ces ménages et sur la forêt d’argan. L’enquête s’est déroulée dans la zone administrative de la Caïdat de Smimou relevant de la Province d’Essaouira. Une méthode d’échantillon-nage stratifiée a été adoptée en tenant compte de la densité de la forêt (faible, moyenne, haute) et de la répartition géographique des douars (choix de deux douars par classe de densité). L’échantillon a été complété par quatre autres douars situés à proximité de deux coopératives féminines de l’huile d’argan pionnières dans la région pour étudier l’impact de celles-ci sur les ménages qui s’y adhèrent. Au sein de chaque douar, les ménages ont été sélectionnés sur la base du droit d’agdal (peu ou beaucoup d’agdals). Pour chaque ménage, l’enquête a concerné séparément les chefs de foyer, homme et femme.

Pour chaque douar choisi, environ 20 ménages ont été enquêtés en 1999, soit un échantillon total de 149 ménages. Parmi ces 149 ménages, 46 n’ont pas été ré-enquêtés en 2007 pour des raisons de décès ou de maladie du chef de ménage (22 ménages), de migration (9 ménages), d’absence (14 ménages) et de refus d’être enquêté (1 ménage). Sur les 103 ménages restants, neuf seulement sont composés uniquement de l’épouse du chef de ménage, et sept sont composés uniquement du chef de ménage. Il reste donc 87 ménages pour lesquels les données sont complètes.

L’approche empirique qui a été adoptée dans cette étude se fonde sur l’évaluation de l’impact du boom du marché d’argan sur les changements socio-économiques survenus au niveau des ménages entre 1999 et 2007 (richesse, bien-être, éducation,…). Mais, il y a aussi lieu de signaler les autres changements, en plus du boom du marché d’argan, survenus lors de cette période. Concernant la production totale des fruits d’argan entre 1999 et 2007, les données réelles n’existent pas, mais selon les déclarations des locaux, la production en 2007 est plus élevée que celle d’autres années y compris 1999 qui a été médiocre. Aussi, il faut noter que l’effectif du troupeau caprin dans la province d’Essaouira, révélateur à la fois de la richesse et du bien-être des ménages et de la pression sur la forêt d’argan, a augmenté à partir 1995 avec des fluctuations annuelles liées à la variabilité des précipitations. Ceci indique que l’explosion des prix des produits d’argan à partir de 1998 ne s’est pas traduite par une réduction globale de la pression sur la forêt d’argan à travers la diminution de l’effectif du troupeau caprin. Enfin, il faut signaler que le coût de la vie (indices des prix) dans la région de la forêt d’argan a augmenté de près de 25 % entre 1999 et 2007, ce qui pourrait affecter les revenus et les dépenses des ménages et nuancer les bénéfices qui seraient tirés du marché d’argan.

Une enquête coopérative a été également réalisée pour étudier les conditions et les contraintes de fonctionnement des coopératives féminines de production de l’huile d’argan. Notre choix a porté sur quatre coopératives de la région de Smimou distinctes par l’ancienneté, le niveau d’organisation et d’encadrement et la proximité des axes routiers touristiques.

Principaux résultats de l’étude

Impact sur la richesse des ménages

Normalement si l’essor de la filière argan a bénéficié aux ménages ruraux de la forêt d’argan, nous pourrions s’attendre à l’amélioration de leur richesse. Dans cette étude, la richesse a été évaluée sur la base d’un indice de richesse des ménages pour 1999 et 2007 qui tient compte des droits d’agdal, des biens fonciers, des troupeaux bovins, ovins et caprins, des dépenses au souk hebdomadaire et plus particulièrement des dépenses en viande caprine. Les résultats montrent qu’il ya une légère amélioration de la richesse des ménages dans la zone d’étude (Figure 2). Cependant, il n’est pas certain que cette amélioration soit attribuée à l’explosion du marché d’argan. L’examen plus détaillé des résultats montre que cette richesse est plus concentrée dans la zone de forêt à moyenne densité. Aussi, il n’est pas très net que les ménages des douars abritant une coopérative ont connu une augmentation de leurs richesses par rapport aux douars sans coopérative.

Impact sur les activités liées à l’arganier

Dans cette partie, nous avons évalué les changements qui ont été opérés au niveau des ménages entre 1999 et 2007 en matière de production, de stockage, de vente et de consommation des produits d’argan. Les résultats de l’enquête montrent que la production d’huile d’argan des ménages a été près de trois fois plus élevée en 2007 qu’en 1999. Les ménages ont tendance à stocker plus l’huile d’argan et à en consommer près de moitié moins qu’auparavant. La quantité de fruit collecté par ménage est plus importante en 2007 qu’en 1999 pour les zones de faible et de moyenne densité de la forêt d’argan, tandis qu’elle n’a pas changée dans la zone de haute densité. Ces résultats s’expliquent par l’importante production de fruits d’argan en 2007. Le nombre de ménages collectant les fruits dans les zones communes azroug a plus que doublé en 2007. Les ménages ont également tendance à collecter les fruits manuellement que de laisser les troupeaux de chèvres les manger directement sur l’arbre. Le changement le plus spectaculaire est le stockage des fruits par les ménages qui a presque triplé entre 1999 (207 kg) et 2007 (581 kg). Les fruits d’argan stockés constituent une sorte de compte bancaire pour les ménages. Les fruits d’argan constituent désormais une composante importante du revenu de l’agriculteur en raison de sa forte demande par les marchés de haute valeur (coopératives et sociétés privées). Enfin, les ventes des fruits et de l’huile d’argan ont connu une augmentation importante entre 1999 et 2007.

Impact sur le bien-être des ménages

Trois indicateurs ont été utilisés pour l’évaluation du changement du bien être des ménages entre 1999 et 2007: la consommation, les biens ou actifs des ménages et l’éducation. La consommation est évaluée par les dépenses au souk hebdomadaire; les biens des ménages sont évalués par la taille du cheptel, en particulier caprin, étant donné que l’élevage constitue un actif essentiel et une réserve principale de richesse des ménages; et l’éducation est évaluée par la transition des enfants, par sexe, de l’école primaire à l’école secondaire qui constitue un vrai problème dans le milieu rural (environ 80% des enfants ruraux qui commencent l’école primaire ne parviennent pas à faire cette transition).

Les résultats montrent que les ménages qui ont bénéficié le plus du boom d’argan sont ceux qui collectent plus de fruits d’argan. Ces ménages engagent plus de dépenses dans le souk hebdomadaire et investissent plus dans l’élevage caprin. Ce dernier résultat semble contradictoire avec la théorie de conservation gagnant-gagnant étant donné que le bénéfice tiré des produits de la forêt se transforme en une menace pour celle-ci à travers l’impact négatif que constituent les chèvres pour les arbres d’arganier. Concernant l’éducation, les résultats sont différents pour les filles et les garçons. Ce sont les filles des ménages ayant bénéficié du changement du marché d’argan qui profitent le plus du passage de l’école primaire à l’école secondaire. Il semble que le rôle important que joue la femme dans le développement rural à travers, en particulier, sa forte participation dans les activités des coopératives de production de l’huile d’argan a joué sur la décision des ménages à laisser continuer la scolarisation de leurs filles à l’école secondaire pour espérer les impliquer davantage dans l’avenir dans les marchés d’argan de haute valeur (coopératives, sociétés privées).

Impact sur la forêt d’argan

Vu le rôle écologique important que joue l’arbre d’arganier pour la préservation de l’écosystème agro-forestier du Sud-Ouest du Maroc et vu le fait que les résidents locaux pourraient constituer une menace réelle pour la forêt d’arganier à travers l’exploitation de ses produits, la conservation de cette forêt constitue souvent l’un des objectifs centraux des coopératives en plus de l’objectif principal de la valorisation de l’huile d’argan pour son accessibilité au marché de haute valeur en vue de l’amélioration des revenus de la population locale en général et de la femme rurale en particulier. Les résultats de cette étude concernant l’évaluation de l’impact du boom du marché d’argan sur la forêt d’arganier entre 1999 et 2007 montrent qu’il y a de plus en plus de conflits entre les habitants sur les ressources de la forêt d’arganier se traduisant par des clôtures, parfois illégales, des arbres d’arganier. Malgré les efforts individuels des résidents pour protéger leurs arbres privés, leurs attitudes et leurs comportements envers la forêt ne fait pas apparaître une tendance générale de conservation de la forêt d’argan. En effet, les habitants perçoivent que la coupe illégale des arbres et le surpâturage ne constituent que de petits problèmes pour la forêt. Aussi, les habitants sont devenus plus agressifs pour la collecte des fruits dans la forêt d’argan à travers l’utilisation de la pratique de gaulage qui peut causer des dommages importants pour les arbres. Cette pratique, qui consiste à frapper les branches des arbres à l’aide de bâtons ou de pierres pour faire tomber les fruits avant leur maturation, est le résultat de l’accroissement des actes de vols de fruits d’argan dans la forêt en raison de l’augmentation de la valeur de l’huile d’argan. Enfin, le résultat le plus surprenant est la forte tendance des habitants à l’utilisation du bois d’argan en 2007 comme source d’énergie au lieu du butane (augmentation de 75 % en 2007 par rapport à 1999). Ce résultat est d’autant plus surprenant que le butane est subventionné au Maroc et son prix, qui n’a pas changé entre 1999 et 2007, ne pourrait donc pas être coupable pour l’explication de cette tendance. Selon les locaux, cette tendance trouve son explication dans l’augmentation du coût de la vie et la stagnation des revenus des ménages, ce qui les pousse à chercher les stratégies d’économie de dépenses à travers la recherche de solutions gratuites pour faire face aux besoins quotidiens en énergie. Ce résultat, comme le cas de l’investissement dans l’achat des chèvres, est également contradictoire avec la théorie conservatrice gagnant-gagnant étant donné la menace que peut constituer cette pratique sur la forêt d’argan. On peut donc conclure qu’à l’exception de certaines initiatives individuelles des habitants pour la protection des arbres privés, le boom du marché d’argan n’a pas instauré un comportement collectif de conservation à long terme de la forêt d’argan.

Situation des coopératives féminines de production de l’huile d’argan

Les principaux résultats de l’enquête coopérative montrent que les coopératives qui ont bénéficié d’un encadrement et d’un soutien des organismes nationaux et internationaux et qui sont organisés dans des groupements d’intérêt économique (GIE) ou dans l’Union des Coopératives Féminines d’Argane (UCFA) arrivent à pénétrer dans les marchés de haute valeur et à réaliser des chiffres d’affaire relativement importants en raison de l’amélioration des techniques et des conditions d’extraction et des pratiques d’emballage et d’étiquetage. Par ailleurs, la situation sur l’axe routier touristique Agadir-Essaouira améliore davantage le chiffre d’affaire de la coopérative suite à l’afflux fréquent de touristes. Les coopératives récemment constitués et ne bénéficiant pas d’un encadrement suffisant et situées loin des axes routiers touristiques ont par contre du mal à s’impliquer dans les marchés de haute valeur; leurs clients principaux restent les autres coopératives pionnières. Toutefois, pour l’ensemble des coopératives enquêtées, les problèmes de gouvernance, de gestion administrative et financière, d’analphabétisme des adhérentes et de concurrence des sociétés privées constituent les principales contraintes. Pour pallier en partie à ces problèmes des activités parallèles d’alphabétisation des adhérentes sont réalisées et des sessions de formation, sont effectuées au profit des représentantes des coopératives. Par ailleurs, la disponibilité de la matière première (fruits d’argan) et la dégradation de la forêt restent les problèmes fondamentaux qui menacent la durabilité des coopératives. La sensibilisation des adhérentes sur le danger de ces problèmes et l’importance de la conservation de la forêt constituent l’un des objectifs centraux des coopératives.

Conclusions

Nous concluons que le boom d’argan n’a que légèrement bénéficié à la richesse des ménages. Néanmoins, l’évolution du marché d’argan a incité les ménages à stocker plus de fruits d’argan et à les considérer comme une sorte de trésorerie du foyer. Les ménages ayant bénéficié du boom d’argan engagent plus de dépenses au souk hebdomadaire et investissent plus dans l’achat du cheptel caprin. Ces ménages sont plus susceptibles d’envoyer leurs filles à l’école secondaire. Toutefois, les résultats de cette enquête montrent que les ménages ne montrent pas un comportement collectif à long terme pour la conservation de la forêt puisqu’ils continuent à pratiquer des techniques agressives pour la collecte des fruits (gaulage) et à utiliser davantage le bois d’argan pour l’énergie. Le surpâturage aggrave le problème étant donné que les ménages profitant du boom d’argan continuent à investir dans l’élevage caprin très menaçant pour la forêt d’argan. L’organisation des coopératives féminines de production de l’huile d’argan dans des groupements d’intérêts économiques et l’amélioration des techniques de production et de marketing est un moyen important pour accéder aux marchés de haute valeur de l’huile d’argan. Mais, les principaux problèmes qui entravent le bon fonctionnement, voire la durabilité des coopératives, sont le problème de bonne gouvernance, l’analphabétisme des adhérentes, la concurrence des sociétés privées, la disponibilité de la matière première (fruits d’argan) et la dégradation de la forêt. Ce dernier problème constitue l’axe central des séances de sensibilisation des adhérentes au niveau des coopératives.

Nous terminons par quelques constats et recommandations au terme de cette étude et suite aux dernières évolutions du marché d’argan en 2008. La faible disponibilité de la production des fruits d’argan en 2008 a engendré une augmentation spectaculaire des prix de tous les produits d’argan (fruits, noix, amendons et huile). L’émergence d’un nouveau marché des amendons exigeant en matière de qualité (amendons non collectés via les chèvres) est susceptible de limiter la pression des chèvres sur la forêt lors de la saison d’agdal (Mai à Septembre). Cette nouvelle tendance du marché a incité les ménages à réduire le coût de production en se limitant à la vente des amendons. La vente de l’huile d’argan étant moins rentable. Toutefois ce problème de disponibilité des fruits d’argan a mis en difficulté les coopératives ne disposant pas de stocks suffisants en fruits.

Etant donné l’importance capitale que jouent les coopératives de production dans la valorisation de l’huile d’argan à travers son accessibilité aux marchés de haute valeur (exportation) et dans la sensibilisation des habitants sur l’intérêt de la conservation de la forêt, il est important d’accorder davantage d’attention au développement de ces coopératives notamment à travers la formation de leurs responsables et de leurs adhérentes et surtout de les protéger de la concurrence des sociétés privées à travers la certification de leurs produits et la recherche des circuits de commercialisation nationaux et internationaux (commerce équitable, grandes distributions, sociétés cosmétiques et pharmaceutiques,…). L’indication géographique protégée (IGP) de l’huile d’argan récemment demandée officiellement par l’AMIGHA dans le cadre de la nouvelle loi 25/06 sur les signes distinctifs d’origine et de qualité serait d’une grande utilité pour l’amélioration de la valeur de l’huile d’argan et surtout pour la protection des coopératives de production de l’huile d’argan contre l’arnaque des sociétés privées.

Enfin le défi le plus important reste de changer la perception des habitants d’une vision de protection des arbres à plus court terme pour l’amélioration de la production de fruits à une vision à plus long terme pour une conservation de la forêt. Ceci passerait par davantage de sensibilisation des populations par tous les moyens de communication (médias, souks, mosquées,…) et surtout par l’implication de cette culture de préservation du patrimoine de la forêt d’argan dans les programmes de formation au sein des écoles primaires et secondaires de la région d’argan.

Dr. Abdellah Aboudrare (1), Dr. Travis J. Lybbert (2) et Nicholas Magnan (2)
(1) Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès
(2) Université de Californie à Davis

BTT 175 : Enquête diagnostic : Le marché de l’huile d’Argan et son impact sur les ménages et la forêt dans la région d’Essaouira

INNOVA-MED, 6-7 Mai 2010, Marrakech

Une Conférence , se tiendra le 6 et 7 Mai 2010 à Marrakech, dans le cadre du projet Innova-Med pour la promotion des approches et pratiques innovatrices de traitement et réutilisation des eaux usées dans le bassin méditerranéen.
pour plus d’infos : http://www.idaea.csic.es/innova-med/home.htm