Aid Al Adha: L’offre dépasse largement la demande
Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, M. Aziz Akhenouch a affirmé, mardi à Rabat, que l’offre en ovins et caprins s’élève à 6,9 millions pour une demande qui avoisine les 5,1 millions.
Répondant à une question orale à la Chambre des conseillers présentée par le groupe RNI, le ministre a précisé que les prix des bêtes destinés au sacrifice de l’Aïd Al Adha sont soumis à la loi de l’offre et de la demande et varient selon la qualité, la race, l’âge et en fonction du lieu de vente.
Le ministre a ajouté que l’état de santé du cheptel est « bonne » grâce notamment aux conditions climatiques ayant caractérisé la précédente campagne agricole et aux efforts consentis par les éleveurs.
Il a souligné que les services concernés ont entrepris toutes les mesures nécessaires notamment des campagnes de vaccination du cheptel contre nombre d’épizooties.
Dans ce cadre, il a été procédé à la vaccination de 150.000 ovins contre la Bluetongue (langue bleue) et 500.000 contre la clavelée.
« Ces campagnes ont permis, au titre de l’année 2009, de vacciner environ 23 millions d’ovins contre la peste des petits ruminants, environ 500.000 contre la clavelée au niveau des foyers déclarés de cette maladie et environ 40.000 contre la Bluetongue (langue bleue) au niveau des provinces touchées par cette maladie », ajoute le ministre.
En plus de ces mesures, des contrôles vétérinaires seront effectués au niveau des points de vente autorisés et une permanence vétérinaire sera assurée le jour de l’Aïd Al Adha.
Concernant l’entrée du bétail par les frontières, le ministre a indiqué qu’avant abattage, le bétail saisi est soumis à un contrôle vétérinaire pour s’assurer qu’il est indemne de maladies contagieuses.
map : 25.11.2009
L’élevage bovin, un business qui peut rapporter gros
novembre 9, 2009
Classé sous Elevage

Pour l’élevage d’engraissement, un troupeau de 15 vaches peut générer, au bout de 6 mois, une plus-value de 100 000 DH. L’élevage laitier est plus complexe, demande plus de moyens et rapporte moins.
Recettes, dépenses, gestion…, tout ce qu’il faut savoir sur l’élevage bovin.
L’élevage bovin est une activité qui peut rapporter gros. Nombre de particuliers, qui n’ont pas forcément l’expérience de l’agriculture ou de l’élevage, ont tenté l’expérience et récupéré au moins leur mise de départ. Les plus chanceux sont ceux qui possédaient déjà des terrains, par voie d’héritage, vu que l’investissement ne leur a coûté que la valeur des constructions et d’acquisition des premières vaches. Pour ceux qui n’ont pas de terre, se lancer dans l’élevage peut s’avérer coûteux au départ étant donné la flambée des prix du foncier ces trois dernières années. Néanmoins, le business reste juteux, d’autant plus que l’ensemble du secteur agricole est exonéré d’impôts. Il suffit de maîtriser les ficelles du métier et de veiller au bon fonctionnement de l’affaire pour réaliser des gains importants.
D’abord, il faut savoir qu’il existe deux types d’élevage bovin. Le premier, c’est l’engraissement. Il consiste à acheter des vaches, à les alimenter pour les revendre au bout de quelques mois. Ce business présente plusieurs avantages, notamment la simplicité du fonctionnement et des marges bénéficiaires importantes. «Le gain net qu’on peut réaliser sur une période n’excédant pas sept mois est de l’ordre de 6 000 DH par tête», affirme un éleveur dans la région de Tadla-Azilal. Le deuxième type d’élevage est celui des vaches laitières. Il consiste à exploiter un troupeau de vaches pour la production de lait et la vente des veaux nouveau-nés. Ce créneau est plus complexe que l’élevage d’engraissement, il nécessite des installations plus sophistiquées et donc un investissement plus lourd pour un bénéfice, de surcroît, souvent moins important.
L’élevage d’engraissement ne nécessite qu’un faible investissement
Commençons par l’engraissement. Ce type d’élevage ne nécessite pas un investissement très important. En effet, il ne faut pas nécessairement des terres (du moins au début) pour cultiver les aliments ni des pâturages pour faire sortir les vaches (celles-ci doivent se déplacer le moins possible pour conserver leur poids). Une étable dans la périphérie d’une ville suffit pour démarrer. Pour un troupeau de 15 têtes, il faut compter une superficie de l’ordre de 80 m2. A raison de 700 DH le m2, la construction coûtera au maximum 60 000 DH. Un montant auquel il faut ajouter près de 40 000 DH pour l’aménagement et l’acquisition d’un minimum d’équipements. Au total, l’investissement hors-terrain nécessitera une enveloppe de près de 100 000 DH.
L’activité démarre avec l’acquisition des vaches soit dans des fermes soit dans les souks. «Pour les personnes n’ayant pas une grande expérience dans l’élevage, il vaut mieux se contenter d’acheter à un poids compris entre 200 et 250 kg et de revendre dès que les 400 ou 450 kg sont atteints», confie un autre éleveur dans la région de Benslimane. Ainsi, pour l’acquisition d’une quinzaine de vaches à l’état de santé satisfaisant, et pesant 200 à 250 kg, la mise est de près de 210 000 DH, à raison de 14 000 DH par tête.
Ensuite, il faut prévoir un minimum de 30 DH par tête et par jour pour l’alimentation du troupeau (achat de luzerne verte, plus connue sous le nom de fessa, maïs en ensilage, orge, foin…). Dans l’élevage d’engraissement, les professionnels mesurent leurs bénéfices par le gain moyen quotidien en poids (GMQ). Pour une vache bien nourrie, ce gain peut aller jusqu’à 1 kg par jour. Ceci veut dire que, pour atteindre les 400 ou 450 kg et vendre, une durée de six à sept mois depuis la date d’acquisition est nécessaire. Les frais d’alimentation se montent ainsi à près de 110 000 DH.
A cela il faut ajouter la charge de main-d’œuvre. Pour une quinzaine de vaches, un seul employé suffit. A raison d’un salaire mensuel de 1 800 DH, la charge sur les six mois qui constituent le cycle de commercialisation des vaches peut atteindre 11 000 DH. Enfin, près de 15 000 DH sont à prévoir pour les frais divers (transport, soins médicaux, eau, électricité…).
Au total, les dépenses sur les six mois peuvent s’élever à près de 317 000 DH. En ce qui concerne le chiffre d’affaires, la vente de 15 vaches de 400 à 450 kg peut rapporter jusqu’à 420 000 DH à raison de 28 000 DH par tête. De ce fait, le bénéfice que peut réaliser un éleveur d’engraissement en près de six mois s’élève à plus de 100 000 DH. Sur une année complète, il peut s’élever à près de 210 000 DH si toutes les conditions sont réunies.
Un bénéfice annuel de 140000 DH pour un élevage laitier de 15 têtes
Pour ce qui est de l’élevage laitier, le schéma est tout autre. La grande différence, ou handicap, que présente cette activité par rapport à celle de l’engraissement, réside dans la nécessité de disposer de terres assez vastes pour la production des aliments du cheptel. Car «au moins 60% des produits nécessaires à l’alimentation du troupeau doivent être produits sur place», indique Mohamed El Kharoussi, éleveur et membre de l’Association nationale d’élevage bovin (Aneb). Pour un troupeau de 15 têtes, il faut disposer d’un terrain de 7 à 8 hectares s’il est irrigué, et supérieur à 10 hectares dans le cas contraire. Actuellement, les prix des terrains sont à des niveaux très élevés. Il faut compter plus de 250 000 DH par hectare pour une terre irriguée, fertile et à proximité d’une route. Dans des régions comme Benslimane, des parcelles de terrains ont même atteint 1 MDH l’hectare.
En matière de construction, les normes de l’élevage laitier précisent qu’il faut un espace de 6 à 7 m2 par tête. L’étable nécessaire pour accueillir 15 vaches doit donc avoir une superficie de 100 m2. Il faut compter également près de 100 m2 supplémentaires pour la construction d’un hangar pour le stockage des aliments, d’une étable pour les veaux nouveau-nés et d’un logement pour les employés. A raison de 700 DH le m2, l’ensemble des constructions peut coûter près de 140 000 DH.
Pour l’aménagement et les équipements, le budget minimum est de 100 000 DH. Il servira entre autres à creuser un puits, à acheter une pompe à eau, une trayeuse de taille moyenne et quelques outils nécessaires au travaux quotidiens. Pour les gros matériels tels que les tracteurs, la taille du cheptel ne justifie pas leur acquisition. Ils peuvent être loués quand c’est nécessaire.
S’agissant de la constitution du troupeau, il est primordial d’acheter des génisses pleines (gestantes) de race pure âgées de 20 à 28 mois. La meilleure race pour la production de lait est la Holstein. Son prix tourne autour de 30 000 DH la tête. Ainsi pour 15 vaches, la dépense peut s’élever à 450 000 DH. Le montant total de l’investissement hors-terrain ressort de ce fait à près de 700 000 DH.
En ce qui concerne les charges de fonctionnement, une enveloppe d’au moins 110 000 DH est nécessaire chaque année pour l’alimentation d’un cheptel de 15 vaches. En effet, si plus de la moitiée des aliments est produite in situ, il faut prévoir près de 20 DH par tête et par jour pour l’achat de luzerne, maïs, orge et foin, sans oublier les aliments concentrés.
Les soins vétérinaires coûtent en moyenne 600 à 700 DH par vache annuellement s’il n’y a aucune complication, ce qui porte la charge pour l’ensemble du troupeau à 9 000 DH. S’y ajoutent les frais d’insémination artificielle, l’accouplement traditionnel n’étant plus en usage actuellement. Ces frais sont de 100 à 200 DH par vache annuellement, ce qui représente 3 000 DH pour les 15 têtes.
Concernant la main- d’œuvre, deux personnes au minimum employées à plein temps sont nécessaires. Leur rémunération coûte près de 45 000 DH par an à raison de 1 800 DH par mois et par employé. Enfin, une enveloppe de près de 17 000 DH est à prévoir au titre des charges diverses (gasoil pour la pompe à eau, électricité, labours, semences, engrais…). En effet, selon les professionnels, le montant des frais divers est compris entre 2 000 et 2 500 DH par hectare.
Ainsi, en additionnant ces charges, les dépenses annuelles pour l’élevage laitier de 15 génisses peuvent se monter à plus de 180 000 DH.
Pour ce qui est des recettes, il faut savoir que la production de lait d’une vache en bon état de santé s’élève en moyenne à 5 000 litres par an, soit près de 14 litres par jour. A raison de 3 DH par litre, prix auquel le lait est vendu actuellement aux coopératives et aux industriels, la recette annuelle, pour un troupeau de 15 vaches, toujours, est de l’ordre de 225 000 DH. A ce montant s’ajoute le produit de la vente des nouveau-nés. Selon les professionnels, une vache met au monde deux veaux tous les 18 mois, soit 30 veaux pour un cheptel de 15 têtes. Ainsi, sur un an, la moyenne des naissances est de 20 veaux. Pour un prix actuel à la naissance de 5 000 DH, la recette de la vente des nouveau-nés avoisine les 100 000 DH par an (il vaut mieux vendre à la naissance car, par la suite, l’estimation du prix devient difficile).
Finalement la recette annuelle totale de l’élevage laitier s’élève à 325 000 DH. En déduisant les charges, cela laisse un bénéfice net d’un peu plus de 140 000 DH.
Elément important : il faut songer à renouveler le troupeau. Une génisse acquise à l’âge de 20 mois peut rester productive pendant 4 à 5 ans. Au-delà, elle doit être vendue et remplacée.
lavieeco.com
L’apiculture dans la région de l’Oriental
novembre 9, 2009
Classé sous Elevage

La région de l’Oriental compte une centaine d’organisations professionnelles apicoles, dont 66 coopératives réunissant 586 adhérents et 34 associations et groupement de 218 adhérents.
Selon des données de l’Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), le nombre d’apiculteurs dans cette région est estimé à 1.819 et celui des ruches s’élève à 32.652 dont 21.369 ruches modernes.
Le rendement moyen des ruches modernes est évalué à 16 kg par ruche, fait savoir l’Office qui œuvre pour la valorisation de cette filière qui génère 77.000 journées de travail par an et l’amélioration de la qualité et de la production de miel (220 tonnes en 2008) pour relever les défis de la commercialisation et de la concurrence.
La part de la région de l’Oriental dans la production nationale de miel est de l’ordre de 6,4 pc, selon des chiffres de l’Office présentés lors de la 3ème édition du Forum méditerranéen de l’apiculture qui a eu lieu, les 15 et 16 octobre courant à Berkane, sous le thème « Harmonisation des idées et des normes pour une production optimale du miel méditerranéen ».
S’agissant des objectifs du développement de l’apiculture au niveau de la région de l’Oriental dans le cadre du Plan Maroc Vert, l’Office souligne que la production du miel devra passer de 215 tonnes actuellement à 522 T en 2013 et à 1.354 à l’horizon 2020, soit une augmentation de 630 pc.
Un projet de création d’une unité de valorisation du miel et d’un centre régional de développement de l’apiculture est programmé dans le cadre du Plan régional pour un investissement estimé à 8,04 millions de dirhams.
Le Forum méditerranéen a constitué d’ailleurs une occasion pour les participants (experts, apiculteurs et chercheurs) pour dresser un état des lieux, échanger les idées et mettre en commun réflexions et savoir-faire afin de mieux appréhender les problématiques de l’apiculture méditerranéenne en lien avec son environnement.
Les intervenants lors de cette rencontre ont été unanimes à souligner l’importance du Forum dans le renforcement du dialogue entre les acteurs de la filière apicole, l’identification des contraintes et des opportunités de développement de l’apiculture dans la méditerranée et la création et la consolidation des relations de coopération pour mieux favoriser l’échange d’informations et l’enrichissement des connaissances dans les domaines scientifique et technique en apiculture.
« Etat des lieux de l’apiculture dans la région », « qualité du miel et santé de l’abeille », « les modèles d’organisation dans le développement de l’apiculture », « le rôle des institutions publiques » et « la coopération internationale et l’apiculture » sont les principaux thèmes développés par les participants à ce Forum.


MAP
Le compostage pour l’élimination des carcasses d’animaux infectés
novembre 6, 2009
Classé sous Elevage

Une équipe internationale de scientifiques est en train d’évaluer la viabilité du compostage comme moyen d’éliminer les carcasses d’animaux malades. Les chercheurs du Centre de recherches de Lethbridge d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), ainsi que ceux de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et du Développement rural de l’Alberta et de l’université de l’Etat de l’Iowa essayent ensemble de résoudre le problème.
Dans le passé, les carcasses étaient enterrées ou brûlées, mais on s’inquiétait de la persistance de la maladie dans le sol. Le transport des carcasses vers un autre site afin qu’elles soient éliminées de manière appropriée augmente les risques de propagation de la maladie et son coût est de plus en plus élevé.
Les scientifiques étudient les méthodes permettant de détecter les agents infectieux contenus dans le compost et d’élaborer de nouveaux outils d’évaluation. Des installations spéciales de compostage, équipées d’une cuve intérieure en plastique permettant d’assurer le confinement absolu des matières, ont été construites au Centre de recherches de Lethbridge. Les carcasses sont placées sur un nid de paille sous lequel se trouvent des tuyaux d’aération. Des thermocouples, et de nombreux capteurs, enfouis dans le compost permettent de surveiller l’ensemble du processus et de prélever des échantillons. De nombreux essais sont effectués, y compris un test de dépistage d’ADN bovin qui permet de confirmer l’entière dégradation de la carcasse au cours du processus. L’absence d’ADN est considérée comme un indicateur du succès de la dégradation intégrale des carcasses. Les émissions volatiles du compost qui sont en majeure partie associées à la dégradation des tissus animaux ont été analysées à l’aide de la spectrométrie de masse.
Les futurs travaux de recherche tenteront de perfectionner les méthodes de détection des virus dans le compost, d’évaluer la composition des nutriments et la biosécurité du compost fini et de préparer du matériel de formation destiné aux équipes d’intervention en cas de flambée de maladie.
bulletins-electroniques.com
« Sans fil » pour surveiller la santé des poulets
novembre 6, 2009
Classé sous Elevage

Une équipe de chercheurs japonais, regroupant des membres de l’Advanced Manufacturing Research Institute de l’AIST[1], de l’Organisation Nationale de Recherche en Agriculture et Alimentation et de l’Institut Préfectoral de recherche en élevage d’Ibaraki, a mis au point un capteur sans fil permettant de surveiller l’état de santé d’un élevage de poulets. Ce résultat est le fruit d’un projet intitulé « Développement de capteurs de surveillance animale pour la santé humaine et la sécurité alimentaire » effectué dans le cadre d’un programme de la JST[2] intitulé CREST (Core Research of Evolutional Science & Technology).
Depuis quelques années, les gouvernements du monde craignent que le virus H5N1, dit de la grippe aviaire, se combine avec un virus de la grippe humaine pour provoquer une pandémie meurtrière. Chaque apparition du virus chez des oiseaux d’élevage est donc suivie avec attention. Le capteur proposé par les chercheurs peut être appliqué à la détection précoce d’une flambée de ce virus. De façon plus large, la surveillance en temps réel de la santé des poulets peut représenter une avancée certaine pour la garantie de la sécurité alimentaire, une question particulièrement importante au Japon.
Le capteur sans fil a été conçu pour causer le moins d’inconfort possible à l’animal qui le porte : placé sur l’aile du volatile, il a la taille d’une pièce d’un yen (soit 2cm de diamètre) et pèse moins de trois grammes, batterie comprise. Il mesure la température d’un poulet ainsi que son activité, et envoie ces données à intervalles réguliers définis par l’utilisateur vers une station de traitement de l’information. L’enregistrement des données pour des poulets en bonne santé permet d’établir une base de données représentant leur évolution normale au cours du temps.
L’équipe a ensuite infecté des poulets avec trois souches différentes de virus de la grippe aviaire. Le capteur a permis de les différencier : la souche la plus pathogène tue en moyenne les poulets en 36 heures et ne déclenche que peu de fièvre, tandis que l’infection par les deux autres souches, qui tuent en moyenne en 56 et 87 heures, s’accompagne de fortes fièvres.
Suite à ces résultats, l’Institut Préfectoral de recherche en élevage d’Ibaraki souhaite utiliser le système pour étudier l’effet des températures estivales sur l’état de santé des poulets. Par ailleurs, les chercheurs de l’AIST ont l’intention d’améliorer le capteur, en particulier en diminuant sa consommation en énergie, son coût de fabrication, sa taille et son poids. Pour ce dernier paramètre, ils espèrent atteindre une valeur inférieure à un gramme d’ici 2011.
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[1] Institut National des Sciences et Techniques Industrielles Avancées
[2] Agence Japonaise pour la Science et la Technologie, organisme indépendant chargé de mettre en pratique les politiques de recherche établies par le gouvernement.
bulletins-electroniques.com
La race ovine Boujaâd
novembre 3, 2009
Classé sous Elevage
Les races ovines rustiques nationales sont non prolifiques et présentent un potentiel de croissance et un développement musculaire limité. Elles ont aussi une tendance précoce à déposer le gras dans leur carcasse dès que les conditions d’alimentation sont favorables.
La sélection en race pure dans les zones berceaux de races à partir de caractères quantitatifs objectifs reste très coûteuse en temps et en moyens. Le croisement est une voie d’amélioration génétique qui connaît de plus en plus d’intérêt chez les éleveurs qui désirent améliorer et intensifier leur production d’agneaux.
Au niveau national, les races locales Timahdite et Sardi ont été largement étudiées en croisement avec les races spécialisées à viande ou prolifiques. Cependant, les études sur l’utilisation de la race ovine Boujaâd en croisement sont très limitées et les seuls travaux au niveau national ont été réalisés au domaine El Koudia de l’INRA.
Présentation de la race Boujaâd
La race ovine Boujaâd peuple les zones situées sur les plateaux de Kasba-Tadla, Oued Zem, Khouribga et Boujaâd. C’est une race rustique dont l’importance numérique est d’environ 260.000 têtes soit 1,4% de la population totale des ovins au Maroc. La race Boujaâd est considérée de taille moyenne à grande, soit 0,70 à 0,80 m chez le mâle et 0,50 à 0,60 chez la femelle. Le poids de la brebis varie entre 45 et 60 kg et celui du mâle entre 75 à 80 kg. La tête est armée de cornes chez le mâle uniquement. Le chanfrein est droit pour la brebis, large et légèrement bombé pour le bélier.
La race Boujaâd a été reconnue officiellement par les pouvoirs publics en 1987. Depuis elle connaît un regain d’intérêt et un développement important puisqu’elle fait l’objet d’une action d’amélioration génétique et compte parmi les cinq principales races ovines rustiques du Maroc.
Schémas de production d’agneaux
Les brebis de la race Boujaâd (BO) utilisées dans cette recherche ont été achetées au niveau des élevages de l’ANOC à Boujaâd et Khouribga, puis acheminées au Domaine Expérimental El Koudia. Chaque année, les brebis ont été accouplées dans quatre schémas de production d’agneaux: élevage en race pure (BO = 122 brebis), en croisement avec les béliers de race D’man (D) pour produire une brebis F1 (D x BO = 196 brebis), en croisement terminal simple (A x BO = 149 brebis) ou à double étage (A x D x BO = 56 brebis) en utilisant les béliers de races améliorées Ile-de-France et Lacaune, confondus ici comme race améliorée (A) pour faciliter la comparaison des schémas de production d’agneaux.
Dans les différents accouplements, les brebis ont été élevées dans des conditions similaires selon un rythme de reproduction annuel. Elles ont été conduites toute l’année sur des pâturages de jachère et de chaumes du domaine El Koudia. Le soir, les brebis reçoivent un complément alimentaire dont la composition varie selon les aliments disponibles et l’état des pâturages du domaine.
Les agneaux allaités ont été maintenus en bergerie et ont accès à un complément d’aliment solide. Durant la période de croissance pré-sevrage, les agneaux de différents génotypes sont pesés individuellement et les gains moyens quotidiens sont calculés.
Durant la période d’engraissement la quantité d’aliment ingérée a été contrôlée et les agneaux ont été pesés individuellement au début, puis tous les 15 jours. A la fin de la période d’engraissement, les agneaux sont abattus à l’abattoir municipal de Rabat après un jeûne d’environ 18 heures.
Caractères étudiés
Les caractères d’intérêt contrôlés sur les 517 brebis (BO et DBO (F1)) sont la fertilité, la prolificité à la naissance et la productivité pondérale à 90 jours par brebis mise en lutte.
Chez les agneaux, les caractères contrôlés sont la viabilité à la naissance et à 90 jours d’âge, le poids à la naissance et à 90 jours, les gains moyens quotidiens entre 10 et 30 jours (GMQ10-30) et entre 30 et 90 jours (GMQ30-90), le gain moyen quotidien à l’engraissement (GMQeng), l’indice de consommation, l’âge à l’abattage, le poids d’abattage, le poids de la carcasse chaude, le poids du gras mésentérique et le rendement de la carcasse.
Les mesures prises sur les carcasses froides sont: la longueur et la largeur de la carcasse au niveau du gigot, la compacité, la longueur et le périmètre du gigot, le gras dorsal et la surface de muscle longissimus dorsi mesurés au niveau de la 13ème côte. La carcasse froide est également appréciée de façon subjective par évaluation du gras interne pelvien et rénal, et par évaluation de la conformation. La compacité de la carcasse a été calculée.
Principaux résultats
Performances de reproduction et productivité de la brebis
Le poids de la brebis BO est en moyenne de 40,2 kg, variant pour les moyennes corrigées de 33,4 kg chez les primipares à 42,2 kg chez les brebis âgées de cinq années et plus. Le maximum de poids à la lutte enregistré chez la brebis BO est de 59,4 kg.
Le poids de la brebis DBO est en moyenne de 39,7 kg, variant pour les moyennes corrigées de 38,3 kg chez les primipares à 42,4 kg chez les brebis âgées de plus de trois années. La productivité annuelle de la laine (poids de la toison) ajustée pour les effets de l’année et l’âge de la brebis est de 1,9 kg chez la brebis BO et de 1,7 kg chez sa croisée DBO.
La fertilité des brebis a été hautement influencée par la race du bélier. Accouplées en race pure et en croisement avec les béliers D (D’man)et A (race améliorée), les brebis de race BO ont enregistré une fertilité de 89,9 et 75%, respectivement.
La prolificité à la naissance des brebis BO se situe entre 106 et 115%. Elle reste faible et comparable à celle des autres races locales. A la naissance, la supériorité de la femelle DBO sur la femelle BO est de +48% dans le croisement avec les béliers améliorés .
Dans les mêmes conditions d’élevage, les brebis F1DT (D’man x Timahdite) et F1DS (D’man x Sardi) ont montré une prolificité supérieure, soit respectivement 1,71 et 1,88 agneaux par brebis. Cet écart important dans nos conditions peut être expliqué probablement par une moins bonne aptitude à la combinaison de la race BO avec la race D. Mais surtout par le fait que les races Timahdite et Sardi ont été sélectionnées au niveau du domaine El Koudia depuis plusieurs années, tandis que les brebis de la race BO ont été introduites pour le besoin de cette recherche.
La productivité au sevrage par brebis est significativement supérieure dans le croisement industriel utilisant les béliers de races améliorés (+3 kg) en comparaison à l’élevage en race pure BO .
Viabilité et croissance des agneaux
A la naissance, la viabilité des agneaux est élevée pour tous les génotypes, soit supérieure à 96%. Alors qu’au sevrage, la perte d’agneaux est beaucoup plus importante chez les agneaux nés des brebis DBO dans le croisement à double étage (29%) qu’aux agneaux nés des mères BO en race pure (15%) ou dans le croisement industriel (17%).
Les agneaux nés du croisement industriel ont réalisé le poids le plus élevé à la naissance. Ceux nés des brebis DBO ont réalisé un poids à la naissance moindre due à la prolificité supérieure de la brebis DBO. Au sevrage, les agneaux BO ont réalisé un poids faible, soit -1,50 et -3,93 kg par rapport aux agneaux nés respectivement des accouplements: DBO et ABO. Les agneaux du croisement industriel nés des mères BO ont toutefois tendance à montrer une croissance pondérale significativement supérieure à celle des agneaux nés des mères DBO. Cette différence peut être due à l’effet négatif de 25% de gènes D contenus dans les génotypes ADBO .
Performances d’engraissement et d’abattage
Durant l’engraissement, les agneaux de pères de races améliorées ont réalisé les meilleurs GMQ à l’engraissement, soit 223 et 209 g/jour utilisant respectivement les brebis BO que les brebis DBO. Les agneaux de pères D ont réalisé une croissance comparable à celle des agneaux BO purs. L’indice de consommation a été relativement similaire entre les différents groupes génétiques .
La race du père a eu un effet hautement significatif sur l’âge et le poids des agneaux à l’abattage et sur le poids de la carcasse chaude. Les agneaux BO et DBO ont été significativement, plus âgés à l’abattage en moyenne de +10 et + 8 jours mais plus légers à l’abattage de -3,5 à -2,3 kg, respectivement comparés aux agneaux croisés de type croisement industriel simple (ABO).
La race de pères ne semble pas influencer le rendement en carcasse des agneaux. Il semble que le dépôt de gras dans les carcasses des agneaux BO et DBO compense leur développement musculaire moindre et de ce fait le rendement reste comparable à celui des agneaux (ABO et ADBO) qui présentent les tendances inverses. En valeur absolue, les agneaux nés des mères DBO présentent des gains et des poids à l’abattage et de carcasses inférieures comparées à ceux nés des mères BO accouplées aux mêmes races de béliers de croisement terminal, mais l’écart pour l’indice de consommation et le rendement en carcasse reste faible.
Dépôt de gras dans les carcasses
La race de père du croisement a eu un effet hautement significatif sur le dépôt du gras mésentérique dans les carcasses aussi bien chez les agneaux nés des mères BO que ceux nés des mères DBO . Les agneaux de race pure et ceux issus du croisement industriel simple ont déposé le moins de gras mésentérique. Alors que les agneaux croisés DBO et ADBO contenant respectivement 50 et 25% de gènes D’man ont déposé plus de gras mésentérique soit respectivement 589 et 571 g. La même tendance est observée pour le dépôt de gras dorsal ainsi que pour l’appréciation subjective du gras interne mais sans que les différences soient significatives.
Quant aux agneaux BO, malgré leur origine rustique, ils ont tendance à déposer moins de gras dans leur carcasse. Les carcasses des agneaux BO sont comparables à celles des agneaux Sardi mais sont nettement moins grasses que celles des agneaux Timahdite. Il semble, en outre, que la vitesse de croissance et l’état d’engraissement des agneaux abattus à un âge similaire soient liés principalement au gabarit et au poids adulte de la race paternelle en croisement.
Parmi les races améliorées les agneaux de père Lacaune, d’origine laitière, ont déposé plus de gras mésentérique (626 g) que les agneaux de pères Ile-de-France (484 g) mais sans aucune différence significative pour le dépôt de gras dorsal.
Développement des carcasses
La race du père de croisement a eu un effet très hautement significatif sur la longueur et la largeur de la carcasse ainsi que sur le périmètre du gigot, le score de conformation, et la compacité de la carcasse. Les agneaux ABO ont présenté des carcasses plus compactes plus courtes et plus larges et des gigots plus ronds et plus courts, en comparaison aux agneaux BO et DBO . De même, la conformation des carcasses appréciées subjectivement montre une nette supériorité des agneaux ABO.
La surface de muscle longissimus dorsi des carcasses des agneaux BO et DBO a été nettement inférieure à celle des agneaux nés dans le croisement industriel simple ABO .
L’ensemble des caractéristiques des carcasses des agneaux nés des accouplements impliquant les femelles DBO et la race améliorée ont présenté une qualité des carcasses comparable à ceux nés des brebis BO. L’avantage de la race Ile-de-France comme race de croisement terminal, en termes de croissance d’agneaux et de production de la viande maigre a été confirmée contrairement à la race Lacaune.
Conclusions
Cette recherche a permis d’apporter des informations importantes et a fortement contribué à la caractérisation de la race Boujaâd en race pure et en croisement. Les performances de cette dernière accouplée en race pure ou en croisement avec les béliers des races spécialisées: D’man, Ile-de-France et Lacaune, ont montré que dans les conditions d’élevage de la station El Koudia, le croisement terminal donne les meilleurs résultats, excepté pour la fertilité des brebis et la viabilité des agneaux à 90 jours. Le croisement de 1ère génération avec 50% des gènes D’man a donné un résultat comparable voire supérieur à l’élevage Boujaâd pur pour le poids à 90 jours et le gain de poids indiquant un effet d’hétérosis favorable du croisement.
Enfin, sur la base de nos résultats antérieurs où nous avons pu comparer de nombreux génotypes impliquant les principales races locales de parcours, nous avons constaté que les carcasses des agneaux des races Boujaâd et Sardi présentent le même profil en ce qui concerne le dépôt de gras et le développement musculaire. En effet, les deux races présentent des carcasses moins grasses et moins bien conformées comparées aux carcasses des agneaux de la race locale Timahdite, élevées dans les mêmes conditions.
Les caractéristiques des carcasses des agneaux des races locales ou issues du croisement méritent d’être comparées pour des poids supérieurs sur des antenais plus âgés que les agneaux de cette étude dont les âges moyens à l’abattage ont été inférieurs à cinq mois. Les agneaux issus du croisement terminal impliquant la race paternelle Ile-de-France ont réalisé une croissance supérieure aux agneaux de pères Lacaune à tout âge, conduisant ainsi à la production de carcasses plus lourdes et moins grasses.
Dr. Moussa El Fadili
Institut National de la Recherche Agronomique, Rabat
elfadilimoussa@yahoo.fr
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Techniques d’engraissement des agneaux
novembre 3, 2009
Classé sous Elevage
La production des agneaux de boucherie occupe une place de choix dans l’activité élevage ovin au Maroc. L’engraissement des agneaux est généralement pratiqué par les éleveurs naisseurs-engraisseurs ou par les engraisseurs afin de valoriser leurs produits et améliorer leurs revenus. C’est une activité relativement facile à entreprendre puisqu’elle ne nécessite qu’un petit investissement et une faible technicité. Néanmoins, pour réussir l’engraissement certaines conditions doivent être respectées et un minimum de connaissances en élevage est nécessaire.

Qu’est-ce que l’engraissement ?
L’engraissement est une opération qui consiste à offrir aux agneaux une conduite adéquate (alimentaire et prophylactique) pour qu’ils atteignent un poids et une conformation appropriés en un temps limité. L’engraissement peut être fait à l’herbe ou en bergerie.
L’engraissement des agneaux à l’herbe est pratiqué lorsque l’herbe est abondante sur le parcours. Son objectif est la réduction de l’utilisation de l’aliment concentré en rallongeant la phase de l’allaitement et en mobilisant plus fortement les réserves corporelles des mères. Ce type d’engraissement est souvent pratiqué dans les systèmes de reproduction peu intensifiés et à des périodes de mise bas correspondant au mieux aux disponibilités de l’herbe sur le parcours. Pour que cet engraissement soit réussi, le sevrage doit être bien raisonné. Normalement dans un troupeau ovin, le sevrage des agneaux se fait en deux phases. Les agneaux les plus légers à la mise à l’herbe (croissance inférieure à 140 g/j) ne sortent pas et sont engraissés en bergerie après un sevrage à 8 semaines, à condition que l’agneau fasse un poids supérieur ou égal à 3 fois celui de sa naissance. Les autres agneaux sortent au pâturage, et lorsqu’ils sont âgés de 12 semaines, un deuxième tri est réalisé selon le même principe, et les animaux les plus légers (croissance inférieure à 180 g/j) sont sevrés et finis en bergerie. Les agneaux restants, dont la croissance est supérieure à 180 g/j, sont sevrés vers l’âge de 16-18 semaines et finis à l’herbe. En outre, pour qu’un grand nombre d’agneaux réalise une croissance élevée à l’herbe, un soin particulier doit être apporté à l´alimentation des mères en fin de gestation et pendant les six premières semaines de lactation. En effet, la valeur laitière des brebis est un atout supplémentaire pour permettre aux agneaux d´avoir une bonne croissance. Par ailleurs, un apport de concentrés dans une trémie au pâturage permet de finir plus rapidement les agneaux et d’éviter de devoir le faire en bergerie. Pour les agneaux qui séjournent sur parcours, il faut également prévoir un traitement contre les parasites gastro-intestinaux presque tous les mois.
Le 2ème type d’engraissement est la finition des agneaux en bergerie. C’est l’engraissement le plus réputé et le plus pratiqué. Les agneaux sont alimentés essentiellement à base de concentrés et vendus après une courte période d’engraissement. La finition des agneaux peut-être faite pour l’occasion de l’Aïd Al Adha ou pour l’approvisionnement du marché durant toute l’année.
Engraissement pour l’Aïd ou pour l’approvisionnement du marché durant l’année
La finition des ovins pour l’Aïd Al Adha est une activité de courte durée. Elle concerne le plus souvent des moutons de sexe mâle, âgés de plus de six mois. La période d’engraissement a lieu au cours des 2 à 5 mois précédant la date de la célébration de l’Aïd. Sa durée varie en fonction du poids et de l’état d’engraissement des agneaux. La finition concerne les ovins de différents types génétiques, avec une préférence pour ceux de race Sardi dont le phénotype est très apprécié pour la célébration de cette fête, et donc de qualité marchande élevée.
L’opération d’engraissement est menée par des engraisseurs de métier, mais aussi par des non professionnels dans des ateliers d’engraissement aménagés pour l’occasion. Souvent, les engraisseurs de moutons pour l’Aïd ne sont pas des naisseurs. Les agneaux engraissés sont achetés chez les éleveurs naisseurs ou dans les souks du pays quelques mois avant la date de la célébration de la fête. Le marché de l’Aïd Al Adha est un marché de spécialité sur lequel peuvent être vendus des moutons pesant entre 40 et 70 kg, mais parfois plus ou même moins. Evidemment, l’engraissement des agneaux destinés à ce marché doit être planifié de telle sorte que le produit fini soit prêt au moment opportun. Les prix sur ce marché sont souvent élevés et variables d’une année à l’autre selon l’offre, la demande, le climat, la cherté des aliments…
De l’autre côté, l’approvisionnement du marché pendant toute l’année est une activité qui nécessite une certaine stratégie. Au Maroc, les brebis mettent naturellement bas durant l’automne-début hiver. 80% des agneaux naissent pendant cette période, avec néanmoins certaines variations régionales. De manière générale, l’offre en agneaux commence à augmenter (et les prix à baisser) à partir du mois d’avril pour atteindre son pic au mois de juin. Or, comme le marché demande un approvisionnement constant réparti sur toute l’année (avec des effectifs plus importants lors de certaines périodes de festivités associées à une consommation élevée d’agneaux: Aïd Al Adha, fêtes familiales…), ce cycle de mise bas pose problème pour les éleveurs, qui doivent disposer de suffisamment d’agneaux prêts à l’abattage pour répondre à la demande générale et aux demandes plus spécifiques du marché. En dehors de cette période où l’offre est abondante, il y a toujours les agneaux de report, c’est-à-dire les agneaux dont la période de vente est décalée de quelques mois par rapport aux agneaux habituellement commercialisés à fin printemps-début été. Cette production est souvent insuffisante en quantité et en qualité et constitue un handicap majeur au développement économique des démarches qualité qui nécessitent un approvisionnement régulier du marché tout au long de l’année.
L’éleveur qui souhaite profiter du prix élevé des agneaux finis en automne et en hiver devrait s’orienter vers les races prolifiques D’man et DS qui peuvent facilement mettre bas hors saison. En effet, ces races possèdent des caractéristiques favorables à la production de naissances multiples, à l’agnelage à contre-saison et d’autres caractéristiques qui contribuent directement à accroître la productivité des troupeaux. En outre, les pratiques de gestion, comme la conduite du troupeau au rythme de trois agnelages en deux ans, peuvent, dans une certaine mesure, aider à répartir la production d’agneaux sur une plus longue période et permettre à l’éleveur de bénéficier des prix élevés des agneaux hors saison. Le poids vif des agneaux exigé par le consommateur marocain tout au long de l’année est de 30 à 40 kg; le sexe des agneaux importe peu.
Caractéristiques de la bergerie d’engraissement
Le but essentiel d’une bergerie est de protéger l’agneau contre les aléas climatiques et les prédateurs, et d’éviter qu’il attrape des maladies. La bergerie doit également faciliter le travail (distribution des aliments, nettoyage, tri des agneaux…) et l’inspection des agneaux et ainsi permettre aux éleveurs de détecter les faibles, les malades ou ceux qui nécessitent un soin quelconque. Ainsi, la bergerie d’engraissement doit être éclairée, aérée et de taille suffisante, offrant une surface de 0,50 m2 (0,4 x 1,2 m) par agneau. Elle ne doit pas être exposée aux vents qui soufflent dedans directement. Elle doit être propre afin de permettre aux agneaux de se développer dans des conditions saines. Dans une bergerie, la température optimale pour les agneaux à l’engraissement est de 13 à 15°C.
La bergerie d’engraissement doit être divisée en plusieurs compartiments pour y placer les agneaux de différentes catégories. Les compartiments doivent être munis de mangeoires et d’abreuvoirs. Chaque agneau doit disposer d’un espace de 10 à 25 cm au niveau des mangeoires, selon que l’accès à l’aliment est libre ou rationné. Si les abreuvoirs sont automatiques, il doit y avoir un abreuvoir pour 40 à 50 agneaux.
Choix des agneaux à engraisser
Le choix des agneaux à engraisser est souvent le facteur le plus important qui conditionne le succès de l’opération d’engraissement. De façon générale, les agneaux à engraisser doivent répondre aux critères suivants:
- Être en bonne santé et indemnes de tares;
- Etre âgés de moins de 12 mois (si les agneaux sont destinés pour l’Aïd) et de moins de 6 mois (dans le cas de l’approvisionnement durant l’année);
- Avoir un poids d’au moins 20 kg.
Pour ce qui est du type génétique à engraisser, en principe tous les types génétiques peuvent être engraissés sans distinction. Cependant, certains types génétiques sont connus pour transformer efficacement l’aliment en viande, c’est-à-dire ont un indice de consommation faible, alors que d’autres le font moins efficacement et ont un indice de consommation élevé. À ce propos, le choix des agneaux de races améliorées (Ile-de-France, Mérinos Précoce, Lacaune…) ou des agneaux issus du croisement terminal à 2 ou 3 races, caractérisés par des performances de croissance élevées, s’apprêtent mieux à un engraissement rapide et efficace.
Les agneaux de races locales ont une vitesse de croissance faible et nécessitent plus de temps pour atteindre le poids souhaité. Le tableau 1 montre que les agneaux de races locales (Timahdite, Sardi et Béni Guil) ont des performances de croissance et de carcasse plus faibles que celles des agneaux issus du croisement industriel (béliers de races Ile-de- France, Mérinos Précoce et Suffolk). Le type génétique peut être également choisi pour répondre à une certaine clientèle. Ainsi, les agneaux de la région de Boumia, caractérisés par une petite taille et un faible état d’engraissement, commencent depuis quelques années à avoir une certaine côte auprès des consommateurs des grands centres urbains.
La constance au sein d’un même marché est également importante pour le consommateur. Il est important que les engraisseurs connaissent les types génétiques qui sont préférés par les acheteurs et les consommateurs en raison de leur poids, leur état d’engraissement ou leur qualité organoleptique. La gestion efficace du régime alimentaire permet de produire des agneaux présentant un état d’engraissement conforme aux exigences spécifiques du marché auquel ils sont destinés.
Conduite sanitaire
Les agneaux à engraisser doivent être en bonne santé. Pour cela, la bergerie doit être aérée et éclairée afin d’éviter le développement d’agents pathogènes. L’idée selon laquelle les animaux engraissés doivent être enfermés dans une bergerie obscure et sans issues est révolue, car de telles conditions engendrent des maladies respiratoires qui aboutissent à des performances faibles.
Les agneaux issus du troupeau doivent être vaccinés contre l’entérotoxémie et traités contre les parasites internes avant le démarrage de l’engraissement, surtout s’ils ont séjourné auparavant sur parcours. En effet, le déparasitage interne comme son nom l’indique vise à éliminer ou à réduire les parasites du tube digestif et ainsi permettre à l’agneau de profiter entièrement et efficacement de l’alimentation qu’il ingère. Par ailleurs, les agneaux achetés de l’extérieur doivent d’abord être placés en quarantaine pour 1 à 2 jours afin de s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs d’une maladie quelconque. Une fois la quarantaine passée avec succès, les agneaux sont vaccinés contre l’entérotoxémie et traités contre les parasites internes. Dans un atelier d’engraissement, dès l’observation d’un agneau malade (diarrhée, toux…), il faudra l’isoler le plus tôt possible du reste du troupeau et le traiter.
Il est clair que la bergerie d’engraissement doit être nettoyée régulièrement pour éviter l’accumulation du fumier et des insectes. À la fin de chaque période d’engraissement, la bergerie doit être nettoyée et désinfectée, et les murs badigeonnés à la chaux. Un vide sanitaire de quelques semaines doit être également respecté.
Ration de transition
Les agneaux habitués à l’herbe et finis en bergerie ainsi que les agneaux achetés de l’extérieur ont besoin de recevoir une ration de transition avant de passer au régime d’engraissement et ce, pour préserver la santé du rumen.
La phase de transition permet à la flore microbienne de s’adapter au nouveau régime d’engraissement. Quand les animaux font la transition entre deux régimes alimentaires, il faut prévoir de 3 à 7 jours pour remplacer progressivement l’ancien régime par le nouveau. Ainsi, pendant les deux premiers jours, il faudra distribuer 25% du nouveau régime et 75% de l’ancien; pendant les deux jours suivants, 50-50; pendant les deux autres jours, 75% du nouveau régime et 25% du régime ancien; puis par la suite 100% du nouveau régime.
Allotement ou constitution des lots d’engraissement
Avant de démarrer l’engraissement, il est important de répartir les agneaux en lots homogènes selon le sexe, mais surtout selon le poids et l’état d’engraissement. Chaque lot doit inclure des agneaux ayant presque le même poids et éviter de mélanger les agneaux lourds et légers. En effet, la mise en lots des agneaux de poids différents empêche les plus petits de s’alimenter correctement et donc de croître rapidement. Le tri des agneaux en lots homogènes est aussi un moyen de réduire le coût de production en évitant le gaspillage que provoque la concurrence entre les agneaux. La constitution des lots selon le type génétique de l’agneau n’est pas très importante.
Age et poids au début et à la fin de l’engraissement
L’âge et le poids d’entrée à l’engraissement dépendent de l’objectif de l’éleveur. Lorsque l’agneau est destiné à l’approvisionnement régulier du marché durant l’année, l’âge optimum est de 70 à 120 jours afin que l’agneau engraissé soit vendu vers l’âge de 4 – 6 mois à un poids vif de 30 à 40 kg. En revanche, lorsque l’agneau est destiné à la célébration de l’Aïd Al Adha, l’âge de l’animal est de plus de six mois pour qu’il soit vendu une fois engraissé à un poids moyen de 40 à 70 kg.
Le poids à la fin de l’engraissement ou à l’abattage dépend des préférences de la clientèle à laquelle l’agneau est destiné. Généralement, les poids de 17 – 20 kg de carcasse pour les mâles et 15 – 17 kg pour les femelles correspondent au comportement de la majorité des éleveurs qui visent à valoriser les mâles dans les circuits de qualité et font partir les femelles plus légères pour limiter les risques de carcasses grasses. En considérant un rendement carcasse de presque 50%, ceci veut dire que les agneaux mâles et femelles doivent être abattus respectivement à 35 – 40 kg et 30 – 35 kg de poids vif. Toutefois, pour la célébration de la fête de l’Aïd Al Adha, l’éleveur doit viser un poids à l’abattage compris entre 40 et 70 kg.
Pour la gestion moderne des élevages, l’enregistrement des poids vifs des agneaux à la mise en lot et le jour du tri pour la vente doivent être une habitude. Ceci permet à l’éleveur de connaître le gain de poids réalisé à l’engraissement et d’avoir une idée sur le poids final et donc sur le prix approximatif à la vente.
Durée et période d’engraissement
La durée d’engraissement des agneaux dépend de plusieurs facteurs: poids initial, poids à l’abattage, vitesse de croissance, état d’engraissement, destination du produit… La durée optimale est de deux à trois mois, variant souvent de un à cinq mois.
Pour les éleveurs qui engraissent leurs propres agneaux, la période d’engraissement est souvent située juste après le sevrage, surtout si l’éleveur approvisionne le marché en agneaux durant toute l’année. Pour les éleveurs qui préparent les moutons pour l’Aïd, la période d’engraissement se situe au cours des 2 à 5 mois avant la date de la célébration de l’Aïd. Hormis ces cas, la période d’engraissement qui valorise au mieux le produit final est la période d’automne-début hiver car l’agneau engraissé est vendu à un moment où l’offre sur le marché est faible, et par conséquent où le prix de vente est élevé.
Sexe des animaux à engraisser
Le consommateur marocain préfère souvent les mâles pour la célébration de l’Aïd Al Adha. Les femelles et les castrés le sont peu, à cause d’un état d’engraissement excessif et d’un poids de carcasse insuffisant des premières, et de l’obligation que les mâles doivent être entiers pour les seconds.
En dehors de la célébration de l’Aïd, il n’y a pas généralement de préférence marquée pour la viande d’agneau mâle entier par rapport à la viande d’agnelle ou d’agneau castré. Néanmoins, les agneaux non castrés sont plus maigres et ont généralement une meilleure vitesse de croissance que les agneaux castrés. Cependant, la castration a des effets très significatifs sur la qualité du gras et permet d’obtenir un rendement carcasse plus élevé. En revanche, elle allonge la durée d’engraissement de quelques jours de plus par rapport aux agneaux entiers à cause de la réduction de la vitesse de croissance, ce qui augmente l’indice de consommation.
Conduite alimentaire
Les pratiques d’alimentation à l’engraissement peuvent varier considérablement selon le moment de l’année auquel les agneaux sont nés et selon leur état au début de l’engraissement. L’objectif de l’alimentation des agneaux à l’engraissement est de produire de façon rentable un produit de qualité recherchée sur le marché. Il est donc important de considérer les aliments à distribuer pendant l’engraissement car l’alimentation représente 70% du coût de production. Les aliments distribués doivent consister en aliments grossiers (paille, foin et fourrages surtout), en aliments concentrés (grains, tourteaux…) et à l’eau.
Il est généralement admis que la quantité d’aliments quotidiennement consommée par un agneau représente approximativement 3,1% de son poids corporel, dont la proportion du concentré est de 2,5% du poids corporel, soit au maximum 80% de la ration totale. Ceci correspond à une quantité d’aliments consommés à l’engraissement variant de 1 à 2 kg par jour.
Différentes rations pour la finition des agneaux ont été testées par rapport à leurs influences sur la croissance, l’indice de consommation et la qualité des carcasses. La ration à base de foin de luzerne de bonne qualité et de céréales (orge et maïs) est une solution intéressante pour l’engraissement des agneaux. Elle permet de satisfaire les besoins nécessaires en protéines, en énergie et d’obtenir des carcasses de qualité, sans provoquer de problème sanitaire. Les rations à base de pois et de féverole entiers entraînent certains problèmes d’appétence liée essentiellement à la dureté des grains. Pour ces aliments, d’autres présentations peuvent être utilisées: grains aplatis, grains gonflés dans l’eau durant 24 heures…
Il est recommandé que l´agneau à l’engraissement dispose en permanence d’un fourrage grossier de bonne qualité. En effet, une consommation régulière limite les problèmes sanitaires (entérotoxémie) et minimise les défauts de gras. Pour limiter la fréquence d’apparition de gras sous-cutané de mauvaise qualité, le principe à respecter est de faire ruminer, et donc saliver, les animaux. L’ingestion d’un minimum de 20% de la matière sèche totale ingérée sous forme de fibres longues est nécessaire pour le bon fonctionnement du rumen. La mise à la disposition des agneaux de foin ou de paille est donc nécessaire.
Le second principe à respecter pour limiter la fréquence d’apparition de gras sous-cutané de mauvaise qualité est de limiter l’apport de glucides très fermentescibles, c’est-à-dire l’amidon et donc les céréales qui en sont très riches. Une ration ne doit pas contenir plus de 25% d’amidon par rapport à la matière sèche. En outre, les mélanges de concentré utilisé pour la finition des agneaux sont équilibrés à 15 ou 16 % de matières azotées totales par kg de matière sèche.
Les éleveurs ont souvent tendance à sous-estimer l’importance de l’eau dans le régime alimentaire des animaux. Certains engraisseurs prétendent même que les agneaux engraissés n’ont pas besoin de s’abreuver fréquemment. Or, le gain de poids est constitué majoritairement d’eau et la qualité de l’abreuvement contribue à améliorer la croissance. Il est donc crucial que les agneaux aient en permanence la possibilité de boire de l’eau propre. De plus, les minéraux contenus dans l’eau sont susceptibles d’interactions avec les composés de l’aliment qui, selon le cas, améliorent ou inhibent l’assimilation de certains éléments nutritifs.
De nombreux minéraux et vitamines doivent impérativement être ajoutés aux rations des agneaux. Cet apport se fait généralement en ajoutant 1 à 2% de CMV dans la ration ou en utilisant les concentrés commerciaux qui en principe incorporent minéraux et vitamines.
Traitement des grains
On entend par «traitement» le concassage, le broyage, la mouture ou l’aplatissage des grains. Les ovins sont des ruminants. Pendant la mastication des aliments, les glandes salivaires des ovins sécrètent le bicarbonate. Aussi, la rumination (régurgitation et mastication) provoque une plus grande production de salive, ce qui est bon pour la santé du rumen. Ainsi, pour les agneaux à l’engraissement, les céréales entières sont préférables dans la plupart des cas, car elles favorisent la rumination et apportent plus d’amidon qui est disponible pour la digestion pendant plus longtemps. Toutefois, les grains de maïs doivent être broyés lorsqu’ils sont destinés aux agneaux pesant moins de 25 kg. De même, dans le cas des agneaux avant sevrage, tous les grains inclus dans l’aliment complémentaire doivent être broyés.
Aliment commercial ou mélange fermier
Avec la flambée des prix des aliments, de nombreux éleveurs ovins s´interrogent sur la rentabilité de l´engraissement des agneaux comparée à celle de la production d´agneaux légers à l’herbe. Par ailleurs, bon nombre d’éleveurs préfèrent préparer leur aliment concentré en ferme (mélange fermier), alors que d’autres optent pour l’achat de l’aliment commercial.
L’utilisation des mélanges fermiers conduit aux conclusions suivantes:
- Les performances de croissance sont légèrement réduites car le rationnement n’est pas toujours parfait;
- La complémentation minérale et vitaminique est souvent oubliée;
- Les risques de lithiases urinaires chez les agneaux sont fréquents dus à l’excès de phosphore issu des céréales;
- La qualité de gras sur les agneaux est mauvaise due à une forte proportion de céréales dans la ration;
- L’appétence de l’aliment est diminuée en raison de la présence de certains composants sous forme de grains entiers;
- L’organisation du travail est compliquée: achat des matières premières, stockage, mélange, distribution…;
- Le coût de la ration est souvent élevé.
À l’opposé, l’aliment commercial n’engendre généralement pas de problème car ses composants sont multiples et équilibrés. Néanmoins pour l´approvisionnement en aliment commercial, les éleveurs ont intérêt à faire jouer la concurrence entre les fournisseurs pour renégocier les tarifs, tout en restant très vigilant sur la valeur nutritive des aliments proposés car il est très facile de trouver un aliment moins cher mais moins bon. Pour réduire le prix d’achat des aliments concentrés, il est utile de commander de grandes quantités livrées en vrac. Cependant, cela suppose que l’engraisseur dispose d´une capacité de stockage suffisante ou de faire des commandes groupées pour plusieurs éleveurs (cas des groupements d’éleveurs).
Quelques exemples de rations alimentaires pour l’engraissement des ovins
- Orge: 40%; Son: 6%; Tourteau de tournesol: 30%; Caroube: 22%; CMV: 2%; paille.
- Orge: 40%; Pulpe de luzerne: 20%; Tourteau de tournesol: 30%; Caroube: 8%; CMV: 2%; paille.
- Orge: 60%; Foin de luzerne broyé: 29%; Tourteau de tournesol: 9%; CMV: 2%.
Rationnement ou libre accès
Grosso modo, deux méthodes peuvent être appliquées pour distribuer l’alimentation aux agneaux. L’une consiste à laisser l’animal manger à volonté (libre-service ou ad libitum) et l’autre, à limiter ou rationner la quantité d’aliment à laquelle il peut accéder. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients et l’éleveur doit décider de celle qui lui convient le mieux selon le matériel dont il dispose et ses possibilités en matière de gestion du troupeau.
Le rationnement, ou restriction alimentaire, permet de contrôler les heures de repas et la quantité d’aliment fournie par repas, et de ce fait réduire les refus d’aliments. C’est donc un puissant outil de conduite d’élevage. Il permet de mieux contrôler les quantités consommées, d’assurer une consommation plus égale des divers constituants de la ration et de mesurer fréquemment la prise alimentaire des animaux pour connaître leurs indices de consommation. En revanche, le rationnement mobilise plus de main-d’oeuvre car l’aliment est distribué au moins deux fois par jour, et il nécessite une plus grande longueur de mangeoires (12 à 25 cm par agneau) pour éviter les bousculades durant les repas et pour que tous les agneaux puissent manger simultanément. Cependant, le rationnement ne modifie pas la quantité totale de concentré ingéré par rapport à l’accès libre. Au contraire, il double presque la quantité de foin ingérée.
De l’autre côté, les agneaux qui sont alimentés en libre-service sont plus susceptibles de se sur-alimenter, de prendre des repas irréguliers et de souffrir d’acidose. Pour l’alimentation à volonté, il est nécessaire de prévoir 10 cm de longueur de mangeoire par agneau et de s’assurer que les mangeoires ne sont jamais vides. Il est toutefois possible d’améliorer l’indice de consommation des agneaux, en distribuant une quantité d’aliment représentant 90-95 % de la quantité que les animaux consomment spontanément en situation de libre-service.
Conclusion
L’engraissement des agneaux est une opération qui accroît considérablement le potentiel de profit d’un élevage. Les opérateurs doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour tirer le maximum de profit de leur production. À cet effet, la règle d’or à respecter est de bien loger et alimenter ses agneaux: aménager des bâtiments, réaliser une prévention sanitaire, donner une ration alimentaire simple et équilibrée, tels sont les principaux points auxquels il faudra faire attention lors de l’engraissement des agneaux.
Prof. Ismaïl BOUJENANE
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
La race ovine Beni Guil: Ses performances en race pure et en croisement
novembre 1, 2009
Classé sous Elevage
Introduction
La race Beni Guil (BG) est une des principales races locales marocaines intégrées dans le Programme National d’Amélioration Génétique. Elle peuple les zones des plateaux de l’Oriental: Tendrara, Bouarfa, Figuig et régions et valorise mieux les steppes de l’Oriental.
La race Beni Guil est capable de s’acclimater dans les autres régions du Maroc. Son effectif s’estime à environ 1.910.881 têtes soit 11,4% du cheptel national ovin. La race Beni Guil est non prolifique et se caractérise par une faible productivité et une croissance modérée de ses agneaux.
Dans ce bulletin, on propose de présenter une partie des résultats des performances de reproduction de la brebis et de production des agneaux en croissance avant sevrage et à l’engraissement ainsi que les caractéristiques de la carcasse des agneaux Beni Guil élevés en race pure et en croisement avec les races paternelles spécialisées D’man, Ile-de-France et Lacaune.
Les performances ont été enregistrées au domaine expérimental El Koudia de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et concernent un total de 484 brebis mises en lutte, 461 agneaux sevrés et 106 agneaux abattus de types génétiques Beni Guil et croisés Beni Guil.
Les brebis ont été conduites toute l’année sur les jachères et chaumes du domaine dans des troupeaux de 150 brebis tous génotypes confondus et reçoivent en bergerie un complément alimentaire dont la quantité du complément distribué varie en fonction de l’état des pâturages et des besoins physiologiques des animaux. Un programme annuel de vaccination et de déparasitage a été appliqué à l’ensemble des animaux.
Les caractères d’intérêt dans cette étude sont chez la brebis la fertilité, la prolificité et la productivité à trois mois après la mise bas. La croissance pré-sevrage et à l’engraissement des agneaux, l’âge et le poids à l’abattage et différents autres caractères de la carcasse ont été mesurés: rendement, dépôt de gras et mensurations sur la carcasse (longueur et largeur de la carcasse, longueur du gigot, conformation et surface du muscle Longissimus Dorsi). L’ensemble des caractères ont été ajustées pour les effets non génétiques contrôlés.
Principaux résultats
Fertilité et prolificité
Les moyennes de fertilité et de prolificité à la naissance enregistrées chez la race Beni Guil sont respectivement de 91% et 1,05 agneaux (Figure 1). Accouplées en race pure ou en croisement avec les béliers D’man (D), les brebis Beni Guil ont réalisé un taux de fertilité significativement supérieur à celles accouplées en croisement avec les béliers Ile-de-France (IF) et Lacaune (LC). Le faible taux dû à l’accouplement des brebis avec les béliers Ile-de-France a également été observé dans le croisement avec les brebis de race Timahdite élevées dans les mêmes conditions, l’écart était de 7 à 8%.
La prolificité étant un caractère de la brebis, le type d’accouplement n’a pas eu d’effet significatif sur la prolificité à la naissance et à 90 j. La prolificité des brebis Beni Guil, quelque soit la race du bélier s’est située entre 1,02 et 1,07 à la naissance des agneaux. La prolificité reste cependant comparable à celle des autres races locales (Timahdite, Sardi, Boujaâd) enregistrés dans les mêmes conditions du domaine El Koudia.
Viabilité et croissance pré-sevrage des agneaux
Le génotype de l’agneau n’a pas influencé la viabilité des agneaux dans la phase naissance-sevrage à trois mois d’âge (Figure 2). La viabilité des agneaux a été élevée et a varié de 86 à 93%. Le taux de viabilité observé chez les agneaux Beni Guil purs et croisés a été comparable à celui observé dans les mêmes conditions dans les croisements impliquant les autres races locales Timahdite et Sardi. La viabilité légèrement inférieure observée chez les agneaux issus des croisements impliquant la race Ile-de-France peut être expliquée en partie par l’apparition des mises bas dystociques, notamment chez les jeunes brebis avec des agneaux plus lourds à la naissance.
Le génotype de l’agneau a eu un effet très hautement significatif sur les poids et le gain moyen quotidien (GMQ) des agneaux de la naissance au sevrage. En effet, à la naissance, les agneaux nés de pères de race Ile-de-France ont été plus lourds, alors que les poids des agneaux issus de pères D’man et Beni Guil restent comparables, et ceux nés de pères améliorés Lacaune ont réalisé des poids intermédiaires (Figure 3). L’écart de poids entre les agneaux Beni Guil et croisés améliorés Lacaune et Ile-de-France se situe en moyenne à 0,26 et 0,62 kg à la naissance.
Au sevrage, l’écart entre les agneaux Beni Guil et croisés de pères Lacaune et Ile-de-France est respectivement de 4,07 et 3,93 kg. Cette supériorité peut être expliquée par un effet d’hétérosis favorable pour la croissance des agneaux. La supériorité de la croissance des agneaux issus du croisement terminal semble être due aux différences dans les poids et gabarits adultes entre les races améliorées Lacaune et Ile-de-France et les races D’man et Beni Guil.
Productivité de la brebis
La productivité au sevrage, caractère composé, des brebis Beni Guil a été supérieure dans les croisements avec les béliers Lacaune (22,3 kg) et Ile-de-France (21,8 kg) en comparaison avec l’accouplement en race pure (17,2 kg) ou avec les béliers D’man (18,9 kg). Dans les mêmes conditions d’élevage, les brebis Timahdite et Sardi ont sevré des portées respectivement de 21,7 et 20,6 kg en race pure et 21,9 et 20,2 kg en croisement avec les béliers D’man, et 25,2 et 24,2 kg avec les béliers du croisement terminal. La faible productivité pondérale de la race Beni Guil en comparaison avec les races Timahdite et Sardi, élevées dans les mêmes conditions de la station et croisée avec les mêmes races de béliers de croisement, peut être expliquée en partie par le fait que les animaux (brebis et béliers) Beni Guil ont été achetés en majorité dans les souks de l’oriental et ont des gabarits à l’âge adultes inférieurs à ceux des races Timahdite et Sardi, qui ont été sélectionnées à la station El Koudia depuis plusieurs années.
Performances à l’engraissement et à l’abattage
Les GMQ à l’engraissement des agneaux issus des différents génotypes sont hautement significatifs (Figure 5). Comme attendu, les agneaux de types améliorés Lacaune x Beni Guil et Ile-de-France x Beni Guil ont réalisé les meilleurs GMQ à l’engrais, soit respectivement 263 et 211 g/j. Les agneaux avec 50% des gènes D’man ont réalisé une croissance moindre mais non significative comparée à celle des agneaux de race Beni Guil. Les GMQ obtenus sont de même grandeur à ceux du croisement de brebis de la race Timahdite avec des béliers de la race D’man et améliorés (Ile-de-France, Lacaune), soit 218 et 256 g/j. De même, les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil, tous confondus, ont été à la fin d’engraissement et à l’abattage plus jeunes de 11 j comparés aux génotypes Beni Guil et D’man x Beni Guil (Figure 6). En outre, les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Beni Guil ont été plus efficient et ont mieux transformés les aliments distribués en comparaison avec l’indice de consommation des agneaux Lacaune x Beni Guil et D’man x Beni Guil.
Les agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil ont présenté des poids à l’abattage et de la carcasse significativement inférieurs de 3,05 et 1,50 kg que les agneaux croisés Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil. Les agneaux des pères Ile-de-France ont été plus jeunes et plus lourds que les agneaux de pères Lacaune (Figure 7). L’avantage des agneaux croisés de type Ile-de-France sur les agneaux issus des croisements avec d’autres races améliorés comme Suffolk et Mérinos Précoce a été également rapporté dans la littérature. Le rendement en carcasse le plus élevé a été réalisé chez les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil avec respectivement 53,5 et 53,2%, alors que les agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil ont réalisé un rendement en carcasse moindre, de l’ordre de 52% (Figure 8).
Dépôt de gras
Le génotype de l’agneau a eu un effet significatif sur le dépôt du gras interne (pelvien et rénal), gras mésentérique et dorsal indiquant la différence qui existe entre les races utilisées en croisement. Les agneaux croisés Ile-de-France x Beni Guil ont déposé significativement moins de gras mésentérique dans la carcasse (613 g), alors que les croisés D’man x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil ont déposé plus de gras mésentérique, soit respectivement 930 et 818 g (Figure 9).
Les agneaux Beni Guil ont enregistré un dépôt de gras mésentérique intermédiaire soit 756 g. Ces différences entre races peuvent être expliquées par les poids adultes des races parentales utilisées et aussi par leur origine respective: la race D’man est prolifique, la race Lacaune est d’origine laitière et la race Ile-de-France est viandeuse. Des observations similaires ont été également rapportées dans les croisements impliquant des races rustiques Timahdite et Sardi.
La tendance de dépôt de gras dorsal mesuré au niveau de la 13ème côte (Figure 10) ou estimée subjectivement est inverse au dépôt de gras interne mésentérique. En effet, les croisés de pères améliorés Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil possèdent l’aptitude de déposer plus de gras dorsal en comparaison avec les agneaux de types locales Beni Guil et D’man x Beni Guil qui ont tendance à déposer plus de gras interne. En effet, le faible dépôt du gras interne apprécié subjectivement (gras de rognon et pelvien) et le gras mésentérique dans les carcasses des agneaux issus des pères de la race Ile-de-France avec les races locales Sardi, Timahdite a été également observé dans nos recherches antérieures.
Les agneaux croisés D’man x Beni Guil avec 50% de gènes D’man et 50% de gènes Beni Guil ont présenté un dépôt de gras dorsal faible. Les carcasses des agneaux Beni Guil sont plus grasses comparées à celles des agneaux Sardi, Timahdite et Boujâad observés dans nos études antérieures.
La tendance des agneaux de pères D’man x Beni Guil à déposer plus de gras interne peut être en partie expliquée par l’effet des gènes D’man connus pour être favorables au dépôt du gras interne. Des observations similaires ont été rapportées dans les croisements D’man x Timahdite et D’man x Sardi et D’man x Boujâad.
Il semble, en outre, que la vitesse de croissance et l’état d’engraissement des agneaux abattus à un poids similaire soient liés principalement au gabarit et au poids adulte de la race du père de l’agneau.
Signalons toutefois, que le sexe de l’agneau a eu une influence hautement significative sur le dépôt de gras interne et de couverture. Les agnelles ont déposé +236 g, +0,77 mm, +1,01 et +0,52 points, respectivement pour les dépôts de gras mésentérique, dorsal, les scores de gras interne et externe.
Développement musculaire
Le génotype de l’agneau a eu un effet significatif sur l’ensemble des mensurations prises sur la carcasse froide, excepté pour la longueur du gigot .
Les agneaux croisés Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil ont présenté significativement les carcasses les plus compactes, les plus conformées et les plus larges comparées à celles des agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil tous confondus, soit une supériorité de plus 5, 10, 11, 27 et 10% respectivement pour la largeur de la carcasse, la conformation, le périmètre du gigot, la surface du Longissimus Dorsi et la compacité de la carcasse. De même, les agneaux avec le sang Ile-de-France ont présenté un bon développement musculaire comparé à eux ayant le sang Lacaune.
Dans l’ensemble, ces résultats confirment les résultats antérieurs sur l’avantage de la race Ile-de-France dans les conditions marocaines comme race de croisement terminal, en terme de croissance des agneaux et de production de la viande maigre.
Nos travaux antérieurs ont également montré l’influence favorable des races de croisement terminal à viande sur la conformation et la surface du muscle Longissimus Dorsi dans les croisements avec les races de petit format. Les carcasses des agneaux de type Beni Guil et D’man x Beni Guil ont montré un développement musculaire comparable mais inférieur à celui des agneaux de type amélioré.
Conclusion
Les résultats de cette étude ont permis d’apporter des informations importantes pour contribuer à la caractérisation de la race Beni Guil, notamment en croisement. Les performances ont été obtenues sur des animaux conduits dans des conditions d’élevage semi-intensif.
Les performances de la race Beni Guil en race pure ou croisée avec les béliers des races D’man, Ile-de-France et Lacaune, ont montré que dans les conditions d’élevage de la station El Koudia, le croisement industriel a donné les meilleurs résultats, excepté pour la fertilité des brebis et la viabilité des agneaux à 90 jours.
Les performances de croissance des agneaux croisés de pères améliorés ont été supérieures et le croisement avec les béliers D’man a donné des résultats comparables voire supérieurs à ceux obtenus en race pure Beni Guil pour le poids à 90 jours et le GMQ des agneaux.
Les agneaux croisés de types améliorés Ile-de-France x Beni Guil ont montré une aptitude de croissance à l’engraissement supérieure conduisant à la production de carcasses plus lourdes, plus précoce, moins grasses, plus compactes, plus conformées et présentant une surface de muscle Longissimus Dorsi supérieure.
Sur la base de ces résultats, il a été constaté que les agneaux de la race Beni Guil ont tendance à présenter des carcasses plus grasses et légèrement plus conformées à celles des agneaux de la race Sardi, Boujâad et à moindre degré par rapport à la race Timahdite qui montre une aptitude à l’engraissement intermédiaire. La race Beni Guil présente toutefois des aptitudes intéressantes notamment sa rusticité et son adaptation importantes aux conditions difficiles de la steppe de l’oriental.
Dr. Moussa El Fadili
Institut National de la Recherche Agronomique, Rabat
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Photo: ANOC
Nouveaux aliments pour les ruminants à base de fruits de cactus
novembre 1, 2009
Classé sous Elevage
Introduction
Le cactus est une plante succulente, caractérisé par une grande aptitude d’adaptation à des milieux hostiles à travers des mécanismes morphologiques et physiologiques.
L’Opuntia est l’un des 90 genres de cactus retenus par la classification botanique. Les Opuntia ont une morphologie avec des tiges aplaties qu’on appelle cladodes ou raquettes.
Il existe deux variétés de cactus selon qu’ils possèdent ou non des épines. Dans ce dernier cas, on parle de cactus inerme. Le terme «cactus» désigne souvent l’Opuntia ficus indica, ou Figuier de Barbarie, qui est une espèce courante de cactus inerme.
Rôle du cactus
Rôle dans la nutrition humaine: Il existe approximativement 200 espèces d’Opuntia mais seuls les fruits d’une vingtaine d’espèces sont exploités. Les fruits sont connus par leur teneur élevée en sucre, minéraux et vitamines. Ils sont produits et vendus en été-automne, selon la précocité de la variété. Au Mexique par exemple, ces fruits, appelés tunas, sont commercialisés avec ou sans transformation (séchés, congelés, sous forme de confit, de jus, d’alcool). Par ailleurs, le cactus est exploité pour sa production maraîchère: les jeunes raquettes sont commercialisées sous le nom de Nopals ou Nopalitos. Elles sont consommées en salades, en accompagnement d’une viande ou en dessert.
La valeur nutritive des fruits est proche de celle de la pomme ou la poire.
Les teneurs en matière sèche, en acides titrables, en graisses et en protéines du fruit diminuent jusqu’à la maturation alors que celle des sucres solubles augmente. La fermeté du fruit a aussi tendance à diminuer.
Rôle dans l’alimentation animale: Le principal rôle du cactus réside dans son utilisation comme fourrage pour le bétail. Les raquettes sont particulièrement appréciées par les éleveurs comme complément alimentaire durant la saison sèche. En effet, de par sa grande efficience d’utilisation de l’eau, le cactus reste une espèce fourragère idéale dans les régions semi-aride et aride, fournissant des unités fourragères par ses raquettes pendant les périodes de sécheresse. En plus, les travaux récents ont montré que les fruits de cactus non commercialisables pour la consommation humaine (rebuts) peuvent être utilisés dans l’alimentation des ruminants sous forme de blocs multinutritionnels, et plus intéressant encore sous forme d’ensilage.
Rôle écologique: Le cactus peut jouer un rôle majeur dans les zones à faible pluviométrie où il est cultivé. Du fait de sa faible exigence en eau, il peut être considéré comme plante efficiente et écologique. Le cactus permet en effet par ses racines de maintenir le sol en place et ainsi de limiter son érosion, mais il sert aussi de base à la recolonisation par les plantes et il offre une barrière au sable transporté par le vent. De plus, étant résistant au feu, il offre aussi une protection contre les incendies.
Rôle cosmétique et médicinal: On avance de plus en plus l’intérêt cosmétique des huiles extraites des graines de cactus et des extraits des cladodes dans la fabrication des shampoings et d’autres produits cosmétiques. La médecine est aussi un domaine dans lequel de nombreuses applications sont découvertes pour le cactus. Ainsi, des études rapportent que les nopalitos permettent de réduire le diabète ou le cholestérol. De même, des recherches récentes ont mis en évidence les propriétés anti-oxydantes des cladodes ainsi que des propriétés de protection du foie.
Autres rôles: D’autres domaines secondaires utilisent aussi certaines propriétés du cactus. C’est le cas de l’apiculture et de la production de colorant (élevage de cochenille sur des raquettes de cactus pour la production du carmin). A l’instar de nombreuses autres plantes, le cactus peut aussi être utilisé pour la production d’énergie.
Ces nombreux rôles et propriétés font du cactus un élément majeur pour le développement de régions arides et semi-arides.
Les raquettes de cactus en tant qu’aliment pour les ruminants
Valeur nutritive et mode de présentation
Les raquettes des cactus sont des tiges et portent les feuilles transformées en épines. Leur épiderme est constitué d’une mince couche de cellules recouverte de cutine et de cire. Les dimensions moyennes d’une raquette sont 34 cm de longueur et 17 cm de largeur. L’épaisseur des raquettes varie d’environ 1 à 2 cm. La composition chimique et la valeur nutritive des raquettes de cactus sont présentées dans le Tableau 2.
On note que la teneur en matières azotées totales des raquettes et des rebuts de fruits est très faible. La valeur énergétique du cactus est presque égale à celle de la luzerne (0,12 unité fourragère par kilogramme de matière brute).
Au niveau minéral, la raquette de cactus présente un rapport phosphocalcique (Ca/P) très élevé pouvant atteindre 40. Les cladodes sont aussi riches en vitamine A.
Les caractéristiques des raquettes varient en fonction de la saison. La teneur en matière sèche a tendance à être plus élevée durant la période sèche. La teneur en matière sèche augmente aussi avec l’âge des raquettes.
La distribution des raquettes de cactus dans l’alimentation des animaux peut se faire sous plusieurs formes.
Les raquettes peuvent être présentées sous formes de lamelles ou cossettes. L’éleveur coupe les raquettes à l’aide d’un couteau ou d’une faucille et les laisse sécher au soleil quelques jours avant de les distribuer aux animaux. Un hachoir électrique est actuellement disponible dans certains endroits du pays telle que la province de Guelmim et qui permet de couper de grandes quantités de raquettes en peu de temps. Il est préférable de déshydrater les raquettes avant de les distribuer pour améliorer le niveau d’ingestion par les animaux. De cette façon, le risque de diarrhée sera diminué par la réduction de la teneur en eau. Enfin les raquettes fraîches ne sont mieux consommées que lorsqu’elles sont flétries.
Ce séchage peut être poussé jusqu’à réduction de la teneur de l’eau à environ 10%, ensuite les lamelles peuvent être broyées et transformées en farine qui peut être incorporée dans un aliment de commerce.
Les variétés épineuses peuvent représenter un danger de blessure pour les animaux. Les variétés inermes sont de fait les plus appréciées, néanmoins il est possible d’éliminer les épines en les brûlant.
Consommation par les animaux
Les raquettes de cactus constituent un aliment d’entretien pendant la période sèche en apportant aux animaux énergie et eau. Avec une alimentation à base de cactus à l’état frais, il est possible de faire survivre des moutons sans boire pendant 525 jours.
Dans la région des Rhamnas, la quantité de cactus distribuée aux animaux est d’environ 3 kg/ovin et 9 kg/bovin. Ces quantités sont assez éloignées des maxima possibles (le double pour les ovins et 7 fois plus pour les bovins).
Même si une alimentation constituée uniquement de cactus peut suffir, il est conseillé d’utiliser le cactus uniquement comme complément à cause de sa faible teneur en protéines. Les quantités nécessaires pour satisfaire le besoin en protéines des animaux pose des problèmes de diarrhées dues au niveau d’eau associée. C’est pourquoi la période de ramassage des raquettes est un facteur important de la qualité de l’alimentation du bétail puisqu’elle permet de contrôler la teneur en eau. Une alimentation à base de cactus seul n’est pas intéressante à cause de son déficit azoté et son déséquilibre phosphocalcique. Par contre, une complémentation des raquettes de cactus avec des ingrédients pouvant corriger ce déséquilibre peut engendrer une prise de poids chez les animaux.
Une étude réalisée à Skhour Rhamna a montré que certes, les performances zootechniques des ovins diminuent avec l’augmentation de la part des raquettes cactus dans la ration en remplacement des aliments classiques; néanmoins, avec un niveau d’incorporation de 40% de la matière sèche totale de la ration, les performances restent toutes positives:
production de lait et donc croissance des jeunes agneaux qui tètent leurs mères;
croissance des antenais et non pas chute de poids;
carcasses similaires à celles produites à partir de rations conventionnelles;
et plus important encore, diminution significative du coût de production de la viande.
Au niveau de la qualité des produits animaux, on a mis en évidence l’impact positif du cactus sur la qualité du lait (augmentation de la teneur en acide linoléique). Par ailleurs, le fait de nourrir les vaches avec du cactus permet d’améliorer la conservation et la couleur du beurre.
Aliments complémentaires
Parmi les aliments complémentaires au cactus, on peut citer l’Atriplex (Atriplex nummularia). Cette plante présente l’avantage d’être capable de croître sur des sols pauvres et d’apporter l’azote absent du cactus. Les autres complémentarités de ces deux plantes sont d’une part l’apport de phosphore par l’Atriplex qui peut corriger le manque chez le cactus, et l’excès de sel chez l’Atriplex qui peut être compensé par l’eau apportée par le cactus.
On rapporte aussi la complémentarité avec l’acacia. Acacia cyanophylla est une plante ligneuse légumineuse fourragère répandue en Afrique du Nord. Ses feuilles sont riches en fibres (ADL: 16% de la matière sèche).
Ces plantes sont de plus particulièrement adaptées aux zones arides et semi-arides.
Certains auteurs se prononcent contre les mélanges avec de la paille qui peuvent donner un amalgame poussiéreux. Au Mexique, les raquettes sont distribuées avec de l’avoine, du maïs, du blé et des minéraux.
Les rebuts de fruits de cactus en alimentation animale
L’alimentation du bétail en milieu aride ou semi-aride peut être une alternative prometteuse pour promouvoir la valorisation des fruits de cactus en alimentation animale. Les fruits des cactus non commercialisés pour la consommation humaine (rebuts) constituent un meilleur exemple, car ce sont des rebuts de plus en plus disponibles dans les régions où le cactus est bien développé. Les divers travaux que nous avons réalisés ont montré que ces fruits peuvent être incorporés soit sous forme de blocs multinutritionnels, soit sous forme d’ensilage ou bien dans un mélange alimentaire à sécher. Ces travaux novateurs ont été poursuivis en grandeur nature avec l’Agence pour la Promotion et le Développement des Provinces du Sud du Royaume. C’est ainsi que d’importantes quantités d’ensilage à base de rebuts de fruits de cactus ont été produites et des essais préliminaires sur des animaux ont été réalisés et ont donné des résultats probants.
Valeur nutritive des rebuts de fruits de cactus
A l’instar des raquettes de cactus, les analyses chimiques effectuées sur les rebuts de fruits ont mis en exergue leur valeur énergétique élevée; cependant, ils présentent de faibles teneurs en matière sèche et en protéines (Tableau 3). D’où l’intérêt d’incorporer un aliment riche en protéines pour combler le déficit azoté des fruits de cactus, et de veiller à assurer de bonnes conditions de conservation pour éviter les risques de détérioration de la qualité du mélange alimentaire, compte tenu de leur teneur élevée en eau.
Les techniques de conservation du mélange produit qui peuvent être utilisées sont: le séchage sous soleil et l’ensilage.
Avantages des mélanges alimentaires à base fruits de cactus
L’intérêt zootechnique de l’utilisation de ces mélanges (vrac séché ou ensilage) est résumé dans les points suivants:
ils sont faits à base de fruits de cactus non commercialisés. Ils sont donc bon marché et disponibles dans les zones arides et semi-arides, où les ressources alimentaires sont limitées;
ils sont faciles à produire, à conserver et à transporter;
ils constituent, par leurs sucres rapidement fermentiscibles, un bon support pour incorporer de l’urée, source d’azote bon marché pour les ruminants;
ils peuvent être aussi un support de minéraux et vitamines;
ils sont alors nutritionnellement équilibrés et devraient induire une amélioration de la digestion des autres ingrédients de la ration des animaux tels que la paille et le pâturage.
Locaux et équipements
Les locaux et matériaux nécessaires à cette opération dépendent de l’envergure à donner au projet. Dans le cas d’une grande opération, qui assurera une production de plus d’une tonne de mélange alimentaire par jour, les locaux et équipements suivants sont nécessaires:
Un hangar est nécessaire pour installer le matériel utilisé et stocker les aliments utilisés dans le mélange. La superficie minimale requise serait d’environ 10 m x 10 m;
Le matériel nécessaire est comme suit:
Un broyeur de paille et de grains;
Un broyeur de fruits de cactus en tôle inox;
Un mélangeur des différents ingrédients alimentaires, qui peut être une bétonnière ou similaire;
Petit matériel: Des seaux et bassines en plastique, peson…
Composition du mélange alimentaire retenu
Le choix des constituants est tributaire des disponibilités et des moyens locaux dont disposent les éleveurs. Néanmoins, certaines caractéristiques et proportions des ingrédients sont à respecter en raison du rôle particulier de chacun dans le mélange alimentaire. Le mélange contient des fruits de cactus, de l’urée, du son de blé, de la pulpe sèche de betterave, un aliment fibreux (paille), un complément minéral et vitaminé et du sel.
Fruits de cactus: Ils constituent l’aliment «socle», principal produit constituant du mélange alimentaire produit. En effet, en raison d’un manque de débouchés et à défaut d’une valorisation appropriée de ce produit, des quantités importantes de fruits de cactus sont annuellement perdues dans les zones de production. Il est riche en sucres, et donc constitue une bonne source d’énergie. Ces fruits sont broyés tels quels (avec les épines) ou après séparation des rebuts des fruits (les graines ne sont pas digérées par les animaux en raison de leur solidité). Le broyat obtenu est visqueux, de consistance d’une soupe.
Urée: L’urée (46% de N) est utilisée principalement pour la fourniture d’azote rapidement fermentescible dans le rumen pour une meilleure activité de la microflore. Dans le cadre de la présente étude, la dose utilisée n’a pas dépassé 1%. Par précaution, l’inclusion de l’urée dans le mélange alimentaire destiné aux dromadaires est à éviter.
Paille de blé: Le rôle principal de cet aliment fibreux consiste à absorber une partie de l’humidité du mélange et à lui conférer une structure qui faciliterait son séchage une fois étalé sous le soleil.
Son de blé: C’est un ingrédient qui est très fréquemment employé dans les rations alimentaires pour bétail. En plus de son rôle structurel, il peut constituer une bonne source d’azote et de phosphore assimilable.
Pulpe sèche de betterave: C’est un ingrédient qui est très fréquemment employé dans les rations alimentaires pour bétail. Il peut être broyé ou imbibé avec de l’eau (le volume d’eau nécessaire est d’environ 2 fois le poids de la pulpe sèche de betterave) pour assurer un meilleur mélange avec les autres aliments. Généralement, il constitue une bonne source énergétique et une source de PDIE qui servira pour réduire l’écart en PDIN généré par l’utilisation de l’urée. Cette source alimentaire peut être remplacée, totalement ou partiellement par des grains de céréales concassés (orge, maïs) selon la disponibilité et le prix.
Minéraux, vitamines et sel: Ils favorisent et régulent l’ingestion; de plus, ils participent à la couverture des besoins des micro-organismes en ces éléments. Les compléments minéraux riches en phosphore sont à privilégier en raison de la richesse du cactus en Calcium. Le sel de cuisine est utilisé avec un taux d’incorporation de 1% dans l’objectif d’assurer une certaine protection du mélange contre la prolifération des moisissures et aussi de favoriser l’ingestion.
Formule de fabrication des mélanges alimentaires: La formule de fabrication retenue suite aux différents essais menés jusqu’à présent est présentée au tableau 4.
Cependant, il est à souligner que cette formule ne doit pas être considérée comme définitive et figée. Elle ne doit constituer qu’un point de départ pour d’éventuelles améliorations. A ce titre, l’incorporation de ressources alimentaires locales est encouragée pour diminuer le cout de production de l’aliment. Néanmoins, l’équilibre nutritionnel du mélange doit toujours être considéré.
Préparation du mélange en «vrac séché» ou en «ensilage»
Broyage des fruits de cactus: Les fruits de cactus sont broyés à l’aide d’un broyeur en tôle inoxydable conçu pour cet usage. Environ 15 minutes sont nécessaires pour broyer 100 kg de fruits de cactus.
Broyage de la paille: La paille est broyée pour obtenir des brins d’une longueur de 1 à 2 cm. Un broyeur de paille est utilisé pour cette fin. Le temps nécessaire pour broyer 100 kg de paille est d’environ 1 heure.
Mélange des ingrédients: Dans un mélangeur, similaire à une bétonnière, les quantités adéquates des différents ingrédients sont déversées et mélangées pour obtenir un mélange homogène. L’urée est solubilisée dans l’eau, dans un petit seau à part, pour assurer une homogénéisation de la distribution de cette matière première dans le mélange. Le sel est aussi dissout dans l’eau et mélangé à l’ensemble.
Le matériel utilisé à Guelmim pour mélanger l’ensemble des ingrédients peut être utilisé pour un malaxât de 50 kg. A cet effet, une durée de 15 minutes est nécessaire pour assurer un bon mélange. Cependant, cette durée peut être réduite moyennant des améliorations du mixeur.
Séchage du mélange alimentaire: Le malaxât obtenu est déversé dans des caisses puis étalé sous le soleil pour sécher. Un plastique ou tout simplement un sol bétonné peut être utilisé pour l’étalage du mélange. Ce mélange doit être remué de temps en temps (avec un râteau) pour accélérer le desséchement et éviter la fermentation des sucres contenus dans les fruits de cactus.
La durée nécessaire pour le desséchement du mélange peut varier de 1 à 4 jours en fonction de l’ensoleillement.
Une fois séché, le mélange peut être conservé dans des sacs pour une utilisation ultérieure.
Ensilage du mélange alimentaire: Le malaxât obtenu peut être directement ensilé (sans séchage). Cette opération consiste à:
mettre le mélange alimentaire frais dans des sacs en plastique d’une capacité d’environ 40 kg ou plus;
bien tasser pour chasser l’air de l’intérieur du sac;
fermer le sac avec une ficelle tout en s’assurant que le maximum d’air est chassé du dessous de la ficelle;
doubler le sac rempli d’ensilage par un autre pour assurer sa protection d’éventuelles perforations;
laisser ces sacs pendant au moins 3 ou 4 semaines avant de les ouvrir pour une distribution aux animaux.
La composition chimique et la valeur nutritive du mélange (séché ou ensilage) sont présentés aux tableaux 5 et 6.
Prémices sur les performances zootechniques
Le mélange alimentaire séché a été distribué à des ovins, caprins et camelins. Toutes ces espèces animales ont rapidement accepté et consommé l’aliment. Il est évident qu’une période d’adaptation est nécessaire pour éviter tout problème rencontré lors des changements de régime alimentaire. Aucun problème digestif ou de toute autre nature n’a été remarqué chez ces animaux témoignant de la bonne appétibilité du mélange produit.
Les premiers résultats sur les performances zootechniques obtenues sur des caprins en croissance ayant reçu le mélange séché à base de fruits de cactus pendant 1 mois sont comme suit:
Gain moyen quotidien: 100 g/jour;
Quantité de mélange alimentaire distribuée: 1 kg/animal/jour;
Un autre essai expérimental sur des ovins en croissance est en cours de réalisation dont les premiers résultats sont prometteurs.
Coût de production des mélanges alimentaires
Le coût du kg de mélange alimentaire séché (environ 85% de MS) est donné au Tableau 7.
Sachant que le mélange doit être séché, le coût du kg de mélange alimentaire séché (85% de MS) est d’environ 1,87 Dh/ kg.
Quant à l’ensilage, le coût de production (aliments et plastique) serait de:
Le mélange alimentaire: 1,21 Dh/Kg d’aliment;
Les sacs en plastique: 0,10 Dh/Kg d’aliment;
Soit un total de 1,31 Dh/Kg d’ensilage.
Conclusion
De ces travaux réalisés sur la valorisation des fruits de cactus en alimentation des ruminants ont montré que la production de mélanges alimentaires à base de fruits de cactus non commercialisés est possible. Elle peut se faire sous forme de mélange en «vrac séché» ou en «ensilage». Ces aliments sont bien acceptés par les animaux tout en leur assurant des performances zootechniques et économiques intéressantes.
Ce nouveau mélange alimentaire développé, caractérisé par une valeur nutritive intéressante et un coût relativement plus faible que les aliments classiques, devrait donc avoir des impacts positifs aussi bien sur le revenu de l’éleveur que sur le développement de la culture du cactus dans la région
A. ARABA (1), M. COLLADO (2), A. BOUTOUBA (3), A. SAHNOUN (4)
(1) IAV Hassan II, (2) ENITIAA-Nantes, (3) Agence pour la Promotion et le
Développement des Provinces du Sud du Royaume, (4) Direction de l’Elevage.
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Importance des minéraux dans la santé animale
octobre 29, 2009
Classé sous Elevage
Les ruminants sont des spéculations économiques ayant pour rôle de transformer les aliments d’origine végétale en produits nobles destinés à la consommation humaine (viande, lait). La rentabilité de ces transformations dépend de l’efficacité de conversion de ces matières premières par l’animal. Ces transformations sont réalisées dans l’organisme par des successions de réactions biochimiques appelées « voies métaboliques ». Les minéraux (principalement les oligo-éléments et secondairement les minéraux majeurs) entrent dans l’activation catalytiques de ces réactions et président à leur efficacité. Donc même si les apports énergétiques et azotés d’une ration alimentaire sont adéquates, l’insuffisance d’apport des minéraux constitue un facteur limitant de la production.
Le déficit d’apport des minéraux dans la ration alimentaire entraîne un blocage des voies métaboliques se traduisant par des symptômes plus ou moins graves. Les carences aiguës provoquent des troubles graves, alors que les subcarences se caractérisent par des symptômes discrets et des chutes de productions souvent difficiles à chiffrer.
Parmi les principales maladies liées aux carences en minéraux majeurs dans la ration alimentaire on distingue la fièvre vitulaire et la tétanie d’herbage. La fièvre vitulaire correspond à un déficit calcique avec perturbation du rapport phospho-calcique; se développant surtout chez la vache laitière haute productrice et la chèvre après la mise bas, et chez la brebis en fin de gestation. A la mise à l’herbe, des accidents de tétanie d’herbage (carence en magnésium) sont à craindre au début du printemps.
En ce qui concerne les carences en oligo-éléments observées chez les animaux au pâturage, on distingue principalement les carences en fer, cuivre, iode, zinc, sélénium et manganèse. La carence en fer est fréquente chez les jeunes et est dominé essentiellement par l’anémie (pâleur des muqueuses). Toutefois, une certaine anémie « physiologique » est recherché chez le veau (veau blanc). La décoloration de poils et la présence de troubles cardiaques en série doit faire penser à la carence en cuivre. Le goitre est caractéristique d’une déficience en iode. Les pelades et dermites sans prurit, sont spécifiques d’une carence en zinc. La myopathie nutritionnelle identifiée dans plusieurs régions du Maroc et qui se traduit chez les jeunes par des boiteries, la voussure du dos et la démarche raide est due à un manque de sélénium dans la ration. Une disparition de l’angulation du jarret avec déséquilibre de station indique fortement un déficit en manganèse.D’une manière générale, quelque soit l’élément déficient, le diagnostic clinique est indispensable à l’orientation des analyses biochimiques de confirmation. Ces analyses peuvent être effectuées sur les aliments ( Fe, Cu, Mn, Zn et Se) ou sur le plasma ( Ca, Mg, P, Cu, Zn et Se). La thérapeutique peut être un élément de diagnostic lors de carences en Ca, Mg ou Se. Dans le cas de subcarences, le diagnostic reste difficile est axé surtout sur des contrôles analytiques des rations ingérées ou des tissus d’animaux suspects.
La prévention de ces carences peut être réalisée par la distribution de condiment minéral apportant les minéraux majeurs, les oligo-éléments et éventuellement les vitamines. Les pierres à lécher à base de sel peuvent être également utilisés dans la mesure où leur formulation permet, compte tenu des consommations observées, de couvrir le déficit en minéraux. En plus, ces blocs permettent un apport en sel (surtout sodium et chlore), qui joue un rôle de première nécessité, en agissant comme stimulant de l’appétit et des sécrétions gastriques.
Dr Ahmed HAMLIRI (Professeur à l’IAV Hassan II)
