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	<title>Maroc Agriculture &#187; Horticulture</title>
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	<description>Tous ensemble pour un maroc vert...</description>
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		<title>La Turquie souhaite développer la culture de l&#8217;avocat</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 20:41:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Article proposé par : M. Youssef CHARHABAILI/PROMAGRI L&#8217;Organisation nationale de planification, ou DTC, finance un projet de la Mustafa Kemal Université, MKU, visant à étendre la culture des avocats en Turquie. Dans le cadre du projet, le département d&#8217;horticulture de la Faculté de l&#8217;Agriculture à MKU a pour objectif d&#8217;étudier et d&#8217;améliorer le rendement de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Article proposé par : M. Youssef CHARHABAILI/PROMAGRI</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a rel="attachment wp-att-999" href="http://www.marocagriculture.com/la-turquie-souhaite-developper-la-culture-de-lavocat.html/avocat"><img class="aligncenter size-medium wp-image-999" title="avocat" src="http://www.marocagriculture.com/images/2010/04/avocat-145x145.jpg" alt="" width="145" height="145" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Organisation nationale de planification, ou DTC, finance un projet de la Mustafa Kemal Université, MKU, visant à étendre la culture des avocats en Turquie.<br />
Dans le cadre du projet, le département d&#8217;horticulture de la Faculté de l&#8217;Agriculture à MKU a pour objectif d&#8217;étudier et d&#8217;améliorer le rendement de l&#8217;avocat.<br />
&laquo;&nbsp;Nous avons fait une étude sur les 5 types d&#8217;avocats préférés dans les pays européens. Nous avons réalisé que l&#8217;avocat est adapté à notre région. Nous avons observé que l&#8217;avocat peut se développer dans tous les endroits où poussent les citrons, et peuvent être conservés pendant deux mois à six degrés Celsius &nbsp;&raquo; a déclaré le chef de projet, le professeur Mustafa Kaplankiran.<br />
&laquo;&nbsp;Dans le cadre du projet, on obtient 40 kilos d&#8217;avocat par arbre&nbsp;&raquo; : rendement plutôt satisfaisant. L&#8217;avocat pourrait devenir un produit d&#8217;exportation, source de revenus pour les producteurs.<br />
Chaque année, Israël exporte 60.000 tonnes d&#8217;avocats et l&#8217;Espagne  70.000 tonnes, aussi la future production turque, estimée à 50.000 tonnes, pourrait trouver sa place sur le marché européen.</p>
<p style="text-align: justify;">source : hurryiet daily news</p>
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		<title>Un cerisier capable de fleurir toute l&#8217;année!!!!</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Apr 2010 12:19:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marocagri</dc:creator>
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		<description><![CDATA[S&#8217;il est un arbre considéré comme un véritable symbole du Japon, c&#8217;est bien le cerisier. Chaque année, au début du printemps, le pays entier guette avec attention la floraison des &#171;&#160;sakura&#160;&#187;, que les Japonais iront contempler en famille ou entre collègues (c&#8217;est ce que l&#8217;on appelle un &#171;&#160;hanami&#160;&#187;) pendant les plusieurs jours avant que les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-939" href="http://www.marocagriculture.com/un-cerisier-capable-de-fleurir-toute-lannee.html/cerisier"><img class="aligncenter size-medium wp-image-939" title="cerisier" src="http://www.marocagriculture.com/images/2010/04/cerisier-193x145.jpg" alt="" width="193" height="145" /></a></p>
<p>S&#8217;il est un arbre considéré comme un véritable symbole du Japon, c&#8217;est bien le cerisier. Chaque année, au début du printemps, le pays entier guette avec attention la floraison des &laquo;&nbsp;sakura&nbsp;&raquo;, que les Japonais iront contempler en famille ou entre collègues (c&#8217;est ce que l&#8217;on appelle un &laquo;&nbsp;hanami&nbsp;&raquo;) pendant les plusieurs jours avant que les fleurs ne commencent à tomber.</p>
<p>Cependant, les hivers qui deviennent progressivement de plus en plus chauds font craindre à terme la disparition de cette coutume, les cerisiers nécessitant une exposition à de basses températures afin de pouvoir fleurir. Les travaux d&#8217;une équipe dirigée par le professeur Tomoko ABE et constituée de chercheurs du Nishina Center for Accelerator-Based Science du RIKEN (Institut de Recherche en Physique et en Chimie) et de la Japan Flower Culture Ishii Farm ont mis en évidence une solution à ce problème : un cerisier qui fleurit n&#8217;importe quand.</p>
<p>Les chercheurs ont sélectionné des branches d&#8217;une variété de cerisier appelée &laquo;&nbsp;Keiou-Zakura n° 13&#8243;. A l&#8217;aide du cyclotron du RIKEN, ces branches ont été exposées à des faisceaux d&#8217;ions carbone à une dose de 10 Gy [1], afin de provoquer des mutations de leur code génétique. Elles ont ensuite été greffées puis cultivées, jusqu&#8217;à obtenir une nouvelle variété, baptisée Nishina Otome (soit &laquo;&nbsp;la demoiselle de Nishina&nbsp;&raquo;). Cette dernière a été homologuée par le ministère de l&#8217;agriculture, de la pêche et des forêts (MAFF) à la mi-décembre 2009.</p>
<p>Contrairement aux cerisiers traditionnels, les demoiselles de Nishina n&#8217;ont pas besoin d&#8217;être exposées au froid pour fleurir. Ainsi, dans des conditions de culture en intérieur, ces cerisiers sont capables de fleurir tout au long de l&#8217;année ; en extérieur, ils fleurissent deux fois l&#8217;an, au printemps et à l&#8217;automne. Par ailleurs, s&#8217;ils sont cultivés dans les mêmes conditions que des cerisiers ordinaires, ils donnent au mois d&#8217;avril trois fois plus de fleurs, qui tiennent deux fois plus longtemps.</p>
<p>La même technique avait déjà permis en 2007 de produire des cerisiers aux feuilles jaune pâle, ainsi que des variétés nouvelles de diverses autres plantes. L&#8217;utilisation du cyclotron permet de provoquer un taux particulièrement élevé de mutations qui se stabilisent rapidement, ce qui permet d&#8217;élaborer des plantes aux caractéristiques nouvelles plus rapidement que par croisement sélectif. Cette approche, certes peu poétique, de l&#8217;horticulture est pour l&#8217;instant peu répandue en dehors du Japon, mais la mise au point de la demoiselle de Nishina montre les possibilités qu&#8217;elle offre pour élaborer des plantes susceptibles de résister à des conditions environnementales ou climatiques difficiles et changeantes.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>[1] Le gray (Gy) est l&#8217;unité de dose absorbée, soit la quantité de rayonnement absorbé par unité de masse.</p>
<p>bulletins-electroniques.com</p>
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		<title>Le Noyer</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Apr 2010 10:03:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marocagri</dc:creator>
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		<description><![CDATA[LE NOYER La culture du noyer commun (Juglans regia) couvre au Maroc une superficie d’environ 4500 ha avec une production estimée à 7000 t de noix non décortiquées. Les plantations existantes sont des populations situées dans les vallées montagneuses ayant des altitudes situées entre 1200 m et 1700 m comme celles d&#8217;Azilal, Amezmiz, Ourika, Rif, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>LE NOYER<br />
</strong><br />
La culture du noyer commun (Juglans regia) couvre au Maroc une superficie d’environ 4500 ha avec une production estimée à 7000 t de noix non décortiquées. Les plantations existantes sont des populations situées dans les vallées montagneuses ayant des altitudes situées entre 1200 m et 1700 m comme celles d&#8217;Azilal, Amezmiz, Ourika, Rif, Midelt et Rich. Le noyer est planté principalement au bord des courants d&#8217;eau et à la limite des parcelles, en îlots et/ou en arbres isolés. Il est cultivé pour la production de noix, du bois noble mais aussi pour l&#8217;ombre qu&#8217;il procure durant la période estivale.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;existence d&#8217;arbres très âgés dans certaines plantations traditionnelles témoigne de l&#8217;ancienneté de la culture et qui a été probablement introduite depuis 2 à 3 des siècles.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Matériel végétal</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Noyer local de semis: le matériel végétal en culture comprend essentiellement des arbres issus de semis qui constituent un peuplement local d&#8217;intérêt variable. Ce mode de multiplication a généré une assez importante variabilité génétique qui apparaît au niveau de la période de floraison, des caractères pomologiques des noix, de la vigueur des arbres et du type de fructification: type terminal ou latéral.</p>
<p style="text-align: justify;">Les prospections menées dans les différentes régions du Maroc par l&#8217;ENA et l&#8217;INRA ont permis de repérer une centaine de clones dont certains ont des noix de gros calibre (poids: 15g, longueur: 40 mm) avec un cerneau de 5 à 6 g de poids moyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces performances sont comparables à certaines variétés d&#8217;intérêt commercial comme Franquette et Lara. En l&#8217;absence de stations de recherche en zone de montagne, la conservation de ce matériel génétique ne peut se faire qu&#8217;in situ par multiplication et greffage sur les lieux de production.</p>
<p style="text-align: justify;">Noyer introduit: Il s&#8217;agit des variétés Bulgares (Djinovo, Drianovo, Cheinovo, Izvor) introduites en 1984 dans le cadre des actions de développement agricole soutenues par le Ministère d&#8217;Agriculture. Environ 650000 plants ont été distribués et installés dans différentes régions du Maroc, sans étude préalable de comportement. Les agriculteurs dénomment ce noyer par le terme Roumi. L&#8217;INRA avait aussi reçu ces variétés et a étudié leur comportement dans les conditions édapho-climatiques du Domaine Expérimental de Aïn Taoujdate. Leur évaluation avait montré que ces variétés sont à débourrement précoce et que ce matériel végétal ne présente pas une authenticité certaine. Les plants introduits sont des semis de noix non greffés. Treize types ont été déterminés sur la base d&#8217;observations phénologiques et pomologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Une nouvelle collection avec des plants greffés des variétés (Izvor, Silistrenski, Drianovski, Djinovski et Cheinovo) a été reçue et installée au Domaine de l&#8217;INRA d&#8217;Aïn Taoujdate. Leur évaluation est en cours de réalisation et la variété Silistrenski semble être prometteuse pour la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Les variétés californiennes, comme Schandler, et qui sont moins exigeantes en froid que celles d&#8217;origine française sont productives et méritent d&#8217;être essayées en conduite semi-intensive et en situation de moyenne altitude.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Possibilités d&#8217;amélioration</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Considéré comme espèce forestière, le noyer est conduit d&#8217;une manière traditionnelle et ne bénéficie pas d&#8217;entretien. Les rendements obtenus sont de ce fait généralement faibles (0,5 à 1 t/ha) et alternants. Le mode de multiplication par semis donne des arbres de longue période juvénile avec des noix souvent de petit calibre.</p>
<p style="text-align: justify;">En l&#8217;absence de stations expérimentales en zone de montagne, dans lesquelles des essais de comportement variétal peuvent être conduits pour sélectionner des variétés performantes, le patrimoine végétal local renferme une diversité très importante qui peut être exploitée dans les zones muscicoles. Les meilleurs individus repérés peuvent être multipliés par greffage et plantés, en remplacement du mode de multiplication par semis. Cette technique constitue également une voie de conservation in situ du germplasme qui constitue une richesse et un patrimoine national pouvant servir ultérieurement dans un programme d&#8217;amélioration génétique ou pour l&#8217;extension de cette culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Les villageois possèdent un savoir faire non négligeable et connaissent les arbres productifs qui donnent les meilleures noix. A titre d&#8217;exemple, des arbres âgés de la région d&#8217;Azilal donnent de 1 à 2 qx de noix sèches par arbres. Cette production peut être échangée moyennant un prix de 0.20 à 0,30 dh/noix. Le bénéfice tiré des noix peut être amélioré si le produit est bien valorisé, en introduisant l&#8217;emballage et la notion de produit naturel. En effet, les noix sont souvent produites dans des conditions saines et sans interventions chimiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #808000;">Eléments de conduite</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pollinisation:</strong> Même si le noyer est autofertile, les variétés sont protandres et la période d&#8217;émission du pollen par les chatons ne couvre pas totalement celle des fleurs femelles. Il est donc important, pour obtenir une bonne pollinisation en verger commercial, de planter quelques pollinisateurs et/ou d&#8217;associer deux à trois variétés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Distance de plantation:</strong> Le noyer est un arbre qui a un grand développement et qui est très exigent en lumière. Les distances de plantations peuvent se situer entre 8&#215;9 à 12x12m.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fertilisation</strong>: En l&#8217;absence de travaux de recherche à l&#8217;échelle nationale sur les besoins en éléments fertilisants, des informations tirées de la bibliographie française sont présentées à titre d&#8217;indication pour servir de guide pour un plan de fumure (Tableau 1, voir fichier PDF).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Principaux maladies et ravageurs</strong>: La bactériose (Xanthomonas juglandis), est fréquente sur noyer et cause des dégâts sur fruits qui deviennent noire avec noircissement du cerneau. Elle touche également les rameaux dont l&#8217;écorce prend un aspect noirâtre et desséché.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;anthracnose est aussi connue sur noyer, surtout en zones humides. Le carpocapse est également fréquent sur fruits et attaque les pousses de l&#8217;année en début de printemps.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-891" href="http://www.marocagriculture.com/le-noyer.html/noix"><img class="aligncenter size-medium wp-image-891" title="noix" src="http://www.marocagriculture.com/images/2010/04/noix-193x145.jpg" alt="" width="193" height="145" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>BTT 139<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;"><em>Ahmed OUKABLI et Ali MAMOUNI,</em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;">INRA, UR- Amélioration des Plantes et Conservation des Ressources Phytogénétiques, Meknès</span></em></strong></p>
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		<title>La culture du Bananier au Maroc</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 20:57:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La banane est originaire des jungles tropicales chaudes et humides du Sud-Est Asiatique. Avant 1978, date d’arrêt de l’importation du bananier, le Maroc a toujours été importateur de bananes. Pour la période 1971/1978, la consommation moyenne annuelle a été de 24.000 tonnes dont 98,3% ont été importées. L’arrêt des importations a eu pour conséquence l’introduction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La banane est originaire des jungles tropicales chaudes et humides du Sud-Est Asiatique. Avant 1978, date d’arrêt de l’importation du bananier, le Maroc a toujours été importateur de bananes. Pour la période 1971/1978, la consommation moyenne annuelle a été de 24.000 tonnes dont 98,3% ont été importées. L’arrêt des importations a eu pour conséquence l’introduction de la culture du bananier sous abris-serre. Bien que nécessitant de gros investissements, ce nouveau système de culture a connu une extension rapide, allant de 2 ha en 1980/81 à plus de 3.500 ha et de cent mille tonnes de production annuelle actuellement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-757" title="bananier" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/bananier.jpg" alt="bananier" width="448" height="288" /><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Description de la plante</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le bananier est une plante herbacée. Il possède un rhizome qui donne naissance à des feuilles munies de gaines. La véritable tige de la banane ne dépasse pas le niveau du sol. C’est à partir du rhizome que naissent &#8211; vers le haut &#8211; les bourgeons auxiliaires donnant des rejets, et &#8211; vers le bas &#8211; des racines. Le tronc du bananier porte un seul rameau qui formera un régime constitué de fruits (bananes). L’inflorescence, annoncée par l’apparition de bractées, se présente comme un cône violacé dirigé d’abord vers le haut puis, suite à la croissance du rachis, vers le bas (géotropisme positif) tout en déployant des gaines violacées, bractées, comportant à leurs aisselles des doubles rangées de fleurs femelles, mains, de 15 à 22 bananes. Chacune de ces fleurs, après développement parthénocarpique de son ovaire donnera un «doigt» ou banane qui, à la chute de la bractée, se recourbe vers le haut (géotropisme négatif).<br />
Chaque nœud ou double rangée de doigts constitue une main. Quant aux fleurs mâles, elles restent groupées sur le cône violacé situé à l’extrémité basale de l’inflorescence. La récolte intervient lorsque les doigts atteignent une croissance diamétrale suffisante (disparition des arrêtes). La plante mère, ayant achevé son cycle est rabattue à un mètre du sol. Le rejet fils sélectionné pour lui succéder va préparer la production du cycle suivant. Trois phases caractérisent le cycle de développement du bananier: une phase végétative de 6 à 8 mois, une phase de floraison d’une durée de 3 à 4 mois. Et une phase de fructification d’une durée de 3 à 4 mois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #808000;">Exigences agro-climatiques</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le bananier est une plante de climat tropical humide, appréciant une hygrométrie élevée et un bon ensoleillement mais craint les vents et les variations brusques de température. En cas d’une très basse humidité, on peut y remédier en irriguant ou en déclenchant la nébulisation sous-serre. Des durées d’insolation de 1900 à 2300 heures par cycle sont exigées par la plante. Le système racinaire est traçant et superficiel. La plante exige un sol profond, fertile et léger. Les sols argileux ne conviennent pas du tout à la culture, surtout lorsqu’ils sont mal drainés. Le bananier peut tolérer l’eau d’irrigation d’une qualité allant jusqu’à 350 mg de chlorures par litre et jusqu’à 1,5 g de sels totaux par litre; des taux élevés de salinité ont pour effet le retard de la floraison et la diminution du rendement. Le bananier est très sensible au déficit hydrique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Les techniques culturales</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Préparation des plants et oeilletonnage</span></p>
<p style="text-align: justify;">Les plants consistent à des rejets qui doivent être prélevés dans des plantations bien choisies et bien entretenues. La sélection des pieds mères influe sur la performance de production. Ces pieds mères doivent être indemnes de maladies transmissibles par les plantes telles que les viroses. La sélection des rejets autour du pied-mère doit se faire en phase végétative. On laisse généralement 1 à 2 meilleurs rejets, bien placés (équidistants autour de la souche mère); les autres rejets sont éliminés. Il est recommandé de faire l’oeilletonnage (élimination des rejets indésirables) avant la floraison du pied-mère. Les plants peuvent aussi être élevés en pépinière à partir d’une culture in-vitro,garantie indemne de virus.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Préparation du sol et mise en place des plants</span></p>
<p style="text-align: justify;">La préparation du sol comprend un labour moyen ou profond et éventuellement un sous-solage dans le cas de l’existence d’un horizon dur en profondeur. Avant de confectionner les trous de plantation, il faut désinfecter le sol par un nématicide. Les dimensions des trous sont en moyenne comme suit: 40 à 50 cm de côté et 35 à 40 cm de profondeur. Dans chaque trou il faut mettre un mélange de fumier (10 à 20 kg), de l’azote (50-100 g de sulfate d’ammoniaque) et de potasse (100-200 g de sulfate de potasse). Les plants déjà préparés et désinfectés par trempage rapide dans l’eau de Javel diluée, sont plantés dans les trous; on ne laisse apparaître que 8-10 cm du collet. Les plantations très profondes ne sont pas conseillées afin d’éviter la pourriture du collet. La date de plantation n’a pas beaucoup d’importance, mais elle est en général, située fin été-début automne, ou début printemps. Après la plantation, les apports fréquents d’eau sont nécessaires (une fois par jour).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Plantation</span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le choix du site de la bananeraie, il faut éviter les zones gélives et ventées, l’eau d’irrigation doit être disponible et de bonne qualité. Avant la plantation, il faut procéder à une désinfection du sol pour lutter contre les nématodes. L’installation des brise-vents est également souhaitable voire indispensable dans les régions ventées. La densité de plantation moyenne sous serre est d’environ 2200 plants/ ha, Elle peut atteindre 2500 à 3000 pieds/ha dans des cas extrêmes. Généralement, on adopte deux modes d’arrangement des plants sous serre:</p>
<p style="text-align: justify;">(1) Lignes simples: espacement de 2,5 m dans tous les sens.<br />
(2) Lignes doubles (jumelées): 1,5 à 2 mdans la jumelée; 4 à 6 m entre les doubles lignes et 1 à 2m entre les plants dans la ligne.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Fertilisation</span></p>
<p style="text-align: justify;">Les besoins en azote sont importants jusqu’à la floraison puis ils diminuent, tandis que les exigences en potassium sont plus grandes à partir de la différentiation florale qu’en période végétative. Le phosphore est apporté en amendement avant la plantation. Le magnésium est utilisé tout le long du cycle. Afin de proposer un plan de fumure, pour une densité de 2500 plants à l’hectare et un rendement de 60 tonnes/ha, les doses préconisées d’apport de N, P205, K20 et MgO sont respectivement de 450-600; 100-200, 1600-2400 et 150-200 Kg/ha/cycle. Un apport allant jusqu’à 80T/ha/ an de fumier, en début d’automne de préférence, hâte la croissance végétative, accélère la floraison et permet un raccourcissement de l’intervalle floraison-récolte.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Irrigation</span></p>
<p style="text-align: justify;">La culture du bananier sous serre exige un apport élevé en eau, soit 1600 à 2000 mm/an.Afin de couvrir les besoins hydriques de la culture, l’irrigation est nécessaire. Au Maroc l’irrigation du bananier sous serre est pratiquée selon deux modes: irrigation gravitaire et localisée (goutte-à-goutte et microjets).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Contrôle des mauvaises herbes</span></p>
<p style="text-align: justify;">Les mauvaises herbes peuvent constituer un problème puisque le système racinaire du bananier est superficiel. Le désherbage chimique est à éviter à la plantation. La lutte chimique peut être faite lorsque le pseudotronc est formé; on peut utiliser des herbicides tels que le paraquat (gramoxone) à l’allée et à 1,2 m de la ligne de plantation. L’utilisation de mulch (paille ou feuilles de bananier) constitue le meilleur moyen pour contrôler les mauvaises herbes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Protection phytosanitaire</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les principales maladies du bananier connues au Maroc sont les suivantes:</p>
<p style="text-align: justify;">(a) la maladie de Panama, d’origine cryptogamique (Fusarium oxyspourm ssp.Cubense),<br />
(b) Les nématodes (Meloidogyne et Radopholus) dont la lutte chimique est à base de:</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-755" title="lutte phytosanitaire bananier" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/lutte-phytosanitaire-bananier.JPG" alt="lutte phytosanitaire bananier" width="405" height="296" /></p>
<p style="text-align: justify;">Il est nécessaire de pratiquer une alternance des nématicides.<br />
(c) La culture est également attaquée par le Verticillium theobromae au niveau de la fleur «bout de cigare». On l’évite en pulvérisant le calcium (15-20 Kg/100 litres d’eau) ou en appliquant un fongicide (mancozèbe, manèbe, zinèbe) dès la chute des bractées. L’aération des serres réduit le risque d’apparition du “bout de cigare”.<br />
(d) Le Botrytis spp provoque la pourriture de la hampe au niveau de la section du bourgeon mâle. De nombreux fongicides sont efficaces (Bénomyl).<br />
(e) Les Acariens constituent un ennemi redoutable pour la culture. Les mauvaises herbes conditionnent la pullulation de ces ravageurs. Les acaricides utilisés sont Akabar PM 25 (Cyhexathine), Peropal 25 WP (Azocyclotine), Mitac 20 EC (Amitraze), Kelthane (Dicofol) et KT22 ou Tetrafol (Dicofol + tétradifon).<br />
(e) Les chenilles perforatrices attaquent aussi bien les parties végétatives que les doigts. Les produits de traitement utilisés sont karaté, Cymbush, Dursban et Decis.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Soins divers</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le tuteurage (aidant la plante à supporter le poids de ses régimes qui peuvent dépasser 50-60 Kg), l’épistillage (évitant le bout de cigare), l’effeuillage (exposant les régimes à la lumière), l’oeilletonnage (réduisant la compétition entre les rejets fils et la souche mère), l’ablation du bourgeon mâle et un traitement fongicide à la molasse, calmix ou un produit à base de cuivre (évitant la remontée de la pourriture au régime).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Récolte, maturation et conservation</span></p>
<p style="text-align: justify;">La récolte des premiers régimes a lieu après 11 à14 mois de la plantation. Généralement, les régimes sont récoltés après la disparition des angles des fruits. Le poids moyen des régimes est d’environ 30 à 50 kg. Parfois, un régime peut peser 60 kilogrammes. Après la récolte du régime, on coupe le pseudo-tronc à une hauteur de 1 m afin que les réserves qu’il contient soient transférées vers le rejet successeur. Après la récolte, les bananes sont déposées pour quelques jours dans des mûrisseries où elles subissent un traitement à l’acétylène à des conditions de température et d’hygrométrie contrôlées. Le réglage des températures est le suivant: les deux premiers jours, la T°C est de 18°C; l’humidité est de 100%. Le 3ème jour , le réglage est à 17°C et 7 5%; le 4ème jour: T°C :14°C; Humidité: 85%.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-761" title="bananes" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/bananes.jpg" alt="bananes" width="448" height="295" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA : N° 109<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
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		<title>Résistance des plantes à la sécheresse</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 13:04:26 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-649" title="cactus" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/cactus.jpg" alt="cactus" width="361" height="336" /></p>
<p style="text-align: justify;">Une équipe de biologistes de Californie, dirigée par des chercheurs du Scripps Research Institute et de l&#8217;University of California (UC) de San Diego, viennent d&#8217;identifier la structure d&#8217;une molécule impliquée dans le résistance des plantes à la sécheresse : il s&#8217;agit d&#8217;une phytohormone, l&#8217;acide abscissique (ABA). Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), les principales sécheresses de ces trois dernières années ont, à elles seules, causé plus de 10 milliards de dollars de pertes pour les cultures, en autres dégâts, aux Etats-Unis. Le problème est particulièrement marqué dans les fermes de l&#8217;ouest, comme en Californie, région qui connaît actuellement une sécheresse sévère depuis trois ans. L&#8217;agriculture est en effet le secteur le plus grand consommateur d&#8217;eau au monde, avec une utilisation de près de 90 pour cent de l&#8217;eau disponible dans certaines des zones les plus chaudes et arides du globe souvent sujettes à la sécheresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, des chercheurs ont réussi a obtenir la structure tridimensionnelle de l&#8217;acide abscissique qui est celle d&#8217;une hormone végétale, liée à sa protéine &laquo;&nbsp;cible&nbsp;&raquo; appelée PYR1 (Pyrabactin Resistance 1). L&#8217;acide abscissique est une molécule clé dans de nombreux processus végétaux, et notamment impliquée dans les stratégies de survie en conditions environnementales défavorables. En effet, en cas de sécheresse, les plantes synthétisent cette hormone qui va déclencher une série de mécanismes de résistance pour leur survie : les graines restent en dormance dans le sol, les feuilles ferment leurs micropores pour éviter toute déperdition d&#8217;eau, les plantes ralentissent leur propre croissance et re-programment leur métabolisme en vue d&#8217;assurer leur survie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;acide abscissique est une hormone connue des biologistes en sciences du végétal depuis le début des années 1960 ; cependant son mécanisme d&#8217;action n&#8217;était pas complètement élucidé. Les récents travaux de deux groupes de chercheurs indépendants, les équipes d&#8217; Elizabeth Getzoff du Scripps Research Institute et de Julian Schroeder de l&#8217;University of California (UC) à San Diego ont permis de mieux comprendre la relation structure-fonction de l&#8217;acide abscissique. Ils ont découvert un groupe de gènes, ou cluster, associé à l&#8217;hormone. Des mutations simultanées dans quatre des ces gènes mènent à une réponse considérablement affaiblie de l&#8217;acide abscissique et réduisent la résistance à la sécheresse. Ils ont ensuite cherché à déterminer la nature exacte de la liaison entre l&#8217;acide abscissique et la protéine PYR1. Ces travaux ont pu être initié grâce aux recherches préliminaires de l&#8217;équipe de Sean Cutler de l&#8217;UC Riverside sur la protéine PYR1.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, le labo de Getzoff a utilisé une technique de cristallographie aux rayons X. Il s&#8217;agit d&#8217;une technique délicate qui consiste en la formation d&#8217;un cristal de la molécule d&#8217;intérêt que l&#8217;on va ensuite bombarder de rayons X. On obtient ainsi un modèle de diffraction de ces rayons selon la position des atomes du cristal qui permet de déterminer la structure de la molécule. Pour la présente étude, l&#8217;équipe est parvenue à réaliser un cristal de la protéine PYR1 liée à l&#8217;acide abscissique et donc à identifier et analyser leur structure.</p>
<p style="text-align: justify;">De son côté, le labo de Schroeder étudiait l&#8217;association de ces molécules à l&#8217;intérieur de cellules végétales vivantes. Robert Rambo du Lawrence Berkeley National Laboratory a fait des études structurales complémentaires aux rayons-X pour déterminer comment la liaison de l&#8217;hormone à la protéine PYR1 provoque le changement de la structure de la protéine en solution.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces travaux ont montré que deux copies de la protéine PYR1 s&#8217;ajustent parfaitement dans les cellules végétales où elles sont ciblées par l&#8217;acide abscissique. Chaque copie de la molécule PYR1 possède un espace interne ouvert comme l&#8217;intérieur d&#8217;une boîte de conserve, et l&#8217;hormone se niche parfaitement dans l&#8217;un de ces deux espaces. Ceci induit la fermeture d&#8217;une partie de la protéine PYR1 appellée &laquo;&nbsp;couvercle&nbsp;&raquo;. D&#8217;autres changements structuraux interviennent également au niveau d&#8217;autres parties de la molécule PYR1 et vont initier des interactions avec d&#8217;autres protéines déclenchant ainsi des processus végétaux de résistance à la sécheresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces découvertes sur le lien entre structure et fonction de l&#8217;acide abscissique, ouvrent de nouvelles voies de transfert technologique possibles au secteur agricole. L&#8217;une d&#8217;entre elle, selon Getzoff, serait de concevoir des produits chimiques mimant l&#8217;action de l&#8217;acide abscissique. De tels produits chimiques seraient ensuite pulvérisés sur les cultures pour les protéger de la sécheresse. Mais l&#8217;hormone seule ne pourrait pas être utilisée, la production à l&#8217;échelle industrielle d&#8217;acide abscissique serait trop onéreuse et la lumière du soleil pourrait la convertir en une forme inactive. Selon les scientifiques, cela risque de prendre plusieurs années avant que de telles substances soient prêtes à une utilisation commerciale généralisée. La compréhension de la structure du site de liaison de l&#8217;acide abscissique pourrait aider à recréer les récepteurs eux-même qui pourraient ainsi être liés et activés par des produits chimiques connus, bon marché et sans danger pour l&#8217;environnement. Ces travaux pourraient ainsi permettre aux scientifiques d&#8217;aider les agriculteurs grâce à la mise en oeuvre de nouvelles approches pour la protection des cultures contre des périodes sèches prolongées, et à augmenter potentiellement leurs rendements, et à réduire les coûts économiques et humains liés.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce travail a été soutenu par les National Institutes of Health, la National Science Foundation, le Department of Energy, et le Skaggs Institute for Chemical Biology.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>bulletins-electroniques.com</strong></p>
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		<title>Les Petits Fruits au Maroc</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 15:55:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Petits Fruits on désigne une gamme d&#8217;espèces arbustives fruitières comme le groseillier, le cassissier, le framboisier, le myrtillier et le mûrier. Cultivées dans les zones tempérées froides, ces espèces ont pris une importance grandissante pendant les 10 dernières années en raison des possibilités d&#8217;extension de leurs cultures dans les zones à climat à hivers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Petits Fruits on désigne une gamme d&#8217;espèces arbustives fruitières comme le groseillier, le cassissier, le framboisier, le myrtillier et le mûrier. Cultivées dans les zones tempérées froides, ces espèces ont pris une importance grandissante pendant les 10 dernières années en raison des possibilités d&#8217;extension de leurs cultures dans les zones à climat à hivers doux, comme les pays du bassin méditerranéen. Parmi ces espèces, trois sont particulièrement prisées par les producteurs-exportateurs des fruits en raison de la demande mondiale grandissante pour leurs fruits, il s&#8217;agit du framboisier (Rubus idaeus), du mûrier (Rubus spp) et du myrtillier (Vaccinum sp.) qui s&#8217;adaptent parfaitement aux conditions agro-climatiques du Maroc. Elles y sont d&#8217;introduction récente, et constituent une excellente alternative pour diversifier la production fruitière dans certaines régions, notamment le Gharb et le Loukkos. Comme pour la fraise, la myrtille, la framboise et la mûre sont parmi les petits fruits les plus appréciés par les consommateurs européens, clients traditionnels du Maroc. Elles peuvent être exportées sous forme fraîche ou transformée moyennant les mêmes infrastructures et les mêmes circuits de commercialisation que la fraise.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-492" title="framboise2" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/framboise2.jpg" alt="framboise2" width="554" height="507" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Importance économique et commerciale</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les petits fruits sont actuellement parmi les spéculations fruitières les plus rentables et sont très demandés par les marchés européens et américains. Peu de pays en maîtrisent la culture, surtout pour des productions hors saisons qui commencent en novembre et se terminent en mai, juste avant l&#8217;entrée des productions saisonnières qui proviennent des régions montagneuses froides. Entre 2001 et 2005, les productions pour les trois espèces les plus importantes (mûres, myrtilles et framboises) ont augmenté de 12 à 60%, la valeur de 66 à 93% et les prix moyens au kg de 5 à 47%. A titre d&#8217;exemple, le prix moyen pour un kilo de myrtille varie sur le marché anglais de 29 à 100 dh, ceux des mûres de 30 à 97 dh et ceux des myrtilles de 76 à 130 dh. Ces prix sont à comparer à ceux de la fraise fraîche, vendue pendant la même période de l&#8217;année et qui dépassent rarement les 10 dh/kg.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan commercial, la situation actuelle en Europe, principal marché visé par les producteurs marocains, montre que l&#8217;Europe ne peut pas satisfaire ses besoins en petits fruits pendant la période hivernale et une partie de la période printanière. En effet, bien que plusieurs pays européens soient producteurs de petits fruits, leurs productions n&#8217;arrivent sur le marché qu&#8217;à partir de juin-juillet. Pendant le reste de l&#8217;année, l&#8217;approvisionnement se fait à partir du Chili, du Mexique et plus récemment de l&#8217;Espagne. Le Maroc peut facilement se faire une place sur le marché européen, même en présence de ces pays, car sa proximité de l&#8217;Europe lui confère un avantage considérable par rapport aux pays de l&#8217;Amérique latine qui se trouvent défavorisés par les coûts exorbitants du transport aérien. Il est aussi compétitif par rapport à l&#8217;Espagne en raison du faible coût de la main d&#8217;œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, il s&#8217;avère que le Maroc peut facilement se positionner sur le segment du marché européen des petits fruits qui s&#8217;étale de novembre à avril et profiter des infrastructures déjà existantes pour le conditionnement et la transformation de la fraise pour booster la filière des petits fruits, surtout que les producteurs marocains ont développé pendant les 30 dernières années un savoir-faire en matière de gestion technique de la culture du fraisier qu&#8217;ils peuvent mobiliser pour les autres cultures de petits fruits. L&#8217;expérience de certains producteurs avec des espèces comme le framboisier a été si concluante qu&#8217;ils sont passés à la production commerciale dès 2003. Ainsi, pour cette culture, les exportations sont passées de 30 tonnes à quelques 120 tonnes entre 2003 et 2006.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Situation actuelle au Maroc</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les agriculteurs marocains connaissent surtout le framboisier qui a été introduit dans certaines régions au début des années 80. Des essais d&#8217;adaptation ont été menés entre 1990 et 1995 dans la région de Souss-Massa-Draa mais sans grand succès. Dix ans plus tard, l&#8217;expérience a été relancée par les agriculteurs de la région du Loukkous avec des variétés introduites d&#8217;Europe et connues par leurs grands besoins en froid. Ce choix n&#8217;était pas bien judicieux car ces régions ne disposent pas d&#8217;un cumul de froid suffisant face aux exigences de ces variétés. A partir de 2004, une troisième tentative a été réalisée dans le périmètre du Loukkous avec des variétés américaines à faible besoin en froid. Cette dernière tentative a été couronnée de succès dans la mesure où les superficies plantées en framboisier sont passées de quelques hectares à plus de 30 ha en 2005. Comme pour la fraise, la production est destinée en totalité à l&#8217;exportation sur le marché européen, notamment anglais. En 2005, le Ministère de l&#8217;Agriculture, en collaboration avec l&#8217;Agence Américaine de Développement, a lancé un programme de promotion de ces nouvelles espèces axé sur trois actions: l&#8217;introduction des variétés, la mise en place des essais d&#8217;observations et l&#8217;assistance technique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Les variétés</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui du myrtillier, les variétés sont classées en deux grandes catégories: Les myrtilliers dits Southern Highbush et les myrtilliers dits Rabbiteye. La première catégorie comporte les variétés à faible besoins en froid comme Sharpblue, Misty, Biloxi, Gulf Coast, Emerald, Jewel, Star, Saphire, Blue Crisp, Millenia, Windsor. Ces variétés sont précoces et bien adaptées pour les régions à hivers doux. La seconde catégorie est celle des variétés de zones tempérées froides qui ne seront pas traités dans ce bulletin.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le framboisier, on distingue également deux types variétés selon les caractéristiques de leur mise à fruit. Les variétés floricanes et les variétés primocanes. Les floricanes produisent sur des tiges de deuxième année comme pour les variétés Glen Lyon et Tulameen qui ont été introduites au Maroc pendant les 4 dernières années et qui fournissent actuellement quelque 300 tonnes de framboises entre novembre et mai destinées en totalité à l&#8217;exportation. Les variétés primocane produisent des fruits sur les rameaux de la première année, c&#8217;est le cas d&#8217;Autumn Bliss, Autumn Britten, Summit et Heritage.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au mûrier, la distinction entre les variétés se fait sur la base du type de croissance (dressé, demi dressé, étalé), de la morphologie de la tige (épineuses ou inermes) et des caractéristiques de la fructification (floricane ou primocane). Les cultivars à port dressé constituent le meilleur choix pour la production commerciale de la mûre au Maroc. Ceux qui présentant un potentiel important sont Brazos, Rosborough et Tupi.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Techniques de culture</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exigences édaphiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le myrtillier se distingue du framboisier et du mûrier par des exigences particulières en terme de pH du sol. A des pH supérieurs à 5,2; l&#8217;absorption du fer est bloquée et les plants manifestent les symptômes typiques de la chlorose ferrique. Le myrtillier développe un système racinaire faible et superficiel, ne tolère ni le mauvais drainage ni le stress hydrique. Pour ce qui du framboisier et du mûrier, il faut surtout craindre la salinité qui ne doit pas dépasser les 800 ppm. Les dégâts de salinité se manifestent sur les feuilles dès que la teneur en sodium et en chlore dépasse respectivement 0,2% et 1,5%. Les rendements commercialisables diminuent lorsque la CE à la saturation est supérieure 1,2 dS/m. Cette chute est de 10% pour une CE de 1,3 dS/m, 25% à 1,8 dS/m et 50% à 2,3 dS/m (Ces valeurs correspondent à environ 1.300 à 1.500 ppm dans les extraits de pâtes). A une CE dépassant 1,2 dS/m, il est recommandé de procéder à un lessivage exhaustif du sol. Les petits fruits préfèrent les sols légers mais ils peuvent être également cultivés sur des sols lourds pourvu qu&#8217;un bon système de drainage soit prévu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Choix des sites</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les principaux facteurs qu&#8217;il convient de prendre en considération dans le choix des sites sont la fertilité du sol, le drainage, la protection contre le vent, l&#8217;ensoleillement, la disponibilité en eau, et l&#8217;historique de la parcelle. Pour les régions montagneuses froides, comme le Moyen et Haut Atlas, il faut choisir des variétés tardives pour avoir des productions printanières et estivales. Dans ce cas, la production sera destinée exclusivement au marché local ou pour la surgélation. Pour les régions à hivers doux, ce sont les variétés à faible besoin en froid qu&#8217;il faut choisir et c&#8217;est le cas des variétés de myrtillier Misty, Shrpblue et Beloxi. Les sites qui offrent une bonne circulation d&#8217;air et une bonne exposition au soleil sont fortement recommandés. Les sites ventés doivent être évités car le vent peut causer des dégâts sérieux pour les jeunes plants et pour les plants adultes en phase de fructification. Un sol fertile, bien drainé, riche en matière organique (2-4%) est souhaitable. Le drainage d&#8217;eau revêt une importance capitale dans la sélection du site, car les systèmes racinaires du framboisier et du mûrier atteignent une profondeur d&#8217;un mètre. Il est également recommandé d&#8217;éviter les sites ayant une couche durcie ou un sous-sol étanche. Les racines du framboisier et du mûrier sont sensibles au manque d&#8217;oxygène et aux champignons telluriques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préparation du sol</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En plus des préparatifs traditionnels du sol (sous soulage, labour, apport de fumier, des engrais de fond etc), il est capital d&#8217;accorder une importance particulière au pH du sol, en particulier pour le myrtillier qui se développe très lentement si le pH est supérieur à 5,0. Pour faire descendre le pH, on peut procéder soit par injection des acides comme l&#8217;acide chlorhydrique, l&#8217;acide nitrique ou l&#8217;acide phosphorique dans les systèmes d&#8217;irrigation ce qui est coûteux et risqué, soit appliquer du soufre finement granulé dans le sol, ce soufre sera transformé par les microorganismes du sol et produira de l&#8217;acide sulfurique qui contribuera à la baisse du pH. Cette opération doit être réalisée plusieurs semaines avant la plantation. L&#8217;application du soufre peut être limitée aux billons afin de réduire les coûts. La quantité de soufre à ajouter dépend de la valeur du pH et de la texture du sol (Tableau 1, voir fichier PDF). On peut également aider à la correction du pH par l&#8217;ajout de la tourbe acide dans les trous de plantation.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le framboisier et le mûrier, le pH du sol doit être de l&#8217;ordre de 6,5. Si l&#8217;analyse révèle un pH inférieur à ce niveau, il faut appliquer de la chaux calcique (CaCO3) (Tableau 2, voir fichier PDF). Ce cas de figure est celui des sols à texture limoneuse similaires à ceux que l&#8217;on trouve au Maroc.</p>
<p style="text-align: justify;">En plus des analyses minérales et des amendements organiques et/ou calciques, il est capital de procéder aussi à une analyse des nématodes. Plusieurs espèces de nématodes ont été associées aux framboisiers. Le nématode des racines est le plus redoutable, il cause des dégâts à partir d&#8217;un seuil d&#8217;infestation de 500 à 1.000 nématodes par kg de sol sec.</p>
<p style="text-align: justify;">Le myrtillier, comme le framboisier et le mûrier, peut être planté sur un sol plat, s&#8217;il est bien drainé ou sur des billons ayant une hauteur d&#8217;environ 25 à 30 cm et une largeur de 60 cm si les sols ne sont pas bien drainés. La distance entre les billons doit être de 2,2 à 2,5 m.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Multiplication</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Elle se fait par voie végétative pour les trois espèces. On procède soit par bouturage herbacé ou par bouturage ligneux. Les boutures herbacées sont prélevées en début d&#8217;été (juin-juillet). La taille idéale de la bouture est de 10 à 15 cm de longueur. Après élimination des feuilles de la base, les boutures sont placées dans un substrat bien drainant (Sable + tourbe) à une profondeur de 5 à 8 cm. Le substrat d&#8217;enracinement doit avoir un pH de 4,5 à 5,5. On plante les boutures dans un endroit abrité ayant une bonne ventilation, 40% à 60% d&#8217;ombre et un bon système de brumisation. L&#8217;enracinement se fait après 4 à 7 semaines. Les boutures ligneuses sont récoltées sur des tiges ayant le diamètre d&#8217;un crayon et qui portent des bourgeons végétatifs. Les bourgeons floraux, s&#8217;il y en a, doivent être éliminés. Les rameaux seront coupés en section de 10 à 15 cm. Pour stimuler l&#8217;enracinement, il faut enlever 1 à 2 centimètres d&#8217;écorce des deux côtés des boutures. Les boutures ligneuses produiront des feuilles et prendront racine en 4 à 5 mois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plantation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La première précaution à prendre est de s&#8217;assurer que les plants proviennent d&#8217;une pépinière agréée et que les plants soient certifiés et exempts de virus.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;établissement des plantations de myrtillier dans les régions côtières peut être réalisé entre octobre et mi-mars. En dehors de cette période, les risques de dessèchement sont élevés. Il est donc important de prêter une attention particulière au maintien d&#8217;une humidité adéquate du sol et à la protection des plants contre le vent. La plantation doit être faite de préférence en billons sauf sur les sols sablonneux. Les billons doivent avoir une largeur de 70 à 120 cm, avec un espacement de 75 cm entre plants et 180 cm entre billons. La pleine productivité est obtenue lorsque les plants atteignent 12 à 18 mois, et développent 2 à 4 branches fructifères ayant une hauteur de 30 à 45 cm.</p>
<p style="text-align: justify;">Les trous de plantations doivent être de 30 x 30 x 30 cm si les plants de myrtilliers sont livrés en plants en motte ayant 15 à 20 cm de hauteur. Il est également recommandé de d&#8217;ajouter 2 à 4 kg de tourbe, de compost ou de fumier avant la plantation et de veiller à appliquer une irrigation après la plantation et d&#8217;apporter du mulch organique sur une couche de 5 à 8 cm d&#8217;épaisseur qu&#8217;il faudra renouveler tous les 3 à 4 ans. Il faut veiller à ce que les plants soient plantés au même niveau ou un peu en dessous (1,5 cm) du niveau auquel ils étaient dans le pot ou à la pépinière afin d&#8217;éviter l&#8217;infection des collets.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le framboisier et le mûrier, les plants peuvent être à racines nues dormants, des boutures de racines, des vitroplants ou des plants en mottes. Les plants dormants à racines nues sont les plus utilisés et ils sont disponibles. Il s&#8217;agit de tiges dormantes de première année recépées à environ 15 à 20 cm, avec un système racinaire intact. Elles doivent être plantées, de préférence, en automne (octobre-novembre) et jusqu&#8217;au printemps (février-mars). Les boutures de racines doivent avoir la grosseur d&#8217;un crayon entre 10 et 15 cm de large avec une bonne chevelure racinaire, elles sont plus sensibles, moins chères, mais nécessitent plusieurs mois pour se développer en plants vigoureux; elles sont généralement plantées au début du printemps. Les vitroplants sont utilisés surtout comme plants de base dans les pépinières pour produire des stocks exempts de virus. On peut les utiliser pour établir des plantations mais ils sont coûteux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les nouvelles plantations de framboisier et de mûrier peuvent être établies à partir des rejets récoltés directement des anciennes plantations et qui sont issues des repousses et drageons prenant naissance à la base de plantes. Les rejets doivent avoir 15 cm de hauteur et un système de racines bien développées. Ils peuvent être récoltés au printemps ou en été, et replantés directement dans une nouvelle parcelle. Ils peuvent aussi être acclimatés pendant une période de plusieurs semaines dans des conteneurs ou sachets plastiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le framboisier, la densité de plantation dépend des variétés. Les boutures sont espacées de 30 cm et les lignes de plantation de 3 m. Après la première année de plantation, le framboisier développe plusieurs rejets à la base. En se développant, ces rejets formeront une haie fruitière. Les rejets qui apparaissent en dehors de la haie sur une largeur de 60 cm doivent être éliminés ou transplantés vers un autre site. La densité finale doit être de 8 à 10 tiges par mètre linéaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le mûrier, l&#8217;espacement recommandé pour les variétés à port dressé (Brazos et Rosbourough) est de 1 m entre plants et 3 m entre lignes. Les variétés rampantes (ou semi-dressées) doivent être plantées à 2-3 m d&#8217;écart.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Taille et palissage</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour le myrtillier, la conduite des plants pendant les premières années vise à encourager la formation des rameaux fructifères. Sur des plants âgés de 1 à 2 ans, il est conseillé de réduire la biomasse de la frondaison d&#8217;un quart à un tiers. La taille des plants âgés se fait annuellement après la récolte afin d&#8217;éliminer les branches non productives, malades, mortes ainsi que les branches trop basses ou mal dressées. Le centre de l&#8217;arbuste doit être bien aéré. On taillera toute branche ayant porté des fruits l&#8217;année précédente jusqu&#8217;à la première pousse rencontrée à la base. Ensuite, on doit examiner le plant et éliminer les branches trop minces et chétives. On peut enlever jusqu&#8217;à un quart ou un tiers de la frondaison. Les fortes tiges qui poussent vers la fin de l&#8217;été peuvent produire des bourgeons floraux à leur sommet. Ces tiges peuvent être éclaircies ou raccourcies en hiver afin de stimuler leur ramification. Les variétés à port dressé exigent moins de taille que les variétés rampantes. La taille d&#8217;hiver ou du début du printemps vise essentiellement la répartition de la charge des fruits. On éclaircit les fleurs et les fruits afin d&#8217;améliorer le calibre des fruits. Le taux d&#8217;éclaircissement dépendra de la variété et de la charge en fruits par rapport à l&#8217;importance de la zone végétative. Après 4 ou 5 années, les vieilles tiges doivent être éliminées pour permettre l&#8217;apparition de nouveaux rameaux fructifères.</p>
<p style="text-align: justify;">Le framboisier est conduit en haie fruitière avec 8 à 10 plants par mètre linéaire. Au delà de cette densité, la haie devient touffue et difficile à gérer. Les rejets qui prennent naissance à la base des plantes doivent être éliminés afin d&#8217;éviter la compétition. Aussi, il faut prévoir un système de palissage pour supporter les tiges fructifères et leur permettre de se développer tout en restant dressées. Deux systèmes sont recommandés: Le système en T et le système en I. ce dernier est recommandé pour les cultivars de type floricane alors que le système en T est plus utilisé pour les cultivars de type primocane. Les tuteurs doivent être espacés de 8 à 10 mètres et consolidés avec des croix en bois pour serrer les fils de fer. Après la récolte, les tiges ayant fructifié sont taillées au raz du sol afin de favoriser le départ de nouvelles tiges qui porteront la production l&#8217;année suivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme pour le framboisier, le palissage est nécessaire pour le mûrier utilisant un système en T. Six tiges parmi les plus vigoureuses sont sélectionnées et rattachés aux fils supérieurs et inférieurs. Ces tiges sont taillées à l&#8217;extrémité lorsqu&#8217;elles atteignent 1,80 m de hauteur. La taille renforce les rameaux latéraux, qui vont fructifier la saison suivante. Les rameaux axillaires devront être taillés à leur tour sur leur extrémité lorsqu&#8217;ils atteindront environ 20-30 cm de longueur. Après la récolte, les latéraux en position tertiaires, ayant donné des fruits, devront être rabattus au niveau de la base des latéraux secondaires. La croissance végétative de la haie fruitière doit être maintenue entre 90 à 100 cm de largeur et environ 2 m de hauteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Irrigation et besoin en eau</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les plantations commerciales de myrtillier nécessitent une irrigation toute l&#8217;année, sauf dans les régions pluvieuses. Les besoins en eau sont estimés à 15 à 20 m3/ha/jour avec des pics qui peuvent atteindre 80 m3/ha/jour en période estivale. Pour le framboisier et le mûrier, les besoins sont de 2,5 à 3,8 cm par semaine, de la floraison jusqu&#8217;à la récolte et de 3,8 cm par semaine pendant le grossissement du fruit.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;irrigation peut être faite à la raie mais le système les plus utilisé est le goutte-à-goutte pour des raisons d&#8217;économie d&#8217;eau mais aussi d&#8217;efficience et de nutrition. Pendant les deux premières années, une seule ligne de goutteurs, placée au milieu du billon est suffisante, mais à partir de la deuxième année, le système doit être renforcé par une seconde ligne de goutteur avec un emplacement sur les cotés du billon afin d&#8217;assurer une bonne humidification de tout le billon.</p>
<p style="text-align: justify;">La qualité de l&#8217;eau est un facteur critique pour le myrtillier. Les recommandations pour les plantations californiennes concernant le pH, la conductivité électrique, les concentrations de calcium, de magnésium et de sodium, ainsi que celles des carbonates, des bicarbonates, du chlore, du bore et des sulfates sont présentés dans le tableau 3 (voir fichier PDF).</p>
<p style="text-align: justify;">Un pH alcalin indique un excès de bicarbonates ce qui nécessite une acidification de l&#8217;eau et une bonne surveillance lors des irrigations. La meilleure CE pour l&#8217;eau d&#8217;irrigation des myrtilliers se situe en dessous de 0,25 dS/m. A des seuils supérieurs à 1,5 dS/m, la croissance des plantes est réduite. Les bicarbonates peuvent constituer un problème potentiel pour l&#8217;obturation des canaux mais le problème est facilement résolu par l&#8217;injection d&#8217;acide.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une meilleure gestion de l&#8217;irrigation, il est recommandé d&#8217;assurer le pilotage à l&#8217;aide de tensiomètres qui sont placés à des emplacements représentatifs au niveau de la parcelle et à une profondeur de 20 cm. L&#8217;irrigation doit commencer lorsque les tensiomètres affichent une tension de l&#8217;eau du sol de l&#8217;ordre de 10 à 15 centibar (cb). Le degré d&#8217;humidité du sol peut être estimé par simple pression sur une boule de terre. On estime qu&#8217;il y a besoin d&#8217;irrigation lorsque la boule de terre s&#8217;effrite dans la main et qu&#8217;elle n&#8217;arrive pas à se tenir compacte.</p>
<p style="text-align: justify;">Les myrtilliers sont particulièrement sensibles au stress hydrique pendant la floraison et la nouaison des fruits.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fertilisation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le programme de fertilisation doit commencer par une analyse du sol avant la plantation, une opération qui doit être répétée tout les 3 à 4 ans. Il est également important de connaître l&#8217;historique de la parcelle afin de déceler le besoin d&#8217;amendement correctif. En général, la nutrition minérale et organique du myrtillier peut être satisfaite par les différents types d&#8217;engrais disponibles sur le marché. Pour les exigences particulières du myrtillier en matière de pH, il convient d&#8217;accorder une attention particulière à la forme des engrais à utiliser:</p>
<p style="text-align: justify;">1. Pour l&#8217;azote, il est recommandé d&#8217;apporter les engrais sous forme d&#8217;ammonium tels que le sulfate d&#8217;ammonium et l&#8217;urée. Ce type d&#8217;engrais permet d&#8217;acidifier le sol et par conséquent améliorer l&#8217;absorption des éléments nutritifs. En cas de baisse excessive du pH, il faut alterner le sulfate d&#8217;ammonium avec l&#8217;urée.</p>
<p style="text-align: justify;">2. Pour les sources de magnésium et de calcium, il faut éviter la chaux agricole (calcaire) qui entraîne une augmentation de pH. Le besoin en ces éléments peut être satisfait par le gypse qui fournit le calcium et le sulfate de potasse et de magnésie sans agir sur le pH.</p>
<p style="text-align: justify;">Si après application du soufre, le pH du sol ne descend pas en dessous de 5, il faut prévoir des applications de fer chélaté en pulvérisation foliaire, par arrosage ou par injection dans le système d&#8217;irrigation localisé. Cette opération est fortement recommandée durant les premiers mois afin de booster la croissance végétative en attendant que le soufre ait abaissé le pH du sol. Pour une plantation en pleine croissance, la dose recommandée est de 5 kg de fer chélaté par 400 à 800 litres d&#8217;eau. On peut également ajouter du soufre en poudre fine autour des plants par arrosage afin d&#8217;accélérer l&#8217;abaissement du pH du sol.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de la fertilisation azotée, elle doit être régulière pendant les premières années (années 1 à 5) avec des applications hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle pendant la période de croissance active des plants. Pour les nouvelles plantations, il faut appliquer 2 à 3 grammes d&#8217;azote par plant et par mois. Cela représentera une application d&#8217;environ 100 à 150 kg d&#8217;azote par hectare et par année ou 9 à 14 kg d&#8217;azote par hectare et par mois. Après la troisième année, on doit appliquer 5 à 6 grammes d&#8217;azote par plant et par mois.</p>
<p style="text-align: justify;">La plus importante application mensuelle d&#8217;azote doit avoir lieu juste après la taille, vers la fin du printemps (juin) et continuer durant les mois chauds d&#8217;été et d&#8217;automne. Une bonne croissance durant cette période donne naissance aux nouvelles branches qui porteront la production l&#8217;année qui suit. Les besoins en azote ont tendance à diminuer durant les mois froids de l&#8217;hiver.</p>
<p style="text-align: justify;">Les framboisiers et les mûriers sont fertilisés grâce à la combinaison de 4 moyens: 1) le fumier, 2) les engrais granulés, 3) les engrais liquides à partir du système d&#8217;irrigation goutte-à-goutte (fertigation) et 4) la fertilisation foliaire pour les oligo-éléments. Le fumier doit être appliqué à raison de 10-20 tonnes/ha, selon la fertilité du sol. Les fumiers ovins, très riches en azote, doivent être appliqués à raison de 5-10 tonnes par hectare. Pour une tonne de fumier ovin, on estime à 20% la quantité de N qui sera disponible pour les plantes durant une saison. Dans les plantations bien établies, la matière organique/fumier doit être appliquée sur le rang, immédiatement après la taille. La matière organique et le fumier peuvent être également appliqués dans des ouvertures latérales installées sur les deux côtés du rang. En plus du fumier, on doit appliquer approximativement 75-100 kg/ha de N aux framboisiers primocane durant chaque cycle de croissance. Les mûriers recevront approximativement 100 kg/ha du N par an. Le phosphore doit être appliqué à raison de 20-30 kg/ha de P par cycle. Le potassium doit être appliqué à raison de 50-60 kg/ha de K par cycle. Il est recommandé de fractionner les apports en deux applications; une première pendant la phase de croissance végétative et une seconde pendant la floraison.</p>
<p style="text-align: justify;">Environ 25% du total recommandé en azote (N), phosphore (P) et potassium (K) ainsi que les oligo-éléments (si nécessaire) peuvent être appliqués pendant la préparation du sol. Le reste (30 à 50 kg/ha de N, 15 à 20 kg/ha de P et 30 à 40 kg/ha) peut être appliqué en fertigation. La majeure partie des besoins en N, P et K doit être appliquée entre la croissance des nouvelles pousses et la floraison.</p>
<p style="text-align: justify;">Les engrais recommandés pour le framboisier et le mûrier sont le nitrate d&#8217;ammonium, le sulfate d&#8217;ammonium, le nitrate de calcium, l&#8217;urée, le nitrate de potassium, et le phosphate d&#8217;ammonium. Pour le K, les sources suivantes peut être utilisée: Le chlorure, le sulfate, ou le nitrate de potassium. Néanmoins, le sulfate de potassium et le nitrate de potassium sont préférés au chlorure de potassium, étant donné le risque de toxicité que peut causer ce dernier sur les framboisiers et mûriers.</p>
<p style="text-align: justify;">Les framboisiers et les mûriers ont besoin du phosphore très tôt. Aussi, est il important d&#8217;appliquer cet élément au moment de la plantation, ou juste après. Les engrais phosphatés injectés dans le système goutte-à-goutte peuvent interagir avec le calcium des eaux d&#8217;irrigation et former une précipitation insoluble, qui pourra boucher les émetteurs. Une bonne gestion peut cependant éviter les problèmes de précipitation. A cette fin, la solution mère doit être acidifiée, soit en la mélangeant avec de l&#8217;acide sulfurique, soit en injectant de l&#8217;acide sulfurique immédiatement après l&#8217;injection. La fertilisation foliaire doit venir en supplément à la fertilisation conventionnelle ou à la fertigation et seulement pour corriger des éventuelles carences en oligo-éléments (Tableau 4, voir fichier PDF).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pollinisation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les fleurs du myrtillier sont hermaphrodites, donc capables d&#8217;autofécondation. Chez la plupart des variétés du myrtilliers, la pollinisation s&#8217;effectue soit par autopollinisation, soit par pollinisation croisée, mais la productivité est meilleure lorsque la pollinisation croisée est encouragée par la diversification des variétés sur la même parcelle et l&#8217;utilisation des abeilles domestiques ou les bourdons. Pour les abeilles, on recommande une ruche pour une surface d&#8217;environ 2.000 m2. En culture sous serre, il faut veiller à assurer des ouvertures sur les côtés des tunnels pendant la journée pour permettre aux abeilles d&#8217;y entrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fleurs du framboisier et du mûrier doivent être pollinisées de façon convenable afin d&#8217;obtenir un fruit ayant une forme uniforme. Le développement du fruit se produit assez rapidement, ne nécessitant que 30 à 45 jours pour la plupart des cultivars de la framboise, et 40 à 50 pour la plupart des cultivars des mûres. Les abeilles domestiques sont responsables de 90 à 95% de la pollinisation des framboisiers et des mûriers. Les bourdons sont plus efficaces par temps froid ou venteux. Il est recommandé d&#8217;avoir 5 ruches par hectare, c&#8217;est le meilleur moyen de pollinisation en culture sous serre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Culture sous serre</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La culture du myrtillier, framboisier et mûrier dans des structures abritées est en train de prendre de l&#8217;ampleur. Les serres permettent une certaine protection contre le gel, améliorent les conditions de température et de lumière créant ainsi un microclimat favorable, elles permettent aussi d&#8217;assurer la protection contre le vent, la pluie, les insectes, les maladies, et des prédateurs, tels les rongeurs et les oiseaux. La production sous serre permet donc d&#8217;augmenter les rendements, d&#8217;améliorer la qualité et d&#8217;étendre la saison de récolte au delà de l&#8217;été et la faire coïncider avec la période hivernale. Plusieurs types de serres peuvent être utilisées, mais les plus convenable pour des raisons économiques et techniques sont les delta 9 améliorés comme celles utilisés pour le fraisier dans la région du Loukkous.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Récolte</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle se fait lorsque les fruits sont bien colorés. Les myrtilles doivent tourner vers la couleur bleue, les framboises vers la couleur rouge et les mures vers la couleur noire. Les fruits continuent à grossir même après la coloration. La teneur en sucre ainsi que la saveur s&#8217;améliore également. Au stade de pleine maturité, la teneur finale des myrtilles en sucre peut atteindre jusqu&#8217;à 15 %. La fréquence de la cueillette dépend de la période de l&#8217;année et de la température. Au début de la saison, elle est d&#8217;une à deux fois par semaine et devient journalière pendant les périodes de pointe. Un ouvrier peut récolter 3 à 4 kg par heure selon la variété. Les fruits sont récoltés dans de petits seaux et sont ensuite emballés dans des caissettes de 125 à 175 grammes. Le vent chargé de sable, les pluies torrentielles, les excès d&#8217;irrigations et le gel sont des facteurs climatiques qui peuvent causer une dépréciation de la qualité des fruits.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne pratique de cueillette pour les framboises et les mûres consiste à serrer légèrement la base du fruit entre le pouce, l&#8217;index et le doigt du milieu, puis tirer doucement pour le détacher du réceptacle. Les fruits du framboisier doivent être détachés du réceptacle proprement, afin d&#8217;obtenir un fruit creux sans cœur. Une mauvaise manipulation pendant la cueillette risque d&#8217;endommager les fruits ce qui entraîne un écoulement des solutés et un détachement des drupéoles.</p>
<p align="justify"><span style="color: #808000;"><strong>Manipulations de post-récolte</strong></span></p>
<p align="justify">Les framboises, les mures comme les myrtilles sont des fruits très sensibles. Ils doivent être manipulés avec prudence et délicatesse depuis la récolte jusqu&#8217;à la mise sur le marché. Le tri et l&#8217;emballage sont faits à la main et sur la parcelle. En Europe comme aux États-unis, la commercialisation se fait dans des petites barquettes de 125 à 250 g. Pour les gros volumes, l&#8217;emballage peut être fait dans les stations de conditionnement équipées par des calibreuses, des ventilateurs et des tables de tri. Une fois emballés les fruits sont transférés directement dans les aires à température contrôlées ou des chambres froides. L&#8217;exposition des fruits à une température de 30°C pendant 4 heures leur fait perdre deux tiers de leur valeur marchande. Si le refroidissement est retardé d&#8217;une heure après la récole, ou s&#8217;il n&#8217;est pas approprié, les fruits vont mollir, perdre de leur goût sucré, et se dégrader rapidement. Le rythme de refroidissement des fruits est, en règle générale, 5 à 10 fois plus rapide, avec un système de refroidissement à air forcé qu&#8217;avec l&#8217;air calme. Une fois refroidi, le fruit doit être maintenu à des températures entre 0° C et 1° C. Toute rupture dans la chaîne de froid, se traduira par une baisse sensible de la durée de vie du fruit sur le marché. La durée de vie des framboises et des mures n&#8217;est que de 4 à 7 jours. Par conséquent, ils doivent être maintenus constamment à 0° C à 1° C et 90 à 95% d&#8217;humidité relative. Il est également recommandé de contrôler la qualité des fruits pendant la durée du stockage. Un à cinq plateaux sur 100 sont pris au hasard et vidé dans une caisse pour pouvoir examiner la totalité des fruits.</p>
<p align="justify"><span style="color: #808000;"><strong>Les maladies</strong></span></p>
<p align="justify">Les principales maladies du myrtillier sont la rouille (Pucciniastrum vaccinii), la pourriture des racines (Phytophthora cinnamomi et P. spp.) et la pourriture grise (Botrytis cinerea). Dans les régions humides, on rencontre également l&#8217;anthracnose (Colletotrichum gloeosporioides), l&#8217;alternariose (Altenaria tenuissima) et la pourriture sclérotique (Monilinia vaccinii-corymbosi).</p>
<p align="justify">La rouille peut affecter les feuilles et les fruits, surtout en condition humide. Des traitements préventifs à base de cuivre, de soufre ou de fongicide permettent un bon contrôle de la maladie. En Californie, on recommande des fongicide à base de Fenbuconazole, de Pyraclostrobine et/ou boscalide.</p>
<p align="justify">La pourriture des racines se manifeste par le jaunissement ou la décoloration des feuilles, le flétrissement des tiges, l&#8217;absence de nouvelles pousses, la nécrose des racines ainsi que la décoloration de la cime et des racines. Les plants entiers finissent par flétrir et par perdre leurs feuilles (Photo 12). L&#8217;apparition de la maladie est généralement causée par un mauvais drainage et une mauvaise aération du sol, associés à un stress des racines. Comme traitement on recommande un bon drainage, la confection de billons bien surélevés, l&#8217;aération du sol par l&#8217;incorporation de matière organique et une bonne gestion des irrigation afin d&#8217;éviter l&#8217;excès d&#8217;eau.</p>
<p align="justify">Un habillage du système racinaire avant la plantation est également recommandé pour éviter les racines mal formées qui se cassent et pourrissent. On peut également traiter avec de l&#8217;Aliette ou d&#8217;autres fongicides à base de phosphites, ou de l&#8217;acide phosphoreux.</p>
<p align="justify">Le produit peut être injecté dans le système d&#8217;irrigation à une concentration de 1-2 % v/v.</p>
<p align="justify">La pourriture grise apparaît sur fleurs et fruits durant les périodes froides, pluvieuses ou humides (Photo 13). Elle peut être contrôlée par le Bénomyl, le Captane (tous les 7 jours à partir du gonflement et jusqu&#8217;à la fin des bourgeons).</p>
<p align="justify">Pour ce qui du framboisier et du mûrier, Les maladies les plus redoutables sont les maladies cryptogamiques. Les principaux facteurs liés à la dissémination de ces maladies sont la sensibilité des cultivars, la vigueur des plants, le stade de croissance, les conditions environnementales, les pratiques agronomiques et la densité des plants. Les principales maladies ainsi que les matières actives fongicides recommandées pour les contrôler sont résumés dans le tableau 5 (voir fichier PDF).</p>
<p align="justify"><span style="color: #808000;"><strong>Les ravageurs</strong></span></p>
<p align="justify">Pour ce qui des ravageurs, le insectes nuisibles les plus redoutés sont la mouche blanche (Bemisia argentifolii) qu&#8217;on peut contrôler par les biopesticides à base de neem, d&#8217;azadiractie, du savon potassique et des insecticides à base d&#8217;Imidaclopride et de Carbaryl, la cicadelle du rosier (Edwardsiana rosae) qui est facilement contrôlée par le savon insecticide et les huiles à spectre étroit, Les thrips (thysanoptères) qui sont traités en Californie par le spinosad. La Perce-tige du Pacifique, un insecte qui attaque parfois les cultures de myrtilles souffrant de stress ou brûlées par le soleil. La meilleure façon de la contrôler et d&#8217;éliminer les sources du stress.</p>
<p>Des problèmes mineurs peuvent être posés par escargots pendant la période de récolte (Escargots prédateurs, Appâts) et les toiles d&#8217;araignées qui déprécient la qualité esthétique des fruits.</p>
<p align="justify">Le framboisier et le mûrier peuvent être attaqués par plusieurs insectes et ravageurs dont les plus nuisibles sont larves vermiformes (coleoptera), les insectes foreurs de la griffe (Pennisetica marginata), les foreurs de la tige (Oberea bimaculata), l&#8217;agrile de framboisier (Agrilus ruficollis), les enrouleuses (Olethreutes permundana), les pucerons (Aphis rubicola), Amphorophora agathonica), les cicadelles (Homoptera spp.), les acariens (Tetranychus urticae) et les mouches blanches (Bemesica tabaci).</p>
<p align="justify">Les larves de plusieurs types de coléoptères sont nuisibles pour le framboisier et le mûrier . Elles peuvent causer des dégâts désastreux sur le système racinaire. Ces larves sont généralement introduites par le fumier. L&#8217;addition du chlorure de calcium au fumier peut réduire considérablement l&#8217;inoculum du ver blanc en desséchant les larves. Une autre méthode de contrôle comprend l&#8217;utilisation de cuves de décantation bleu clair pour attirer et tuer les coléoptères adultes.</p>
<p align="justify">Les insectes foreurs détruisent les tiges. La meilleure façon de lutter contre les insectes foreurs de tiges consiste à prévenir leur intrusion dans les plantations grâce à une lutte culturale, notamment en éliminant les framboisiers et les mûriers sauvages des environs, car ils constituent un hôte potentiel, pouvant héberger ces foreurs. Au cas où le parasite s&#8217;est établi dans le champ, une lutte chimique à l&#8217;aide d&#8217;un insecticide peut s&#8217;avérer nécessaire.</p>
<p align="justify">Diverses espèces d&#8217;enrouleuses peuvent menacer framboisiers et mûriers. Les dégâts des noctuelles adultes se manifestent surtout sur les nouvelles repousses qui prennent une forme spiralée et courbées (Photo 15). Les larves se trouvant à l&#8217;intérieur se transforment en nymphes et se nourrissent sur les baies. La lutte est surtout préventive. Il convient de maintenir un environnement propre en éliminant les mauvaises herbes et les débris de taille. Le recours à des agents biologiques, comme le Bacillus thuringiensis est également possible.</p>
<p align="justify">Les pucerons posent un problème car ils se nourrissent des pousses et des bourgeons et peuvent entraîner l&#8217;enroulement des feuilles en plus du risque de transmission de certaines maladies virales. Le virus à craindre est le virus de la Mosaique de la framboise. Deux mesures préventives sont à prendre pour prévenir ce genre de problèmes: n&#8217;utiliser que des plants certifiés exempts de virus et veiller à éliminer toute plantes suspectes présentant les symptômes de la maladie virale. Le traitement des pucerons ne doit être déclenché que lorsque leurs population atteignent des seuils nocifs (30% d&#8217;infestation). Les pucerons ont de nombreux prédateurs naturels tels que le chrysope, la coccinelle convergente, l&#8217;Aphidius spp. et bien d&#8217;autres espèces de guêpes d&#8217;où l&#8217;importance de prévoir le compagnonnage (cultures de plants hôtes pour les prédateurs) dans la stratégie de gestion globale des vergers.</p>
<p align="justify">Les cicadelles endommagent les framboisiers et les mûriers en suçant le tissu de la feuille entravant ainsi le bon fonctionnement photosynthétique.</p>
<p align="justify">Quant aux acariens, ils ne constituent un sérieux problème qu&#8217;en période chaude et sèche (fin printemps-début été). Ils causent des dégâts sur les feuilles et s&#8217;abritent généralement au niveau de la face inférieure. Les mauvaises herbes peuvent constituer une source d&#8217;infestation initiale. L&#8217;adoption de mesures sanitaires et préventives permet un bon contrôle des acariens. Ces mesures commencent par la bonne surveillance de la population des acariens, la taille et l&#8217;arrachage des plants desséchés et morts, la lutte contre la poussière et la lutte contre les mauvaises herbes. La lutte biologique est possible avec un autre acarien: Phytoseiulius persimilis. Une lutte efficace nécessite quelques 25.000 à 35.000 individus de P. persimilis par hectare. On estime qu&#8217;un ratio d&#8217;un prédateur pour dix tétranyques est favorable pour une lutte biologique.</p>
<p align="justify">La mouche blanche endommage les plants en se nourrissant de leur sève, ce qui réduit la vitalité du plant. Elle libère aussi une excrétion visqueuse (miellat) qui déprécie la qualité des fruits qui deviennent ainsi impropre à la commercialisation. La mouche est aussi un vecteur de maladies virales. Elle compte plusieurs punaises appartenant à la sous-famille des géocorinae, la punaise anthocoride, le chrysope, Enncarsia formosa et les guêpes parasitaires.</p>
<p align="justify"><span style="color: #808000;"><strong>Protection contre le gel et les oiseaux</strong></span></p>
<p align="justify">Le myrtillier craint le gel surtout en période floraison. Dans les zones gélives, des mesures de protection, comme l&#8217;aspersion d’eau, peuvent s&#8217;avérer nécessaire. Dans les régions tempérées, la protection contre le gel se fait par des systèmes de chauffage coûteux.</p>
<p align="justify">Les framboises, les mures et les myrtilles sont très attirants pour les oiseaux. Si la culture est en plein champ, il faut prévoir des filets anti-moineaux ayant des mailles de 19 à 22 mm.</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><strong>Prof. Lahcen Kenny<br />
IAV Hassan II, CHA, Agadir Maroc</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d&#8217;information et de liaison du PNTTA<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l&#8217;Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
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		<title>La pollinisation des arbres fruitiers</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 14:39:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La floraison est le stade phénologique qui annonce, après la dormance, l’entrée en activité reproductive. Sa période qui s’étale généralement sur une durée de 2 à 3 semaines subit l’influence remarquable des conditions climatiques de l’année et du microclimat du site de plantation. La fleur est constituée de pièces florales avec des organes reproducteurs séparés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La floraison est le stade phénologique qui annonce, après la dormance, l’entrée en activité reproductive. Sa période qui s’étale généralement sur une durée de 2 à 3 semaines subit l’influence remarquable des conditions climatiques de l’année et du microclimat du site de plantation.</strong></p>
<p><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-478" title="pollinisation abeille" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/pollinisation-abeille.jpg" alt="pollinisation abeille" width="448" height="336" /><br />
</strong></p>
<p>La fleur est constituée de pièces florales avec des organes reproducteurs séparés chez une fleur solitaire (noyer, pistachier) ou associées chez une fleur hermaphrodite avec un pistil et des anthères (amandier, pommier, olivier…). Elle peut être autocompatible ou autostérile. Son évolution en fruit nécessite la pollinisation qui consiste en un transport des grains de pollen d’une étamine sur un stigmate. Ce transfert est indispensable à la fécondation et à la fructification. Avec une floraison abondante, on considère qu’un taux de 10 à 15 % de fécondation est suffisant pour assurer une production normale.<br />
La pollinisation reste une étape particulièrement délicate à cause des problèmes d’incompatibilité, de décalage de floraison et de dépendance vis-à-vis des insectes pour le transport du pollen.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Incompatibilité pollinique</strong></span></p>
<p>L’incapacité d’une fleur à être fécondée par son propre pollen est désignée par le terme d’auto-incompatibilité. Pour que la fécondation puisse avoir lieu, les grains de pollen doivent donc provenir des fleurs d’une variété différente.<br />
Certaines variétés sont incompatibles entre elles: le pollen d’une variété est alors incapable d’assurer la fécondation des ovules de l’autre. Les cas d’incompatibilité totale entre variétés sont cependant limités.<br />
L’incompatibilité se traduit par une inhibition de la germination du grain de pollen sur le stigmate ou l’arrêt de la croissance des tubes polliniques dans le style.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Période effective de pollinisation</strong></span></p>
<p>Lorsque le pollen est libéré des anthères, il doit être transporté vers les stigmates dont la réceptivité est effective dès l’ouverture de la fleur. Sa dégénérescence a lieu entre 3 et 5 jours après. Le dessèchement du style est rapide (3 à 6 jours) et la longévité de l’ovule ne dépasse pas 4 à 5 jours.<br />
Lorsque le pollen germe sur le stigmate, il émet un tube pollinique qui croit dans le style pour atteindre sa base (ovule) en 3 à 5 jours. Les conditions optimales de pollinisation sont donc réunies sur une période très brève après l’ouverture de chaque fleur.<br />
La fécondation, conduisant à la formation et au développement des graines/pépins et des fruits chez les rosacées, doit se produire dans un sac embryonnaire mature. Ce dernier qui constitue la partie essentielle de l’ovule subit une évolution rapide durant les 5 jours qui suivent la pollinisation. Il renferme une oosphère accompagnée des deux synergides. Le sac embryonnaire s’allonge rapidement entre le 5ème et le 15ème jour après pollinisation. Cet allongement accompagné de la fusion des noyaux polaires marquent le début des événements de la fécondation. Une trame coenocytique héberge l’embryon qui subit des divisions 2 à 3 semaines après pollinisation.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Vecteurs de pollinisation</strong></span></p>
<p><strong>1- Insectes</strong></p>
<p>Chez les rosacées, les principaux agents de pollinisation sont les insectes et notamment les abeilles domestiques qui représentent environ 60 à 90 % de la faune pollinisatrice. Les abeilles sont inactives à une température inférieure à 14 °C. La vitesse de butinage est 6 à 15 fleurs par minute et l’aire de butinage est de quelques dizaines de mètres carrés.<br />
Pour optimiser la pollinisation, il est nécessaire de placer des ruches dans le verger à raison de 2 à 5 ruches/ha et disposés perpendiculaires aux lignes de plantation. Les ruches sont à placer dès le début de floraison. Les traitements insecticides, reconnus toxiques sur les abeilles, sont à proscrire pendant la période de floraison.<br />
Le blastophage qui est un insecte minuscule, est le vecteur de pollinisation chez le figuier. Ses déplacements entre la figue du caprifiguier, à la recherche d’une figue réceptive pour déposer ses œufs permettent la fécondation des fleurs de la figue.</p>
<p><strong>2- Vent</strong></p>
<p>Le vent est le vecteur de pollinisation chez les espèces dioïques comme le pistachier ou unisexuées comme le noyer.<br />
Dans ces cas de pollinisation anémophile, le pollen est léger mais une période humide (pluie, brouillard) nuit à ce processus et conduit à une réduction de la fructification.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Optimisation de la pollinisation</strong></span></p>
<p>Chez les espèces du genre Prunus, l’auto-incompatibilité de type gamétophytique est commune à plusieurs variétés fruitières. Elle limite la culture monovariétale et impose l’association de variétés inter-compatibles pour optimiser la pollinisation.</p>
<p><strong>1- Rosacées à pépins</strong></p>
<p><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-482" title="abricot" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/abricot.jpg" alt="abricot" width="448" height="299" /><br />
</strong></p>
<p><span style="color: #99cc00;">a- Poirier</span></p>
<p>Les variétés de poirier sont autostériles et nécessitent d’être associées à des variétés pollinisatrices. Les cas d’inter- stérilité sont rares mais la parthénocarpie (développement des fruits en l’absence de pépins dû à l’absence de fécondation ou à un avortement très précoce de l’embryon) peut conduire à une production normale chez certaines variétés. Les associations utilisées sont Williams et Guyot, Passe-Crassance et Williams, Coscia et Santa Maria. Certaines fleurs issues du dernier flux de floraison évoluent normalement en fruit sans fécondation. Les fruits restent de petit calibre et de qualité gustative insuffisante.<br />
Outre l’effet bénéfique d’une bonne fécondation croisée sur le rendement, les pépins constituent des centres très actifs de production ou d’accumulation de diverses hormones qui jouent un rôle important dans la qualité du fruit.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">b-Pommier</span></p>
<p>L’inflorescence du pommier est un corymbe de 5 à 6 fleurs hermaphrodites avec une forte tendance à l’allogamie. Les variétés de pommier présentent un degré d’autostérilité variable, mais on ne connaît pas de variétés suffisamment autofertiles pour qu’elles ne bénéficient pas d’une fécondation croisée. La parthénocarpie y est exceptionnelle avec un taux de 2 à 3%. Il est nécessaire d’associer des variétés pour la pollinisation. Les pollinisateurs Golden Gem, Perpetu et Evereste conviennent à la pollinisation des variétés conventionnelles. La disposition des variétés pollinisatices varie selon leur importance commerciale et peut se faire en ligne ou en bloc.</p>
<p>- Disposition en ligne</p>
<p>Elle consiste à planter un arbre pollinisateur tous les 25 m sur la ligne avec une disposition en quinconce. Ce dispositif est utilisé avec les pommiers pollinisateurs.</p>
<p>- Dispositif en bloc</p>
<p>Il repose sur la plantation de blocs variétaux de même taille si les cultivars ont le même intérêt commercial. Lorsqu’une variété a une importance commerciale prédominante, deux lignes d’arbres pollinisateurs peuvent être intercalées.</p>
<p><strong>2- Rosacées à noyaux</strong></p>
<p><span style="color: #99cc00;">a- Cerisier</span></p>
<p>La grande majorité des variétés de cerises douces sont auto-incompatibles. L’association de variétés est nécessaire pour la pollinisation. Certaines associations comme Van et Early Van Compact, Summit et Canada Giantt Sumgita sont inter-incompatibles.<br />
L’autofertilité existe chez certains cultivars comme Lapins, Sunburst, Sweetheart, Sumtare, Celeste, Sumpaca, Sumesi, Sumleta, Glacier et leur utilisation en verger monovariétale n’est pas limitante. Cependant, même dans le cas de cultivars autofertiles, la présence d’insectes vecteurs (abeilles principalement) reste indispensable car le pollen est trop lourd pour être transporté par le vent.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">b- Amandier</span></p>
<p>L’amandier est une espèce, à l’origine, auto-incompatible et l’association de plusieurs variétés ayant les mêmes époques de floraison est nécessaire pour la fructification. Les variétés standards comme Marcona, Fournat de Breznaud, Ferragnès et Ferraduel sont auto-incompatibles et sont toujours associées dans un même verger pour la pollinisation. Une répartition de 1 rangée (variété pollinisatrice) sur 2 (variété de fond) constitue un dispositif adéquat pour optimiser la pollinisation.</p>
<p>Les nouvelles variétés comme Madaline, Laurane et Tuono, proposées à la culture, sont autofertiles et fructifient en verger monovariétal. Cependant leur association avec d’autres variétés est souhaitable pour un complément de pollinisation.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">c- Pêcher et Abricotier</span></p>
<p>Le pêcher est en général autocompatible à l’exception de certaines variétés qui sont mâle stériles comme J. H. Hale.</p>
<p>Pour l’abricotier, bien qu’il est autofertile, plusieurs variétés sont rapportées être auto-incompatibles. Parmi 123 variétés et sélections d’origine européenne et américaine testées, 58% se sont révélées autocompatibles. Cette situation découle d’un important brassage génétique qui fait appel à des génotypes de différentes origines géographiques. La variété Canino qui est la plus répandue en culture est autocompatible. De même, l’abricotier local en culture est également autofertile.</p>
<p>La pollinisation chez ces deux espèces ne pose pas donc de problème.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">d- Prunier</span></p>
<p>Si la variété de séchage Stanley est autofertile, les variétés de table Angelino et Black Amber sont partiellement auto-compatibles. Elles doivent être associées à la variété Friar qui est elle-même autostérile.</p>
<p><strong>3- Autres espèces fruitières</strong></p>
<p><span style="color: #99cc00;">a –Figuier</span></p>
<p>Chez la figue d’automne nécessitant la pollinisation (smyrne), la femelle du blastophage (Blastophaga psenes) quitte les mammes (figue du caprifiguier) chargée de pollen et fertilisée, à la recherche d’une figue réceptive pour déposer ses œufs. L’entrée de l’insecte à l’intérieur du sycone permet la fécondation des fleurs de la figue.</p>
<p>Deux possibilités de pollinisation peuvent être envisagées chez le figuier:</p>
<p>des fruits du caprifiguier sont accrochés sur les branches du figuier femelle à raison de plusieurs dizaines par arbre au moment de la réceptivité qui dure 2 à 3 semaines;<br />
des arbres de caprifiguier sont plantés au bord de la parcelle, du coté du vent dominant.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">b- Pistachier</span></p>
<p>L’association de pollinisateurs spécifiques aux variétés femelles assure la pollinisation. La plantation des arbres mâles doit respecter un sexe ratio de 1/15 ou 1/9:</p>
<p><span style="color: #99cc00;">c- Noyer-Pacanier</span></p>
<p>Le noyer et le pacanier sont des espèces unisexuées et sont généralement autofertiles et les variétés sont dichogames ( floraison mâle et femelle décalées). La période d’émission du pollen par les chatons mâles ne couvre pas entièrement la période de floraison femelle. L’obtention d’une bonne pollinisation est obtenue par la plantation de deux variétés ou plus.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">d- Olivier</span></p>
<p>Les inflorescences de cette espèce comprennent des fleurs parfaites (hermaphrodites) et d’autres imparfaites dont le pistil est atrophié. Le taux de fleurs parfaites varie selon les cultivars (50 à 60 % pour la Picholine Marocaine) et l’autofertilité n’est pas totale. La pollinisation est généralement assurée par le vent et pour assurer une bonne fructification il est recommandé d’associer d’autres variétés pour l’interpollinisation. Les variétés Haouzia et Ménara peuvent être associées à la Picholine de Languedoc. Certaines autres variétés sont auto-incompatibles comme Leccino.</p>
<p><span style="color: #99cc00;">e- Avocatier</span></p>
<p>Chez cette espèce, les fleurs sont petites, hermaphrodites et très abondantes sur les arbres en âge de production. La fleur qui sécrète un abondant nectar qui attire de nombreux insectes, présente un phénomène de dichogamie. Les organes mâles et femelles d&#8217;une même fleur n&#8217;arrivent pas à maturité en même temps. Chaque fleur s&#8217;ouvre en deux fois. A la première ouverture (stade femelle) le stigmate est réceptif mais les anthères ne peuvent libérer le pollen. La fleur se referme pour s&#8217;ouvrir à nouveau après un certain laps de temps (stade mâle) au cours duquel le pollen est libéré mais le stigmate n&#8217;est déjà plus réceptif. Chaque jour, deux séries de fleurs s&#8217;ouvrent sur un même arbre. Et tous les arbres de la même variété suivent le même mécanisme. Les variétés peuvent être ainsi classées en deux types A et B.<br />
Pour le type A, le stade femelle a lieu le matin, la fleur se referme vers midi et ne s&#8217;ouvre à nouveau que le lendemain après-midi pour libérer son pollen. Par contre pour le type B, le stade femelle a lieu l&#8217;après-midi, la fleur se referme le soir pour s&#8217;ouvrir à nouveau le lendemain matin.<br />
Il est recommandé d&#8217;associer les variétés de groupes différents. Par ailleurs, l’&#8217;installation de ruchers dans le verger pendant la floraison permet d&#8217;améliorer la production.</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><strong>Dr. OUKABLI Ahmed<br />
Institut National de la Recherche Agronomique<br />
UR-Amélioration des Plantes et Conservation des<br />
Ressources Phytogénétique, Centre Régional de Meknès</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d&#8217;information et de liaison du PNTTA<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l&#8217;Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
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		<title>Conduite technique de la menthe dans la région de Settat</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 21:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Introduction Au Maroc, les superficies de menthe verte (Mentha viridis ou Mentha spicata var. viridis) sont estimées à environ 3.000 ha répartis dans plusieurs provinces dont Settat, Benslimane, Larache, Marrakech, Meknès et Agadir. Sur les 85.000 tonnes de menthe fraîche produite en 2006-07, 4.200 tonnes sont exportées. Avec 780 ha de menthe, Settat est la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-398" title="mintmenthe" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/mintmenthe.jpg" alt="mintmenthe" width="448" height="299" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Introduction</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au Maroc, les superficies de menthe verte (<strong><em><span style="text-decoration: underline;">Mentha viridis</span> </em>ou <span style="text-decoration: underline;"><em>Mentha spicata var. viridis</em></span></strong>) sont estimées à environ 3.000 ha répartis dans plusieurs provinces dont Settat, Benslimane, Larache, Marrakech, Meknès et Agadir. Sur les 85.000 tonnes de menthe fraîche produite en 2006-07, 4.200 tonnes sont exportées.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec 780 ha de menthe, Settat est la principale province qui cultive et qui produit la menthe. Cette province est connue depuis longtemps pour sa production consistante de cette culture maraîchère et de nombreux agriculteurs se sont spécialisés dans la production et même dans l’exportation de la menthe, particulièrement la menthe «El Brouj». Celle-ci est très appréciée à travers tout le pays pour préparer le thé à la menthe, et serait par conséquent un produit de terroir à sauvegarder, à valoriser et à labelliser.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec la rareté de l’eau et l’augmentation du coût de production, les superficies de la menthe sont en régression, essentiellement dans les localités d’El Brouj, de Guisser et de Ben Ahmed. Par contre, la culture cannait une nette extension dans la région d’Oulad Saïd où l’eau douce et des terres fertiles «tirs» sont abondantes avec des rendements de menthe pouvant dépasser 100 tonnes/ha/an.</p>
<p style="text-align: justify;">La culture de la menthe nécessite un gros investissement, mais elle est rentable malgré la cherté des intrants et l’augmentation du coût de production. L’implication de la main d’œuvre (familiale ou recrutée) est importante dans toutes les opérations culturales: plantation, irrigation, épandage d’engrais et du fumier, désherbage, traitements phytosanitaires et récolte. La main d’œuvre est devenue de plus en plus rare, chère et exigeante; le salaire d’un ouvrier étant en 2007-08 entre 50 et 100 Dh la journée (+ les repas).</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif de ce bulletin est de présenter les différentes techniques culturales employées par les producteurs de menthe dans la province de Settat.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Méthodologie</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Une enquête a été conduite auprès de 75 agriculteurs qui ont cultivé la menthe en 2007-08. Les informations collectées ont concerné les différentes opérations culturales: labours, plantation, irrigation, fertilisation, désherbage, traitements pesticides, récolte et commercialisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Les 75 agriculteurs qui ont participé à cette enquête sont répartis dans 20 communes rurales situées dans les zones d’action des 5 Centres de Travaux (CT) de la province de Settat: Berrechid (21 agriculteurs), Oulad Saïd (19 agriculteurs), El Brouj (14 agriculteurs), Settat (12 agriculteurs) et Ben Ahmed (9 agriculteurs).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Résultats</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Taille des parcelles de menthe</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les 75 agriculteurs interviewés, 32 cas (soit 43%) ont des parcelles de menthe de 0,1 à 0,5 ha. Ces petites parcelles de menthe existent partout dans la province de Settat, essentiellement aux alentours d’El Brouj, de Guisser et de Ben Ahmed. Douze producteurs ont des parcelles de menthe de 0,6 à 1 ha. Un groupe de 21 agriculteurs a des superficies entre 1 et 2 ha. Des parcelles de 2 à 6 ha ont été observées chez 10 agriculteurs situés à Oulad Saïd. La présence de ces grands producteurs de menthe s’explique par l’abondance de l’eau, la fertilité des sols et la capacité financière des agriculteurs. Ces agriculteurs se sont spécialisés uniquement dans la production de la menthe. Leur production est a) soit vendue sur pied aux intermédiaires, b) soit récoltée et livrée directement au marché de gros de Casablanca, soit c) récoltée et exportée par avion vers l’Union Européenne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Types de sol</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La menthe est cultivée sur 5 types de sol avec la prédominance du «Tirs», surtout aux environs de Berrechid et d’Oulad Saïd. C’est un sol argileux, fertile, à forte rétention en eau, dépourvu de cailloux et les terrains sont plats. L’eau est douce, abondante et accessible grâce à des puits qui ont en général 20 à 30 mètres de profondeur. Le sol «Bayad» est un sol blanchâtre, calcaire, généralement caillouteux, mais les producteurs font l’épierrage avant l’installation de la menthe. On le rencontre aux environs de Ben Ahmed, Guisser et El Brouj. Les 3 autres types de sol (Hrach, Rmel, Hamri) représentent environ le quart des situations dans cette enquête. Mais, il est clair que la menthe s’adapte aux différents sols existant dans la province, pourvu que l’eau douce soit disponible.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ecotypes cultivés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette enquête a permis de recenser 4 écotypes de menthe cultivés chez les 75 producteurs dans la province de Settat. La menthe «El Brouj» est cultivée chez 74 agriculteurs. Les menthes «Abdi», et «Mlakem» sont cultivées chez un seul producteur. La menthe «Rmayla Harcha» était chez un seul producteur de menthe biologique certifiée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Age des plantations</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des agriculteurs (59% des cas) ont planté la menthe depuis 1 à 2 ans. Ces jeunes plantations de menthe sont généralement très productives, et le produit est de bonne qualité en comparaison avec les productions de la troisième ou de la quatrième année.</p>
<p style="text-align: justify;">Des parcelles âgées de plus de 3 ans ont aussi été rencontrées (41% des cas). De faibles productions, ces vieilles parcelles de menthe seront incessamment labourées et plantées en d’autres cultures.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains agriculteurs spécialisés dans la production de la menthe possèdent plusieurs parcelles contiguës d’âges variables.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fumier de fond</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les agriculteurs ne connaissent pas avec précision les quantités de fumier qu’ils apportent, mais les chiffres qu’ils ont estimés donnent une idée sur la situation dans la province de Settat en 2007-08.</p>
<p style="text-align: justify;">Dix sept (17) agriculteurs sur 75 ont déclaré n’avoir apporté de fumier ni avant l’installation de la menthe ni après chaque récolte. Ces agriculteurs ne pratiquaient pas l’élevage en 2007-08 et ne pensaient pas à l’achat du fumier. Par contre, ils ont utilisé les engrais de fond essentiellement le 14-28-14.</p>
<p style="text-align: justify;">Les ¾ environ des exploitants ont apporté le fumier de fond. Certains ont utilisé plus que 30 tonnes de fumier à l’hectare. Ayant le fumier disponible dans leurs exploitations ou bien acheté, ces producteurs de menthe n’hésitent pas à suffisamment amender leurs parcelles avant la plantation et même après chaque coupe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fumier d’ovins est composé de 28 à 32% de matière organique, 8 à 8,5 kg d’azote total, 2 à 2,4 kg de phosphore P2O5 et de 6,5 à 6,8 kg de K2O par tonne de fumier. Le fumier de bovins est composé de 12 à 17% de matière organique, 4 à 5 kg d’azote total, 2,5 à 3 kg de phosphore P2O5 et de 5 à 6 kg de K2O par tonne de fumier.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, les recommandations de fertilisation de la menthe sont les suivantes: 30 tonnes de fumier à l&#8217;hectare avant la plantation, ensuite 30 tonnes de fumier à l&#8217;hectare après chaque coupe, suivies de 100 kg N comme engrais de couverture (soit 2 qx d’urée 46% ou bien 3 qx d’ammonitrate 33% par ha) fractionnés en deux apports.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble donc que le fumier seul, à la dose de 30 tonnes/ha, serait presque suffisant pour répondre aux besoins de la fumure de fond de la menthe car 30 tonnes de fumier d’ovins ou de bovins pourraient fournir 120 à 250 unités d’azote, 60 à 90 unités de P2O5 et 150 à 200 unités de K2O.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Engrais de fond</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vingt huit (28) agriculteurs (sur 75) n’ont pas apporté les engrais de fond. Certains de ces 28 producteurs ont mis suffisamment de fumier (30 tonnes/ha). Les 47 autres ont utilisé les engrais de fond: 29 cas ont employé l’engrais granulé 14-28-14 à des doses variant de 1 à 3 qx/ha et un seul exploitant a utilisé 3 qx de DAP (18-46-0) à l’hectare. Dans les sols tirs d’Oulad Saïd, des quantités consistantes de fumier (20 à 30 tonnes/ha) et d’engrais de fond (3 à 6 qx de 14-28-14/ha) ont été utilisées par 17 agriculteurs. Aucun agriculteur n’a effectué d’analyses de sol avant la plantation de la menthe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Labour</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Juste après l’épandage du fumier et/ou des engrais de fond, 62 exploitants (soit 83%) ont procédé au labour profond (20 à 30 cm) soit avec la charrue à disques ou à socs, essentiellement aux environs de Guisser, Ben Ahmed et d’El Brouj, soit avec le stubble plow surtout aux alentours d’Oulad Saïd, soit avec le chisel. Ce labour profond a été suivi par 1 à 3 passages au cover crop. Onze paysans, localisés surtout aux environs d’El Brouj et de Ben Ahmed, ont utilisé «jouja» (araire tiré par un ou deux animaux), étant donné la petite taille de leurs parcelles de menthe (0,1 à 0,5 ha).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Taille des cuvettes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cas de l’irrigation gravitaire, les cuvettes sont confectionnées manuellement à la sape. Leur longueur et leur largeur varient d’un agriculteur à un autre. Les cuvettes sont en général bien arrangées pour faciliter l’irrigation avec ou sans seguias. Mais, c’est la topographie du terrain qui dicte la disposition et la taille des cuvettes. Si le terrain est plat (cas de Oulad Saïd), les cuvettes sont généralement assez longue et presque de même taille: 1,5 à 2 mètres de largeur et 1,5 à 8 m de longueur. Si le terrain est en pente, les cuvettes sont petites (1 mètre de largeur et 2 à 3 m de longueur) et disposées en banquettes (cas de Ben Ahmed, Guisser et El Brouj).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plantation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plantation de la menthe se fait manuellement pendant toute l’année, mais certains agriculteurs préfèrent les plantations de février à avril pour maximiser le taux de survie des plants. La méthode de plantation pratiquée par les agriculteurs est la plantation en poquets de quelques tiges entières (en général 4) à l’aide d’une binette. La profondeur de plantation est d’environ 10 à 20 cm selon la qualité de la préparation du sol. Les poquets sont disposés en lignes régulières espacées de 20 à 30 cm, et les poquets sont espacés entre eux de 20 à 30 cm. En général, une irrigation copieuse suit la plantation.</p>
<p style="text-align: justify;">La menthe «El Brouj» s’adapte bien aux conditions de la province de Settat. Il est cependant préférable que les plants soient issus d’une culture âgée de 1 à 2 ans. Si la plantation est bien faite, le taux de reprise des plants est généralement 100%.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Irrigation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette enquête, 72 producteurs de menthe (sur 75) pratiquent l’irrigation gravitaire à raison d’une fois par semaine surtout en été. En hiver, les irrigations sont moins fréquentes (une fois toutes les 2 à 4 semaines).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut préciser que l’eau provient des puits équipés de motopompes qui fonctionnent au gasoil ou au gaz butane ou bien des puits équipés de pompes électriques. Dans les puits, l’eau pour cette campagne agricole 2007-08 est à des profondeurs variant de 20 à 30 mètres aux environs d’Oulad Saïd et entre 30 et 80 mètres ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Chez 3 agriculteurs, le système d’irrigation est le goutte-à-goutte. Les agriculteurs ne maîtrisent pas encore la durée et la fréquence des irrigations. En général, l’irrigation est faite à raison de 2 à 3 fois par semaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Désherbage</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour certains agriculteurs, quatre espèces monocotylédones sont considérées compétitives vis-à-vis de la menthe: la sétaire verticillée, le chiendent pied de poule, le souchet rond et l’ivraie raide. Parmi les adventices dicotylédones, cinq espèces redoutables ont été citées par les agriculteurs: le liseron des champs, le pourpier, les chénopodes, les amarantes et la morelle à feuilles d’Elaeagnus (Tableau 1).</p>
<p style="text-align: justify;">Les adventices apparaissent quelques jours après la plantation de la menthe. Mais, les producteurs attendent que les plantes adventices se développent bien (20 à 30 cm de hauteur ou même plus) pour procéder au premier binage à la sape. Les plantes adventices contrôlés à la sape ou arrachées manuellement sont jetées dans les rigoles d’irrigation ou sur les bordures des parcelles. Si elles sont abondantes, ces adventices sont ramassées et utilisées dans l’alimentation du cheptel.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la première récolte de la menthe, le désherbage se fait soit manuellement (arrachage des plantes) soit en coupant les plantes avec les faucillettes ou les couteaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les 75 agriculteurs enquêtés, 71 ont affirmé qu’ils n’ont jamais utilisé d’herbicides pour le désherbage de la menthe. Quatre exploitants seulement ont eu recours à l’usage des herbicides. Ainsi, un agriculteur a traité les rigoles ou seguias ainsi que les bordures des parcelles et des cuvettes avec le Paraquat. Ce même produit a été appliqué par un autre agriculteur sur toute sa parcelle de menthe juste après la récolte. Ce désherbant n’est pas sélectif de la menthe mais détruit toutes les plantes traitées (adventices et restes de la culture après la récolte). Un producteur a utilisé Haloxyfop (GALLANT SUPER) et un autre a employé Fluazifop-p-butyle (FUSILADE FORTE) contre les repousses de céréales (blé et orge) et autres graminées annuelles comme l’ivraie raide, les alpistes et/ou l’avoine stérile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fumier de couverture</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Juste après la récolte de la menthe, certains agriculteurs couvrent le sol avec le fumier, ce qui réduit l’évaporation et la fréquence des irrigations. Le fumier est donc apporté après chaque récolte (ou après toutes les deux ou trois récoltes). La quantité a varié de 0 à 30 tonnes/ha. En général, les producteurs qui ont mis le fumier de fond mettent le fumier de couverture. Parfois, le fumier appliqué sur les repousses de menthe salit le feuillage. Par conséquent, certains producteurs utilisent des balais pour nettoyer le feuillage de la menthe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Engrais de couverture</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’enquête a montré que tous les agriculteurs (sauf 3 aux environs de Guisser, El Brouj et Ben Ahmed) ont apporté l’urée 46 (engrais contenant 46% d’azote) lors du cycle de croissance de la menthe. La quantité entre deux coupes a varié de 0,50 à 8 qx d’urée/ha. Ce sont les producteurs situés à Oulad Saïd et à Berrechid qui ont dépassé 1 quintal d’urée à l’hectare. L’engrais est appliqué manuellement juste après l’irrigation, et la dose est généralement fractionnée en 2 à 4 apports.</p>
<p style="text-align: justify;">A rappeler que la menthe aurait besoin pour chaque récolte de 100 kg N comme engrais de couverture (soit 2 qx d’urée 46% ou bien 3 qx d’ammonitrate 33% par ha), fractionnés en deux apports.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Insectes et moyens de lutte</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Trois groupes d’insectes ravageurs redoutables ont été mentionnés par les agriculteurs: les chenilles de noctuelles, l’altise, et les pucerons .</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Chenilles</span></p>
<p style="text-align: justify;">La majorité des exploitants (89%) se plaignent des larves de lépidoptères. Elles sont vertes et pouvant atteindre 6 cm de long. Elles s&#8217;attaquent aux feuilles qu&#8217;elles consomment voracement. La période d’attaque est dès le printemps mais surtout en été par temps chaud et sec.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour éviter les dégâts des larves, les agriculteurs n’hésitent pas à appliquer un ou plusieurs traitements insecticides préventifs ou curatifs successifs (parfois 2 à 3 traitements insecticides par semaine). Ce nombre de traitements est certainement excessif et risque de nuire à l’environnement a) en créant dans le futur proche la résistance des insectes, b) en mettant en danger la vie des ouvriers qui manipulent ces produits et particulièrement ceux qui traitent sans vêtements de protection, et c) en favorisant l’accumulation de résidus dans les plantes de menthe, ce qui peut nuire à la santé des consommateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">D’ailleurs, les traitements anarchiques, excessifs, irrationnels et non raisonnés de la menthe avec les insecticides ont contraint un certain nombre de citoyens à ne boire regrettablement que du thé sans menthe. A cause de l’analphabétisme et de l’ignorance qui prévalent dans les rangs des producteurs de menthe, la notion de «délai avant récolte ou DAR» préconisée pour chaque insecticide n’est ni connue ni respectée. Des campagnes de sensibilisation destinées à ces agriculteurs sont nécessaires en vue de les sensibiliser à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après les déclarations des agriculteurs et après collecte des emballages vides jetés autour des parcelles de menthe, 13 différents insecticides à base d’une ou de deux matières actives ont été utilisés sur la menthe en 2007-08 (Tableau 2). Ce sont des insecticides homologués au Maroc pour traiter différentes cultures. Ces produits demeurent valables en attendant l’homologation de produits spécifiques à la menthe.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Altise</span></p>
<p style="text-align: justify;">Sur les 75 agriculteurs, 53 ont confirmé la présence de l’altise dans leurs parcelles de menthe (Tableau 1). Il s’agit d’un petit insecte coléoptère, sauteur, luisant, de 2 à 3 mm de long, et on l’appelle localement «barghoute» (puce). Les adultes ainsi que les larves s&#8217;attaquent aux feuilles qu&#8217;elles percent d&#8217;innombrables trous. La période d’attaque est dès le printemps mais surtout en été par temps chaud et sec. Certains agriculteurs utilisent les insecticides pour contrôler en même temps l’altise et les autres ravageurs comme les chenilles et les pucerons (Tableau 2).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Pucerons</span></p>
<p style="text-align: justify;">Vingt agriculteurs ont déclaré avoir des infestations de pucerons. Ce sont des insectes (avec ou sans ailes) qui sucent la sève des plantes surtout en été. Ils causent des dégâts caractérisés par l’affaiblissement de la plante et la transmission de maladies. En cas d’infestation des pucerons, les agriculteurs utilisent les insecticides sur la menthe pour la protéger (Tableau 2).</p>
<p style="text-align: justify;">Agents pathogènes et moyens de lutte</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les déclarations des agriculteurs, deux maladies de la menthe sont considérées très importantes (Tableau 1): l’oïdium et la rouille. L’oïdium se développe avec l’humidité (entre 50 et 90%) et la température (entre 10 et 35ºC), et le champignon se caractérise par l&#8217;apparition d&#8217;un feutrage blanc d&#8217;aspect farineux sur les feuilles. Les plantes attaquées peuvent se dessécher et mourir.</p>
<p style="text-align: justify;">La rouille est la maladie fongique la plus répandue de la menthe. Elle se présente sous forme de pustules orangées sur les feuilles et les tiges. Les feuilles affectées jaunissent et se déforment puis tombent. La croissance des plantes est réduite. La maladie est plus importante par temps frais au printemps et en automne.</p>
<p style="text-align: justify;">Les traitements avec les fongicides visent la lutte contre ces deux principales maladies. De nombreux agriculteurs font un à deux traitements par production. Certains ne traitent pas contre ces maladies.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après cette enquête, 11 différents fongicides à base d’une seule ou de deux matières actives ont été utilisés sur la menthe en 2007-08 . Ce sont des produits homologués au Maroc pour traiter les cultures maraîchères. Ces fongicides restent valables en attendant l’homologation de produits spécifiques pour la menthe.</p>
<p style="text-align: justify;">Mollusques et moyens de lutte</p>
<p style="text-align: justify;">Plus de 40% d’agriculteurs se plaignent des escargots et des limaces. En hiver, ces ravageurs font des dégâts aisément repérables. Les feuilles sont rongées ou même dévorées entièrement. Les producteurs surveillent leurs parcelles pour éviter ces ravageurs. En cas de pullulation, ils utilisent les appâts empoisonnés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette enquête, 37 agriculteurs (soit 49%) ont déclaré avoir eu recours aux appâts empoisonnés. Les traitements contre les escargots et/ou les limaces sont réalisés en hiver dès la présence de ces ravageurs et surtout dès l’apparition de dégâts sur le feuillage. En général, l’épandage des appâts empoisonnés se fait en fin d’après midi aux alentours des parcelles de menthe.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Commercialisation</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">En général, les intermédiaires achètent les parcelles de menthe quelques semaines avant le stade approprié de récolte. Au niveau des parcelles, producteurs et intermédiaires négocient le prix selon a) la superficie mise en vente, b) l’état de la culture, et c) le prix du marché. S’ils arrivent à s’entendre sur le prix, une avance en argent liquide est remise au producteur, et le reste est payé au moment de la récolte.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que l’intermédiaire décide de la date (et de la durée) de récolte, l’agriculteur est tenu de surveiller les parcelles, de les irriguer et d’opérer des traitements pesticides si nécessaire. Ce sont les intermédiaires qui s’occupent de la récolte, du transport et de la vente de la marchandise au marché de gros de Casablanca ou de son exportation, essentiellement vers l’Union Européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant la menthe «El Brouj», les prix de vente au niveau des parcelles ont varié en 2007-08 de 10.000 à 50.000 Dh/ha/récolte. La production varie en général entre 100.000 et 300.000 bottes/ha/récolte (10 à 30 tonnes de menthe fraîche/ha/récolte = 40 à 120 tonnes/ha/an) sachant que chaque botte pèse environ 100 g et contient 15 à 30 tiges de menthe ficelées à l’aide d’un morceau de limbe de doum ou de palmier nain. Le prix de vente au marché de gros de Casablanca a varié en 2007-08 entre 0,10 et 0,50 Dh/botte. Ces mêmes bottes sont vendues au détail aux consommateurs à un prix variant de 0,50 à 1 Dh/botte. Les rendements en tonnes/ha sont assez élevés pendant les deux premières années de production en comparaison avec ceux de la troisième ou de la quatrième année (Tableau 3).</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les déclarations des agriculteurs, les menthes «Abdi» et «Mlakem» croissent très lentement en comparaison avec la menthe «El Brouj»: 4 récoltes d’El Brouj par an = 2 récoltes de «Abdi» et de «Mlakem» par an. En 2007-08, les prix de vente de la menthe «Mlakem» ou «Abdi» au niveau des parcelles ont varié de 50.000 à 100.000 Dh/ha/récolte. Les bottes de ces deux menthes sont généralement composées de 4 tiges de menthe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #808000;">Récolte</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La récolte se fait à l’aide de faucillettes «mhacha». Les coupes sont faites soit au ras du sol dans le cas où la hauteur des tiges est de 20 à 30 cm, soit à une distance de 10 à 30 cm au dessus du niveau de sol dans le cas où la hauteur des tiges est de 50 à 80 cm. Les parties inférieures des tiges délaissées après la récolte sont coupées au ras du sol avec des faucillettes, ramassées et utilisées après séchage dans la cuisson du pain. Un agriculteur à Oulad Saïd utilise une tondeuse de jardin pour faucher ces parties basales des tiges laissées après la récolte. Un autre agriculteur utilise l’herbicide total Paraquat pour détruire les adventices et la partie basale des tiges de menthe abandonnées après la récolte. Il semble que la tondeuse et le traitement herbicide post-récolte sont rapides et économiques en comparaison avec l’utilisation des faucillettes qui nécessite plus de main d’œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps nécessaire pour effectuer la récolte manuelle de la menthe «El Brouj» est court (4 à 8 jours/ha) en comparaison avec la menthe «Abdi» ou «Mlakem» (1 à 2 mois/ha). Car, au marché de gros, la menthe «El Brouj» est demandée en grande quantité par rapport aux autres types de menthe. Les courtes durées de récolte de la menthe «El Brouj» lui donnent l’avantage de repousser rapidement et d’une façon homogène, ce qui permet d’atteindre 4 (parfois 5) récoltes par an. Pour la menthe «El Brouj», une récolte est généralement prête en 2 à 3 mois en période de chaleur (avril à septembre) et en 3 à 4 mois en période de froid (octobre à mars). Les jours longs et chauds favorisent la croissance des tiges et des feuilles (et même la floraison) de la menthe.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, les parcelles envahies par les adventices ou endommagées par les chenilles ou stressées par la chaleur ou le froid ou la sécheresse ne trouvent pas d’acquéreurs. Si la production de la menthe fraîche dépasse la demande, les prix chutent et des parcelles entières ne sont pas vendues. Pour les parcelles invendues, la menthe est coupée et jetée ou utilisée dans la cuisson.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Transformation industrielle de la menthe</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La menthe «El Brouj» est riche en huiles essentielles, notamment la carvone qui pourrait composer 50 à 70% des huiles essentielles. Les études ont montré que les concentrations de la carvone varient selon le biotype, le lieu, le stade de récolte, la date de récolte, etc…</p>
<p style="text-align: justify;">En 2008, une nouvelle distillerie est installée à Guisser (30 km au Sud Est de Settat) pour l&#8217;extraction des huiles essentielles de différentes plantes aromatiques et médicinales. Les besoins de cette usine en menthe fraîche sont irréguliers car les demandes nationale et internationale en huiles essentielles sont très fluctuantes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #3366ff;"><strong>Abbès Tanji<br />
Chercheur et consultant en agronomie<br />
abbestanji@yahoo.fr</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d&#8217;information et de liaison du PNTTA<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l&#8217;Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo: wikimedia.org</strong></p>
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		<title>La culture du Safran au Maroc</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 18:40:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Introduction Le vrai safran est constitué des stigmates de la fleur du bulbe safran (Crocus sativus L). C&#8217;est une épice rare d&#8217;une grande valeur commerciale. Ce précieux produit est utilisé comme condiment dans la préparation des mets traditionnels et comme colorant des tissus et possède de nombreuses vertus médicinales. La conduite de sa culture diffère [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-381" title="Safran" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/11/Safran.jpg" alt="Safran" width="448" height="292" /></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Introduction</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le vrai safran est constitué des stigmates de la fleur du bulbe safran (<span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Crocus sativus L</strong></em></span>). C&#8217;est une épice rare d&#8217;une grande valeur commerciale. Ce précieux produit est utilisé comme condiment dans la préparation des mets traditionnels et comme colorant des tissus et possède de nombreuses vertus médicinales. La conduite de sa culture diffère d&#8217;une région à une autre en fonction des conditions climatiques et édaphiques et des techniques culturales adoptées. Pour une bonne production de la safranière, le suivi de techniques culturales adéquates est primordial.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Exigences climatiques et édaphiques</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran est une culture d&#8217;altitude. En général, il végète normalement à des altitudes variant entre 650 et 1200 m. C&#8217;est une plante rustique, à cause de sa morphologie et sa physiologie, pouvant supporter des conditions climatiques très sévères. Le safran est une plante de jours courts et peut résister à des températures inférieures à -10 voire -15°C ou supérieures à +40°C pour plusieurs jours, pourvu que ces températures ne coïncident pas avec l&#8217;une des phases sensibles de la plante.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bulbe est un organe fragile craignant l&#8217;asphyxie dans les sols très argileux et imperméables et une dessiccation dans des sols très sablonneux. La plupart des études réalisées sur le safran montrent que la culture s&#8217;adapte à une large gamme de sols pourvus qu&#8217;ils soient profonds et bien drainant. Les sols à teneurs élevées en argile ainsi que les sols très légers ne conviennent pas à la culture. Le safran peut, néanmoins, tolérer des sols à teneurs relativement élevées en calcaire (parfois supérieures à 20%). Le safran est indifférent au pH du sol. Il se porte aussi bien dans des sols acides que dans des sols basiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Les besoins en eau de la plante, bien qu&#8217;ils soient relativement moyens (600 à 700 mm/an), les apports en eau doivent être bien répartis le long du cycle de la plante. Si dans certaines régions humides les irrigations sont inutiles, pour les régions méditerranéennes sèches et à pluviométrie irrégulière, la culture n&#8217;est possible qu&#8217;en irrigué.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Choix du site</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le choix du site pour la plantation doit tenir compte des exigences climatiques et édaphiques de la plante (encadré p.3). Plusieurs critères sont utilisés pour l&#8217;identification du milieu favorable pour la plantation. La disponibilité en eau, un terrain moyennement profond, drainant et riche en matière organique et une exposition favorable sont des critères importants à prendre en compte dans le choix du terrain.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Travaux du sol et opérations culturales</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran est une plante à racines fasciculées d&#8217;une longueur moyenne variant entre 3 et 4 cm en fonction des conditions du sol et des techniques culturales adoptées. Du fait que la culture est pérenne et ne se multiplie que par voie végétative (nouveaux bulbes formés sur l&#8217;ancien bulbe), cette pérennité est sous l&#8217;influence directe de la nature du sol.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une nouvelle plantation, une série d&#8217;opérations de préparation du sol pour la mise en place des bulbes sont nécessaires. Toutefois, ces opérations diffèrent d&#8217;une région à une autre en fonction du terrain et des conditions climatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;épierrage et la construction de terrasses sont des opérations obligatoires dans plusieurs régions productrices du safran à cause du relief montagneux et de la non disponibilité de terrains plats.</p>
<p style="text-align: justify;">Un labour croisé et profond de 30 à 40 cm est nécessaire pour faciliter la préparation du terrain pour la nouvelle plantation. Ce travail est généralement réalisé à l&#8217;aide d&#8217;une charrue tirée ou manuellement à l&#8217;aide d&#8217;une sape. Un premier labour est nécessaire pour l&#8217;enfouissement de la matière organique au moins 1 à 2 mois avant la plantation. Un 2ème labour est réalisé juste avant la plantation et permet l&#8217;incorporation des engrais de fond tout en éliminant les plantes adventices. Une fois le sol est meuble, on procède à la confection des planches ou sillons de plantation. Une légère inclinaison est conçue afin de faciliter la circulation et la bonne distribution de l&#8217;eau dans la parcelle. Après plantation un à deux binages sont nécessaires pour éliminer les mauvaises herbes qui risquent de concurrencer la fleur et pour faciliter l&#8217;émergence de la fleur. Ensuite, d&#8217;autres binages sont réalisés chaque fois que cela est nécessaire pour éviter la formation d&#8217;une croûte à la surface du sol, éviter le compactage du sol autour du bulbe, réduire les pertes en eau et réduire la compétition avec les mauvaises herbes pour l&#8217;eau, les éléments minéraux et la lumière.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Plantation</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Obtention du matériel végétal: Au moment du renouvellement des safranières, les bulbes sont récoltés. Avant leur plantation, les tuniques sont éliminées en ne gardant qu&#8217;une seule autour du bulbe. Seuls les bulbes ayant un diamètre de 2,5 à 3 cm, et ne montrant aucune anomalie ou blessure sont plantés. Les bulbes plus petits sont gardés en pépinière pour leur croissance.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;époque de la plantation est fonction des conditions climatiques de la région et de la période d&#8217;entrée et de levée de la dormance du bulbe. Au Maroc, la tradition et les chaleurs d&#8217;été imposent les plantations en fin août ou début septembre. Néanmoins, certains essais ont montré que la plantation est aussi possible même en juin. Les résultats obtenus se sont révélés encourageants.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est conseillé de planter les bulbes immédiatement après leur récolte. Autrement, il faut les conserver dans un endroit frais aéré et relativement humide pour qu&#8217;ils gardent leur faculté germinative.</p>
<p style="text-align: justify;">Densité de plantation: La densité de plantation à adopter dépend du mode de conduite. Pour la conduite annuelle, le nombre de bulbes à la plantation est relativement plus important que dans le cas d&#8217;une plantation pluriannuelle. En effet, chaque bulbe donne naissance à 3 ou 4 bulbes, et après 3 ans de plantation, plus de 24 bulbes sont obtenus par souche. L&#8217;autre facteur qui influence la densité est la disposition des bulbes pour une meilleure occupation du sol. En général, il est recommandé d&#8217;utiliser 50 à 70 bulbes par m2 pour une bonne production de fleurs, et de bulbes pour la seconde génération. Ce nombre est fonction de la taille des bulbes et de la conduite de la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Dispositif et mode de plantation. La plantation peut se faire soit par groupage de 3 à 4 bulbes par trou (plantation en poquet) ou par la mise d&#8217;un seul bulbe par trou. La profondeur de la mise en terre est de 15 à 20 cm. Pour la plantation en poquet, les trous sont distants de 10 à 15 cm sur la planche ou le sillon. La disposition des bulbes est soit en lignes simples ou jumelées ou en quinconce. La plantation peut se faire aussi sur des sillons larges de 40 à 50 cm comprenant chacun 4 à 5 lignes de plantation espacées de 10 cm. Les sillons sont distants l&#8217;un de l&#8217;autre de 20 à 25 cm pour faciliter les binages et le passage des ouvriers. Dans ce cas, les bulbes sont placés à une profondeur de 15 cm et à 8 cm l&#8217;un de l&#8217;autre. Dans d&#8217;autres situations, le modèle adopté consiste en la plantation en sillons larges de 25 à 30 cm en lignes jumelées. Les sillons ont une profondeur de 12 à 15 cm et les bulbes sont distants de 8 cm sur la même ligne et de 10 cm entre les lignes adjacentes. La disposition peut être aussi en quinconce. Pour une plantation annuelle à forte densité, la plantation peut être réalisée par trou ou par tranchée le long de la ligne de plantation. Chaque bulbe est placé à une profondeur de 10 à 15 cm et est distant du bulbe voisin de 2 à 3 cm.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Fertilisation</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le plus souvent, la culture du safran occupe le sol pendant plusieurs années. De ce fait, elle nécessite des sols riches en matière organique et en éléments minéraux. La fumure de fond est constituée en grande partie de fumier d&#8217;ovins ou de bovins à raison de 20 à 40 T/ha. Le fumier doit être bien décomposé et est incorporé au sol au moins 1 mois avant la plantation, pour faciliter, d&#8217;une part, la décomposition de la matière organique et, d&#8217;autre part, le développement et l&#8217;élimination des plantes adventices. Les engrais minéraux doivent être incorporés au sol à raison de 40 à 60 unités d&#8217;azote, 60 à 80 unités de phosphore et 80 à 100 unités de potassium. Ces apports doivent être effectués au moins 20 à 30 jours avant la plantation des bulbes et pour les autres années de production 20 à 30 jours avant la date probable d&#8217;apparition des fleurs. Les engrais sont apportés en une seule fois.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Irrigation et besoins en eau</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les besoins en eau de la plante sont estimés à 7.000 m3/ha/an. Au Maroc, comme les pluies sont rares, les irrigations sont indispensables pour une bonne production de safran. Les quantités et la fréquence des apports sont fonction de la nature du sol, du stade de développement et des conditions climatiques de la région. A cause de sa structure botanique, le bulbe emmagasine des teneurs élevées en eau. De ce fait, la fréquence des apports est de 1 à 2 fois par mois. Chaque irrigation apporte 350 à 500 m3 par hectare. Le nombre des irrigations dépend de la nature du sol et des précipitations enregistrées et surtout de leur répartition le long du cycle. La première irrigation est faite juste après la plantation. En général, 8 à 10 irrigations sont suffisantes pour satisfaire les besoins en eau de la culture. Les apports d&#8217;eau sont effectués entre septembre et avril. L&#8217;irrigation gravitaire est effectuée avec une submersion totale des planches ou des sillons de plantation. Les irrigations sont effectuées tôt le matin ou tard le soir pour éviter l&#8217;évaporation de l&#8217;eau.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Contrôle des mauvaises herbes</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les plantes adventices qui entrent en compétition avec les bulbes doivent être éliminées. Le désherbage est généralement manuel; cependant l&#8217;apport du paraquat (2 à 4 l/ha) comme herbicide de pré-émergence ou de post-émergence peut être envisagé. La meilleure période d&#8217;application est juin à août quand le safran est en repos végétatif. Ne pas utiliser en jours excessivement chauds.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Problèmes phytosanitaires et ennemis du safran</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans des conditions sèches, comme c&#8217;est le cas du Maroc, les ennemis naturels de la plante sont peu nombreux. Cependant, les nématodes Ditylenchus dipsaci et les attaques de Rhizoctonia sp. sont à craindre durant les périodes humides et chaudes de l&#8217;année. Ces deux parasites peuvent causer des dégâts importants aux bulbes. Ils sont généralement contrôlables par des traitements chimiques avant ou même après la plantation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Récolte et rendement du safran</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les fleurs apparaissent 4 à 6 semaines de la plantation. L&#8217;opération de ramassage des fleurs de safran est très délicate et exige une main d&#8217;œuvre importante. La floraison du safran est étalée sur plusieurs semaines avec un pic où plus de 60 % des fleurs émergent en même temps à la dernière semaine d&#8217;octobre. L&#8217;ensemble de la fleur est récolté. Les bulbes d&#8217;une grande taille fleurissent les premiers, alors que les petits bulbes et les plantations tardives fleurissent plus tardivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fleurs sont récoltées avant leur ouverture, tôt le matin avant l&#8217;arrivée des chaleurs du jour, afin d&#8217;éviter la fanaison des stigmates qui survient quelques heures de l&#8217;ouverture de la fleur une fois celle-ci exposée au rayons solaires. En général, la durée de récolte ne dépasse pas 2 à 3 heures par jour. Les ramasseurs des fleurs passent sur les billons et récoltent les fleurs qui leur sont proches des deux côtés en faisant attention à ne pas endommager les fleurs encore fermées des autres bulbes. La fleur est prise à sa base entre le pouce et l&#8217;index de la main et elle est coupée par les ongles. La récolte est ramassée dans des paniers rigides pour éviter l&#8217;entassement et la cassure des stigmates. Les paniers sont placés à l&#8217;ombre pour empêcher le dessèchement des fleurs. Le safran récolté quand les fleurs sont entièrement ouvertes est considéré de 2ème qualité à cause de la perte de sa qualité organoleptique une fois exposé au soleil.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la récolte, les fleurs sont acheminées à la maison ou au hangar pour la séparation des stigmates (le vrai safran) des autres parties de la fleur. Cette opération est réalisée le même jour juste après la récolte. Les précautions prises lors de la récupération des stigmates conditionnent la qualité du produit. Une fois les stigmates sont isolés, ils sont séchés à l&#8217;ombre ou sur le feu. Après le séchage, le safran perd 4/5 de son eau. Le poids frais moyen des stigmates de 100 fleurs est légèrement supérieur à 3g et le poids sec est de près de 600 mg.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rendement moyen d&#8217;un hectare de safran est très aléatoire. Si dans certaines safranières, les rendements ne dépassent pas 2 à 3 kg/ha, dans d&#8217;autres où les techniques de production sont bien suivies, ces rendements peuvent facilement atteindre plus de 10 kg/ha.</p>
<p style="text-align: justify;">La durée de stockage du safran est longue si les conditions de conservation sont optimales. La qualité du safran peut être maintenue pour plus de 3 ans. Du au fait que c&#8217;est une épice hygroscopique, le produit doit être conservé à l&#8217;abri de la lumière et de l&#8217;air. L&#8217;utilisation des conteneurs en verre colorés ou opaques, fermés hermétiquement et placés dans un endroit sec constitue une bonne méthode de préservation de la qualité du safran.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Rotation culturale</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran est une plante pérenne ayant un grand pouvoir d&#8217;épuisement de la fertilité du sol. En général, il est recommandé de procéder à un renouvellement de la safranière à partir de la 3ème année de plantation. Dans d&#8217;autres situations, le renouvellement n&#8217;est effectué qu&#8217;après 5 à 7 ans de production. Afin de régénérer la fertilité du sol, d&#8217;autres espèces, comme les céréales, les légumes, la vesce, etc. sont cultivées sur la parcelle pour une durée de 3 à 5 ans avant d&#8217;y remettre une nouvelle plantation de safran. La durée d&#8217;exclusion dépend aussi de la durée de production de safran sur la même parcelle. Il est conseillé que la culture utilisée n&#8217;ait pas d&#8217;ennemis (maladies) en commun avec la culture du safran.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Le Safran: Caractéristiques botaniques et cycle de développement</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Caractéristiques botaniques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran appartient à la famille des Iridacées, à l&#8217;ordre des Liliacées et à la tribu des Crocées avec le genre Crocus comprenant quelques 70 espèces. II est connu sous différents noms:</p>
<p style="text-align: justify;">Nom scientifique: <em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Crocus sativus L.</strong></span></em><br />
Nom commun en français: Safran, Safran cultivé, Safran de Gatinais<br />
Nom commun en anglais: Saffron, True saffron, Saffron crocus<br />
Nom commun en espagnol: Azafrán, Croco, Flor de azafrán, zafrán<br />
Nom commun en arabe: Azzaâfarane, Azzaâfrane Alhorr, Azzaâfrane chaâra</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Caractéristiques de la plante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une plante pérenne ayant un bulbe souterrain de 3 à 5 cm de diamètre, aplati et de forme globulaire (Figure 1). Le bulbe du safran, par sa morphologie et sa structure botanique très différentes du bulbe d&#8217;oignon, est aussi appelé corme. Le bulbe est généralement symétrique et revêtu d&#8217;une ou plusieurs tuniques de couleur et de consistance variables. Les tuniques sont souvent fibreuses et de couleur brune à marron.</p>
<p style="text-align: justify;">Les racines sont de deux types: des racines fasciculées se développant à la base du bulbe mère et des racines épaisses contractiles se développant à la base du nouveau bulbe et permettent à celui-ci d&#8217;occuper la place de l&#8217;ancien bulbe en fin de cycle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les feuilles sont étroites (2 à 5 mm) et d&#8217;une longueur de 30 à 40 cm avec une couleur verte claire à verte foncée. Elles sont produites en même temps ou juste après l&#8217;apparition de la fleur. Elles sont au nombre de 6 à 10 par bulbe et se dessèchent vers la fin du printemps avec l&#8217;entrée en dormance du bulbe.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fleurs sont érigées et au nombre de 1 à 8 par bulbe. La fleur comprend 6 pétales de couleur violette et s&#8217;étendant au niveau de leur partie terminale. Le pistil est constitué d&#8217;un ovaire bulbeux infère à partir duquel un style long et fin se développe. Le style est de couleur jaune-pâle et se divise en 3 stigmates de couleur orange-rouge ayant un aspect brillant à l&#8217;ouverture de la fleur. Les stigmates ont 2 à 3 cm de longueur, sont fins à la base et plus larges (2 mm) à l&#8217;extrémité. Le nombre de stigmates par fleur est de 3 à 5. Par ailleurs, il y a 3 étamines par fleur avec des anthères bilobées et de couleur jaune.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Cycle de développement</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Période végétative</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran initie son cycle de développement à partir de ses tissus méristématiques après une période de dormance durant laquelle il n&#8217;y a ni division ni différenciation cellulaires. Le bulbe est un organe souterrain couvert de tuniques qui le protègent contre les pertes excessives d&#8217;eau et les lésions mécaniques. Le développement des méristèmes donnant naissance aux nouveaux bulbes commence immédiatement après la floraison (en automne). Chaque bulbe nouvellement formé est enveloppé d&#8217;une tunique du bulbe qui lui a donné naissance. Il possède un ou deux bourgeons apicaux à partir desquels se fait la production des nouvelles feuilles de l&#8217;axe floral et de un ou deux bulbes fils. Dans sa partie inférieure, le bulbe parent produit 4 à 5 bourgeons secondaires placés d&#8217;une manière irrégulière sur le bulbe mais selon une forme spirale (Figure 1, voir fichier PDF). Les bourgeons secondaires produisent un axe cauliniaire avec des feuilles en touffe. Les bulbilles dérivées de ces bourgeons sont beaucoup plus petites que les bulbes issus des bourgeons apicaux. Par conséquent, chaque bulbe parent donne un à deux, parfois trois bulbes fils à partir des bourgeons apicaux et plusieurs bulbilles à partir des bourgeons latéraux. Souvent, une à 2 années sont nécessaires pour que ces bulbilles atteignent le calibre critique pour leur floraison.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre septembre et février, la croissance des différents organes continue mais très lentement. Durant cette période, les feuilles et les racines se développent entraînant l&#8217;accumulation des réserves au niveau du bulbe ce qui est déterminant pour son calibre final ainsi que la qualité et le nombre des fleurs produites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette phase dure 5 à 6 mois et nécessite des températures basses. Des températures trop élevées peuvent la réduire et interrompre son bon déroulement ce qui affecterait négativement le développement du bulbe et par conséquent la floraison et la production.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Période reproductive</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Généralement, chez le safran, la transition de la phase végétative à la phase reproductive a lieu au mois de mars, ce qui constitue une période critique durant le développement de la plante. C&#8217;est une phase d&#8217;activité mitotique accélérée caractérisée par une augmentation des divisions et de différenciations cellulaires. Cette multiplication intense est accompagnée d&#8217;une augmentation dans l&#8217;activité métabolique du végétal.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Période de repos</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">En avril, les nouveaux bulbes sont complètement formés et leur dimensions resteront inchangées (pas d&#8217;augmentation de poids ou de calibre). Les feuilles se fanent et se dessèchent. Avec l&#8217;arrivée de la période des chaleurs fortes, le végétal entre dans une phase de ralentissement progressif jusqu&#8217;à un arrêt presque total de l&#8217;activité métabolique. C&#8217;est la phase de repos végétatif ou dormance.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Floraison</span></p>
<p style="text-align: justify;">Vers fin août, le bulbe «se réveille» et son activité métabolique augmente. Du bulbe surgit un ou plusieurs talles de diamètre important à la base avec une touffe de feuilles très étroites. Les primordias floraux se transforment en organes floraux et le processus de la floraison se termine par la sortie de la fleur dont l&#8217;initiation avait eu lieu lors de la transition de la plante d&#8217;un état végétatif à un état floral et dont la progression est sous le contrôle des hormones et des facteurs du milieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Les hormones de croissance jouent un rôle primordial dans le développement floral de la plante. Des applications de gibbérellines à différentes périodes durant la croissance de la plante montrent que l&#8217;apport de juin (bulbe en dormance) permet une accélération de la croissance des feuilles, augmente les dimensions des feuilles et des racines et améliore le nombre de fleurs produites et par conséquent, le rendement en poids sec des stigmates.</p>
<p style="text-align: justify;">Les facteurs du milieu jouent aussi un rôle important sur l&#8217;initiation florale. Le safran est une plante de jour court et nécessite des journées dont la photopériode est inférieure à 11 heures et demi pour fleurir. Si la plante est cultivée dans un milieu où la durée de la photopériode est plus longue durant la période d&#8217;initiation florale, la plante restera en permanence dans un état végétatif.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Le Safran: Exigences climatiques et édaphiques</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exigences climatiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran est une plante qui peut être cultivée dans des zones ayant une altitude allant de celle du niveau de la mer à 2000 m et ayant une latitude comprise entre 35 et 45°N. Il est cultivé sous les climats tempérés a été chaud, méditerranéen subtropical, méditerranéen tempéré, méditerranéen sec, semi-aride, etc. Les principales régions se caractérisent par des conditions écologiques spécifiques inhérentes à chaque zone de production.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, certaines zones de culture sont très humides alors que d&#8217;autres sont très sèches. En Italie, par exemple, la culture du safran est pratiquée dans la région de Navelli à une altitude de 650 à 1100 m avec des précipitations de 700 mm/an dont 40 mm en été. Dans d&#8217;autres régions méditerranéennes, les précipitations sont moindres; 650 mm/an en Macédoine en Grèce avec 25 à 40 mm en été; 250 à 500 mm/an dans la région de la Mancha et Castilla en Espagne, avec 20 mm en été. Au Kashmir, les précipitations sont supérieures à 200 mm alors qu&#8217;à Taliouine au Maroc la région reçoit 300 mm de pluie par an avec de très faibles quantités en été.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, la plante tolère des températures ambiantes pouvant atteindre 35 à 40°C en été et -15 à -20°C en hiver. Cependant, si les températures gélives coïncident avec des périodes critiques pour le végétal, elles peuvent occasionner des dégâts sérieux sur le bulbe. Au Kashmir, par exemple, la moyenne des minimas en janvier peut descendre jusqu&#8217;à -2°C alors que celle des maximas ne dépasse guère 25 °C. De même. à Nivelli, la moyenne des minimas pour les mois les plus froids (décembre à février) montre souvent des valeurs négatives. A Castilla et à la Mancha, la température moyenne des mois les plus froids est de 5 à 7°C contre 2 à 5°C à Kozani en Grèce. Dans ce dernier cas, les températures minimas absolues peuvent atteindre -20°C en janvier et les maximas absolues +41 °C en juillet. D&#8217;ailleurs. concernant les températures élevées, la plupart des régions productrices de safran connaissent des températures moyennes supérieures à 25°C .</p>
<p style="text-align: justify;">En Espagne, la région de Alcazar de San Juan est connue par ses rendements élevés de safran (10 à 11 Kg/ha) et a une durée d&#8217;insolation moyenne de 7,67 h/jour qui est une valeur très bonne pour le développement de la culture. Le nombre de jours à risque de gelée est de 60 dont 59 coïncident avec la période végétative. Le premier jour de risque de gelée ayant lieu en fin novembre et le dernier jour en début avril. Par contre, la région de Monreal deI Campo où le safran donne des rendements faibles (6 à 7 Kg/ha) a un nombre d&#8217;heures d&#8217;insolation de 6,41 h/jour qui est une valeur très insuffisante pour un développement optimal du végétal, puisque le nombre d&#8217;heures minimal par jour nécessaires pour le safran se situerait autour de 7. Le nombre de jours de risque de gelée est de 105 dont 95 ont lieu durant la période végétative de la plante avec les premiers en octobre et les derniers en mai.</p>
<p style="text-align: justify;">Les vents augmentent les risques d&#8217;érosion, les risques de gel ainsi que l&#8217;ETP.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exigences édaphiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La production de safran est faible sur les sols lourds, très calcaires ou très sablonneux. Le sol doit être profond (60-70 cm) pour éviter la compaction et permettre un bon stockage d&#8217;eau surtout dans les zones à faible pluviométrie comme c&#8217;est le cas de la plupart des zones safranières dans le monde. Les sols à texture moyenne, ayant une bonne structure, perméables, bien drainants et riches en matière organiques (1,5 à 2 %) sont les mieux adaptés et sollicités pour la culture du safran.</p>
<p style="text-align: justify;">Le terrain doit être plat avec une légère inclinaison pour faciliter la circulation d&#8217;eau. Les sols ayant été auparavant cultivés en céréale ou en légumineuse sont aussi mieux indiqués puisque la culture de safran bénéficiera des restes des cultures et des améliorations de l&#8217;état nutritionnel et de la structure du sol.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au pH du sol, le safran se porte mieux à des pH neutres mais des rendements satisfaisants ont été aussi obtenus à des pH légèrement acides (5,7 au Kashmir) ou basiques (7,6 à Krocos, Grèce; 8,2 à Taliouine, Maroc). Le safran tolère aussi les teneurs élevées en calcaires (parfois&gt; 20 %).</p>
<p style="text-align: justify;">A titre de comparaison, en Espagne, la région d&#8217;Alcazar de San Juan (région à haut rendement en safran) est caractérisée par un sol profond (50 à 60 cm) d&#8217;une texture argilo-calcaire et un pH de 7 à 8 alors que la région de Monreal del Campo (région à rendement faible) a des sols calciques, pauvres en matière organiques, rocailleux, peu profonds et peu drainants avec la présence d&#8217;un horizon argileux peu profond.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la culture de safran il faut éviter:</p>
<p style="text-align: justify;">- les sols à pente forte: sols difficiles à travailler et qui perdent rapidement leur eau par ruissellement entraînant aussi le déplacement du sol,<br />
- les bas fonds, car risques de gel élevés,<br />
- sous les arbres surtout si la densité des arbres est importante car les rayons solaires reçus par la culture du safran seront très limités et les disponibilités en eau du sol seront rapidement épuisées par les arbres,<br />
- sur des sols ayant été cultivés pour plus de 3 ans avec des cultures comme la luzerne, la pomme de terre ou d&#8217;autres pouvant avoir des maladies communes avec le safran.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Le commerce mondial du safran</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les leaders</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le safran est cultivé dans de nombreux pays, à différentes échelles. Actuellement, le plus gros producteur mondial est le Cachemire. La forte consommation intérieure et les problèmes politiques limitent fortement l&#8217;exportation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième producteur est l&#8217;Iran avec environ 80 tonnes par an. La moitié, soit 40 tonnes est destinée à l&#8217;exportation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les traditionnels</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord l&#8217;Espagne. Le safran fait partie de l&#8217;histoire culturelle de ce pays qui produisit au milieu du XX° siècle jusqu&#8217;à 120 tonnes de safran. Aujourd&#8217;hui, si les réseaux de vente ont persisté grâce à l&#8217;importation du safran iranien, revendu sur le marché internationnal comme safran espagnol, la production, elle, disparaît progressivement et n&#8217;atteint plus que trois tonnes environ.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite la Grèce. La production y persiste grâce à la coopérative agricole de Kosani mais ne dépasse pas les six tonnes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les émergents</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Divers pays tentent de remettre en place des safranières avec plus ou moins de succès. Animés par la forte valeur ajoutée de cette culture sur une faible surface. Ailleurs, elle est favorisée sur une base de culture traditionnelle, comme au Maroc qui produit en moyenne deux tonnes de safran dans la région de Taliouine. Dans cette région, une plantation bien conduite pour donner jusqu&#8217;à 6 kg/ha et un revenu de plus de 35.000 dh/ha. La Coopérative SOUKTANA, avec ses 342 adhérents, collecte et commercialise environ 35 kg de safran par an.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les autres</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Très répandue au moyen âge en Europe, la culture du safran est remise en route dans différents pays comme la France, la Suisse ou l&#8217;Angleterre mais les productions n&#8217;ont rien de comparable en quantité avec les autres pays.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les importateurs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les principaux importateurs sont l&#8217;Arabie saoudite et les Emirats du Golf, suivis par les USA. Ces derniers importent environ 3 tonnes par an, principalement d&#8217;Espagne, d&#8217;Italie et de l&#8217;Inde. A New York, les prix varient de 1000 à 8000 dollars par kg.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #3366ff;"><strong>Prof. Ahmed Ait-Oubahou, Prof. Mohamed El-Otmani<br />
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II<br />
Complexe Horticole d&#8217;Agadir</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d&#8217;information et de liaison du PNTTA<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l&#8217;Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Photo : miasa.fr</strong></p>
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		<title>Le Pistachier: Un Arbre Fruitier et Forestier</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 15:45:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Horticulture]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
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		<description><![CDATA[Importance de la culture Le pistachier cultivé fut introduit au Maroc par l&#8217;INRA depuis les années 50. Des vergers de démonstration ont été mis en place dans différentes régions pour développer sa culture. Sa superficie actuelle s&#8217;étend sur 120 ha environ, répartis sur différents étages climatiques. Conscient de l&#8217;intérêt potentiel pour le développement de nombreuses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Importance de la culture</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le pistachier cultivé fut introduit au Maroc par l&#8217;INRA depuis les années 50. Des vergers de démonstration ont été mis en place dans différentes régions pour développer sa culture. Sa superficie actuelle s&#8217;étend sur 120 ha environ, répartis sur différents étages climatiques. Conscient de l&#8217;intérêt potentiel pour le développement de nombreuses régions, le Ministère de l&#8217;Agriculture a prévu, durant la fin des années quatre vingt, l&#8217;extension de cette culture à environ 2000 ha. Cet objectif n&#8217;a pu être atteint en raison de plusieurs contraintes liées à la nature de l&#8217;espèce et à la méconnaissance des techniques de sa conduite.<br />
Le constat effectué sur le terrain a permis d&#8217;identifier les problèmes ayant entravé le développement de la culture du pistachier.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Fragilité de l&#8217;espèce lors de la transplantation</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La transplantation s&#8217;est effectuée à racines nues et le plant du pistachier est fréquemment livré à lui-même après cette opération. Des taux de mortalité élevés (&gt;50% dans plusieurs cas) ont été obtenus. Le taux le plus élevé est enregistré dans les vergers ayant subi un retard dans la transplantation. Le manque d&#8217;irrigation après la mise en place a amplifié ce problème. Cette espèce doit être multipliée sur place (semis et greffage dans le verger) pour éviter ces échecs, sinon la multiplication en sachet devient indispensable.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Disparition du cultivar</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;émergence des rejets issus du porte-greffe, qui se caractérisent par un développement très rapide, dominent le cultivar et le font disparaître. Les plants ainsi formés sont des pieds issus de porte-greffes sans intérêt pour la production. L&#8217;élimination systématiquement des rejets contribue à favoriser la croissance du cultivar.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Mise à fruit tardive</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La croissance des plants est lente et les arbres n&#8217;entrent en production qu&#8217;après 6 à 8 ans. Cette longue période juvénile n&#8217;a pas encouragé les agriculteurs à adopter cette espèce.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Faiblesse des rendements</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les rendements obtenus dans les premiers vergers adultes privés sont faibles pendant les 10 premières années. Ils ne garantissent pas une rentabilité élevée permettant de susciter un désir pour l&#8217;extension du verger du pistachier. Les rendements ne deviennent importants qu&#8217;à l&#8217;âge adulte (10 à 15 ans). En raison du faible entretien (fertilisation, irrigation,…), les rendements chutent très rapidement avec l&#8217;âge; soient quelques années de fructification.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Pollinisation</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les taux de production de fruits vides sont élevés et sont le résultat d&#8217;une mauvaise pollinisation liée soit à l&#8217;absence d&#8217;arbres mâles issus de pollinisateurs spécifiques soit à un dispositif inadéquat de répartition des pollinisateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ses particularités biologiques, cette espèce est particulièrement recommandée pour la mise en valeur des zones marginales ou menacées par l&#8217;érosion et celles où la culture des autres espèces fruitières est rendue impossible en raison de l&#8217;aridité climatique. Elle peut procurer une rentabilité assez correcte si elle est inféodée aux terrains à vocation fruitière. Le pistachier a aussi l&#8217;avantage d&#8217;être résistant à la sécheresse, au calcaire et à la salinité (4 à 6 g de NaCl /litre d&#8217;eau).</p>
<p style="text-align: justify;">Les travaux de recherches menés à l&#8217;INRA ont permis d’aboutir à des résultats encourageant pouvant relancer la culture de cette espèce. Les variétés femelles performantes et leurs pollinisateurs spécifiques, leurs besoins en froid, les techniques de multiplication et de conduite de la culture ne constituent pas aujourd&#8217;hui des contraintes comme auparavant.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Dormance et besoin en froid</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les 11 espèces que compte le pistachier, une seule (Pistacia vera) donne des fruits comestibles. C&#8217;est un arbre à feuillage caduque qui nécessite une dormance profonde pour sa fructification. La caractérisation de sa dormance, effectuée par le test de bouture de nœud, a montré que celle- ci s&#8217;estompe rapidement en fin février pour s&#8217;annuler en mars. Les capacités de débourrement deviennent importantes à partir du mi-février pour les génotypes les moins exigeants et en début de mois de mars pour les autres. L&#8217;acquisition des faibles capacités de croissance dès le mois de septembre semble être favorisé par le stress hydrique du sol et l&#8217;inertie de débourrement se renforce avec l&#8217;arrivée des premières heures de froid automnal.</p>
<p style="text-align: justify;">Les doses de froid reçues, en condition naturelles, se situent autour de 500 heures de températures inférieures à 7.2 °C (HF) pour les variétés femelles et 450 heures pour les génotypes mâles appartenant à l&#8217;espèce Pistacia vera. Pour le mâle Atlantica qui appartient à l&#8217;espèce P. Atlantica, 200 HF ont été suffisantes pour lever la dormance de ses bourgeons floraux. Ce dernier semble avoir des exigences moindres par rapport à l&#8217;espèce P. vera, ce qui est à l&#8217;origine du décalage de floraison en verger entre les mâles et les femelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Sélection variétale</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;étude du comportement d&#8217;une collection de 30 variétés de pistachier, sous les conditions climatiques d&#8217;Aïn Taoujdate, a montré que les variétés Achouri et Mateur sont les plus intéressantes pour la culture. Les caractéristiques morphologiques de leurs fruits sont très proches, notamment au niveau du calibre du noix. Les taux de déhiscence des fruits et la production de fruits vides varient d&#8217;une année à l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Pollinisation du pistachier</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le pistachier est une espèce dioïque. La non concordance des périodes de floraison entre les arbres mâles et les arbres femelles pose un problème à sa pollinisation. Le phénomène de protandrie est plus ou moins accentué selon les cultivars et les années. La pollinisation artificielle est une technique recommandée pour améliorer la qualité des rendements. Elle nécessite la récolte, le stockage et le saupoudrage du pollen sur des fleurs réceptives. L&#8217;époque de la réceptivité florale présente une variabilité importante sur le même arbre. De ce fait un nombre élevé de passages s&#8217;impose pour polliniser le maximum de fleurs. La fragilité du pollen (durée de vie de quelques jours seulement après l&#8217;anthèse) réduit les chances de fécondation et donc le succès de cette opération. Le moyen le plus efficace pour résoudre ce problème de pollinisation est l&#8217;utilisation de pollinisateurs fertiles et spécifiques aux variétés femelles en culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Les travaux de sélection ont permis de retenir 2 génotypes mâles &#8216;male 9&#8242; et &#8216;male 45&#8242; sur la base de leur concordance de floraison avec les variétés Achouri et Mateur. Leur floraison est homogène et évolue d&#8217;une manière similaire à celle de ces variétés.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Rendement et qualité de la production</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le rendement moyen obtenu sur une période 20 années, en conditions pluviales à Aïn Taoujdate (400 mm de pluie/an), est de 6.5 kg de fruits sec/arbre. Ces rendements sont caractérisés par une alternance de production très marquée due à la chute des bourgeons floraux en année de forte production. La chute débute lorsque la croissance végétative est arrêtée, soit 2 mois après la date moyenne de floraison (15 juin). Le maximum de chute est enregistré 100 à 130 jours après la date moyenne de floraison. La chute est intense lorsque la croissance en diamètre du fruit est arrêtée.</p>
<p style="text-align: justify;">En condition d&#8217;irrigation, les rendements attendus peuvent être plus importants avec un taux de déhiscence plus élevé.</p>
<p style="text-align: justify;">La pistache est un fruit sec dont l&#8217;endocarpe dur peut être déhiscent ou non. Le caractère de déhiscence est spécifique à l&#8217;espèce Pistacia vera (la seule espèce cultivée) et dépend de plusieurs facteurs dont la variété, l&#8217;année, le porte-greffe, la nature du pollen et les conditions de culture. Ces facteurs semblent agir en corrélation et l&#8217;évaluation de la part de chacun n&#8217;est pas aisée.</p>
<p style="text-align: justify;">La production de fruits vides, commune à toutes les espèces et cultivars du pistachier, nuit à la qualité de la production. Elle est le résultat de la parthénocarpie et de l&#8217;avortement des embryons. C&#8217;est un caractère variétal et une défaillance au niveau de la pollinisation augmente les taux de fruits vides.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-267" title="pistache" src="http://www.marocagriculture.com/images/2009/10/pistache.jpg" alt="pistache" width="424" height="336" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Éléments de conduite de la culture</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Choix des zones de culture</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le pistachier préfère les régions à climat aride avec des disponibilités en froid supérieures à 500 heures de températures inférieures à 7.2°C. Les sols de types limono-sablonneux lui conviennent parfaitement. Cette espèce peut être conduite en vergers commerciaux avec des irrigations à l&#8217;eau qui peut même être salée (4 à 6 g/l de NaCl). Des irrigations à la raie peuvent favoriser le développement du Phytophtora à laquelle l&#8217;espèce est plus sensible. Selon l&#8217;expérience Iranienne (grand producteur de pistaches), des irrigations localisées avec des volumes d&#8217;eau de 2500 m3/ha/an suffisent à assurer une bonne production.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Densités de plantation</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le verger peut être conduit avec des densités de 400 à 500 arbres/ha, si l&#8217;eau l&#8217;irrigation est douce. En présence de sel, une intensification peut être envisagée avec des écartements plus réduits (7 x 3 m à 6 x 3 m). La densité de plantation doit tenir compte des hauteurs pluviométriques si la culture est à envisager en bour.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Semis-greffage</span></p>
<p style="text-align: justify;">Pour un taux de réussite élevé, le semis doit s’effectuer sur place pour un greffage deux années après. Le semis peut se faire en sachet pour être transplanté après un an de croissance. Le greffage se fait en verger en écusson comportant 3 bourgeons incrustés en T par fente sur 3 à 4 rameaux destinés à être des futures charpentes. Cette opération se pratique en début juin avec des bourgeons frais prélevés le même jour sur des pieds mères bien entretenus.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Pollinisation</span></p>
<p style="text-align: justify;">Les génotypes mâles à planter doivent respecter un sexe ratio de 1/15 à 1/9 pour une bonne pollinisation par le vent. Les arbres mâles sont éparpillés dans tout le verger avec une localisation du côté du vent dominant, si le terrain est balayé par le vent. Le dispositif de répartition des mâles peut être envisagé selon le schéma suivant:</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Travail du sol et fertilisation</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le sol doit être maintenu propre par deux passages de travail du sol annuellement pour enfouir les mauvaises herbes. Ils sont complétés par un travail à la sape sous frondaison.</p>
<p style="text-align: justify;">Les quantités d&#8217;éléments fertilisants apportés dépendent des analyses du sol. Des normes iraniennes situent les teneurs à des niveaux de:</p>
<p style="text-align: justify;">- Azote: 2.5 ppm dans les feuilles<br />
- Phosphore: 15 ppm dans le sol<br />
- Potasse : 250 ppm dans le sol</p>
<p style="text-align: justify;">Les quantités moyennes apportées tous les 3 années sont de:</p>
<p style="text-align: justify;">- 2 Qx d&#8217;azote à 32%<br />
- 4 Qx de phosphore à 46%<br />
- 5 Qx de potasse à 50%</p>
<p style="text-align: justify;">Elles sont localisées après la première mise à fruit dans une tranchée d&#8217;une profondeur de 1 m et à 1 m du tronc. Une quantité de 40 tonnes/ha de matière organique est aussi enfouie avec ces engrais chimiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #99cc00;">Récolte et traitement des pistaches</span></p>
<p style="text-align: justify;">La récolte s&#8217;effectue manuellement au mois d&#8217;octobre. Les pistaches sont immédiatement décortiquées puis lavées à l&#8217;eau pour que l&#8217;endocarpe ne brunisse pas. Elles sont ensuite séchées soit dans des séchoirs (70°C) soit au soleil après ventilation pour ressuyage. Les fruits déhiscents sont triés et emballés.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;"><strong>Le pistachier forestier</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les espèces forestières du pistachier sont représentées par Pistacia atlantica, P. terebinthus et P. lentiscus dénommées localement &#8216;Betou&#8217; et &#8216;Drou&#8217;. Des populations naturelles de ces espèces se trouvent dans plusieurs régions arides à semi arides du Moyen Atlas et du Rif et montrent une parfaite adaptation à ces conditions pédo-climatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pistachier peut être envisagé en DRS fruitière (défense et restauration du sol) sur le porte-greffe Pistacia atlantica. Par son système racinaire très puissant, il peut participer à la fixation des sols en terrains avec des pentes fortes et peut donner une production tous les deux à trois ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #3366ff;"><strong>Dr Ahmed OUKABLI<br />
INRA, UR Amélioration des Plantes et Conservation des Ressources Phyto-génétique, CRRA Meknès<br />
oukabli2001@yahoo.fr</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Bulletin Mensuel d&#8217;information et de liaison du PNTTA<br />
Transfert de Technologie en Agriculture</strong></span><strong><span style="color: #ff9900;"><br />
Ministère de l&#8217;Agriculture, du Développement Rural et des  Pêches Maritimes</span></strong></p>
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