Classification des pesticides
novembre 11, 2009
Classé sous Protection des végétaux

1. Qu’est ce qu’un pesticide ?
Les pesticides sont des substances dont la terminaison du nom en « cide » indique qu’ils ont pour fonction de tuer des êtres vivants.
Les pesticides, parfois appelés produits phytosanitaires, ou produits de protection des plantes, (selon l’UIPP – Union des Industries de la Protection des Plantes), sont utilisés en agriculture pour se débarrasser d’insectes ravageurs (insecticides), de maladies causées par des champignons (fongicides) et/ou d’herbes concurrentes (ce sont les herbicides) etc.
Un pesticide est composé d’un principe actif d’origine naturelle ou synthétique. Les pesticides commercialisés (ou spécialités commerciales) sont composés d’une ou plusieurs matières actives auxquelles ont a ajouté d’autres substances : produits de dilution, surfactants, synergisants… afin d’améliorer leur efficacité et de faciliter leur emploi.
1) Les insecticides
a) Les organochlorés
Ces pesticides (comme le DDT – Insecticide organochloré interdit en Europe depuis 1972) sont issus de l’industrie du chlore, ceux sont pour la plupart des POPs (Polluants Organiques Persistants) et certains font partie de la « sale douzaine » de substances introduites par l’ONU (Organisation des Nations Unies) dans la Convention de Stockholm. Ces pesticides sont normalement interdits d’utilisation en France à cause de leurs caractères persistants et bioaccumables ayant des conséquences irrémédiables sur la santé et l’environnement.
L’utilisation de pesticides organochlorés en agriculture a connu une forte expansion jusqu’au début des années soixante. Depuis la révélation de Rachel Carson, sans son livre « Silent Spring » la production de ces pesticides a diminué mais on les retrouve encore partout dans l’environnement : dans l’air, dans l’eau, dans les poissons…et dans le corps humain.
b) Les insecticides organophosphorés, les pyréthrinoïdes et autres insecticides chimiques
Les organophosphorés sont des pesticides qui ont en commun leur mode d’action sur le système nerveux des ravageurs. Ces insecticides ont en général une toxicité aiguë plus élevée que les organochlorés, mais ils se dégradent beaucoup plus rapidement. Dans cette catégorie de pesticides citons : le bromophos, le dianizon, le malathion, le phosmet, le dichlorvos…etc.
Plus récemment sont apparues les pyréthrinoïdes de synthèse. Leur composition se rapproche de celle du pyrèthre naturel, mais ce sont en réalité des pesticides chimiques comme les autres. C’est aujourd’hui la famille d’insecticides la plus utilisée.
Parmi les autres familles d’insecticides commercialisées, signalons les carbamates, les carbinols, les sulfones, les sulfonates, et quelques autres
2) Les fongicides
De la bouillie bordelaise aux molécules de synthèse Jusqu’à la seconde guerre mondiale, on luttait contre les maladies des plantes principalement avec comme seuls produits de la bouillie bordelaise (un mélange de sulfate de cuivre et de chaux) et du soufre.
Ces produits sont encore utilisés de nos jours, mais ils ont été largement supplantés par les fongicides de synthèse. Il en existe de nombreuses familles de ces pesticides: carbamates, dérivés du benzène, dérivés du phénol, quinones, amines, amides, triazoles, etc. Leurs dangers pour la santé sont très divers. Certains, comme le captane ou le manèbe, sont considérés comme des pesticides cancérigènes probables.
3) Les désherbants (ou herbicides)
Il en existe de très nombreuses familles : les phénols nitrés, les benzonitriles, les carbamates, les urées substituées, les amides, les triazines (dont fait partie la trop célèbre atrazine), les ammonium quaternaires, les sulfonurées, etc. Le plus célèbre d’entre eux, et le plus vendu dans le monde, est le glyphosate, plus connu sous le nom de Round Up. Les herbicides sont réputés comme étant généralement moins violemment toxiques que les insecticides (sauf des substances comme le paraquat et le diquat.). Ils sont néanmoins nombreux à être classés comme pesticides cancérigènes probables ou possibles (ex : alachlor, atrazine, simazine,…..). Ils sont également nombreux à être classés pesticides perturbateurs endocriniens.
4) Les autres pesticides
A côté de ces trois grandes catégories de pesticides, bien d’autres produits existent, pour lutter contre les limaces (les molluscicides), contre les rongeurs (les rodenticides), contre les nématodes (les nématicides), contre les corbeaux (les corvicides), pour désinfecter le sol (les fumigants). Bref, il existe des pesticides contre tout ce qui peut nuire à l’agriculture intensive.
à suivre….
mdrgf.org
Source Photos: greenzer.com
Des coléoptères mi-insectes mi-machines !!
novembre 9, 2009
Classé sous Protection des végétaux

Contrôler des insectes à distance pourrait sembler être de la science fiction et pourtant, des chercheurs de Berkeley y seraient parvenus. En 2006, le DARPA avait lancé le Hybrid Insect Micro-Electro-Mechanical Systems program (HI-MEMS) [1] dont l’objectif final est de convertir des insectes en véhicules aériens autonomes. En février dernier, des chercheurs avaient alors dans le cadre de ce programme, présenté le contrôle d’un papillon de nuit à l’aide de fils électriques reliés à son corps [2].
Cette fois-ci, ils ont démontré qu’il était possible de commander à distance des insectes (un coléoptère dans ce cas précis) en vol libre, grâce à des radios miniatures implantées dans le système de stimulation neuronale. Le système est constitué de stimulateurs neuronaux, de stimulateurs musculaires, d’un microcontrôleur et d’une micro batterie. Une fois l’insecte doté de cet équipement, il est possible de l’obliger à décoller, à s’arrêter, et de contrôler son élévation. Les stimulateurs électroniques placés dans le cerveau et au niveau des muscles sont placés dés la naissance lorsque l’insecte est encore à l’état de larve. Après sa mutation à l’âge adulte, ces stimulateurs sont toujours implantés dans le corps. Il est alors possible de lancer des stimuli aux muscles et au cerveau pour inciter un décollage ou un changement de direction de vol. Tourner peut ainsi être provoqué par une stimulation asymétrique des muscles à la base des ailes ; un changement d’altitude par une variation de la fréquence du battement des ailes, suite à des stimuli électriques.
Une fois établi, le vol continue même en absence de stimulation supplémentaire. L’insecte alimente son propre vol et se dirige de façon normale; ainsi les stimulateurs neuronaux et musculaires ne sont utilisés que ponctuellement. Cependant, il persiste un défi de taille majeure pour les chercheurs : la durée de vie des batteries. Elle reste encore très faible et la période pendant laquelle l’insecte peut être sous contrôle reste très limitée.
En finançant le programme HI-MEMS, le DARPA souhaite approfondir de façon significative les connaissances en cybernétique sur les insectes, et développer une nouvelle classe d’insectes hybrides mi-biologiques mi-électroniques, dotés de composants contrôlables à distance. Le département de la Défense est largement intéressé par ces nouveaux prototypes car certaines applications pourraient être la transmission de données en provenance de caméras vidéo ou d’écouteurs, ou encore de détecteurs de gaz. La majeure partie des recherches se porte sur la croissance de larves vivantes autour de MEMS électroniques. Elle est partagée en 3 axes principaux : l’élevage d’insectes dotés de MEMS, le développement de systèmes de pilotage des insectes, les sources d’énergie pour l’alimentation des composants. Les chercheurs y sont déjà parvenus partiellement au regard des tests réalisés sur les papillons de nuit et les coléoptères cependant l’espérance de vie du système reste limitée et doit être nettement améliorée.
______________
[1] Présentation du programme : http://www.darpa.mil/MTO/Programs/himems/index.html
[2] Vidéo de démonstration : http://www.youtube.com/watch?v=dSCLBG9KeX4&feature=player_embedded
bulletins-electroniques.com
Les termites de bois sec détectent les vibrations de leurs ennemis
novembre 9, 2009
Classé sous Protection des végétaux

Dans les savanes sèches du nord de l’Australie, la majorité des termites souterrains xylophages sont des coptotermes (85%). Les colonies établies dans des termitières comportent environ un million d’individus et des milliers de soldats agressifs. Les termites envahissent les arbres à partir du sol par les racines et évident le tronc et les branches. Le didgeridoo, un des instruments de musique aborigènes les plus connus, est fabriqué à partir d’un tronc évidé par les termites.
Les cryptotermes ou termites de bois sec, qui vivent en colonies établies par des reproducteurs ailés composées de 200 à 300 individus aptères et de quelques soldats, partagent le même goût pour le bois sec. Des entomologistes du CSIRO et de l’Australian Defence Force Academy (Université de Nouvelle-Galles du Sud) ont découvert que, face à cette compétition inégale et souvent fatale, les cryptotermes Cryptotermes secundus sont capables de distinguer la présence de leurs congénères de celle des coptotermes (coptotermes acinaciformis) et les éviter ainsi.
Les termites de bois sec reconnaissent et sont attirés par les vibrations produites par les individus de leur espèce, alors qu’elles fuient celles créées par les termites souterrains. Leur réponse diminue en fonction de la distance et de l’intensité du signal. Les cryptotermes semblent donc éviter une confrontation dangereuse en épiant les coptotermes.
Des études récentes avaient aussi montré que les termites déterminent la taille du morceau de bois et sa qualité à partir des vibrations créées lors de la mastication.
bulletins-electroniques.com
PREVENTION DES RESISTANCES SUR TUTA ABSOLUTA
novembre 7, 2009
Classé sous Protection des végétaux
Document traduit en français par:
Youssef CHARHABAILI
Ingénieur agronome Sté PROMAGRI
L A R E S I S T A N C E : Un problème qui requière la collaboration de tous.
La mite de la tomate, un nouveau ravageur
La mineuse de la tomate Tuta absoluta (Meyrick 1917) est un lépidoptère, un nouveau ravageur de la famille des Gelechiidae, qui se caractérise par un potentiel reproductif élevé (10-12 génération/an) ainsi que la capacité de poser 260 œufs/femelle et ne possède pas de période hivernale.
Elle se rencontre principalement sur tomate et pomme de terre, mais aussi sur aubergine et la mauvaise herbe Solanum nigrum. Sur tomate elle s’attaque à tous les stades de développement, les larves préfèrent les bourgeons apicaux, les fleurs, les fruits justes noués et les feuilles. Sur les fruits elles pénètrent principalement autour du calice de ceux immatures et sur les feuilles elles s’alimentent du mésophile, en laissant l’épiderme intact. Avec de fortes infestations elle est capable de détruire toute la culture.
Comment pourrait apparaitre la résistance aux insecticides sur Tuta ?
Les ravageurs, similaire à Tuta, avec une capacité de reproduction élevée et des générations plus courtes (< 1 mois) présentent un risque majeur de développement de la résistance ; il serait facile de générer une population résistante à partir de quelques individus résistants. En plus les insecticides efficaces sont peut nombreux ce qui amplifie la fréquence de leur utilisation et donc l’augmentation de la pression de sélection et le risque d’apparition de la résistance. C’est ainsi que les populations de Tuta résistantes à divers insecticides se sont développées dans les autres régions du monde. Pour prévenir l’apparition de la résistance à Tuta il est nécessaire d’utiliser les insecticides disponibles avec une manière raisonnable. En plus il est nécessaire d’intégrer à l’usage des insecticides toutes les méthodes de lutte de Tuta disponible tout en les combinant en une stratégie de lutte intégrée. On doit donc utiliser tout les moyens disponibles, pour qu’ils soient efficaces pendant plusieurs années.
L A S T R A T E G I E : Contrôle en tomate sous abri
La base d’un contrôle efficace de Tuta absoluta est une bonne connaissance de la biologie et du comportement du ravageur, pour que les moyens de prévention soient essentiels pour une gestion réussie et durable Aucun moyen de contrôle à lui seul n’est suffisant, si non il est nécessaire d’intégrer toutes les méthodes disponibles. Certains des moyens clés pour son contrôle sont :
- Utiliser un matériel végétal exempt du ravageur.
- Laisser une période de 6 semaines après nettoyage des restes des végétaux de la plantation antérieur jusqu’à la nouvelle.
- Utilisation des pièges adhésives (jaunes ou bleus), 10 jours avant la plantation pour baisser le niveau de la population.
- Il est fondamental d’utiliser des fermetures avec du filet de qualité (9×6 fils / cm2 minimum pour empêcher les réinfestations continuent de l’extérieur.
- Réaliser un suivi du ravageur moyennant des pièges Delta de comptages « monitoring »(Tableau : 1) et faire des observations sur la culture pour détecter les premières larves ou dégâts et son évolution (Tableau : 2).
- Éliminer les feuilles, les bourgeons et les fruits attaqués pour retarder le déclenchement de sa réinstallation.
- Utiliser le trempage de masse après la transplantation et quand les niveaux des populations sont faibles. Les pièges à eau avec de l’huile sont recommandés en employant 20 à 40 pièges / Ha.
- Réaliser un contrôle biologique, avec des lâchers de punaises myrides (Nesidiocoris ou Macrolophus).
- Réaliser des traitements phytosanitaires en fonction du suivi du ravageur, selon la densité de la population (Tableau : 1) et les dégâts sur la culture (Tableau : 2).
- Arracher les plantations et les restes des cultures en évitant la dispersion du ravageur.
Tableau 1 : Indice du risque en fonction des captures des adultes par semaines par les pièges à phéromones.
|
Indication du risque |
Nombre de captures |
|
0 |
Pas de risque (sauf si il ya des femelle fécondées refugiées dans la parcelle) |
|
1-3 |
Risque très faible (commencer les prospections et le contrôle de la population) |
|
4-30 |
Risque moyen (intensifier les prospections directes sur les cultures et réaliser des applications préventives avec des produits biologiques) |
|
31-100 |
Risque élevé (intensifier les traitements biologiques préventifs et les prospections) |
|
>100 |
Risque extrême (réaliser 2 à 3 traitements consécutifs avec le Bacillus ou l’azadiractine avec des cadences maximum de 7 jours en temps chaude et de 12 jours en temps froid. |
Tableau 2 : Indice du risque en fonction de la présence des larves vivantes dans les cultures.
|
Niveau |
Signification : % des plantes avec une larve vivante |
|
0 |
Pas de dégâts détectés avec les larves actives. |
|
1 |
Niveau anecdotique (localisé fondamentalement dans les zones à risque « proximité des portes et des bordures » dans tout les cas inférieur à 5% des plantes). |
|
2 |
Niveau très faible, mais facilement détectable à n’importe quelle partie de la parcelle (sans dépasser une plante avec une larve active toute les 4 à 20 plantes (5 à 20% des plantes). |
|
3 |
Niveau moyen : entre 25 à 50% des plantes présentent une larve vivante. |
|
4 |
Niveau élevé : plus de 50% des plantes présentent une larve vivante. |
|
5 |
Niveau très élevé : plus de 50% des plantes présentent plusieurs larves vivantes par plant. |
Les indicateurs du tableau : 1 font références au nombre de captures en conditions normales (diffuseur avec 0,5 mg de substances actives, 2-3 pièges delta blancs par Hectare, situés à 1,5 à 2 m de hauteur et placées en zones à risque d’entrée des adultes) et toujours en absence des dégâts actives du ravageur).
L E S I N S E C T I C I D E S :Gestion correcte
- Éviter les traitements systématiques, en les réalisant en fonction du niveau du risque et suivre les recommandations des services officiels de la santé végétale et technique de chaque zone.
- Utiliser les produits autorisés sur tomate ou sur chenilles.
- Respecter les recommandations des étiquettes (Dose, délai avant récolte, nombre maximum d’application).
- Assurer un bon mouillage de la plante, spécialement sur les parties inférieures des feuilles sur lesquelles se fait la ponte des œufs.
- Alterner les matières actives de différentes modes d’action et laisser passer une génération (au moins 30 jours) avant de les réutiliser.
- Éviter de traiter des générations successives avec des molécules ayant le même mode d’action.
- Pour chaque cycle de culture, ne pas dépasser le nombre de fois maximum des applications autorisées sur l’étiquette.
Avertissements
L’utilisation des huiles d’hivers ont été essayés par des organismes officiels avec des résultats positifs sur Tuta absoluta. Pour leur utilisation, consulter les recommandations spécifiques du fabricant comme la dose et les incompatibilités possibles avec d’autres produits.
Les caractéristiques des Bacillus thuringiensus permettent la réalisation de plusieurs applications consécutives avec ces produits. Nonobstant , il est recommandé d’alterner les deux subespèces disponibles (Krustaki et Aizawai).
L’addition des mouillants peut être recommandée et/ou des acidifiants pour améliorer le comportement et l’efficacité de certains produits phytosanitaires.
Les matières actives incluses dans ce document sont tous ceux qui ont au moins un produit commercial officiellement autorisés par le registre officiel des produits phytosanitaires en Espagne pour le contrôle de Tuta et/ou les larves des noctuelles sur tomate en mars 2009.
Ces recommandations sont sujettes à une révision continue selon les nouveautés du ravageur. L’entrée d’un nouveau ravageur fait que pendant les premières années de sa présence, la disponibilité des substances actives homologuées peut ne pas s’ajuster à tous les produits qui montrent une efficacité contre elle.
L’IRAC Espagne n’est pas responsable des efficacités obtenues par ces pesticides qui dépendront des moments et du type d’application, du stade de développement, la stratégie de contrôle etc.
Il est conseillé de ne pas mélanger les produits qui agissent sur le même stade de développement du ravageur.
Respecter la faune auxiliaire et les bourdons.
|
Modes d’action disponibles pour le contrôle des chenilles et/ou de Tuta absoluta |
||
|
Groupe et point d’action primaire |
Sous groupe chimique et matières actives représentatives |
Matières actives homologuées en Espagne sur tomate conte les chenilles ou Tuta |
|
1 inhibiteur de l’acétyle cholinestérase |
1 B Organophosphorées |
Chlorpyriphos |
|
Chlorpyriphos méthyl |
||
|
3 Modulateurs du canal de sodium |
3A Pyretrinoides |
Alpha cyperméthrine |
|
Betaciflutrin |
||
|
Bifentrin |
||
|
Ciflutrin |
||
|
Cypermétrine |
||
|
Deltamétrine |
||
|
Esfenvalerate |
||
|
Etefenprox |
||
|
Lambda cyhalotrine |
||
|
Tau fluvalinate |
||
|
Zeta cypermètrine |
||
|
5 agonistes des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine |
5 Spinosines |
spinosade |
|
11 destructeurs microbiens des membranes digestives (incluses les cultures transgéniques qui expriment les toxines du Bt) |
11 B1 B. t. subsp aizawai |
Bacillus thuringensis subesp. aizawai |
|
11 B2 B. t. subsp krustaki |
Bacillus thuringensis subesp. krustaki |
|
|
15 Inhibiteurs de la synthèse des chitines, type O, lépidoptères |
15 Benzolurines |
Flufenoxuron |
|
Teflubenzuron |
||
|
22 bloqueurs du canal de sodium dependant du voltage |
22A Indoxacarb |
indoxacarb |
|
Un composant de mode d’action inconnu et incertain |
Azadiractin |
Azadiractin |
UTILISER MAIS SANS ABUSER : UTILISER BIEN TOUT LES MOYEN DISPONIBLES, POUR QU’ILS SOIENT VOTRE ALLIES DURANT PLUSIEURS ANNÉES
_________________________________________________
- *: INSECTICIDE RESISTANCE ACTION COMMITTEE (Comité d’Action de la Résistance Insecticide)
- **: Monserrat Delgado, A. Consejería de Agricultura y Agua, Región de Murcia, 2009. LA POLILLA DEL TOMATE ”Tuta absoluta” EN LAREGIÓN DE MURCIA: BASES PARA SU CONTROL. MMAMRM.74 p.
- Remerciements : Je remercie Mlle María Torné Rifà vice présidente de l’IRAC Espagne pour sa collaboration rapide et efficace.
Résistance endogène des plantes aux pucerons
novembre 6, 2009
Classé sous Protection des végétaux

La méthode classique pour contrer les dégâts dus aux insectes parasites des cultures destinées à la consommation humaine consiste à épandre des insecticides pour tenter d’exterminer le parasite concerné. Cette méthode est décriée, tant pour les effets collatéraux (destruction d’autres espèces non parasites, risques indésirables sur la santé humaine) que pour ses propres limites techniques : les populations parasitaires répondent à l’intervention, ce qui peut conduire à l’apparition de parasites résistants qui sont favorisés par l’épandage.
Depuis la prise de conscience de ces limites, les chercheurs du monde entier s’intéressent aux mécanismes de réponse des plantes aux attaques de parasites. Un chercheur chinois de l’Université de Yangling (près de Xi’an, dans la province du Shaanxi) a présenté au 6° congrès d’entomologie de la région Asie-Pacifique une synthèse sur les travaux en ce sens menés depuis une trentaine d’années.
Pour l’auteur (Mme le professeur Zhao Huiyan) les mécanismes de tolérance des plantes cultivées aux pucerons (qui n’est que l’un des mécanismes de réaction des plantes à divers impacts provenant de leur environnement) a une signification écologique énorme. La co-évolution des plantes et des pucerons peut être gérée de façon que les cultures de rente abritent une population d’insectes herbivores sans compromettre les rendements agricoles. C’est sans doute une des clés du maintien de la biodiversité sur les espaces agricoles.
Commentaire : la fixation de l’attention des agronomes pendant des années sur la commande visant à l’éradication des insectes qui sont nos concurrents dans la consommation des produits agricoles était sans doute en partie une illusion. De nombreux experts, dont Mme Zhao, posent aujourd’hui le problème en d’autres termes : comment nous assurer que les rendements agricoles, mesurés par la quantité ramenée à l’hectare de produits désirés mis à la disposition de l’espèce humaine, restent satisfaisants et s’améliorent, tout en évitant de tuer tout ce qui s’approche des plantes cultivées. Cette posture nous conduit à vivre « à côté » des espèces considérées comme des parasites sans forcément essayer de les exterminer ; non pas d’éliminer tout prélèvement effectué par ces insectes, mais de le ramener à une quantité acceptable qui ne compromet pas l’économie agricole. Bien entendu, le recours aux insecticides n’est alors pas systématique.
bulletins-electroniques.com
Utilisation de l’Ultra léger motorisé (ULM) pour les traitements aériens: L’expérience des Domaines Agricoles
novembre 4, 2009
Classé sous Protection des végétaux
Dans les conditions du climat marocain, caractérisé par sa dominante sèche, c’est la pluie qui détermine l’offre en travail pour les avions agricoles. Et l’on peut ainsi passer d’une très faible activité les années extrêmement sèches à une forte demande pour les traitements les années très humides.
Pour des impératifs de rentabilité, liés justement à cette irrégularité de l’activité des traitements, il n’y a pas eu d’évolution remarquable du parc d’avions agricoles au Maroc. Toutes les tentatives de création de nouveaux parcs se sont soldées par un échec. Une seule entreprise, forte de son portefeuille clients fidélisés de longue date, continue de survivre dans le secteur des traitements aériens.
Aux Domaines Agricoles, en dépit d’un accord préférentiel avec la société de services concernée, pour réaliser les traitements dans les meilleures conditions, le recours aux avions de location n’est pas sans poser quelques problèmes de disponibilité, en particulier les années pluvieuses à forte demande où tout le monde se dispute le peu d’appareils existants. Le cas type à citer ici est celui de « zéro disponibilité » de l’été 1992 où tout le parc d’avions avait été mobilisé dans le sud pour la lutte antiacridienne. Le maïs, une culture importante aux Domaines, était alors resté sans protection contre les attaques tardives de sésamie, ce qui avait alors conduit à beaucoup de dégâts sur épi, faute de pouvoir traiter.
L’autre problème de la location est le coût exorbitant à l’hectare quand il faut déplacer un avion pour de petites superficies trop excentrées par rapport au point de stationnement de l’appareil.
L’importance des superficies traitées, la diversité des cultures (grandes cultures, agrumes, rosacées) et surtout la présence dans le système de culture de variétés vitales vulnérables sur lesquelles on n’a pas droit à l’appel en cas d’erreur, ont conduits les Domaines Agricoles à s’équiper, à partir de 1993, d’Ultra légers motorisés (ULM) à trois axes, afin de prendre eux mêmes en charge une partie de leurs traitements.
Plus de dix ans après, le but de ce bulletin est de relater cette expérience très riche d’enseignements, d’en analyser les différentes facettes (performance, efficacité agronomique, rentabilité), et de montrer les horizons que la promotion de l’ULM peut ouvrir pour le Maroc, notamment en matière de développement agricole.
Les types d’appareils testés
Faute d’expérience au départ, le premier type d’ULM introduit aux Domaines Agricoles a été le Weedhopper Ultralair. Mais cet appareil a très vite montré ses limites (moteur à 2 temps ou à 4 temps mais de faible puissance, manque de pièces de rechange, difficultés de réparation) et remplacé définitivement par le Zenair CH701-AG Stol .
Le Zenair CH701-AG Stol est un biplace de type côte à côte (side by side), 3 axes, à pilotage par gouvernes aérodynamiques. Son poids à vide est de 209 kg et son autonomie de vol est de 6 h. Il est équipé d’un système tractif composé d’un moteur Rotax 912 à double allumage électronique, d’une puissance de 80 ch., d’un réducteur et d’une hélice tripale en bois traité. Sa vitesse de manœuvre est de 136 km/h. L’envergure de l’aile est de 9,30 m, sa voilure (de type aile haute rectangulaire sans flèche) est en tôle d’aluminium. Le train d’atterrissage est un tricycle fixe, équipé de pneumatiques basse pression, dits de brousse.
Équipements pour la pulvérisation
Pour en faire un appareil à usage agricole, l’ULM a été équipé par le constructeur d’une cuve de 150 L pour l’épandage de produits liquides, d’une petite pompe à déclenchement manuel, placée dans l’habitacle près du pilote, d’une rampe de pulvérisation en alliage d’une largeur de 9,30 m, équipée de 32 buses interchangeables à fentes, espacées de 25 cm. L’appareil peut épandre des bouillies pouvant aller de 10 à 30 L/ha, en fonction de la pression, de l’ouverture de la buse et de la vitesse de traitement.
Rendement de l’appareil au champ
Outre ses caractéristiques intrinsèques (puissance, aérodynamique, volume de la cuve, largeur de travail, vitesse, …), de nombreux facteurs externes interfèrent sur les performances d’un ULM pour en améliorer ou en limiter le rendement sur le terrain, exactement à l’instar d’un avion agricole classique.
Le rendement est manifestement plus élevé par temps calme, piste de décollage sise à proximité de la ferme, parcelles de grande superficie, dégagées, sans obstacles, et traitement confié à un pilote chevronné aidé par une équipe d’assistance au sol très habile.
Le vent, l’éloignement de la piste, l’exiguïté et la forme biscornue des parcelles, les obstacles naturels tels que les brise-vent, les fils électriques, les terrains trop accidentés, sont par contre autant de facteurs de baisse du rendement de l’appareil.
Le tableau 2 (voir fichier PDF) présente la performance que le Zenair 701 AG-Stol, peut atteindre en conditions optimales de traitement (ferme de Hamma dans le Gharb, très peu ventée, parcelles de 500 à 800 m de long, piste in situ, pas de brise vent, remplissage de la cuve au sol en temps record): il faut en moyenne 83 s pour charger la cuve, 12 s pour décoller, environ le double pour atterrir, 90 s pour rejoindre la parcelle et autant pour revenir, 300 s pour épandre les 150 L de produits sur la culture, auxquels il faut ajouter 5 s de temps mort. Ce qui conduit à des performances de l’ordre de 25 à 30 ha/h et 200 à 250 ha/j.
Ce n’est plus le cas dès lors que l’ULM évolue sous contraintes ou dans des conditions moins optimales. Le rendement de l’appareil est alors tiré vers le bas et peut varier dans de très larges limites (10 à 150 ha/j), en fonction de l’importance des difficultés rencontrées sur le terrain, comme le montrent les résultats obtenus au Domaine Ouled Cheddad (ferme souvent ventée, parcelles irrégulières, piste éloignée, équipe au sol moins efficace…). Il peut même être nul par temps venté toute la journée. Dans plusieurs régions, il arrive parfois que l’appareil reste cloué au sol (et le producteur sur ses nerfs), 2 à 3 journées consécutives, malgré l’urgence de l’opération et la menace des maladies ou des ravageurs sur des centaines d’hectares de cultures.
Efficacité sur le plan agronomique
Sur les exigences de la qualité des traitements, l’ULM (du moins le Zenair) ne présente aucun avantage particulier par rapport à l’avion, si ce n’est de pouvoir voler un peu plus bas, ce qui limite les risques de dérive du produit. Mais encore faut-il avoir un pilote très « fin » du fait d’un effet-sol (matelas d’air) très faible par rapport aux appareils comme l’Albatros.
Du fait des faibles bouillies (20 à 30 L/ha), à l’évidence un ULM ne peut épandre des produits de contact demandant un mouillage complet des cultures. D’autre part, il est bien connu qu’il y a plus de problèmes à obtenir une répartition uniforme de pesticides avec l’avion qu’avec le tracteur, à cause entre autres de la turbulence causée par les extrémités des ailes et par les tourbillons de l’hélice.
Aux Domaines Agricoles, il n’y a pas eu de mesures sur cartes Kromekote pour tester la qualité de la pulvérisation de l’appareil. Mais sur les herbicides, où l’insuffisance de la performance agronomique est très facile à déceler à l’œil, grâce à la technique d’observation des bandes ratées, nous n’avons noté aucune faiblesse de l’ULM par rapport à l’avion classique. Il en est de même pour les fongicides.
Par contre, il y a une insuffisance flagrante de la qualité des traitements (même à 30 L/ha) pour les insecticides dirigés contre des ravageurs vivant à l’intérieur de la masse végétative ou dans le cœur du bouquet foliaire de la plante, telle que la casside de la betterave .
Pour en améliorer l’efficacité agronomique, il faudrait peut-être une pompe à pression plus forte permettant au produit de pénétrer à l’intérieur de la masse foliaire pour atteindre le ravageur.
Aucun traitement vraie grandeur nature n’a jamais été réalisé en ultra-bas volume au sein des Domaines agricoles. Le peu de tests effectués à échelle limitée, des bouillies de 10 ou 15 L, montrent des résultats plutôt mitigés, fonction du produit utilisé.
Pour des anti-graminées systémiques comme Fusilade et Gallant, il ne semble pas y avoir de perte d’efficacité à des bouillies de 10 L/ha, à condition d’en majorer la dose de 50 % (1,5 L au lieu de 1 L) et d’être appliqués sur un tapis de graminées bien développé.
Rentabilité
Ce n’est pas son amortissement (l’appareil avec ses équipements agricoles coûte à peine le prix d’un gros tracteur, soit 447.792,00 Dh) et encore moins sa consommation en carburant (1/2 à 1 L/ha d’essence de voiture SP) et en lubrifiants (négligeable) qui déterminent le coût de revient d’un ULM, mais plutôt la rémunération du pilote (271.500/an) et la prime versée à l’assurance, en fonction de la stratégie de gestion retenue (270.000 Dh pour la convention tous risques et 58.000 Dh pour la convention responsabilité civile).
Du fait des charges fixes correspondantes trop élevées, la formule usuelle de type ‘pilote permanent + assurance tous risques’ (la première a avoir été essayée aux Domaines Agricoles) n’est pas rentable par rapport à la location (312 Dh/ha contre 160 Dh TTC pour la location), en années extrêmement sèches. Faute de pluie, la superficie traitée n’atteint jamais le seuil de rentabilité de l’appareil qui est de l’ordre de 2.000 ha, pour une politique à deux traitements (un passage pour le désherbage et un second pour le fongicide), ou, ce qui revient au même, de 4.000 ha (un seul passage soit pour le désherbage soit pour le fongicide) pour une politique à un seul traitement, où une partie du travail est réalisée au tracteur.
Un tel constat suggère, pour être rentable, soit de traiter chez les voisins ou d’associer aux traitements agricoles, d’autres activités complémentaires rémunératrices qui sortent totalement du cadre de la mission des Domaines Agricoles (baptême de l’air, banderole, surveillance, loisirs,…).
La meilleure rentabilité (89 Dh/ha) est obtenue en année humide à forte activité avec la formule ‘pilote occasionnel rémunéré au prorata du nombre d’ha traités + prime d’assurance limitée à la responsabilité civile et zéro casse’ (Tableau 4, voir fichier PDF).
Cette seconde formule n’a été expérimentée avec succès que dans la zone limitée du Gharb, grâce à un partenariat avec un jeune pilote résident sur place, qui fait du pilotage une activité annexe. Elle suppose, pour en faire un système de gestion plausible, l’existence à un échelon plus large, de possibilités réelles de créer des parcs d’ULM sans pilotes, avec recrutement de dernière minute (garanti risque- zéro pour l’employeur), d’occasionnels prêts à signer des contrats de travail ‘ tributaires de la pluie’.
Le Maroc a une longue histoire en matière d’aviation certes, mais il n’existe pas pour le moment (en tout cas pas à notre connaissance) de liste publiée où de site Internet permettant d’évaluer le potentiel du pays en pilotes occasionnels de ce genre.
La part du pilote n’est pas la seule dépense importante du coût de revient du traitement, il y a aussi le risque de casse. En dépit des progrès technologiques réalisés sur l’ULM, ce risque n’a pas été encore ramené à un niveau économique acceptable et reste d’un poids déterminant sur la rentabilité de l’appareil.
Sur les 4 pilotes qui se sont succédés aux Domaines Agricoles en l’espace de dix ans, pourtant tous des professionnels, trois ont cassé chacun un appareil (perte subite d’altitude et accrochage à un brise-vent pour deux d’entre eux, surchauffe par mégarde et incendie en vol pour le troisième), et un en a cassé deux (dans les deux cas décrochage et dégâts irréparables sur le fuselage).
Quoi que cela puisse paraître paradoxal, en année sèche à faible activité, c’est lorsqu’il y a casse que la rentabilité de l’ULM est meilleure, en raison du montant versée par l’assurance, à condition de souscrire au régime tous risques. Ce qui ne sous entend pas, pour rester constamment rentable, de casser volontairement les appareils chaque fois qu’il fait sec.
Comparaison ULM/avion
Les avantages économiques de l’ULM sont surtout son prix d’acquisition moins élevé (l’appareil coûterait encore moins cher s’il était importé en Kit et monté localement), son prix de revient faible à l’heure d’utilisation et la possibilité d’être déplacé d’une région à l’autre, en vue d’un travail limité, à un coût moindre que l’avion de location.
Par contre, sur le plan des possibilités techniques et aérodynamiques, tout est en faveur de l’avion. Un Cessna peut emporter 750 L de produit (contre 150 L pour l’ULM), traiter 400 ha /j (contre 200 ha/j).
La tenue de route, la force ascensionnelle, la réserve en puissance en cas de pépin (évitement d’obstacles en bout de parcelle), et les qualités de vol d’un avion d’une manière générale, n’ont rien à voir avec celles d’un ULM 3 axes. En un mot, sur le plan technique et aérodynamique, l’écart entre les deux machines est immense et reste largement en faveur de l’avion.
Contraintes au développement de l’ULM au Maroc
L’obstacle majeur au développement de l’ULM au Maroc reste la réglementation qui régit son utilisation (B.O n°2598; 1962). Tandis que dans certains pays, qui ont choisi d’en encourager l’usage, le montage de l’appareil même, son immatriculation, l’obtention de la licence de pilotage, les conditions de navigabilité…, sont régis par des textes spécifiques très allégés et adaptés à l’usage très diversifié fait de cet appareil (sport, loisirs,…). Au Maroc, cet aéronef continue d’être assimilé à un avion VFR classique. Ailleurs, l’entretien par exemple en est entièrement confié à l’usager, sans la moindre restriction, tandis que dans la réglementation marocaine, il doit être obligatoirement réalisé par un mécanicien avion confirmé. L’appareil est en outre soumis à des contrôles avion périodiques classiques par le bureau Veritas: maintenance préventive à 25 h, 50 h, 100 h,… ce qui demande un convoyage fréquent de l’appareil (très gênant en période de forte activité), depuis son lieu de travail, sur Casablanca; le seul centre urbain abritant pour le moment des ateliers de contrôle avion agrées.
La difficulté de second niveau concerne la pièce de rechange. Faute justement d’efforts pour en promouvoir l’utilisation, le nombre d’ULM circulant dans la pays étant pour le moment très limité pour justifier aux entreprises étrangères de créer des succursales pour la pièce de rechange ou de s’installer au Maroc.
Conclusion
Au Maroc, sur le plan théorique du moins, d’importantes possibilités pour le développement de l’ULM existent, aussi bien dans le secteur agricole que dans les autres secteurs de l’économie. Mais un tel développement reste tributaire de la volonté de l’Etat de réellement promouvoir cet aéronef, notamment par la promulgation de textes de loi sur les conditions de son importation, d’obtention de la licence professionnelle de pilotage, d’entretien, de navigabilité, moins contraignants et plus adaptés à ce type d’appareil.
Dans le domaine agricole qui nous préoccupe le plus ici, une telle promotion permettra d’ouvrir des horizons pour la création d’entreprises aux jeunes ingénieurs et techniciens aujourd’hui en quête de la moindre occasion du travail.
L’appareil lui-même n’étant pas coûteux et peut même être importé en kit et assemblé localement, l’obtention de la licence non plus, à condition d’alléger les textes à la manière de certains pays de l’Europe. Avec de telles facilités, dans chaque grande région agricole du Maroc, (Gharb, Tadla, Doukkala, Saïs…), il y aurait moyen de créer des sociétés d’ULM- services. Pour autant que les candidats acceptent de relever le défi, la double fonction de pilote et de conseiller agricole, devrait pouvoir jouer largement en faveur des jeunes agronomes qui désirent s’installer à leur propre compte.
Bien sûr, en conditions d’agriculture à dominante Bour, le traitement aérien demeure une activité à rentabilité aléatoire, très dépendante du climat. Mais l’usage multitâches de l’ULM, avec comme activités annexes l’avertissement agricole, la surveillance pour le compte du public ou du privé, la banderole, le baptême de l’air, la photo professionnelle ou la photo tout court,…est sans doute un système plus complet et plus sécurisant que de se cantonner dans l’épandage.
Enfin, il ne faudrait pas perdre que cet effort de promotion de l’ULM qui ne coûterait rien à l’Etat, si ce n’est de créer un environnement réglementaire permettant de s’affranchir des dispositifs sophistiqués réservés aux avions, va procurer au Maroc, le double avantage d’introduire sur le terrain:
- une nouvelle technologie forcément source de progrès, comme toute autre technologie moderne;
- un potentiel supplémentaire en ingénieurs-conseils privés (plus opérationnels ceux-là pour des raisons de compétitivité) pour accroître les ratios d’encadrement, en particulier de l’agriculture.
Aït Houssa A1., Ouknider M(1).,
Safine M(2).
(1) ex-Consultants aux Domaines Agricoles
(2) Direction des Domaines Agricoles, Casablanca
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Lutte contre les chenilles processionnaires du pin : expérimentation de l’éco-piège
novembre 3, 2009
Classé sous Protection des végétaux

La processionnaire du pin est un insecte dont les chenilles, dites défoliatrices, s’attaquent aux pins et aux cèdres dont elles consomment les aiguilles. Elles affaiblissent ainsi les arbres et retardent leur croissance. Ce ravageur des jardins, des espaces verts et des forêts progresse vers le nord et en altitude en lien avec le réchauffement climatique. Or sa propagation engendre d’importants problèmes économiques et sanitaires, les chenilles étant hautement urticantes pour l’homme et les animaux. C’est donc dans ce contexte que l’Unité Expérimentale Forestières Méditerranéenne du Centre de recherche INRA d’Avignon, qui est spécialisée dans la recherche et le développement de méthodes de luttes alternatives contre ce ravageur, a participé au développement de l’éco-piège, en collaboration avec l’entreprise La Mésange Verte.
L’éco-piège est formé d’une simple collerette, entourant le tronc à une hauteur où les enfants ne peuvent pas l’atteindre, et d’un sac rempli de terre. Le principe sur lequel repose ce système de lutte est particulièrement original : il utilise en effet des séquences du comportement de l’insecte pour mieux le piéger. Rappelons qu’en fin d’évolution larvaire, les chenilles se regroupent en procession le long du tronc pour descendre de l’arbre et se nymphoser dans la terre. Arrivées dans la collerette, elles sont dirigées dans un sachet rempli de terre suspendu à l’arbre dans lequel elles vont tisser un cocon et se nymphoser. En fin d’hiver, période où les processions sont terminées, l’utilisateur devra décrocher le sachet plastique et l’incinérer. Précisons que ce piège doit être installé sur le tronc des conifères ayant des nids d’hiver de processionnaire du pin. Ainsi, par ce principe, les chenilles sont piégées à une période où le risque dû aux soies urticantes est le plus important. C’est donc une méthode de lutte particulièrement intéressante dans les jardins et dans les zones fréquentées par le public.
L’INRA a testé ce piège dans un terrain de camping du Vaucluse, dans le sud de la France, sur un échantillonnage de pins d’Alep fortement infestés par la processionnaire du pin. Les sachets ont été enlevés et vidés en fin de période. Résultat : de nombreuses chrysalides de processionnaires ont été ainsi dénombrées ce qui prouve l’efficacité du dispositif. Courant 2010, des études complémentaires devraient être menées. Pour autant, l’éco-piège peut déjà être recommandé comme une méthode de lutte efficace.
bulletins-electroniques.com
Le carpocapse des pommes et des poires
novembre 3, 2009
Classé sous Protection des végétaux

Répartition géographique, plantes-hôtes et dégâts
Le Carpocapse (Cydia pomonella) est répandu dans l’ensemble des régions de culture des Pommacées. En altitude, il peut se développer dans les vergers des massifs montagneux atteignant 1.800 m d’altitude.
Ses principales plantes-hôtes sont le pommier et le poirier mais s’accommode aisément du cognassier, du noyer, du pacanier et quelquefois du prunier et de l’abricotier. Sur pommier et poirier, les dégâts sont de deux types:
- de légères morsures superficielles, faites par les jeunes chenilles au moment de leur stade baladeur qui dure deux jours environ. Ces attaques bien remarquables sur les fruits verts se cicatrisent et forment des taches liégeuses;
- des galeries en spirale, orientées vers les pépins et encombrées de déjections larvaires, résultant des dommages provoqués par le mâchage des chenilles. Les fruits ainsi rongés peuvent avorter lorsque l’attaque intervient juste après la floraison, tomber précocement (caractéristique du Carpocapse) ou mûrir prématurément lorsque l’attaque est plus tardive.
Les points d’entrée de la larve s’établissent fréquemment au contact de deux fruits, d’un fruit et d’une feuille ou dans la cavité de l’œil. En matière de sensibilité aux agressions, le pommier est vulnérable durant toute la période d’activité de l’insecte. En revanche, le poirier présente un degré de réceptivité variable selon la maturité des variétés: Guyot, William’s, Beurré Hardy sont vulnérables dès la première génération; Conférence, Doyenne de Comice et Passe Crassane sont réceptives aux deux autres générations.
Types de dégâts
Attaques actives: entrées des larves avec défécations visibles de l’extérieur causant souvent la chute des fruits. Galeries en spirales sous l’épiderme évoluant profondément jusqu’aux pépins. Attaque du fruit par l’œil, surtout sur poirier;
- Attaques tardives: pénétrations avec auréoles rouges, pas de sciure externe (fin août – septembre);
- Attaques stoppées: taches brunâtres de 2 à 3 mm recouvrant une zone subérisée, pas de galerie interne;
Attaques cicatrisées: formation d’un tissu cicatriciel quelquefois proéminent à l’endroit d’une ancienne attaque arrêtée.
Biologie
L’activité des papillons, essentiellement crépusculaire, est fortement influencée par l’intensité lumineuse, la température ambiante, l’humidité atmosphérique et le vent. Les vols sont très importants durant les 20 minutes qui précèdent et suivent le coucher du soleil. La température favorable au vol se situe au-dessus de 13°C. Les pluies et les fortes humidités atmosphériques immobilisent l’insecte. La ponte, généralement crépusculaire, est interrompue lorsque la température est inférieure à 15°C ou le feuillage est mouillé, mais culmine aux environs de 25°C.
La fécondité d’une femelle est comprise entre 100 et 200 œufs pour une longévité proche de 15 jours. Le développement embryonnaire requiert 90 degrés-jours (seuil 10°C). La vitalité des larves néonées dépend étroitement de la température. Leur pénétration dans le fruit n’a lieu qu’au-dessus de 16°C. La durée du développement larvaire est aussi régie par la température, la prise de nourriture et la génération à laquelle appartiennent les larves. Si l’on prend 10°C comme seuil thermique, la quantité d’énergie nécessaire au développement des larves sans diapause est de 300 degrés-jours. Les chenilles en diapause, forme d’hivernation du carpocapse, apparaissent à partir du 15 août et poursuivent leur formation jusqu’à la fin de la récolte. Elles passent l’automne et l’hiver à l’état de L5 dans un cocon blanchâtre, collé, à l’abri, dans les crevasses du tronc ou enfoui dans le sol. Lorsque leur diapause est levée, les chenilles muent progressivement en nymphes d’où émergeront des papillons durant tout le printemps (fin mars à fin juin).
Au sujet du cycle, les observations conduites à Oulmès, à Azrou et à Immouzzer fixent à deux générations complètes et une troisième partielle l’évolution du Carpocapse. La première se déroule entre début mai et fin juin, la seconde entre début juillet et 15 août. La troisième, incomplète, commence la deuxième quinzaine d’août et la presque totalité des larves L5 qui en sont issues entrent en diapause avant la récolte. Certains individus non touchés par la diapause peuvent engendrer une quatrième génération sans importance pour la culture.
Stratégie de lutte
Le Carpocapse est le ravageur clé de la culture du pommier et du poirier. Pour maintenir ses dégâts à un niveau économique tolérable (estimé à 2%), il est indispensable de prendre certaines mesures prophylactiques et de bien connaître la biologie du ravageur. En effet, le raisonnement de la lutte s’articule autour de l’évaluation du risque, du seuil d’intervention admis et de l’alternance des insecticides durant la saison.
Estimation du risque
Le piégeage sexuel, procédé d’avertissement simple à installer en verger, est une des techniques à mettre nécessairement en œuvre afin de mieux diriger la lutte anti-carpocapse. Pour cela, il est recommandé dès fin mars et jusqu’à la récolte, de placer des pièges selon la méthode suivante:
- 1 piège par parcelle de moins de 4 ha et au-delà de cette superficie ajouter un piège supplémentaire tous les 4 ha. A titre d’exemple, une exploitation de 40 hectares nécessite 10 pièges. La pose des pièges doit avoir lieu vers le 15 avril.
- disposer les pièges dans le verger de manière à prévenir les possibilités de surinfestation par les populations diffusées par les vergers délaissés, les frigos, les stations de conditionnement, les décharges de fruits, etc.
- changer les capsules toutes les 4 semaines et les plaques engluées lorsqu’elles sont encrassées;
- relever les pièges tous les 2 jours et cumuler toujours les 3 dernières saisies consécutives;
- compléter les résultats des pièges par des contrôles visuels réguliers du verger et une pose de bandes pièges après l’éclaircissage.
Bien exécuté, le piégeage sexuel précède le risque encouru par la parcelle où il est mis en œuvre et permet de prendre en compte les déplacements des papillons. Lorsque les prises sont faibles ou absentes, la menace est inexistante (prévision négative). Mais, étant donné que les captures ne sont corrélatives ni du niveau de population, ni du risque qu’elles constituent, il y a lieu d’être très vigilant en présence de populations abondantes car les captures fournies par les pièges dans ces circonstances sont biaisées. Deux tendances se présentent alors:
en l’absence de dégâts l’année précédente, les seuils de nuisibilité, quand la température est favorable à la ponte (température > 15°C), sont:
dans les vergers fortement infestés, le seuil admis est plus bas: 3 papillons en 6 jours quelle que soit la superficie du verger.
Les contrôles visuels, outils supplémentaires d’estimation du risque, doivent être effectués tous les 10-15 jours sur 1.000 fruits pris sur 50 arbres dont 20 situés en bordures. Lors de ces comptages, il est recommandé d’examiner particulièrement les fruits groupés. Le seuil admis est de 2% de fruits attaqués à la récolte et 0,3% à la fin de la première génération.
La séquestration de chenilles, par bandage des troncs d’arbre à 50 cm du sol au moyen de rubans en carton ondulé de 15 à 20 cm de large, constitue un autre moyen simple et efficace d’estimation de la population. À cet effet, pour une parcelle de 4 ha on applique 30 bandes dont 10 sur les arbres des bordures. Les effectifs piégés par ces bandes, installées après éclaircissage et décollées après récolte, renseignent sur le risque encouru par la culture au printemps prochain. À ce titre, si le nombre moyen de larves/arbre < 1, la population sera faible; £ 5, la menace sera grave; ³ 5, le risque sera très grave.
Choix et positionnement des produits
La qualité de la lutte contre la première génération est décisive pour la sauvegarde de la récolte car les dégâts peuvent être décuplés entre le premier et le deuxième vol. Pour s’en prémunir, la couverture insecticide doit être permanente durant la période de risque précisée par le piège sexuel. En matière de lutte proprement dite, deux possibilités s’offrent au producteur:
lorsqu’il opte pour un traitement ovicide, la durée probable de ponte des femelles est d’une semaine. En conséquence, il faut intervenir dès que le seuil est atteint en cas de population faible ou dès les premières captures quand les populations sont abondantes;
lorsqu’il penche pour un insecticide à effet larvicide, il faut attendre 5 à 7 jours après le dépassement du seuil de manière à réprimer les jeunes larves issues des premiers et derniers œufs pondus.
Les stratégies de lutte contre le carpocapse sont indiquées ci-après.
Principes de raisonnement
- bien estimer à la parcelle le niveau de populations par piégeage, par notation sur fruits en fin de G1, à la récolte et par bandes pièges;
- sur des populations fortes, privilégier les organo-phosphorés durs au moins durant les périodes à haut risque et surtout sur le 1er vol et ne faire revenir une famille d’insecticides qu’après 3 voire 4 générations;
- utiliser les produits doux uniquement sur les populations faibles à moyennes;
- rechercher s’il y a des trous de couverture en comparant la période de protection au risque global et aux données de piégeage des parcelles;
maintenir une cadence d’interventions de 10-15 jours pour la majorité des produits, sauf pour quelques uns tel que Insegar où, contre observations, elle peut être ramenée à 20 jours. En août, par fort ensoleillement, cette cadence peut être baissée à une semaine en cas de risque (forte pression du ravageur); - il est important de bien traiter la première génération pour limiter la nuisibilité des autres généralement plus difficiles à contrôler en raison du stade baladeur très court;
- envisager des tests de résistance.
Gestion de la résistance du Carpocapse aux insecticides
Depuis quelques années, la lutte chimique contre le Carpocapse montre dans certains vergers des signes manifestes de faiblesse. En dépit du resserrement des traitements (10 à 15 applications), du mélange des produits et de l’augmentation des doses, les attaques de l’insecte demeurent quelquefois inquiétantes. Ce regain d’agressivité, réassorti en partie par les conditions météorologiques estivales, relèverait davantage d’une déperdition de l’efficacité des produits employés.
Dans la pratique, l’escalade est inutile car c’est une solution à court terme. Le plus pressant est de repérer localement les foyers de résistance, de surveiller leur extension et de déterminer, pour une meilleure gestion de ce phénomène, quels sont les produits qui n’ont pas encore perdu leur efficacité. L’autre urgence est d’éviter l’apparition de résistances dans les vergers où la pression du ravageur demeure faible. Pour ce faire, un calendrier d’interventions par alternance de modes d’action des insecticides à employer sur la base du cycle de l’insecte et couvrant au moins deux générations successives est d’un bon secours. Les stratégies de gestion qui se dégagent alors sont les suivantes:
Stratégie de lutte en cas de résistances
Elle consiste à perturber le comportement de l’insecte par la technique de confusion qui détraque la communication indispensable à sa reproduction et à le traiter avec des moyens biologiques telle que le virus de la granulose contre lequel il demeure impuissant. Ces deux moyens biologiques, utilisés seuls ou associés selon les situations, constituent pour l’instant l’unique riposte dans nombre de pays où la résistance sévit.
Plus précisément, dans les vergers où la pression du ravageur est faible, la confusion seule ou le virus servi seul, sont capables d’assurer une récolte saine et de prévenir la résistance. En revanche, dans les vergers bondés, la combinaison de ces deux moyens est nécessaire pendant plusieurs années successives pour rétablir le risque à un niveau tolérable. Toutefois, il faut retenir qu’en première année de lutte combinée, l’attaque à la récolte peut être élevée car le virus, peu rémanent et agissant lentement, laisse le temps aux larves de produire des dégâts.
Stratégies de prévention de la résistance
A présent, l’essentiel est de prévenir l’apparition de résistances par une lutte alternant des modes d’action de produits durant le cycle biologique de l’insecte. Dans nos conditions, le Carpocapse développe deux générations complètes et une troisième rendue partielle par la diapause des larves qui ne donneront des papillons qu’au printemps suivant. Cela impose donc l’utilisation de trois types de programmes de traitements distincts par saison, faisant intervenir des insecticides différents mais impliquant un raisonnement prenant en compte la 2ème année (P4). L’abondance des insecticides homologués à cet effet permet cette alternance .
Le piégeage sexuel ne constitue pas la seule source pour raisonner les traitements mais demeure essentiel pour dégager le niveau du vol et les pics éventuels. Le contrôle des dégâts sur fruits et les bandes pièges sont d’excellents outils d’aide à la décision.
Le Carpocapse des pommes et des poires
Cydia pomonella L. (Lepidoptera, Tortricidae)
Synonymes: Laspeyresia pomonella L., L. pomonana Den & Schiff., L. aeneana Villers, Carpocapsa pomonella L., Armonia pomonella L.
Noms communs : Carpocapse des pommes, Codling moth, Guzano de las manzanas
Description
Adulte: il mesure 15 à 22 mm d’envergure. Ses ailes antérieures, gris cendré, striées transversalement de fines lignes brunes, se terminent chacune par une tache brune, caractéristique, encadrée par deux lisières bronzées en forme de parenthèses et à reflet métallique. Les ailes postérieures, brun cuivré à éclat doré, sont plus foncées à leurs régions marginales et frangées d’un brun clair. Dans la distinction entre les sexes on considère, outre l’extrémité abdominale siège des pièces génitales, la forme des ailes. Les deux paires d’ailes de la femelle ont une coloration uniforme gris brun à reflet cuivré. En revanche, le mâle présente une plage d’écailles noire sous formes de taches subrectangulaires foncées dans l’espace médian de l’aile antérieure, au voisinage du bord interne.
Œuf: ressemble à une minuscule lentille de 1,2 mm x 0,9 mm, presque circulaire, légèrement aplati et bombé au centre. Gris jaunâtre à reflet opalescent lorsqu’il est fraîchement pondu, il laisse apparaître, lorsque le développement embryonnaire est bien avancé, un anneau rougeâtre à l’intérieur. Le vitellus prend souvent une teinte orangée. Au stade ultime du développement embryonnaire, la tête de la jeune larve apparaît noire.
Larve: blanchâtre, tête noire, elle mesure 1,5 mm à l’éclosion. Elle passe par 5 stades et atteint à la fin de son développement 20 mm de long. Son corps devient rose clair et seule la tête demeure brunâtre. Les quatre paires de fausses pattes abdominales sont munies de 28 à 35 crochets semblables et disposés en une seule rangée. Les fausses pattes anales sont hérissées de 15 à 25 crochets seulement. La larve du Carpocapse n’a pas de peigne anal ce qui la distingue des autres tordeuses des fruits.
Chrysalide: mesure 10 mm environ et possède 10 segments abdominaux. Sa coloration varie du brun jaune au brun foncé. Les deux sexes se distinguent par la disposition des sillons génitaux visibles ventralement sur le cône terminal.
Prof. HMIMINA, M.
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
m.hmimina@iav.ac.ma
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Le Psylle du poirier
novembre 1, 2009
Classé sous Protection des végétaux
Le Psylle du poirier (Cacopsylla pyri Foerster, Homoptera, Psyllidae) est le deuxième ravageur clé du poirier après le Carpocapse. Sa répartition est mondiale et il a été accidentellement introduit d’Europe en Afrique du Nord et dans d’autres continents, notamment américain vers la fin du 19ème siècle. Il s’attaque au poirier, mais aussi au cognassier. Des prédateurs, notamment les Coccinelles et le Syrphe, bien ménagés par la lutte chimique, ce qui n’est toujours pas le cas, contribuent à affaiblir ses populations mais leur secours demeure bien insuffisant pour maintenir le verger propre et la production commercialement saine. D’ailleurs, un peu partout, le Psylle montre une résistance accrue aux insecticides ce qui rend encore la lutte plus difficile.
Biologie du Psylle
Dans nos vergers le Psylle développe plusieurs générations toutes aussi dangereuses pour le poirier.
Première génération
L’insecte hiverne à l’état adulte sous les écorces des arbres, sous des débris…. Lorsque la température avoisine 10°C, ce qui est presque toujours le cas dans nos vergers, on peut observer ses adultes se déplacer naturellement sur l’arbre. Si la température se maintient plus de 2 jours autour de 10°C, l’accouplement et la ponte débutent immédiatement (dès janvier). Avant le débourrement, le Psylle pond ses œufs de façon isolée ou en ligne sur les surfaces rugueuses des bourgeons, des rameaux et dans les crevasses de l’écorce. Plus tard, avec le développement des bourgeons et l’apparition des nouvelles pousses, le ravageur se déplace pour aller les déposer sur le pourtour des feuilles et les tiges des pousses où l’on peut au moyen d’une loupe de poche voir aisément ses oeufs. L’éclosion, fortement influencée par la température ambiante, s’étale sur une longue période : plus d’un mois à 5°C vs une semaine à 20°C. Les premières pontes sur le feuillage éclosent au moment où les feuilles commencent à se déployer. Une femelle peut pondre jusqu’à 400 éléments et même davantage sur une période de 2-3 semaines. Cet étalement rend la lutte laborieuse contre l’insecte. Entre l’oeuf et l’adulte, le Psylle passe par cinq stades nymphaux qui se nourrissent en suçant la sève des bourgeons, des feuilles et des pousses.
Les deux premiers stades sont relativement immobiles et produisent peu de miellat. Les nymphes des troisième, quatrième et cinquième âges se reconnaissent par la présence d’ébauches alaires de plus en plus visibles. Lorsqu’elles se nourrissent, elles se dissimulent souvent sous le miellat à l’aisselle des feuilles. Ce comportement rend malaisé le contrôle de l’insecte à l’aide des pesticides classiques.
La durée du cycle biologique peut varier de 4 à 6 semaines pour la première génération, mais dépend fortement de la température. Cette génération est la plus longue.
Deuxième génération
Les adultes de la deuxième génération font leur apparition dès début avril et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai. Environ 5 à 7 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des nouvelles feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines. Les œufs éclosent une semaine après avoir été pondus, de telle sorte qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents.
Troisième génération
Les adultes de la troisième génération apparaissent dès début mai et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai et juin. Moins de 5 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines. L’étalement de la ponte et l’échelon-nement des éclosions font encore qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents. Du fait de ce chevauchement, cette génération est la plus difficile à maîtriser.
Quatrième et cinquième générations
Ces générations estivales occupent tout le mois de juillet mais la mortalité larvaire par les chaleurs contribue efficacement à la réduction de ses effectifs. La ponte se fait surtout sur les gourmands qui s’allongent dans la partie centrale des arbres ou sur les jeunes pousses terminales. La quantité d’œufs pondus (200-400/femelle) dépend des conditions climatiques et de la température. Les Psylles peuvent encore être présents en grand nombre même après la récolte sur les arbres à forte végétation. Les oeufs de la G4 peuvent apparaître en septembre et même plus tard et donnent une cinquième génération rendue partielle par la diapause, généralement beaucoup moins nombreuse que les trois premières.



Dégâts du Psylle
Ils sont directs et indirects. D’abord, les Psylles dépriment les arbres, défavorisent la croissance des pousses agissant ainsi à retardement sur le rendement de l’année suivante. Ensuite, en grande quantité et en raison de la salive toxique qu’ils injectent dans les tissus pendant leur alimentation, ils deviennent coupables du flétrissement, du roussissement et de la chute prématurée des feuilles. Les arbres affaiblis par des infestations graves deviennent vulnérables aux dégâts des froides températures hivernales. Enfin, l’excrétion et l’accumulation de miellat sur le feuillage et sur les fruits sont les signes les plus évidents de la présence des Psylles. Le champignon responsable de la fumagine se développe dans le miellat et rend la surface du fruit rugueuse, sale, ce qui en abaisse la qualité commerciale. En verger, les arbres déjà soumis à une forte attaque des Psylles ont une écorce noircie par la fumagine.
Surveillance du Psylle du poirier
Il n’existe ni piège, ni phéromone qui permettent de surveiller la présence ou l’activité du Psylle. Le contrôle repose entièrement sur l’observation des feuilles et des rameaux. Pour déceler la présence du Psylle adulte, on procède par frappage, c’est à dire qu’on heurte les branches avec un bâton et on recueille les insectes qui en tombent dans un plateau destiné à cet effet. Les périodes décisives pour procéder à cet échantillonnage varient d’une région à l’autre et d’une année à l’autre.
En début de saison
Il est conseillé de récolter périodiquement des échantillons de lambourdes dès fin février afin d’évaluer la pression éventuellement qu’exercera le ravageur sur le verger. Il est recommandé de noter aussi le moment où commence la ponte et le moment d’éclosion des premiers œufs. Pour déceler l’activité des adultes, il y’a lieu de prélever au moins deux échantillons vers la fin de février afin d’avoir une idée du niveau de la population qui a survécu à l’hiver. L’importance de la population est estimée par le nombre d’individus recueillis par frappage. On considère que la population est faible s’il y a moins de 1 Psylle/coup de bâton, moyenne s’il y en a 1-2 et élevée s’il y en a plus de 3. Vingt-cinq coups de bâtons par variété, à raison d’un coup par arbre, permettent de se faire une bonne idée de la population du ravageur.
Les œufs sont pondus entre début et mi-mars, voire plus tôt, et n’éclosent généralement que vers début avril. Le contrôle des œufs permet de vérifier l’activité de ponte et l’apparition des nymphes. Un minimum de 25 lambourdes et pousses terminales par variété (1 lambourde par arbre) fournissent de bonnes indications sur les stades présents. Prélever au moins 10 lambourdes dans la partie centrale du verger et le reste sur sa périphérie. Les œufs nouvellement pondus sont blanc crème et deviennent jaunes puis orangés avant l’éclosion.
Au fur et à mesure que le feuillage se déploie, le Psylle pond ses œufs sur les feuilles et les pétioles tendres des pousses. En général, les œufs sont rassemblés à la base des feuilles le long de la nervure principale. Il s’agit, dès l’apparition du feuillage, de prélever des pousses terminales pourvues de 4-6 feuilles et d’évaluer les insectes présents dans les 5 dernières feuilles des pousses.
De mai à la récolte
La surveillance des populations estivales se fait par échantillonnage des pousses terminales et les pousses adventives dans la partie centrale de l’arbre. À la mi-juin, la majorité des feuilles sont adultes, limitant l’activité des Psylles essentiellement aux pousses adventives et aux pousses terminales encore tendres.
Pendant cette période, l’échantillonnage par observations visuelles et frappage répétés (25 coups par variété pour chaque date d’échantillon) demeure utile si l’on veut dénombrer les formes présentes (oeufs, nymphes, adultes).
L’échantillonnage hebdomadaire constitue le meilleur moyen de vérifier efficacement l’évolution des populations de Psylles. L’idéal est de commencer l’échantillonnage dès mi-février et de le poursuivre jusqu’à la récolte.
Stratégies de lutte
Les pratiques culturales influencent grandement l’activité du Psylle et l’importance de ses pullulations. La prise en compte de ces pratiques joue un rôle déterminant dans la réduction des populations lorsque des problèmes de résistance surgissent. Des arbres vigoureux à feuillage touffu et plantés denses sont propices à la pullulation des Psylles. Les principes fondamentaux pour garantir une bonne gestion anti-Psylle du poirier sont:
Fertilisation adéquate
Les populations de Psylles explosent dans des conditions de végétation luxuriante. Une fertilisation azotée riche entraîne souvent une croissance excessive du feuillage, favorisant du coup l’activité des Psylles.
Densité de peuplement convenable
Les hautes densités mettent les arbres en concurrence pour les éléments nutritifs du sol et la lumière. Cette situation peut entraîner une croissance végétative excessive et la production de rameaux étiolés, autant de conditions favorables à l’accroissement des populations de Psylles. L’enchevêtrement des branches appartenant à différents arbres facilite aussi l’extension des Psylles dans le verger et fait en sorte qu’il devient alors très difficile d’assurer un bon recouvrement lors des pulvérisations. Il faut bien respecter les recommandations de plantation applicables au cultivar et au porte-greffe choisi.
Taille convenable
Les pousses adventices ou gourmands situés dans la partie centrale de l’arbre sont des sites de ponte recherchés par le Psylle. Leur suppression réduit non seulement l’activité de ponte, mais permet aussi une meilleure pénétration des pesticides et une meilleure aération.
Bonne circulation d’air
Les Psylles adultes sont de mauvais voiliers et lorsqu’ils volent c’est sur de courtes distances. La présence de brise-vent denses aux alentours des parcelles peut aussi entraver la lutte contre les Psylles en créant des zones abritées favorables à leur dispersion. En verger, il est judicieux de s’assurer d’une bonne circulation d’air en aérant les haies brise-vent et en orientant les rangées d’arbres convenablement.
Bonne couverture des pulvérisations
Bien des problèmes occasionnés par les Psylles s’expliquent par un mauvais recouvrement de la culture au moment des pulvérisations. La présence d’une importante population résiduelle de Psylles au cœur des arbres après traitements indique une mauvaise application de la bouillie. Pour garantir une bonne couverture insecticide, il est capital de calibrer le pulvérisateur périodiquement. Au fur et à mesure que la saison avance, ou quand les populations de Psylles pullulent, il peut être indispensable d’accroître le volume d’eau pour que la bouillie pénètre mieux dans la frondaison et atteigne le feuillage et les gourmands en croissance.
Pesticides et périodes de traitements
Les pesticides homologués contre les Psylles sont nombreux et agissent de différentes manières. Le choix d’un produit doit tenir compte de l’importance de la population, du stade biologique de l’insecte et des insecticides déjà employés.
La surveillance au moyen des techniques décrites (en page 4) permet de déterminer l’âge de la population, donc de l’opportunité du traitement. Pour une meilleure efficacité des traitements, on doit s’efforcer d’agir lorsque la majorité des individus se trouve dans les trois premiers stades de développement.
Les deux critères sur lesquels doit reposer la fixation du moment d’intervention contre les populations qui ont résisté aux traitements d’hiver et au froid hivernal ou les populations de début de saison sont:
50% des oeufs éclos
Des échantillons hebdomadaires de lambourdes et de jeunes pousses renseignent sur le nombre d’œufs présents et de jeunes nymphes formées. Les œufs pondus depuis peu sont blanc crème et prennent avant d’éclore une coloration jaune ou orangée. Pour déterminer à quel moment la moitié des œufs sont éclos, il faut disposer de fiches d’échantillonnage permettant d’établir des comparaisons dans le temps.
Individus jeunes (trois premiers stades)
Le développement larvaire du Psylle se caractérise par l’évolution des ébauches alaires. Plus les nymphes parviennent à maturité, plus leur élimination par les pesticides devient difficile.
Pesticides de début de saison
La plupart du temps les populations de début de saison évoluent de façon uniforme et sont faciles à combattre à l’aide d’insecticides classiques. Lorsque les deux conditions qui justifient un traitement sont remplies (moitié des œufs éclos et présence des premiers stades nymphaux), on pulvérise un insecticide dit de début de saison (azinphosméthyl, chlorpyriphos éthyl, endosulfan, imidan…). Par temps doux et ensoleillé, l’utilisation d’huile blanche d’été immédiatement après le débourrement peut enrayer les populations de Psylles en tuant les adultes par contact direct et en réduisant l’attrait que présentent les lambourdes comme sites de ponte.
Pesticides de saison
Vers la fin de mai et au-delà, les populations mal maîtrisées s’accroissent souvent de façon excessive, surtout dans les vergers à forte croissance et où la végétation est dense. Les pesticides recommandés sont le spinosade, l’abamectine et les pyréthrinoïdes. Rappelons que l’usage répété des pesticides est déconseillé, car ils détruisent les insectes utiles, aggravent les pullulations des acariens et favorisent l’apparition de la résistance. En pleine la saison la lutte contre le Psylle doit être accommodée avec celle conduite contre le carpocaspe.
Lutte intégrée en verger: guide d’observation et d’exploitation des données
Nous produisons ci-dessous un tableau synthétique d’aide à la décision où sont décrits plus simplement les gestes à suivre afin de réussir la protection. D’emblée, deux conditions sont préalables à l’utilisation de cet outil:
- la présence régulière dans le verger pour apprivoiser la faune qui le constitue;
- le pouvoir de reconnaître aisément les nuisibles d’importance économique et leurs antagonistes, c’est-à-dire ceux ayant suffisamment d’impact sur la culture pour causer des pertes notables de rendements et les auxiliaires qui s’entretiennent par leur présence.
Avec tout ce qui a été exposé auparavant dans d’autres bulletins, ces deux étapes déterminantes étant supposées acquises. Désormais il faut planifier et effectuer des observations régulières sur la parcelle et en tirer des directives motivées. Signalons que le suivi consiste généralement à procéder aux comptages sur un échantillon du verger selon une fréquence et une procédure bien précise. Sachant que chaque nuisible agit préférentiellement sur un organe, il est préconisé de regarder alors la partie de l’arbre qui convient au déprédateur concerné et selon une méthode ou un ensemble de méthodes qui lui sont spécifiques (piégeage, frappage, battage, observations visuelles…).
Fréquence et périodes d’observation
La fréquence idéale des contrôles est au minimum mensuelle en période de post-récolte, contre une fois tous les 10-15 jours aux stades de fructification (préfloraison-récolte). Les époques propres à chaque ravageur et la technique idoine sont indiquées dans le guide ci-après. Les seuils pour chaque nuisible, à partir desquels un traitement s’avère nécessaire, sont exprimés dans la dernière colonne du même tableau. Selon les résultats des suivis et les seuils on prend ou non la décision de traiter.
Par ce guide que nous voulons pratique, on démontre que l’observation de la culture est un des éléments clés de la stratégie de lutte. Outre l’optimisation des interventions qu’elle implique, elle contribue à prévenir les dégâts et le développement de populations résistantes. En effet, l’utilisation des pesticides en fonction des seuils plutôt qu’en fonction d’un calendrier de traitement peut réduire la pression sélective à la fois à l’égard des ravageurs clés et secondaires. Ces derniers deviendraient inévitablement de graves problèmes s’ils développaient une résistance. Les observations vigilantes délimitent aussi les zones qui nécessitent un traitement dès lors qu’il s’agit d’un ravageur peu mobile et dont la migration n’est pas une activité fondamentale de son comportement. Dans pareils cas, on peut diminuer la pression sélective sur l’ensemble du verger et procurer une période de sursis aux auxiliaires en contrôlant uniquement les zones qui comportent des taux d’infestation justifiant un traitement (foyers). Il en découle, en conséquence, une économie certaine de temps, de pesticides et une moindre répercussion sur l’environnement.
En guise de conclusion, il est à rappeler que l’échec d’un produit donné ne signifie pas forcément qu’une résistance est en cause. Et il ne faut pas se hâter de convenir qu’un ravageur semble devenu incontrôlable en raison de cette résistance car plusieurs raisons peuvent montrer, en effet, pourquoi ce produit n’a pas agi. Et c’est l’occasion, si les recommandations pour prévenir les problèmes de résistance ne sont pas suivies, de l’entreprendre diligemment. Mais avant, il faut s’assurer que l’époque d’intervention est appropriée, que l’appareil de traitement est bien calibré pour une bonne couverture de pulvérisation, que la qualité de l’eau (pH essentiellement) est acceptable, que les mélanges de produits sont compatibles… Si après tout cela le problème persiste, c’est assurément une raison pour entamer les pratiques d’une gestion phytosanitaire appropriée.

Prof. HMIMINA, M.
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
m.hmimina@iav.ac.ma
Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Photos: terrevivante.org
Trois nouveaux insecticides pour la gestion des résistances et la lutte intégrée
novembre 1, 2009
Classé sous Protection des végétaux

L’emamectine benzoate de Syngenta Agro est un nouvel insecticide foliaire, dérivé semi-synthétique d’un composé naturel issu de la fermentation d’un micro-organisme du sol Streptomyces avermitilis. Il appartient à la famille des avermectines (qui n’a actuellement qu’une matière active commmercialisée l’abamectin) et est classé dans le groupe des activateurs des canaux chlore (groupe 6 – Classification Insecticide Resistance Action Commitee). Il agit au niveau neuromusculaire en se fixant de manière irréversible au niveau du récepteur GABA et sur le récepteur Glutamate H. Il en résulte une inhibition irréversible de la contraction musculaire des insectes. Il n’y a pas de résistance croisée avec les principales classes d’insecticides utilisés aujourd’hui. Il est très actif à des doses très faibles sur de nombreuses espèces de lépidoptères affectant les feuilles et fruits de la vigne, des cultures fruitières et légumières. Il agit principalement par ingestion par les larves, une action ovicide a cependant été observée sur certaines espèces. La substance après l’application pénètre immédiatement dans les tissus végétaux, ce qui la met à l’abri du lessivage, mais il n’y a pas de systèmie. L’évaluation écotoxicologique montre un risque acceptable pour les organismes non-cibles aquatiques et terrestres.
Le spirotetramat (nom commercial Movento®), mis au point par Bayer CropScience, est une substance active innovante destinée à combattre les insectes piqueurs – suceurs ravageurs des plantes cultivées. Elle appartient à la nouvelle famille des acides tétramiques et agit par inhibition de la biosynthèse des lipides (groupe 23 – Classification Insecticide Resistance Action Committee). Le spirotetramat est actif après ingestion sur les stades juvéniles, néanmoins une réduction de la fécondité des adultes et du développement des œufs a été aussi observée. Ce qui est remarquable c’est sa double systémie ascendante et descendante, ce qui lui permet d’atteindre les insectes cryptiques et de protéger les racines et les jeunes pousses sur une longue durée. Il présente un large spectre d’activité : aleurodes, psylles, pucerons, cochenilles et certaines espèces de thrips et sera utile en cultures fruitières et légumières de plein champ et sous serre. Il ne présente pas de résistance croisée avec les insecticides actuellement commercialisés, ce qui sera précieux pour la gestion des résistances. Sa toxicité à court et long terme sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène et mutagène, mais il est irritant pour la peau, des précautions sont donc à prendre à ce sujet. Son profil écotoxicologique est bon : pas toxique sur les oiseaux et la faune du sol, peu sur les organismes aquatiques. Le spirotetramat a des effets limités sur les organismes auxiliaires, ce qui lui permet d’être compatible avec les programmes de protection intégrée.
Le chlorantraniliprole (nom commercial Rynaxypyr®) est un nouvel insecticide foliaire développé par Du Pont qui présente un assez large spectre d’activité pour la lutte contre les lépidoptères nuisibles, mais aussi certaines espèces de coléoptères et diptères. Il appartient à la nouvelle famille des anthranilamides. Il agit en activant les récepteurs à ryanodine (RyR), ce qui libère et épuise les réserves de calcium dans les fibres musculaires des insectes entraînant la dérégulation rapide de la contraction musculaire ce qui conduit à la paralysie, l’arrêt de l’alimentation et la mort en 24 à 72 heures (groupe 28 – du classement des modes d’action de l’Insecticide Resistance Action Committee). La pénétration de la substance dans l’insecte se fait par ingestion et secondairement par contact et il démontre une bonne action larvicides et ovo – larvicide. Le chlorantraniliprole est développé en Europe sur les lépidoptères des cultures fruitières et légumières, sur vigne, maïs et pomme de terre, car il est efficace contre le doryphore Leptinotarsa decemlineata. Son mode d’action innovant le rend très appréciable pour la gestion des résistances. Sa toxicité aiguë et chronique sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène, mutagène, ni irritant. Au point de vue éco-toxicologique il a une faible toxicité sur les oiseaux et les poissons, mais il est toxique sur certains invertébrés aquatiques et faiblement toxique sur les algues. Il a un impact minimal sur les organismes non cibles (vers de terre). Il est sélectif vis-à-vis des arthropodes auxiliaires et des abeilles, ce qui en fait un outil de choix pour la lutte intégrée.
Source : CR 8ème Conférence Internationale AFPP sur les Ravageurs en Agriculture, Montpellier
