Le carpocapse des pommes et des poires

novembre 3, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

Une_larve_de_carpocapse_dans_une_pomme

Répartition géographique, plantes-hôtes et dégâts

Le Carpocapse (Cydia pomonella) est répandu dans l’ensemble des régions de culture des Pommacées. En altitude, il peut se développer dans les vergers des massifs montagneux atteignant 1.800 m d’altitude.
Ses principales plantes-hôtes sont le pommier et le poirier mais s’accommode aisément du cognassier, du noyer, du pacanier et quelquefois du prunier et de l’abricotier. Sur pommier et poirier, les dégâts sont de deux types:

  • de légères morsures superficielles, faites par les jeunes chenilles au moment de leur stade baladeur qui dure deux jours environ. Ces attaques bien remarquables sur les fruits verts se cicatrisent et forment des taches liégeuses;
  • des galeries en spirale, orientées vers les pépins et encombrées de déjections larvaires, résultant des dommages provoqués par le mâchage des chenilles. Les fruits ainsi rongés peuvent avorter lorsque l’attaque intervient juste après la floraison, tomber précocement (caractéristique du Carpocapse) ou mûrir prématurément lorsque l’attaque est plus tardive.

Les points d’entrée de la larve s’établissent fréquemment au contact de deux fruits, d’un fruit et d’une feuille ou dans la cavité de l’œil. En matière de sensibilité aux agressions, le pommier est vulnérable durant toute la période d’activité de l’insecte. En revanche, le poirier présente un degré de réceptivité variable selon la maturité des variétés: Guyot, William’s, Beurré Hardy sont vulnérables dès la première génération; Conférence, Doyenne de Comice et Passe Crassane sont réceptives aux deux autres générations.

Types de dégâts

Attaques actives: entrées des larves avec défécations visibles de l’extérieur causant souvent la chute des fruits. Galeries en spirales sous l’épiderme évoluant profondément jusqu’aux pépins. Attaque du fruit par l’œil, surtout sur poirier;

  • Attaques tardives: pénétrations avec auréoles rouges, pas de sciure externe (fin août – septembre);
  • Attaques stoppées: taches brunâtres de 2 à 3 mm recouvrant une zone subérisée, pas de galerie interne;
    Attaques cicatrisées: formation d’un tissu cicatriciel quelquefois proéminent à l’endroit d’une ancienne attaque arrêtée.

Biologie

L’activité des papillons, essentiellement crépusculaire, est fortement influencée par l’intensité lumineuse, la température ambiante, l’humidité atmosphérique et le vent. Les vols sont très importants durant les 20 minutes qui précèdent et suivent le coucher du soleil. La température favorable au vol se situe au-dessus de 13°C. Les pluies et les fortes humidités atmosphériques immobilisent l’insecte. La ponte, généralement crépusculaire, est interrompue lorsque la température est inférieure à 15°C ou le feuillage est mouillé, mais culmine aux environs de 25°C.
La fécondité d’une femelle est comprise entre 100 et 200 œufs pour une longévité proche de 15 jours. Le développement embryonnaire requiert 90 degrés-jours (seuil 10°C). La vitalité des larves néonées dépend étroitement de la température. Leur pénétration dans le fruit n’a lieu qu’au-dessus de 16°C. La durée du développement larvaire est aussi régie par la température, la prise de nourriture et la génération à laquelle appartiennent les larves. Si l’on prend 10°C comme seuil thermique, la quantité d’énergie nécessaire au développement des larves sans diapause est de 300 degrés-jours. Les chenilles en diapause, forme d’hivernation du carpocapse, apparaissent à partir du 15 août et poursuivent leur formation jusqu’à la fin de la récolte. Elles passent l’automne et l’hiver à l’état de L5 dans un cocon blanchâtre, collé, à l’abri, dans les crevasses du tronc ou enfoui dans le sol. Lorsque leur diapause est levée, les chenilles muent progressivement en nymphes d’où émergeront des papillons durant tout le printemps (fin mars à fin juin).
Au sujet du cycle, les observations conduites à Oulmès, à Azrou et à Immouzzer fixent à deux générations complètes et une troisième partielle l’évolution du Carpocapse. La première se déroule entre début mai et fin juin, la seconde entre début juillet et 15 août. La troisième, incomplète, commence la deuxième quinzaine d’août et la presque totalité des larves L5 qui en sont issues entrent en diapause avant la récolte. Certains individus non touchés par la diapause peuvent engendrer une quatrième génération sans importance pour la culture.

Stratégie de lutte

Le Carpocapse est le ravageur clé de la culture du pommier et du poirier. Pour maintenir ses dégâts à un niveau économique tolérable (estimé à 2%), il est indispensable de prendre certaines mesures prophylactiques et de bien connaître la biologie du ravageur. En effet, le raisonnement de la lutte s’articule autour de l’évaluation du risque, du seuil d’intervention admis et de l’alternance des insecticides durant la saison.

Estimation du risque

Le piégeage sexuel, procédé d’avertissement simple à installer en verger, est une des techniques à mettre nécessairement en œuvre afin de mieux diriger la lutte anti-carpocapse. Pour cela, il est recommandé dès fin mars et jusqu’à la récolte, de placer des pièges selon la méthode suivante:

  • 1 piège par parcelle de moins de 4 ha et au-delà de cette superficie ajouter un piège supplémentaire tous les 4 ha. A titre d’exemple, une exploitation de 40 hectares nécessite 10 pièges. La pose des pièges doit avoir lieu vers le 15 avril.
  • disposer les pièges dans le verger de manière à prévenir les possibilités de surinfestation par les populations diffusées par les vergers délaissés, les frigos, les stations de conditionnement, les décharges de fruits, etc.
  • changer les capsules toutes les 4 semaines et les plaques engluées lorsqu’elles sont encrassées;
  • relever les pièges tous les 2 jours et cumuler toujours les 3 dernières saisies consécutives;
  • compléter les résultats des pièges par des contrôles visuels réguliers du verger et une pose de bandes pièges après l’éclaircissage.

Bien exécuté, le piégeage sexuel précède le risque encouru par la parcelle où il est mis en œuvre et permet de prendre en compte les déplacements des papillons. Lorsque les prises sont faibles ou absentes, la menace est inexistante (prévision négative). Mais, étant donné que les captures ne sont corrélatives ni du niveau de population, ni du risque qu’elles constituent, il y a lieu d’être très vigilant en présence de populations abondantes car les captures fournies par les pièges dans ces circonstances sont biaisées. Deux tendances se présentent alors:

en l’absence de dégâts l’année précédente, les seuils de nuisibilité, quand la température est favorable à la ponte (température > 15°C), sont:
dans les vergers fortement infestés, le seuil admis est plus bas: 3 papillons en 6 jours quelle que soit la superficie du verger.

Les contrôles visuels, outils supplémentaires d’estimation du risque, doivent être effectués tous les 10-15 jours sur 1.000 fruits pris sur 50 arbres dont 20 situés en bordures. Lors de ces comptages, il est recommandé d’examiner particulièrement les fruits groupés. Le seuil admis est de 2% de fruits attaqués à la récolte et 0,3% à la fin de la première génération.
La séquestration de chenilles, par bandage des troncs d’arbre à 50 cm du sol au moyen de rubans en carton ondulé de 15 à 20 cm de large, constitue un autre moyen simple et efficace d’estimation de la population. À cet effet, pour une parcelle de 4 ha on applique 30 bandes dont 10 sur les arbres des bordures. Les effectifs piégés par ces bandes, installées après éclaircissage et décollées après récolte, renseignent sur le risque encouru par la culture au printemps prochain. À ce titre, si le nombre moyen de larves/arbre < 1, la population sera faible; £ 5, la menace sera grave; ³ 5, le risque sera très grave.

Choix et positionnement des produits

La qualité de la lutte contre la première génération est décisive pour la sauvegarde de la récolte car les dégâts peuvent être décuplés entre le premier et le deuxième vol. Pour s’en prémunir, la couverture insecticide doit être permanente durant la période de risque précisée par le piège sexuel. En matière de lutte proprement dite, deux possibilités s’offrent au producteur:

lorsqu’il opte pour un traitement ovicide, la durée probable de ponte des femelles est d’une semaine. En conséquence, il faut intervenir dès que le seuil est atteint en cas de population faible ou dès les premières captures quand les populations sont abondantes;
lorsqu’il penche pour un insecticide à effet larvicide, il faut attendre 5 à 7 jours après le dépassement du seuil de manière à réprimer les jeunes larves issues des premiers et derniers œufs pondus.

Les stratégies de lutte contre le carpocapse sont indiquées ci-après.

Principes de raisonnement

  • bien estimer à la parcelle le niveau de populations par piégeage, par notation sur fruits en fin de G1, à la récolte et par bandes pièges;
  • sur des populations fortes, privilégier les organo-phosphorés durs au moins durant les périodes à haut risque et surtout sur le 1er vol et ne faire revenir une famille d’insecticides qu’après 3 voire 4 générations;
  • utiliser les produits doux uniquement sur les populations faibles à moyennes;
  • rechercher s’il y a des trous de couverture en comparant la période de protection au risque global et aux données de piégeage des parcelles;
    maintenir une cadence d’interventions de 10-15 jours pour la majorité des produits, sauf pour quelques uns tel que Insegar où, contre observations, elle peut être ramenée à 20 jours. En août, par fort ensoleillement, cette cadence peut être baissée à une semaine en cas de risque (forte pression du ravageur);
  • il est important de bien traiter la première génération pour limiter la nuisibilité des autres généralement plus difficiles à contrôler en raison du stade baladeur très court;
  • envisager des tests de résistance.

Gestion de la résistance du Carpocapse aux insecticides

Depuis quelques années, la lutte chimique contre le Carpocapse montre dans certains vergers des signes manifestes de faiblesse. En dépit du resserrement des traitements (10 à 15 applications), du mélange des produits et de l’augmentation des doses, les attaques de l’insecte demeurent quelquefois inquiétantes. Ce regain d’agressivité, réassorti en partie par les conditions météorologiques estivales, relèverait davantage d’une déperdition de l’efficacité des produits employés.
Dans la pratique, l’escalade est inutile car c’est une solution à court terme. Le plus pressant est de repérer localement les foyers de résistance, de surveiller leur extension et de déterminer, pour une meilleure gestion de ce phénomène, quels sont les produits qui n’ont pas encore perdu leur efficacité. L’autre urgence est d’éviter l’apparition de résistances dans les vergers où la pression du ravageur demeure faible. Pour ce faire, un calendrier d’interventions par alternance de modes d’action des insecticides à employer sur la base du cycle de l’insecte et couvrant au moins deux générations successives est d’un bon secours. Les stratégies de gestion qui se dégagent alors sont les suivantes:

Stratégie de lutte en cas de résistances

Elle consiste à perturber le comportement de l’insecte par la technique de confusion qui détraque la communication indispensable à sa reproduction et à le traiter avec des moyens biologiques telle que le virus de la granulose contre lequel il demeure impuissant. Ces deux moyens biologiques, utilisés seuls ou associés selon les situations, constituent pour l’instant l’unique riposte dans nombre de pays où la résistance sévit.
Plus précisément, dans les vergers où la pression du ravageur est faible, la confusion seule ou le virus servi seul, sont capables d’assurer une récolte saine et de prévenir la résistance. En revanche, dans les vergers bondés, la combinaison de ces deux moyens est nécessaire pendant plusieurs années successives pour rétablir le risque à un niveau tolérable. Toutefois, il faut retenir qu’en première année de lutte combinée, l’attaque à la récolte peut être élevée car le virus, peu rémanent et agissant lentement, laisse le temps aux larves de produire des dégâts.

Stratégies de prévention de la résistance

A présent, l’essentiel est de prévenir l’apparition de résistances par une lutte alternant des modes d’action de produits durant le cycle biologique de l’insecte. Dans nos conditions, le Carpocapse développe deux générations complètes et une troisième rendue partielle par la diapause des larves qui ne donneront des papillons qu’au printemps suivant. Cela impose donc l’utilisation de trois types de programmes de traitements distincts par saison, faisant intervenir des insecticides différents mais impliquant un raisonnement prenant en compte la 2ème année (P4). L’abondance des insecticides homologués à cet effet permet cette alternance .
Le piégeage sexuel ne constitue pas la seule source pour raisonner les traitements mais demeure essentiel pour dégager le niveau du vol et les pics éventuels. Le contrôle des dégâts sur fruits et les bandes pièges sont d’excellents outils d’aide à la décision.

Le Carpocapse des pommes et des poires

Cydia pomonella L. (Lepidoptera, Tortricidae)
Synonymes: Laspeyresia pomonella L., L. pomonana Den & Schiff., L. aeneana Villers, Carpocapsa pomonella L., Armonia pomonella L.
Noms communs : Carpocapse des pommes, Codling moth, Guzano de las manzanas

Description

Adulte: il mesure 15 à 22 mm d’envergure. Ses ailes antérieures, gris cendré, striées transversalement de fines lignes brunes, se terminent chacune par une tache brune, caractéristique, encadrée par deux lisières bronzées en forme de parenthèses et à reflet métallique. Les ailes postérieures, brun cuivré à éclat doré, sont plus foncées à leurs régions marginales et frangées d’un brun clair. Dans la distinction entre les sexes on considère, outre l’extrémité abdominale siège des pièces génitales, la forme des ailes. Les deux paires d’ailes de la femelle ont une coloration uniforme gris brun à reflet cuivré. En revanche, le mâle présente une plage d’écailles noire sous formes de taches subrectangulaires foncées dans l’espace médian de l’aile antérieure, au voisinage du bord interne.

Œuf: ressemble à une minuscule lentille de 1,2 mm x 0,9 mm, presque circulaire, légèrement aplati et bombé au centre. Gris jaunâtre à reflet opalescent lorsqu’il est fraîchement pondu, il laisse apparaître, lorsque le développement embryonnaire est bien avancé, un anneau rougeâtre à l’intérieur. Le vitellus prend souvent une teinte orangée. Au stade ultime du développement embryonnaire, la tête de la jeune larve apparaît noire.

Larve: blanchâtre, tête noire, elle mesure 1,5 mm à l’éclosion. Elle passe par 5 stades et atteint à la fin de son développement 20 mm de long. Son corps devient rose clair et seule la tête demeure brunâtre. Les quatre paires de fausses pattes abdominales sont munies de 28 à 35 crochets semblables et disposés en une seule rangée. Les fausses pattes anales sont hérissées de 15 à 25 crochets seulement. La larve du Carpocapse n’a pas de peigne anal ce qui la distingue des autres tordeuses des fruits.

Chrysalide: mesure 10 mm environ et possède 10 segments abdominaux. Sa coloration varie du brun jaune au brun foncé. Les deux sexes se distinguent par la disposition des sillons génitaux visibles ventralement sur le cône terminal.

Prof. HMIMINA, M.
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
m.hmimina@iav.ac.ma

Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture

Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes

Le Psylle du poirier

novembre 1, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

Le Psylle du poirier (Cacopsylla pyri Foerster, Homoptera, Psyllidae) est le deuxième ravageur clé du poirier après le Carpocapse. Sa répartition est mondiale et il a été accidentellement introduit d’Europe en Afrique du Nord et dans d’autres continents, notamment américain vers la fin du 19ème siècle. Il s’attaque au poirier, mais aussi au cognassier. Des prédateurs, notamment les Coccinelles et le Syrphe, bien ménagés par la lutte chimique, ce qui n’est toujours pas le cas, contribuent à affaiblir ses populations mais leur secours demeure bien insuffisant pour maintenir le verger propre et la production commercialement saine. D’ailleurs, un peu partout, le Psylle montre une résistance accrue aux insecticides ce qui rend encore la lutte plus difficile.

Biologie du Psylle

Dans nos vergers le Psylle développe plusieurs générations toutes aussi dangereuses pour le poirier.

Première génération

L’insecte hiverne à l’état adulte sous les écorces des arbres, sous des débris…. Lorsque la température avoisine 10°C, ce qui est presque toujours le cas dans nos vergers, on peut observer ses adultes se déplacer naturellement sur l’arbre. Si la température se maintient plus de 2 jours autour de 10°C, l’accouplement et la ponte débutent immédiatement (dès janvier). Avant le débourrement, le Psylle pond ses œufs de façon isolée ou en ligne sur les surfaces rugueuses des bourgeons, des rameaux et dans les crevasses de l’écorce. Plus tard, avec le développement des bourgeons et l’apparition des nouvelles pousses, le ravageur se déplace pour aller les déposer sur le pourtour des feuilles et les tiges des pousses où l’on peut au moyen d’une loupe de poche voir aisément ses oeufs. L’éclosion, fortement influencée par la température ambiante, s’étale sur une longue période : plus d’un mois à 5°C vs une semaine à 20°C. Les premières pontes sur le feuillage éclosent au moment où les feuilles commencent à se déployer. Une femelle peut pondre jusqu’à 400 éléments et même davantage sur une période de 2-3 semaines. Cet étalement rend la lutte laborieuse contre l’insecte. Entre l’oeuf et l’adulte, le Psylle passe par cinq stades nymphaux qui se nourrissent en suçant la sève des bourgeons, des feuilles et des pousses.

Les deux premiers stades sont relativement immobiles et produisent peu de miellat. Les nymphes des troisième, quatrième et cinquième âges se reconnaissent par la présence d’ébauches alaires de plus en plus visibles. Lorsqu’elles se nourrissent, elles se dissimulent souvent sous le miellat à l’aisselle des feuilles. Ce comportement rend malaisé le contrôle de l’insecte à l’aide des pesticides classiques.

La durée du cycle biologique peut varier de 4 à 6 semaines pour la première génération, mais dépend fortement de la température. Cette génération est la plus longue.

Deuxième génération

Les adultes de la deuxième génération font leur apparition dès début avril et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai. Environ 5 à 7 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des nouvelles feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines. Les œufs éclosent une semaine après avoir été pondus, de telle sorte qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents.

Troisième génération

Les adultes de la troisième génération apparaissent dès début mai et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai et juin. Moins de 5 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines. L’étalement de la ponte et l’échelon-nement des éclosions font encore qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents. Du fait de ce chevauchement, cette génération est la plus difficile à maîtriser.

Quatrième et cinquième générations

Ces générations estivales occupent tout le mois de juillet mais la mortalité larvaire par les chaleurs contribue efficacement à la réduction de ses effectifs. La ponte se fait surtout sur les gourmands qui s’allongent dans la partie centrale des arbres ou sur les jeunes pousses terminales. La quantité d’œufs pondus (200-400/femelle) dépend des conditions climatiques et de la température. Les Psylles peuvent encore être présents en grand nombre même après la récolte sur les arbres à forte végétation. Les oeufs de la G4 peuvent apparaître en septembre et même plus tard et donnent une cinquième génération rendue partielle par la diapause, généralement beaucoup moins nombreuse que les trois premières.

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Dégâts du Psylle

Ils sont directs et indirects. D’abord, les Psylles dépriment les arbres, défavorisent la croissance des pousses agissant ainsi à retardement sur le rendement de l’année suivante. Ensuite, en grande quantité et en raison de la salive toxique qu’ils injectent dans les tissus pendant leur alimentation, ils deviennent coupables du flétrissement, du roussissement et de la chute prématurée des feuilles. Les arbres affaiblis par des infestations graves deviennent vulnérables aux dégâts des froides températures hivernales. Enfin, l’excrétion et l’accumulation de miellat sur le feuillage et sur les fruits sont les signes les plus évidents de la présence des Psylles. Le champignon responsable de la fumagine se développe dans le miellat et rend la surface du fruit rugueuse, sale, ce qui en abaisse la qualité commerciale. En verger, les arbres déjà soumis à une forte attaque des Psylles ont une écorce noircie par la fumagine.

Surveillance du Psylle du poirier

Il n’existe ni piège, ni phéromone qui permettent de surveiller la présence ou l’activité du Psylle. Le contrôle repose entièrement sur l’observation des feuilles et des rameaux. Pour déceler la présence du Psylle adulte, on procède par frappage, c’est à dire qu’on heurte les branches avec un bâton et on recueille les insectes qui en tombent dans un plateau destiné à cet effet. Les périodes décisives pour procéder à cet échantillonnage varient d’une région à l’autre et d’une année à l’autre.

En début de saison

Il est conseillé de récolter périodiquement des échantillons de lambourdes dès fin février afin d’évaluer la pression éventuellement qu’exercera le ravageur sur le verger. Il est recommandé de noter aussi le moment où commence la ponte et le moment d’éclosion des premiers œufs. Pour déceler l’activité des adultes, il y’a lieu de prélever au moins deux échantillons vers la fin de février afin d’avoir une idée du niveau de la population qui a survécu à l’hiver. L’importance de la population est estimée par le nombre d’individus recueillis par frappage. On considère que la population est faible s’il y a moins de 1 Psylle/coup de bâton, moyenne s’il y en a 1-2 et élevée s’il y en a plus de 3. Vingt-cinq coups de bâtons par variété, à raison d’un coup par arbre, permettent de se faire une bonne idée de la population du ravageur.

Les œufs sont pondus entre début et mi-mars, voire plus tôt, et n’éclosent généralement que vers début avril. Le contrôle des œufs permet de vérifier l’activité de ponte et l’apparition des nymphes. Un minimum de 25 lambourdes et pousses terminales par variété (1 lambourde par arbre) fournissent de bonnes indications sur les stades présents. Prélever au moins 10 lambourdes dans la partie centrale du verger et le reste sur sa périphérie. Les œufs nouvellement pondus sont blanc crème et deviennent jaunes puis orangés avant l’éclosion.

Au fur et à mesure que le feuillage se déploie, le Psylle pond ses œufs sur les feuilles et les pétioles tendres des pousses. En général, les œufs sont rassemblés à la base des feuilles le long de la nervure principale. Il s’agit, dès l’apparition du feuillage, de prélever des pousses terminales pourvues de 4-6 feuilles et d’évaluer les insectes présents dans les 5 dernières feuilles des pousses.

De mai à la récolte

La surveillance des populations estivales se fait par échantillonnage des pousses terminales et les pousses adventives dans la partie centrale de l’arbre. À la mi-juin, la majorité des feuilles sont adultes, limitant l’activité des Psylles essentiellement aux pousses adventives et aux pousses terminales encore tendres.

Pendant cette période, l’échantillonnage par observations visuelles et frappage répétés (25 coups par variété pour chaque date d’échantillon) demeure utile si l’on veut dénombrer les formes présentes (oeufs, nymphes, adultes).

L’échantillonnage hebdomadaire constitue le meilleur moyen de vérifier efficacement l’évolution des populations de Psylles. L’idéal est de commencer l’échantillonnage dès mi-février et de le poursuivre jusqu’à la récolte.

Stratégies de lutte

Les pratiques culturales influencent grandement l’activité du Psylle et l’importance de ses pullulations. La prise en compte de ces pratiques joue un rôle déterminant dans la réduction des populations lorsque des problèmes de résistance surgissent. Des arbres vigoureux à feuillage touffu et plantés denses sont propices à la pullulation des Psylles. Les principes fondamentaux pour garantir une bonne gestion anti-Psylle du poirier sont:

Fertilisation adéquate

Les populations de Psylles explosent dans des conditions de végétation luxuriante. Une fertilisation azotée riche entraîne souvent une croissance excessive du feuillage, favorisant du coup l’activité des Psylles.

Densité de peuplement convenable

Les hautes densités mettent les arbres en concurrence pour les éléments nutritifs du sol et la lumière. Cette situation peut entraîner une croissance végétative excessive et la production de rameaux étiolés, autant de conditions favorables à l’accroissement des populations de Psylles. L’enchevêtrement des branches appartenant à différents arbres facilite aussi l’extension des Psylles dans le verger et fait en sorte qu’il devient alors très difficile d’assurer un bon recouvrement lors des pulvérisations. Il faut bien respecter les recommandations de plantation applicables au cultivar et au porte-greffe choisi.

Taille convenable

Les pousses adventices ou gourmands situés dans la partie centrale de l’arbre sont des sites de ponte recherchés par le Psylle. Leur suppression réduit non seulement l’activité de ponte, mais permet aussi une meilleure pénétration des pesticides et une meilleure aération.

Bonne circulation d’air

Les Psylles adultes sont de mauvais voiliers et lorsqu’ils volent c’est sur de courtes distances. La présence de brise-vent denses aux alentours des parcelles peut aussi entraver la lutte contre les Psylles en créant des zones abritées favorables à leur dispersion. En verger, il est judicieux de s’assurer d’une bonne circulation d’air en aérant les haies brise-vent et en orientant les rangées d’arbres convenablement.

Bonne couverture des pulvérisations

Bien des problèmes occasionnés par les Psylles s’expliquent par un mauvais recouvrement de la culture au moment des pulvérisations. La présence d’une importante population résiduelle de Psylles au cœur des arbres après traitements indique une mauvaise application de la bouillie. Pour garantir une bonne couverture insecticide, il est capital de calibrer le pulvérisateur périodiquement. Au fur et à mesure que la saison avance, ou quand les populations de Psylles pullulent, il peut être indispensable d’accroître le volume d’eau pour que la bouillie pénètre mieux dans la frondaison et atteigne le feuillage et les gourmands en croissance.

Pesticides et périodes de traitements

Les pesticides homologués contre les Psylles sont nombreux et agissent de différentes manières. Le choix d’un produit doit tenir compte de l’importance de la population, du stade biologique de l’insecte et des insecticides déjà employés.

La surveillance au moyen des techniques décrites (en page 4) permet de déterminer l’âge de la population, donc de l’opportunité du traitement. Pour une meilleure efficacité des traitements, on doit s’efforcer d’agir lorsque la majorité des individus se trouve dans les trois premiers stades de développement.

Les deux critères sur lesquels doit reposer la fixation du moment d’intervention contre les populations qui ont résisté aux traitements d’hiver et au froid hivernal ou les populations de début de saison sont:

50% des oeufs éclos

Des échantillons hebdomadaires de lambourdes et de jeunes pousses renseignent sur le nombre d’œufs présents et de jeunes nymphes formées. Les œufs pondus depuis peu sont blanc crème et prennent avant d’éclore une coloration jaune ou orangée. Pour déterminer à quel moment la moitié des œufs sont éclos, il faut disposer de fiches d’échantillonnage permettant d’établir des comparaisons dans le temps.

Individus jeunes (trois premiers stades)

Le développement larvaire du Psylle se caractérise par l’évolution des ébauches alaires. Plus les nymphes parviennent à maturité, plus leur élimination par les pesticides devient difficile.

Pesticides de début de saison

La plupart du temps les populations de début de saison évoluent de façon uniforme et sont faciles à combattre à l’aide d’insecticides classiques. Lorsque les deux conditions qui justifient un traitement sont remplies (moitié des œufs éclos et présence des premiers stades nymphaux), on pulvérise un insecticide dit de début de saison (azinphosméthyl, chlorpyriphos éthyl, endosulfan, imidan…). Par temps doux et ensoleillé, l’utilisation d’huile blanche d’été immédiatement après le débourrement peut enrayer les populations de Psylles en tuant les adultes par contact direct et en réduisant l’attrait que présentent les lambourdes comme sites de ponte.

Pesticides de saison

Vers la fin de mai et au-delà, les populations mal maîtrisées s’accroissent souvent de façon excessive, surtout dans les vergers à forte croissance et où la végétation est dense. Les pesticides recommandés sont le spinosade, l’abamectine et les pyréthrinoïdes. Rappelons que l’usage répété des pesticides est déconseillé, car ils détruisent les insectes utiles, aggravent les pullulations des acariens et favorisent l’apparition de la résistance. En pleine la saison la lutte contre le Psylle doit être accommodée avec celle conduite contre le carpocaspe.

Lutte intégrée en verger: guide d’observation et d’exploitation des données

Nous produisons ci-dessous un tableau synthétique d’aide à la décision où sont décrits plus simplement les gestes à suivre afin de réussir la protection. D’emblée, deux conditions sont préalables à l’utilisation de cet outil:

  • la présence régulière dans le verger pour apprivoiser la faune qui le constitue;
  • le pouvoir de reconnaître aisément les nuisibles d’importance économique et leurs antagonistes, c’est-à-dire ceux ayant suffisamment d’impact sur la culture pour causer des pertes notables de rendements et les auxiliaires qui s’entretiennent par leur présence.

Avec tout ce qui a été exposé auparavant dans d’autres bulletins, ces deux étapes déterminantes étant supposées acquises. Désormais il faut planifier et effectuer des observations régulières sur la parcelle et en tirer des directives motivées. Signalons que le suivi consiste généralement à procéder aux comptages sur un échantillon du verger selon une fréquence et une procédure bien précise. Sachant que chaque nuisible agit préférentiellement sur un organe, il est préconisé de regarder alors la partie de l’arbre qui convient au déprédateur concerné et selon une méthode ou un ensemble de méthodes qui lui sont spécifiques (piégeage, frappage, battage, observations visuelles…).

Fréquence et périodes d’observation

La fréquence idéale des contrôles est au minimum mensuelle en période de post-récolte, contre une fois tous les 10-15 jours aux stades de fructification (préfloraison-récolte). Les époques propres à chaque ravageur et la technique idoine sont indiquées dans le guide ci-après. Les seuils pour chaque nuisible, à partir desquels un traitement s’avère nécessaire, sont exprimés dans la dernière colonne du même tableau. Selon les résultats des suivis et les seuils on prend ou non la décision de traiter.

Par ce guide que nous voulons pratique, on démontre que l’observation de la culture est un des éléments clés de la stratégie de lutte. Outre l’optimisation des interventions qu’elle implique, elle contribue à prévenir les dégâts et le développement de populations résistantes. En effet, l’utilisation des pesticides en fonction des seuils plutôt qu’en fonction d’un calendrier de traitement peut réduire la pression sélective à la fois à l’égard des ravageurs clés et secondaires. Ces derniers deviendraient inévitablement de graves problèmes s’ils développaient une résistance. Les observations vigilantes délimitent aussi les zones qui nécessitent un traitement dès lors qu’il s’agit d’un ravageur peu mobile et dont la migration n’est pas une activité fondamentale de son comportement. Dans pareils cas, on peut diminuer la pression sélective sur l’ensemble du verger et procurer une période de sursis aux auxiliaires en contrôlant uniquement les zones qui comportent des taux d’infestation justifiant un traitement (foyers). Il en découle, en conséquence, une économie certaine de temps, de pesticides et une moindre répercussion sur l’environnement.

En guise de conclusion, il est à rappeler que l’échec d’un produit donné ne signifie pas forcément qu’une résistance est en cause. Et il ne faut pas se hâter de convenir qu’un ravageur semble devenu incontrôlable en raison de cette résistance car plusieurs raisons peuvent montrer, en effet, pourquoi ce produit n’a pas agi. Et c’est l’occasion, si les recommandations pour prévenir les problèmes de résistance ne sont pas suivies, de l’entreprendre diligemment. Mais avant, il faut s’assurer que l’époque d’intervention est appropriée, que l’appareil de traitement est bien calibré pour une bonne couverture de pulvérisation, que la qualité de l’eau (pH essentiellement) est acceptable, que les mélanges de produits sont compatibles… Si après tout cela le problème persiste, c’est assurément une raison pour entamer les pratiques d’une gestion phytosanitaire appropriée.

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Prof. HMIMINA, M.
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
m.hmimina@iav.ac.ma

Bulletin Mensuel d’information et de liaison du PNTTA
Transfert de Technologie en Agriculture

Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes

Photos: terrevivante.org

Trois nouveaux insecticides pour la gestion des résistances et la lutte intégrée

novembre 1, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

HerbicideApplication

L’emamectine benzoate de Syngenta Agro est un nouvel insecticide foliaire, dérivé semi-synthétique d’un composé naturel issu de la fermentation d’un micro-organisme du sol Streptomyces avermitilis. Il appartient à la famille des avermectines (qui n’a actuellement qu’une matière active commmercialisée l’abamectin) et est classé dans le groupe des activateurs des canaux chlore (groupe 6 – Classification Insecticide Resistance Action Commitee). Il agit au niveau neuromusculaire en se fixant de manière irréversible au niveau du récepteur GABA et sur le récepteur Glutamate H. Il en résulte une inhibition irréversible de la contraction musculaire des insectes. Il n’y a pas de résistance croisée avec les principales classes d’insecticides utilisés aujourd’hui. Il est très actif à des doses très faibles sur de nombreuses espèces de lépidoptères affectant les feuilles et fruits de la vigne, des cultures fruitières et légumières. Il agit principalement par ingestion par les larves, une action ovicide a cependant été observée sur certaines espèces. La substance après l’application pénètre immédiatement dans les tissus végétaux, ce qui la met à l’abri du lessivage, mais il n’y a pas de systèmie. L’évaluation écotoxicologique montre un risque acceptable pour les organismes non-cibles aquatiques et terrestres.
Le spirotetramat (nom commercial Movento®), mis au point par Bayer CropScience, est une substance active innovante destinée à combattre les insectes piqueurs – suceurs ravageurs des plantes cultivées. Elle appartient à la nouvelle famille des acides tétramiques et agit par inhibition de la biosynthèse des lipides (groupe 23 – Classification Insecticide Resistance Action Committee). Le spirotetramat est actif après ingestion sur les stades juvéniles, néanmoins une réduction de la fécondité des adultes et du développement des œufs a été aussi observée. Ce qui est remarquable c’est sa double systémie ascendante et descendante, ce qui lui permet d’atteindre les insectes cryptiques et de protéger les racines et les jeunes pousses sur une longue durée. Il présente un large spectre d’activité : aleurodes, psylles, pucerons, cochenilles et certaines espèces de thrips et sera utile en cultures fruitières et légumières de plein champ et sous serre. Il ne présente pas de résistance croisée avec les insecticides actuellement commercialisés, ce qui sera précieux pour la gestion des résistances. Sa toxicité à court et long terme sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène et mutagène, mais il est irritant pour la peau, des précautions sont donc à prendre à ce sujet. Son profil écotoxicologique est bon : pas toxique sur les oiseaux et la faune du sol, peu sur les organismes aquatiques. Le spirotetramat a des effets limités sur les organismes auxiliaires, ce qui lui permet d’être compatible avec les programmes de protection intégrée.
Le chlorantraniliprole (nom commercial Rynaxypyr®) est un nouvel insecticide foliaire développé par Du Pont qui présente un assez large spectre d’activité pour la lutte contre les lépidoptères nuisibles, mais aussi certaines espèces de coléoptères et diptères. Il appartient à la nouvelle famille des anthranilamides. Il agit en activant les récepteurs à ryanodine (RyR), ce qui libère et épuise les réserves de calcium dans les fibres musculaires des insectes entraînant la dérégulation rapide de la contraction musculaire ce qui conduit à la paralysie, l’arrêt de l’alimentation et la mort en 24 à 72 heures (groupe 28 – du classement des modes d’action de l’Insecticide Resistance Action Committee). La pénétration de la substance dans l’insecte se fait par ingestion et secondairement par contact et il démontre une bonne action larvicides et ovo – larvicide. Le chlorantraniliprole est développé en Europe sur les lépidoptères des cultures fruitières et légumières, sur vigne, maïs et pomme de terre, car il est efficace contre le doryphore Leptinotarsa decemlineata. Son mode d’action innovant le rend très appréciable pour la gestion des résistances. Sa toxicité aiguë et chronique sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène, mutagène, ni irritant. Au point de vue éco-toxicologique il a une faible toxicité sur les oiseaux et les poissons, mais il est toxique sur certains invertébrés aquatiques et faiblement toxique sur les algues. Il a un impact minimal sur les organismes non cibles (vers de terre). Il est sélectif vis-à-vis des arthropodes auxiliaires et des abeilles, ce qui en fait un outil de choix pour la lutte intégrée.

Source : CR 8ème Conférence Internationale AFPP sur les Ravageurs en Agriculture, Montpellier

Généralité sur le concept de lutte biologique

lutte-biologique
Ces dernières décennies, la protection de l’environnement s’impose de plus en plus comme une préoccupation mondiale majeure. Dans le domaine de l’agriculture, il est indéniable que l’expansion et la productivité agricole doivent dorénavant passer par une gestion optimale des insectes nuisibles et des mauvaises herbes en minimisant les effets sur l’environnement. La méthode classique de lutte chimique contre les insectes ravageurs des récoltes et des mauvaises herbes, jadis considérée comme panacée, fait de plus en plus place à la lutte intégrée et à la lutte biologique par utilisation de micro-organismes, de prédateurs, de parasitoïdes et de méthodes dites physiques. Il est admis maintenant par tous que la lutte chimique à des conséquences néfastes sur l’environnement; entre autres, par la toxicité dans la chaîne trophique, la pollution des eaux de surface et souterraine (Vereijken et Viaux, 1990; Rudd, 1974; Mellanby, 1977; Roberts, 1989; Tooby, 1989)1 , sur la santé humaine par les résidus de pesticides sur les aliments et les intoxications par inhalation (Foschi, 1989; Izraillet et al., 1975; Pimentel et al.; 1980) et surtout la résistance acquise par les insectes ravageurs et les vecteurs de maladies infectieuses chez les humains, suite à l’utilisation intempestive, inconditionnelle et irrationnelle des pesticides chimiques (Georghiou et Mellon, 1983; Poiré et Pasteur, 1991; Starnes et al., 1993; Knight et Norton, 1989).

Malgré le développement d’autres molécules de synthèse très efficaces, l’histoire des pesticides aura démontrée qu’une gestion strictement basée sur l’emploi des insecticides chimiques restera toujours fragile à plusieurs égards quel que soit l’insecticide, car l’acquisition de résistance chez les nuisibles, la pollution environnementale et les résidus de ces molécules chimiques sur les aliments demeurent possibles. Selon Tingey, (1992) les insecticides chimiques ont une durée de vie active commerciale très éphémère, soit seulement en moyenne 3,5 années.

Ce numéro consacré à la lutte biologique fait un état de l’immense potentiel de la lutte biologique comme alternative viable à la lutte chimique. Dans ce dossier Docteur Guy Boivin, Chercheur à Agriculture et Agro-alimentaire Canada présente la faisabilité de la lutte biologique par utilisation de parasitoïdes. Les docteurs Charles Vincent et Bernard Panneton chercheurs à Agriculture et Agro-alimentaire Canada font un descriptif des méthodes de luttes physiques. Le docteur Eric Lucas et les étudiants gradués Mathias Kouassi, candidat au doctorat en sciences de l’environnement, Annabelle Firlej et Frantz Vanoo, candidats à la maîtrise en Sciences biologiques, présentent respectivement, l’importance de la prédation Intra-guilde, un survol de la prédation en lutte biologique et les possibilités de la lutte microbiologique avec emphase sur le champignon entomopathogène B. bassiana. Ces derniers sont tous du laboratoire de lutte biologique du docteur Daniel Coderre à l’UQAM (Université du Québec à Montréal).
Généralité sur le concept de lutte biologique

Clausen, (1972), cite Smith (1919) comme précurseur du terme « lutte biologique » pour expliquer l’utilisation d’ennemis naturels des insectes nuisibles pour leur contrôle. Cette définition offre deux options selon la nature de l’agent biocide répresseur utilisé; l’exploitation de biocides inertes (toxines dérivées de micro-organismes) et l’exploitation de biocides autonomes entomophages microbiens (champignons, virus, bactéries, protozoaires) ou animaux comme les prédateurs et les parasitoïdes. Ces biocides peuvent être utilisés selon deux stratégies; l’une curative, par la répression immédiate ou l’autre, préventive lorsque l’intervention n’est pas imminente. Les méthodes biologiques offrent des solutions viables à cause de l’automatisme des micro-organismes entomopathogènes ou phytopathogènes, de leur variété, de leur spécificité, de leur compatibilité intrinsèque avec la nature et de leur capacité d’évoluer avec et sans intervention humaine (Cloutier et Cloutier, 1992). Le concept de lutte biologique a subit une évolution au cours du temps et intègre dans sa définition actuelle toutes les formes non chimiques de contrôle des ravageurs des récoltes mais aussi des mauvaises herbes. Cette définition extensible permet d’intégrer à l’utilisation des biocides autonomes ou inertes, les méthodes culturales, la résistance variétale, les phéromones et juvénoides, les méthodes physiques de lutte, les insecticides botaniques. Il faut cependant mentionner que la définition large de la lutte biologique ne fait pas l’unanimité chez les spécialistes. D’ailleurs Monsieur Guy Boivin en fait mention dans son article.
Méthodes de lutte biologique

Dans la littérature il existe plusieurs méthodes de lutte biologique, dont certaines sont traitées dans le dossier de ce numéro. Afin de réaliser un rapide survol des concepts sous-jacent la lutte biologique, les différentes méthodes sont rapidement expliquées ci-dessous. Certaines seront spécifiquement traitées dans les articles du dossier.

1. La lutte biologique par utilisation de prédateurs

Les prédateurs tuent leur proie pour satisfaire leurs besoins nutritifs (Huffacker, 1976; Baker et Dunn, 1990). On distingue deux types de prédateurs à savoir les Sténophages et les Euryphages (Begon et al., 1990; Debach, 1973; Pedigo, 1988). Les premiers sont des spécialistes et leur cycle biologique est synchronisé à celui de leurs proies (Wratten, 1978). En lutte biologique, les familles les plus utilisées sont certaines espéces de Syrphidae, Cecidomyidae, Coccinellidae et Chamaeyiidae (Agarwala et Saha, 1984; Bishop et al., 1986, Clausen, 1972; Debach, 1973). Les seconds sont plutôt généralistes et peuvent utiliser d’autres sources de nutrition non-animale comme le pollen, champignon ou matière végétale (Begon et al., 1990; Debach, 1973). En lutte biologique, certaines espéces du groupe des acariens et des insectes appartenant à l’ordre des Coléoptères, Dermaptères, Hemiptères, Neuroptères sont les plus utilisés. (Voir articles du Dr Eric Lucas, Annabelle Firlej et Frantz Vanoosouyne)

2. La lutte biologique par utilisation de parasitoïdes

Les parasitoïdes sont les entomophages qui, pour compléter leur cycle de vie tuent leur hôte (Clausen, 1972; Huffacker, 1976; Debach, 1973). Ils ont de grandes capacités d’orientation, de repérage, de recherche active et sont très spécifiques à leurs hôtes. En lutte biologique, les trois ordres les plus utilisés sont les Hyménoptères (87,3 %), les Diptères (12.5 %) et les Coléoptères (0.2 %) (Debach, 1979; Bradford, 1994). Il existe aussi les Hyperparasitoïdes, lesquels sont parasitoïdes des précédents. (Voir article du Dr Guy Boivin)

3. La lutte biologique par utilisation de méthodes culturales

C’est l’ensemble des méthodes culturales défavorisant les ravageurs des récoltes (Herzog et Funderburk, 1986). Il existe toute une panoplie de lutte culturale comme les rotations de cultures, les bicultures ou plusieurs associations de plantes, l’anticipation ou le retardement des saisons de semis ou de récolte, l’assainissement des plantations après les récoltes, le sarclage des mauvaises herbes aux alentours des plantations, les jachères etc.

4. La lutte biologique par utilisation de la résistance variétale

Selon McKinley, (1988), la résistance variétale est la capacité pour une variété de plante d’obtenir une bonne productivité malgré la présence de ravageurs. Deux mécanismes sous-tendent à ce concept: l’antixénose, quand la plante par sa physiologie, sa morphologie ou sa phénologie (structures des organes, goût, odeur, couleur, longueur de son cycle de développement) repousse ou amoindrit les dommages causés par le ravageurs (Benedict et al., 1983; Robert et Foster, 1983) et l’antibiose, quand la plante est capable de produire une substance pouvant empêcher le développement du ravageur (Van Edem, 1987; Smith, 1989).

5. La lutte biologique par utilisation d’insecticide botanique

Plus de 59 familles et 188 genres de plantes sont utilisées pour la répression des insectes ravageurs (Simmons et al., 1992). Ces plantes contiennent des substances qui ont des propriétés anti-appétantes, répulsives ou même insecticides. Généralement, à part quelques propriétés intéressantes comme la répulsion ou la dissuasion de prise alimentaire, cette méthode est similaire à la lutte classique par utilisation de substances chimiques.

6. Lutte Biologique par utilisation de Méthodes physiques

(Voir article de Dr Charles Vincent et Dr Benoît Panneton)

7. La lutte biologique par utilisation de micro-organismes

vertigo.revues.org
Photo : univers-nature.com

Des plantes qui produisent leur propre insecticide

novembre 1, 2009  
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14_Chrysomele_Diabrotica_virgifera_adulteDes chercheurs de l’Université de Neuchâtel et de l’Institut Max Planck (MPI) pour l’écologie chimique à Iéna (Allemagne) ont restauré une propriété surprenante du maïs sauvage : lorsque ses racines sont attaquées par un insecte, la plante émet un signal olfactif qui attire ses prédateurs. Sur le continent américain, les productions de maïs sont ravagées par des larves de coléoptères, Diabrotica virgifera, qui attaquent les racines des plantes. Importé en Europe via les aéroports, il y a déjà causé quelques méfaits.
Les chercheurs ont analysé les mécanismes d’autodéfense du maïs. Ils ont identifié la molécule odorante émise par les plantes lorsqu’elles sont attaquées, le E-ß-caryophyllène (E-ß-C). Elles le diffusent non seulement par voie aérienne lorsque l’insecte détériore les feuilles, mais aussi par voie souterraine lorsqu’il s’en prend aux racines. Ce signal attire des vers, les nématodes, qui tuent les larves.
Les chercheurs ont aussi mis en évidence que, à la suite du processus traditionnel de sélection végétale, les variétés américaines de maïs ne sont plus capables de produire la molécule E-ß-C. En insérant un gène d’origan contrôlant l’émission de l’ E-ß-C, les chercheurs ont réussi à rétablir chez cette variété la capacité à la diffuser pour se protéger.
L’efficacité de cette technique a été testée. Les champs de maïs génétiquement modifié sont aussi peu attaqués par les larves que les champs protégés par des pesticides.
Cette étude a été réalisée dans le cadre du Pôle de recherche national (PRN) Survie des plantes.

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Les coups de foudre réussissent aux champignons !!!

novembre 1, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

fungichampignon

Une équipe de chercheurs de l’université d’Iwate a construit un système qui permet de stimuler la croissance des champignons par l’application d’une tension électrique.

L’idée part d’un constat effectué par des cultivateurs de champignons : pour une raison pour l’instant inconnue, ces derniers ont tendance à pousser de façon plus abondante autour du point d’impact d’un éclair. En conséquence, plusieurs expériences utilisant une impulsion de champ électrique pour stimuler le rendement de la culture de champignon ont été menées par le passé. Il en est ressorti qu’une source appropriée pour une application commerciale de cette technique doit être compacte, aisément transportable et capable de délivrer une tension élevée.

Les chercheurs sont parvenus à construire un générateur compact d’impulsions de tension élevée à l’aide d’un accumulateur d’énergie inductif. Le générateur est composé d’un groupe de quatre condensateurs, placé en série avec une bobine, ainsi que d’un commutateur. Dans un premier temps, les condensateurs sont chargés en parallèle ; le commutateur est ensuite activé, ce qui a pour effet de changer la connexion des condensateurs, qui se retrouvent en série. Avec ce système, l’équipe a pu produire une tension de sortie de 110 kV, à partir d’une tension de charge de 5kV.

Ils ont ensuite testé l’efficacité du système sur différentes espèces de champignons comestibles : Lyophyllum decastes, cultivé sur substrat de sciure, ainsi que Lentinula edodes, Pholiota nameko et Naematoloma sublateritium, cultivés sur souche d’arbre. Les champignons soumis à une impulsion durant 50 nanosecondes ont eu un rendement (en terme de masse récoltée) de 1,5 à 2,1 fois supérieur à celui des champignons des groupes de contrôle. Les chercheurs ont également constaté que soumettre les champignons à des impulsions répétées permet encore d’accroitre le rendement.

La méthode semble donc présenter un intérêt certain pour les cultivateurs. A noter cependant qu’elle ne bénéficie pas à tous les champignons : le maitake, une espèce japonaise, est détruit par l’application d’une haute tension.

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Influence d’un pois intercalaire sur les populations de pucerons des épis (Sitobion avenae)

octobre 29, 2009  
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Des chercheurs de l’académie chinoise des sciences agricoles et de l’Université agricole du Shandong ont étudié les effets de différents modes de mélange de lignes de pois dans une culture de blé sur les populations de pucerons des épis et des autres insectes de leur cortège. Le dispositif expérimental comprenait des mélanges de rangs de pois et de blé dans les proportions 2:2, 2:4, 2:6 et 2:8. Une parcelle de contrôle de blé était conduite dans les mêmes conditions. Les chercheurs ont mesuré les comportements et les effectifs des populations de  Sitobion avena aptères ou ailées, ceux des insectes « ennemis » de ces pucerons, ainsi que les rendements des récoltes.

champ bléLes résultats montrent une population de pucerons très significativement inférieure dans tous les cas de mélange blé/pois par rapport au blé seul. Même si la tendance est la même sur la durée, les populations d’insectes du groupe fonctionnel lié aux pucerons semblent plus actives en cas de mélange : en particulier les populations de coccinelles et de parasites des pucerons sont plus vigoureuses et la diversité des espèces est plus grande.

Commentaire : nous sommes toujours dans la recherche de solutions écologiques (au sens propre du terme) aux ravages des parasites des cultures. Ce travail met d’une certaine façon en évidence la fragilité des milieux simplifiés, dans lesquels la monoculture d’une plante cultivée entraîne la sélection de ses principaux parasites au détriment des autres espèces, alors que la diversité des espèces présentes dans un milieu mélangé atténue ou annihile le risque d’attaques massives et destructrices imposant le recours aux insecticides.

A noter : dans les actes du même congrès, un autre article chinois (provenant des mêmes institutions) fait état de résultats semblables simplement en mélangeant des variétés différentes de blé sur les mêmes parcelles

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Un nouveau fongicide botanique biologique à base d’extraits de Yucca

octobre 29, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

Danemark
Le but du projet REPCO (Replacement of Copper Fungicides in Organic Production of Grapevine and Apple in Europe) est de trouver des solutions de remplacement aux fongicides à base de cuivre utilisés dans la production biologique de raisin et de pommes.
ll est possible de contrôler efficacement la tavelure (maladie fongique des pommes) en utilisant des extraits de Yucca (particulièrement le Yucca schidigera). Telle est la conclusion des participants néerlandais et danois au projet REPCO, de l’Université Royale d’Agriculture (KVL) et de l’Institut danois des Sciences Agronomes (DIAS).

Les dommages provoqués par la tavelure, maladie fongique causée par le champignon Venturia inaequalis, sont d’une importance économique majeure dans tous les secteurs de production de la pomme. Si elle n’est pas contrôlée, cette maladie cause des pertes majeures pendant les périodes fraîches et pluvieuses du printemps. Cette maladie provoque une infection des fruits et peut entraver la croissance et le rendement des arbres.

Actuellement les fongicides les plus largement répandus sont composés de cuivre, de soufre élémentaire et de soufre de chaux. Pour des considérations environnementales, l’utilisation de ces fongicides à base de cuivre doit être prochainement arrêtée en Europe. Dans quelques pays comme les Pays Bas et le Danemark, l’utilisation des fongicides à base de cuivre est déjà interdite.

pomme tavelureDes extraits de yucca ont été testés en laboratoire et dans des vergers. Ils ont fortement empêché la germination des spores et leur efficacité à la fois préventive et à terme curative contre la tavelure des pommes a été prouvée sur des analyses de jeunes plantes.
L’efficacité très prometteuse du yucca contre la tavelure a également été montrée par des essais dans des vergers aux Pays Bas et au Danemark. Afin de faciliter le développement de ce produit, une demande de brevet a été récemment déposée sur son utilisation comme fongicide.

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Mildiou de la pomme de terre

octobre 29, 2009  
Classé sous Protection des végétaux

Importance

Le mildiou est une maladie cryptogamique la plus redoutable de la culture de pomme de terre au Maroc. Elle occasionne des dégâts économiques considérables. Ces dégâts peuvent atteindre 80% de la production en fonction du degré d’infestation et des conditions climatiques.

Cycle de maladie

Le champignon: « Phytophthora infestans  » se conserve sous forme de mycélium dans les tubercules infectés. Ceci assure au champignon un moyen sûr de conservation et de suffisant pour initier une épidémie. Ce taux très faible pourrait éventuellement causer des problèmes de contrôle des semences à l’importation.
Le champignon subit une multiplication asexuée rapide et abondante. Sous les conditions favorables. Les conidies ou les sporanges du champignon sont produites en grande quantité et disséminée ar le vent. La contamination se fait directement par la pénétration des hyphes du champignon. Ces hyphes se ramifient à la fois de façon intracellulaire à travers les tissus de la plante. Des enzymes de dégradation sont ensuite produits.
Il est à signaler qu’aucune des résistances créées n’est durable, car le champignon est doué d’une variabilité de virulence très remarquable.

Symptômes

Mildiou_feuille_pdtSur feuillage : Apparition des tâches jaunâtres qui brunissent rapidement au niveau des folioles. Sur la face inférieure des feuilles apparaît un duvet blanc-grisâtre qui dissémine les spores. Les tiges attaquées noircissent et la plante peut dépérir en quelques jours.
Sur tubercule : Apparition des tâches diffuses brunâtres sur l’épiderme, suivies d’une pourriture sèche qui s’étend profondément à l’intérieur du tubercule. La chair présente des zones à texture granuleuse de couleur brunâtre. Des pourritures secondaires s’installent par la suite.

Influence des facteurs de l’environnement

- La température, l’humidité relative, le temps nuageux et la pluie sont des facteurs critiques pour le développement de la maladie. Le champignon ne sporule que sous des conditions d’humidité relative élevée : H R = 80 à 90%. La germination des conidies sous forme de Zoosporanges ne s’effectue qu’en présence d’un film d’eau ou de brume.
- La maladie ne se développe que si la température est comprise entre 15 et 25° avec un optimum à 18° . Des températures supérieures à 30° arrêtent le développement de la maladie.
- Donc le développement du champignon est étroitement tributaire des conditions météorologiques. Il est possible de prévoir son apparition ou non de façon précise avec des stations d’avertissement agricoles.

Epoque d’apparition

Dans les conditions marocaines, le mildiou apparaît de Novembre à Avril. Ainsi la culture de pomme de terre de primeurs par exemple se trouve exposée au risque d’attaque de mildiou durant tout son cycle végétatif.

Moyens de lutte

1/ Méthodes culturales :

Elles permettent de diminuer l’inoculum primaire. Elles consistent à :
- Brûler les fanes et les résidus de récolte après chaque culture de pomme de terre.
- Détruire les plants spontanés de pomme de terre.
- Effectuer un bon buttage pour éviter l’infection du tubercule.
- Éviter une végétation trop luxuriante, en évitant les apports excessifs d’Azote.
- Utiliser des tubercules de semences sains.
- Pratiquer les rotations culturales.

2/ Méthode chimique

- Elle représente le moyen sûr pour protéger la culture de la maladie. Cependant, les traitements préventifs restent le moyen le plus efficace. Cela veut dire, traiter avec des fongicides de contacts dès que les conditions climatiques deviennent favorables : temps nuageux ­ pluie ­ brouillard ­ rosée fréquente ­ température avoisinante de 18-20°.
Une fois la maladie s’installe, traiter à l’aide des fongicides systémiques. Veuillez à recouvrir par les produits toutes les parties de la plante. Il est recommandé tout de même d’alterner les produits de traitement afin d’éviter le phénomène d’accoutumance.

INRA – Rabat

Photo : http://www.fsagx.ac.be