M. Benkirane: Le plan national de l’eau vise à renforcer les acquis et faire face aux contraintes

Benkirane_-chambre_des_conseillers-M1Rabat- Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a indiqué, mardi, que le gouvernement a élaboré le “Plan national de l’eau” dans un cadre de consultations avec le Comité permanent du Conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC) en vue de renforcer les acquis et faire face aux contraintes que connait ce secteur.
Ce plan ambitionne de renforcer les acquis, faire face aux contraintes que connait le secteur, relever les défis relatifs au développement urbain et démographique et de répondre aux besoins des grands chantiers et des secteurs économiques tels l’agriculture, le tourisme et l’industrie, a affirmé M. Benkirane, qui répondait à une question sur “la gestion du secteur de l’eau et de l’électricité par le gouvernement”, lors de la séance mensuelle sur la politique générale à la Chambre des Conseillers.

MAP

Stévia : conseils de culture, de multiplication et de récolte

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La Stévia est appréciée pour le pouvoir sucrant de ses feuilles, bien supérieur à celui du sucre, avec un apport calorique très faible. C’est une plante de culture plutôt facile, pour peu que l’on respecte certaines de ses exigences.

Substrat et fertilisation

La stévia s’adapte à de nombreux sols, y compris les sols pauvres, mais elle prospèrera mieux sur un substrat riche. En plein champ, un sol limoneux et bien drainé est l’idéal. En pot, utilisez un compost bien mûr installé sur un lit de billes d’argile pour le drainage.

Fertilisez régulièrement, et plus particulièrement 2 semaines avant la récolte, afin de maximiser les teneurs en agents sucrants dans les feuilles. Mais attention, n’utilisez pas d’engrais azoté conventionnel, à libération trop rapide, qui conduirait à de grandes feuilles pauvres en agents sucrants. Optez plutôt pour un engrais biologique à libération lente, comme un compost bien décomposé. Vous pouvez aussi apporter ponctuellement de la poudre de corne, des extraits d’algues ou du purin d’ortie à titre de stimulateur de croissance (avec 12 à 15 jours de macération).

Arrosage et exposition

Stevia rebaudiana est une plante tropicale qui a besoin d’un substrat humide mais néanmoins bien drainé. L’excès d’eau cause des dommages comme le dépérissement de la plante au-dessus du collet. À l’inverse, en été, la sécheresse peut lui être préjudiciable. Si votre plant de stévia est en pot, veillez à des arrosages réguliers. En pleine terre, vous pouvez également disposer un mulch au pied de la plante, pour limiter le dessèchement du sol (le système racinaire du stévia est très développé juste sous la surface du sol).

Dans la nature, en Amérique du Sud, on la rencontre parfois en sous-bois, mais la stévia préfère les situations mieux exposées : lisière de forêt, clairière… Elle a donc besoin de lumière, mais évitez le soleil direct, surtout en plein été. On peut tout à fait l’installer à l’extérieur en été ; en hiver, il est préférable de la rentrer à l’abri du gel si les températures descendent en dessous de -5°C. Car si la stévia supporte des températures faiblement négatives, il vaut mieux ne pas tenter la culture en pleine terre si vous n’habitez pas sous un climat clément (océanique ou méditerranéen).

Parasites et ravageurs

En pot, si la stévia est cultivée à l’intérieur, elle peut être sujet à des attaques de cochenilles ou d’aleurodes. Pour les éviter, vaporisez très régulièrement le feuillage, et aérez la plante. Ces parasites détestent l’humidité et l’air frais !

Au jardin, que la plante soit en pleine terre ou en pot, c’est surtout les rongeurs qui seront à craindre, car mulots, campagnols, souris et lapins apprécient beaucoup les feuilles sucrées de stévia… On les comprend ! Difficile de prévenir les grignotages intempestifs par des moyens de lutte naturelle, à moins d’utiliser un répulsif à rongeurs (par exemple un purin de feuilles de sureau).

Semis et boutures

La stévia se multiplie par semis, par marcottage ou par bouturage. Le semis est assez aléatoire. D’abord, les graines ne conservent leur pouvoir germinatif que durant 3 mois : il faut donc semer assez vite après la récolte des graines. Ensuite, le taux de réussite des semis est assez faible : en moyenne, à peine 35% des graines donnent une plantule. Et, une fois le stade de plantule atteint, il faut encore compter avec une perte de 10%.
Si vous souhaitez vous lancer tout de même dans des semis de stévia (en pot ou en godet), faites-les plutôt en automne, et veillez à maintenir une température de 20 à 25°C. Le terreau ne doit pas sécher, il faut donc une atmosphère suffisamment humide. Les graines germent en  7 à 14 jours.

Le bouturage et le marcottage donnent de meilleurs résultats : jusqu’à 95% de réussite. Bouturez de préférence les têtes, mais les boutures de feuilles sont possibles.

Récolte des feuilles

Pour la récolte, il est possible de cueillir les feuilles de stévia et de les consommer fraîches au fur et à mesure de vos besoins, toute l’année si la plante est à l’intérieur. Vous pouvez aussi procéder à une seule récolte annuelle, à la fin de l’été (entre le 15 et le 30 août pour une richesse optimale en glucosides). Dans ce cas, faites sécher les feuilles au soleil, puis réduisez-les en poudre et tamisez pour retirer les débris de nervures et de tiges, qui peuvent être amers. Conditionnez en boîtes hermétiques.

Tailler le stévia

En hiver, pour les plants cultivés à l’extérieur, la stévia connaît une période de dormance. Dès les premiers froids, les feuilles et les tiges sèchent intégralement. C’est le moment idéal pour la taille : supprimez les tiges au-dessus du 3ème œil. Veillez à ne tailler que par temps sec, pour éviter le risque de contamination des blessures par des champignons. Au printemps, le plant repartira à partir du pied et de ces bourgeons végétatifs.

La culture du navet

Plante et importance de la culture au Maroc :

Le navet ( Brassica napus L Brassica rapa L Brassica campestris L ) est une plante bisannuelle à racines, originaire de l’Europe du Sud et appartenant à la famille botanique des Brassicacées ou Crucifères. La partie consommée est la racine charnue. Le légume est riche en Calcium et en Vitamine K. Au Maroc, la culture est produite partout, dans les mêmes sites que la carotte, en général.

Préférences pédo-climatiques :

  Le navet est une plante de saison froide. L’optimum de croissance est de 27 °C , mais la croissance reste bonne entre 10 et 20 °C . La plante résiste au gel. Une longue exposition de la culture au froid (température inférieure à 10 °C ) provoque la vernalisation et la montée à graines. Les températures élevées réduisent la qualité des racines et augmentent l’intensité de leur odeur. La culture présente une large adaptation à différents types de sols, mais préfère un sol bien drainant, non caillouteux, sans obstacles en profondeur. L’idéal serait un sol sablo-limoneux. La culture tolère un léger excès de Bore, répond aux apports de Mn et de Cu. Elle ne tolère pas une forte salinité. Le pH optimal du sol est de 6-6,8.

Variétés, travail de sol et semis :

Les principales variétés utilisées au Maroc sont la Nantaise à force; Marteau; Jaune boule d’Or; Blanc de Croissy; Blanc globe à collet vert. Les principales variétés américaines sont Royal Crown et Purple Top White Globe. La propagation est sexuée (par graine); le semis est direct en place définitive. Le nombre de graines par gramme de semence est de 240-360. Le semis est effectué durant toute l’année sauf en Décembre-Janvier (risque de vernalisation et de montée à graines). Le labour doit être profond. Le nivellement du sol facilite l’obtention d’une levée homogène. Le roulage du sol permet d’avoir une bonne uniformité d’humectation des graines et de leur germination. La confection des cuvettes est d’une pratique courante pour la culture de navet. Le besoin en semences est de 5-6 kg/ha. L’arrangement des plantes sur le terrain est le suivant: Cuvettes de 5 lignes , écartées de 20 cm (entre rangs) ; 60 cm entre cuvettes; 5- 8 cm entre plants dans le rang. La densité de plantation obtenue est de 40.000-60.000 pieds/ha. Le semis est généralement échelonné afin de s’accommoder avec le marché.

Irrigation et soins culturaux :

L’aspersion est couramment utilisée pour irriguer le navet jusqu’à obtention de la levée puis l’irrigation se fait par gravité (seguia). Le goutte-à-goutte n’a pas donné satisfaction pour le navet. Les principaux soins culturaux sont : l’éclaircissage; le remplacement des manquants pour avoir une levée homogène et une bonne reprise ; les binages et les buttages en phase végétative.

Fertilisation:

  En apport de fond, on conseille 20-30 T/ha fumier + 70 kg N + 90 kg P2O5 + 120 kg K2O/ha . En couverture: 20 kg N + 50 kg P2O5 + 30 kg K2O/ha en pleine végétation ; 30 kg K2O/ha au début grossissement des racines. Une carence en bore provoque le brunissement du cœur .

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte:

  Les mauvaises herbes constituent un refuge aux pucerons , vecteurs des virus. Il faut donc lutter contre les mauvaises herbes manuellement et chimiquement pour les grandes surfaces en culture. La mouche du chou et l’altise (Phyllotreta sp) sont les insectes les plus redoutables du navet. Il faut traiter avec des insecticides variés afin d’éviter l’accoutumance aux produits. La pourriture des racines, l’oïdium et les viroses sont les maladies les plus difficiles à combattre; le rendement est sévèrement affecté si l’attaque a lieu au début de la saison. Il est recommandé de procéder à la lutte préventive en adoptant des méthodes culturales (rotation), biologiques (prédateurs des pucerons) et chimiques (alternance des matières actives).

  Récolte et manipulation du produit :

  La récolte se fait au fur et à mesure des ventes. Il est préférable de laisser la partie aérienne verte (vente en buttes). Quelques jours après la récolte, si la vente n’a pas pu s’effectuer, on enlève les feuilles (qui ont perdu leur verdure) et on vend les racines en vrac. Le rendement moyen national est de 15-16 T/ha.

Conditions d’une bonne conservation :

0 °C et 90-95 % HR. Le légume se conserve bien 2 à 3 semaines.

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La culture de l'ail

La culture de l'ail

Plante et importance de la culture au Maroc :

L’ail ( Allium stivum L) est une plante bisannuelle, originaire de l’Asie et de la Méditerranée Elle appartient à la famille botanique des Alliacées. La partie consommée est le bulbe constitué de caïeux. Le légume est nutritif et utilisé en médecine traditionnelle contre la diarrhée, les maux digestifs, l’hypertension artérielle et contre un certain nombre de toxines et venins dont le venin des scorpions et de certaines espèces de serpents. Il est riche en vitamines et en sels minéraux. Au Maroc, les principales régions de production sont Taounate, Saïs, le littoral et les régions montagneuses.

Préférences pédo-climatiques :

La plante est de saison froide. Elle a de faibles exigences en température. Elle résiste au gel et présente une forte faculté d’enracinement en conditions difficiles de froid (1- 2 °C ) et de sécheresse (les caïeux germent même à des humidités de sol assez proches du point de fléchissement). La température optimale de germination des caïeux est de 15 °C . Les semences ne doivent pas être utilisées si le lieu de leur conservation est très chaud (25- 35°C ) ou de température douce (15- 18 °C ). Les caïeux deviennent vides et perdent leur biomasse ; ils ne peuvent pas germer. L’optimum pour la croissance est de 18-22 °C. La bulbaison exige des jours longs (dépassant la photopériode critique variéale); il faut alors faire attention pour ne pas importer des variétés dont la photopériode critique est longue (du Nord de l’Europe ou du Canada) puisqu’au Maroc, il est impossible d’avoir une longueur de journée supérieure à 12-13 heures en hiver . Les plantes ne forment donc que de la biomasse végétative mais jamis de bulbe ! Les exigences en sol sont faibles; la culture préfère un sol sableux, bien enrichi de fumures organique et minérale. Il faut éviter les sols trop lourds qui drainent mal; la culture craint l’asphyxie permanente. Le pH optimal du sol est de 6-6,8.

Variétés, travail de sol et semis:

Les principales variétés utilisées au Maroc sont de deux types : Allium sagitatum Kunz et Allium vulgare Kunz . Le premier type donne une hampe florale en Mai-Juin et des graines (exemples de variétés: Roja, German, Red, Valencia). La hampe florale doit être éliminée dès son apparition afin d’éviter une chute de rendement; le 2ème type est utilisé pour la production de bulbes, sans risque de montée à graines (exemples de variétés: California early, California late) L’ail d’éléphant n’est pas vraiment un ail mais un poireau géant dont le goût ressemble à celui de l’ail, avec moins d’arôme. La propagation est asexuée. La multiplication se fait exclusivement par plantation directe en place définitive des caïeux. Il est préférable de choisir les caïeux de la périphérie puisque ceux du centre sont de petite vigueur et donnent des plantules chétives. La date de plantation pour une culture récoltée au printemps (sur le littoral) est Octobre-Novembre (dates non adaptées pour le Tadla). Pour une culture récoltée en fin d’été-automne, la plantation se fait en Décembre-Janvier (dates adaptées à la région de Tadla). L’arrangement des plantes sur le terrain est de 50- 60 cm entre cuvettes de 1- 1,2 m , avec 4 lignes par cuvette. Le besoin en semence est de700-1000 kg/ha. On plante au fond des sillons d’irrigation afin de bénéficier de l’humidité du sol en cas de culture en bour. Même pour une culture irriguée, on plante au fond des sillons d’irrigation gravitaire; les caïeux doivent être orientés la pointe en haut. Le terrain devrait être bien préparé, avec 1-2 labours profonds, un passage de la herse et du rouleau afin de tasser légèrement le sol avant de planter et près la plantation à plat en cuvettes.

Irrigation:

  La phase végétative est sensible au stress hydrique. La phase de grossissement des bulbes est moins sensible à un déficit en eau. Plus les besoins en eau de la culture sont satisfaits, plus le rendement est meilleur. Deux à trois binages-sarclages sont nécessaires ainsi que des arrosages réguliers le long du cycle cultural. Il faut arrêter l’irrigation un à deux mois avant la récolte afin de ressuyer les bulbes.

Fertilisation :

La fumure de fond est constituée de 20-30 T/ha de fumier + 40 kg N + 150 kg P2O5 + 100 kg K2O/ha. Celle de couverture comprend 20 kg N + 20 kg P2O5 + 40 kg K2O/ha par apport x 2 apports. Les stades d’application des engrais sont le stade 2ème-3ème feuille et un mois plus tard.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

Les principaux ennemis de la culture sont les mauvaises herbes (on peut appliquer un herbicide de prélevée) , les insectes, les maladies cryptogamiques… (voir oignon).

Récolte et manipulation du produit :

La récolte commence au stade ramollissement et jaunissement des feuilles. Il faut laisser les bulbes sur le terrain après arrachage des plantes (c’est le ressuyage) afin qu’ils perdent l’excès d’eau qu’ils contiennent. Le rendement moyen national est de 12-15 T/ha pour les récoltes de printemps; 4-5 T/ha pour les récoltes d’automne (utilisées comme semence) et 8-10 T/ha pour la culture de saison .

Conditions d’une bonne conservation:

Les meilleures conditions de stockage sont un local aéré, sec (60-70 %HR) et une température de 0- 6 °C (jamais entre 7 et 18 °C ). Les variétés qui se conservent sont l’ail rouge ou jaune, dont les bulbes sont récoltés en été, complètement mûrs et bien ressayés. L’ail blanc ne se conserve pas (récolte du printemps).

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II; Département d’horticulture; unité de Rabat

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La Culture de pomme de terre

pommes de terre

Plante et importance de la culture au Maroc :

La pomme de terre ( Solanum tuberosum L ) ou (potato en Anglais) est une plante vivace (passant la mauvaise saison sous forme de tubercule, ou tige souterraine), originaire de l’Amérique du Sud et appartenant à la famille botanique des Solanacées. La partie consommée est le tubercule. Le légume présente une haute valeur nutritive (tubercule riche en phosphore et en vitamine B). Au Maroc, la pomme de terre est la première culture maraîchère des points de vue superficie et production. La culture de primeur est destinée à l’exportation.

Préférences pédo-climatiques :

  La plante de saison froide, préférant un climat frais. L’optimum de germination des tubercules est de 12- 15 °C ; l’optimum de croissance est de 16- 20 °C . La végétation est favorisée par des températures élevées et des jours longs. La tubérisation est plutôt favorisée par des températures basses et des jours courts. La culture préfère des sols silico-argileux , riches en humus et légèrement acides. Le sol doit être bien drainant et sans obstacles afin de permettre un bon développement des tubercules.

Variétés et plantation :

Les principales variétés utilisées au Maroc sont Nicola (à chair blanche); Spunta (à chair blanche); Désirée (à chair rouge) et autres (Timate, Roseval, Diamant…). La propagation est asexuée, par les tubercules formés sur les extrémités des stolons à la fin de la période de croissance de la partie aérienne. Les tubercules semences peuvent avoir différents calibres. Pour économiser les frais des semences, il est préférable d’utiliser des tubercules de 50 grammes . Dans le cas où les tubercules disponibles sont de grand calibre ( 80 g ), la quantité de semence nécessaire à l’ha est de l’ordre de 4 Tonnes. Pour l’utilisation de gros tubercules (80- 120 g ) , il est possible de les couper en deux ou en trois morceaux à condition de prendre les mesures nécessaires de protection, à savoir un trempage des morceaux coupés dans une solution fongique et une utilisation rapide, en plantant sur le champ la semence. La plantation est directe; il n’y a pas de pépinière. La culture de saison est installée en Fevrier-Mars pour une production en Juin. La culture de vraie saison démarre en Mai pour une production en automne (Octobre). La culture d’arrière saison commence en Août et prend fin en Décembre. La culture de primeur commence en Octobre pour une production en Janvier. La semence utilisée doit être certifiée, ayant été conservée à 2- 3 °C et à 85-90 % d’HR avant sa pré-germination. Un mois avant la plantation, les conditions de stockage des semences devraient être les suivantes: 10- 12 °C , dans un local aéré, éclairé, à 90 % d’HR. Avant d’utiliser la semence , il est nécessaire de vérifier l’état des tubercules et de procéder à un tri afin d’éliminer la semence malade. L’arrangement des plantes sur le terrain est le suivant: 60- 70 cm entre lignes x 25- 35 cm entre tubercules dans le rang. La profondeur de plantation est de 10 cm . La semence doit être placée au fond de sillons creusés à la machine ou à la sape. Les besoins en semence s’élèvent à 500 kg/ha si l’on utilise des tubercules de 3 cm de diamètre (10-15 g/tubercule); une tonne/ha pour des tubercules de 3,5 cm de diamètre (18-20 g/tubercule); 2,5 T/ha pour des tubercules de 4,5 cm de diamètre (50 g/tubercule) et 4 T/ha pour des semences de 5,5 cm de diamètre (80 g/tubercule). La densité de plantation est généralement de 45.000 à 50.000 plants par ha.

Irrigation :

  La culture préfère un régime continu d’apport d’eau (80 à 100 % ETM). Dans le cas d’une sécheresse imposée, il est recommandé de faire au moins trois irrigations d’appoint, à la mi-croissance (40 JAP), à la tubérisation (55-60 JAP) et au début grossissement des tubercules (75-80 JAP). Il est souhaité de porter régulièrement le sol à sa capacité au champ.

Travail de sol, entretien de la culture et fertilisation :

  Un mois avant la plantation, on procède à un travail profond du sol et on enfouit la fumure de fond (20-30 T de fumier/ha + 50 kg N/ha + 150 kg P2O5/ha + 200 kg K2O/ha). Il est conseillé de faire 2-3 binages lors de la période végétative (jamais en période de tubérisation) et 2 buttages pour empêcher le verdissement des tubercules et les protéger contre le mildiou et la teigne. Les buttages peuvent être effectués au stade mi croissance et deux semaines plus tard. En même temps, des apports d’engrais de couverture peuvent être effectués aux doses de 30 kg N/ha + 30 kg K2O/ha (à la mi croissance) et de 50 kg K2O/ha au début grossissement des tubercules. La culture est également exigeante en magnésium et assez tolérante à la salinité (le seuil de 3 mmohs/cm n’est pas nuisible).

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

  Les gros tubercules semences coupés doivent être utilisés sur le champ après leur coupe. Un traitement au Tiram, par exemple, est souhaité en cas d’utilisation lente. Le mildiou est la maladie la plus redoutable en cas d’irrigation par aspersion ou de pluies abondantes mouillant le feuillage sur une longue période. L’utilisation de produits anti mildiou s’impose d’une manière préventive (Antéor, par exemple). Les autres ennemis de la culture sont, en général, les pucerons qui risquent de provoquer des viroses (on traite par le pirimor, par exemple), la mineuse (différents insecticides sont d’une utilisation courante, exemple Karaté, Décis…) et les nématodes (la stérilisation du sol est très coûteuse et ne justifie pas son utilisation sur la pomme de terre; il est recommandé d’adopter une rotation efficace: la culture d’une solanacée, de la même famille botanique de la pomme de terre, ne doit pas revenir sur la même parcelle avant cinq années).

Récolte, manipulation du produit et conditions d’une bonne conservation :

  15 jours avant la récolte, il est recommandé de couper l’eau à la parcelle afin de favoriser la maturation et de se préparer à la récolte. Celle-ci peut être manuelle ou mécanisée. La partie aérienne de la plante peut être détruite par une pulvérisation d’acide sulfurique dilué à 10 % ( 1000 litres de solution/ha). L’état de la peau des tubercules doit être examiné avant la récolte; il faut qu’elle soit suffisamment épaisse afin d’assurer une bonne protection des tubercules contre les lésions et les blessures. Il est préférable d’utiliser le crochet pour déterrer les tubercules; la sape provoque des blessures et réduit la qualité marchande du produit. Le rendement varie de 15 à 50 T/ha selon les variétés, la saison et les conditions de production. La moyenne nationale se situe aux environs de 17-18 T/ha. Les tubercules doivent être stockés, d’abord dans un local aéré à 12 °C pendant une quinzaine de jours , puis transférés dans une chambre froide (2- 3 °C ) , obscure et bien aérée. L’obscurité est importante; la lumière provoque la germination des tubercules.

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La patate douce

Plante et importance de la culture au Maroc :

  La patate douce ou sucrée ( Ipomea batata L ) est une plante vivace, originaire de l’Amérique du Sud (Pérou et Mexique) et appartenant à la famille des Convolvulacées. La partie consommée est le rhizome. Celui-ci est riche en saccharose, protéines, carotènes, vitamine C, Fer et autres sels minéraux. Au Maroc, la culture est pratiquée surtout dans les régions du Saïs, Salé Casa et Doukkala.

Exigences écologiques:

  La plante est de saison chaude. Elle nécessite des jours courts pour sa tubérisation (formation du rhizome). Elle a les mêmes exigences écologiques que la cultures des courges.

Variétés et installation de la culture:

  Les principales variétés utilisées au Maroc sont la Reine du Sud et la Rose de Molorga. Les américains utilisent la Poerto Rico et l’Okinawa. La multiplication est asexuée (par rhizomes et bouturage). On plante le rhizome qui émet des stolons. On pratique le marcottage pour enraciner des parties des stolons afin de produire des boutures pour les planter au printemps ; la récolte a lieu en automne. Les distances de plantation sont de 2 m entre lignes x 0,5 m dans les jumelées x 0,5 m entre boutures sur la ligne. La densité de peuplement est de 3-6 boutures/m2.

Entetien de la culture :

  Il faut irriguer jusqu’à pleine couverture du sol par la végétation. On apporte le fumier (30 T/ha) + 80 + 100 + 200 kg/ha de N, P2O5 et K2O, respectivement. On traite contre les thrips, les vers blancs, la noctuelle, la rouille. Il faut choisir un matériel végétal sain, indemne de virus. Le terrain doit être sain (sans risque de fusarium).

Récolte et conservation :

  La récolte ressemble à celle de la pomme de terre et du topinambour. Le légume ne se conserve pas bien (moins d’un mois), même dans les meilleures conditions. Celles-ci sont les suivantes: 4- 5 °C et 95 % HR. Les rhizomes forment rapidement des germes (stolons).

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La culture de poireau

La culture de poireau

Plante et importance de la culture au Maroc :

Le poireau (Allium ampeloprasum ou porrum L) est une plante : bisannuelle mais cultivée comme plante annuelle , originaire de la Méditerranée et de l’Asie Occidentale. Elle appartient à la famille botanique des Lilliacées. La partie consommée est la fosse tige formée de l’empilement des gaines des feuilles. Le légume est riche en Ca, S, P et vitamine A. Il est adoucissant et diurétique. Au Maroc, on trouve la culture partout ; elle se vend dans les mêmes endroits que la laitue, le radis, la menthe, le persil et la coriandre.

Préférences pédo-climatiques:

La plante est rustique; elle est résistante au froid. La germination commence à 2- 5 °C . L’optimum de croissance et de développement de la plante est de 20 °C . La plante supporte des températures de ( -15 °C ) à (-20) °C ainsi qu’une couverture sous la neige pendant 3-4 semaines. Le poireau est très exigent en lumière et en humidité pendant tout le cycle cultural. Les exigences en sols sont faibles. Les sols humifères et alluviaux sont préférés. Le pH du sol ne doit pas descendre au dessous de 6.

Variétés, travail de sol et semis :

  Les principales variétés utilisées au Maroc sont de deux types: le type long (60- 70 cm ) et le type court (20- 25 cm ). Exemple du poireau long: Géant amélioré de Saulx. Exemple du poireau court: Bleu de Solaise. Les Américains distinguent les variétés selon la saison de culture: exemples de variétés d’automne (American Flag; Jolant; Kilima; Primor). Exemple de variétés d’hiver (Derrick, Electra; Goldina; Tivi; Wintereuzen). Exemples de variétés de printemps (Carina; Siberia). La propagation est sexuée. Le nombre de graines par gramme de semence est de 400-600. La pépinière est couramment utilisée au Maroc: La multiplication par plants est la plus répandue au Maroc. Le semis direct est également utilisé. Le semis est effectué en Février et en Août. Les graines sont enterrées en lignes espacées de 4- 5 cm à une profondeur de 3- 4 cm . La plantation a lieu 2-3 mois après le semis selon la saison. Les plantules présentent la taille d’un crayon. La plantation est précédée d’un labour , de l’enfouissement de la fumure de fond et d’un hersage. L’arrangement des plantes sur le terrain est effectuée en lignes espacées de 0,5 m (x 0,2- 0,3 m entre plants sur la ligne) ou en cuvettes de 1,5 m de large x 4 m de long avec 25 cm entre lignes et 10 cm entre plants sur la ligne. Les plants doivent être habillés avant plantation (coupe des extrémités des racines à 1- 1,5 cm ). Le besoin en semence est de 2-3 kg/ha pour un semis direct et de 1,5-2 kg/ha pour un semis en pépinière protégée contre les rongeurs et ravageurs. La densité de plantation est de 100.000 -120.000 pieds/ha.

Irrigation et soins culturaux:

Les exigences en eau de la culture sont de 300- 350 mm par cycle cultural. On arrose le sol avant et après le repiquage. Trois sarclages et buttages sont souvent utilisés le long de la phase végétative. L’apport d’eau doit être uniforme durant tout le cycle cultural.

Fertilisation:

La fumure organique est très favorable à la culture même lorsque le fumier est récent et n’est pas bien décomposé. La fumure de fond comprend 20-30 T/ha de fumier + 70 kg N + 90 kg P2O5 + 100 kg K2O/ha. En couverture on apporte 30 – 60 -30 (N, P2O5, K2O)/ha , en 2 apports, aux stades 20 JAL et 40 JAL.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

Une grande attention doit être donnée aux mauvaises herbes (désherbage manuel ou par différents herbicides). Les insectes les plus redoutables sont les thrips (traiter au Malathion et au Pylerin), la mouche de l’oignon et la teigne du poireau (traiter au Lannate, Decis). Les maladies qui attaquent la culture sont le Mildiou et la rouille (traiter au Manèbe, Pelt 44, Bravo, Telone). La lutte classique est chimique et préventive.

Récolte et manipulation du produit :

La récolte a lieu normalement 3-4 mois après le semis. L’arrachage est effectué à la bêche ou par passage de la charrue. La récolte est flexible puisque le poireau ne forme pas de bulbe. On récolte au fur et à mesure de la demande du marché. Les rendements obtenus au Maroc sont de l’ordre de 30-40 T/ha.

Conditions d’une bonne conservation :

Le produit est vendu en frais. Lors du transport, il est préférable d’avoir les conditions suivantes: 0 °C et 95-100 % HR. Dans ces conditions , le poireau peut se conserver jusqu’à 2-3 mois. Les mêmes conditions de conservation que le céleri et l’oignon vert sont utilisées pour le poireau.

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La culture de carotte

La culture de carottePlante et importance de la culture au Maroc :

La carotte (Daucus carota L) est une plante bisannuelle, à racines, appartenant à la famille botanique des Ombellifères. Elle est originaire de l’Europe du Sud. La partie consommée est la racine charnue. Le légume est d’une haute valeur nutritive; il est riche en vitamine A. Au Maroc, la carotte est cultivée partout dans le pays et le long de l’année.

Préférences pédo-climatiques :

La plante est de saison froide. L’optimum de germination des graines est de 18 °C . Le minimum est de 7 °C . L’optimum de croissance est de 20- 27 °C . La couleur des racines est la meilleure lorsque la température de l’air est de 16- 21 °C . Cette température doit être maintenue dans cet ordre de grandeur 3 semaines avant la récolte. A une température supérieure à 30 °C , la croissance des feuilles est ralentie et les racines développent une odeur, réduisant de leur valeur marchande. La tolérance au gel est courante chez la carotte. La culture n’est pas exigeante en qualité de sol. Cependant un sol caillouteux est à éviter afin d’obtenir des racines non fourchues. Le sol idéal est un limon sableux. Le pH optimal du sol est de 5,5-7. Un sol trop lourd résulte en des racines formant des poils.

Variétés, travail de sol, semis et plantation :

Les principales variétés utilisées au Maroc sont la Nantaise améliorée, Racelido, Racedalbon, Nandor, Favor et Ivor. Le consommateur demande des racines à couleur orange vive, de belle forme et sans poils. Ceci amène à l’utilisation de matériel végétal hybride (exemple de variétés américaines: Avenger, Caropak, legend, Navajo, Flame et Neptune). Le semis est toujours direct en place définitive. La transplantation provoque la formation de racines fourchues. Le nombre de graines par gramme de semence est de 500 à 1.000 selon les variétés. Pour l’industrie, le semis est généralement plus dense que pour le marché en frais. Le terrain doit être labouré en profondeur, nettoyé des obstacles, roulé puis modelé en cuvettes en culture irriguée ou nivelé, à plat en culture en bour. En irrigué, le semis est effectué en lignes rapprochées. En bour, le semis est en bandes à jumelées écartées de 0,7- 0,8 m . L’installation de la culture se fait durant toute l’année sauf en période très froide ou pluvieuse (Décembre-Janvier) afin d’éviter la montée à graines (vernalisation) et la production de semences. Après semis, il est conseillé de procéder à un roulage du sol. Le besoin en semences est de 6-7 kg/ha. La levée est généralement lente (25-30 jours en période froide printanière; les producteurs sèment en même temps du radis en lignes , éloignées d’une dizaine de cm des lignes de carotte afin de les identifier et de bénéficier du terrain pour une autre culture hâtive). L’arrangement des plantes sur le terrain est de 20 cm entre lignes x 5- 6 cm dans le rang en cuvette; 0,7 m entre jumelées x 20 cm dans la jumelée x 5- 6 cm dans le rang en culture en bour. La densité de plantation est de 60.000 à 80.000 pieds/ha.

Irrigation :

Le sol doit être bien humidifié avant le semis. Après le semis, on réduit l’apport d’eau afin d’éviter les maladies et la pourriture des graines. Un ou deux légers arrosages peuvent être donnés durant la période de levée afin que celle-ci soit homogène et accélérée. Après la levée , le sol doit toujours être à sa capacité au champ. Tout déficit hydrique est suivi d’une perte de rendement. Une alternance humidité-stress hydrique provoque la fissuration des racines. Une irrigation bien menée favorise la bonne coloration des racines. Un excès d’eau, résultant d’une irrigation impropre ou une mauvaise structure de sol (mal travaillé) provoque la mal coloration et la forme fourchue des racines.

Fertilisation :

Un apport de fumure de fond est conseillé sur sol pauvre. Si le fumier est disponible, il est recommandé d’en apporter des quantités copieuses (20-40 T/ha). On apporte également 80 kg N/ha + 100 kg P2O5/ha + 250 kgK2O/ha. En couverture, on apporte 20 kg N/ha + 40 kg K2O/ha au stade 4ème-5ème feuille et 40 kg K2O/ha au stade début grossissement des racines. La plante tolère le bore et répond bien à un apport de cuivre et de manganèse. Un excès d’azote provoque la formation de racines fourchues.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

Les mauvaises herbes (cuscute), les pucerons, les nématodes et la mineuse sont les ennemis les plus redoutables de la culture. La lutte doit être préventive et efficace. La plupart des nématicides sont aussi efficaces contre les mauvaises herbes. Les fongicides et les insecticides ne doivent pas être utilisés excessivement. La lutte intégrée, utilisant les prédateurs d’insectes et les méthodes biologiques et culturales est le meilleur moyen pour éviter les problèmes phytosanitaires. La carotte ne doit pas être plantée à proximité d’un champ de coton ou de melon afin d’éviter les mouvements des pucerons. Les maladies de la carotte sont également nombreuses et risquent de provoquer la formation de racines fourchues : Pythium, Sclerotinia, Rhizoctonia et Macrophomina spp . L’oïdium attaque aussi la culture en temps humide et chaud. La carotte ne doit pas suivre la luzerne sur une même parcelle; il y a formation de cavités dans les racines (carotte à cavités); l’agent pathogène responsable de ce problème est le Pithium violea . Des traitements fongiques préventifs sont nécessaires afin d’éviter cette maladie. Une bonne préparation du sol, éliminant l’excès d’eau et favorisant l’aération du sol, est à l’origine d’une culture saine, réduisant les risques de bactériose ( Erwinia carotovora ), Sclorotium rolfsii , alternaria…etc. Le choix de semence saine est également impératif. La rotation culturale doit être respectée; la carotte ne doit pas revenir sur la même parcelle avant 5 années afin d’éviter l’alternaria et les nématodes. La lutte contre les pucerons réduit les risques des viroses.

Récolte et manipulation du produit et conditions d’une bonne conservation :

  La récolte se fait au fur et à mesure des ventes. Celles-ci se font ou bien en présentant les racines sous forme de buttes, munies de leur partie aérienne ou bien en vrac, sans feuillage. Lors du cheminement du produit vers le marché, il faut faire attention pour ne pas endommager les racines par des blessures. Le rendement moyen national est de 20 T/ha. Les racines de carotte se conservent bien dans le sol pour une durée de moins d’un mois. Elles se conservent également en chambre froide, à 0°C et 99 % HR après lavage dans une solution à 100 ppm de chlorure (à pH 6,5-7,5) et refroidissement. Les carottes récoltées d’un sol sableux ne nécessitent ni lavage ni enlèvement du feuillage avant leur conservation. Il suffit de les secouer pour enlever le sol qui adhère sur les racines et de les serrer dans du plastique fin. La conservation dans ces conditions peut durer 6 à 7 mois. Le local de conservation ne doit pas contenir des pommes ou des poires ou des produits qui génèrent l’éthylène ; celle-ci provoque le goût amer des carottes.

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl

La culture de betterave potagère

La culture de betterave potagère

Plante et importance de la culture au Maroc :

La betterave potagère ( Beta vulgaris L ) est une plante bisannuelle, à racines charnues (partie consommée) appartenant à la famille botanique des Chénopodiacées. La plante est originaire de la Méditerranée. Le légume est riche en Fer et en Phosphore. Au Maroc, on trouve ce légume partout dans les régions, mais la culture est pratiquée sur de petites superficies.

Préférences pédo-climatiques :

La plante est de saison froide, mais plus exigeante en chaleur que les plantes à racines. La température optimale de croissance est de 15- 23 °C . Le zéro de germination est de 8°C . La plante supporte les fortes chaleurs plus que la carotte. La montée à graines a lieu en conditions froides. La culture préfère un sol sablo-limoneux ou sableux. Les sols lourds sont difficiles à travailler et présentent le risque de favoriser la fonte de semis et la pourriture des graines et du collet des plantules. Le pH optimal du sol est de 6.

Variétés, travail de sol et semis :

Les principales variétés utilisées au Maroc sont Plate d’Egypte, Détroit amélioré, longue de vertus. Les variétés américaines sont Detroit strains, Ruby queen, Red Ace F1 et Pacemaker III F1. La propagation est sexuée. Le nombre de graines par gramme de semence est de 30-50. Le semis est effectué en pépinière en lignes espacées de 5 cm , avec un écartement entre graines sur la ligne de 5 cm . Il faut utiliser les graines traitées contre la fonte de semis et les pourritures. On sème 25- 30 g de semence au m2 (glomérules). Le semis a lieu durant toute l’année sur le littoral mais à l’intérieur du pays (Tadla, par exemple), on évite de semer au début du printemps (montée à graines). Le meilleur moment du semis est Avril-Mai-Juin. Les glomérules sont trempées dans l’eau tiède pendant 5-6 heures avant le semis. La plantation en place définitive a lieu au stade 4-5 feuilles. La récolte se fait 4-5 mois après la plantation. Le semis peut être direct. On a alors besoin de 10- 15 kg de semences/ha. Le sol doit être roulé après le semis pour avoir une bonne homogénéité de germination. Deux éclaircissages doivent être effectués afin de ramener la densité de peuplement à la normale: on éclaircit au stade 2-3 feuilles et au stade 5-6 feuilles en laissant 8- 10 cm entre plantes sur le rang. Une glomérule donne 4-6 plantules ; l’éclaircissage est donc obligatoire pour le semis direct. La densité de peuplement végétal est de 35.000 à 40.000 pieds/ha

Irrigation :

La culture est adaptée à l’irrigation par pivot ou par aspersion. Le système le plus répandu est le gravitaire. Le goutte-à-goutte semble être intéressant mais sa rentabilité n’est pas toujours sûre. Le sol doit être ramené à sa capacité au champ durant tout le cycle de la culture. Le besoin en eau de la culture est de 250-300 mm/cycle. Il est conseillé d’irriguer très tôt le matin afin d’éviter les problèmes phytosanitaires (alternaria et cercosporiose). Les besoins en eau peuvent être répartis avec 1/3 durant la première moitié du cycle cultural et 2/3 durant la 2ème moitié (période de formation des racines). En cas de sécheresse, il faut apporter le bore afin d’alléger le problème de sa carence induite par le manque d’eau, mais la culture se rattrape vite dès les premiers apports d’eau. C’est ainsi que deux à trois irrigations d’appoint sont suffisantes pour permettre d’obtenir un rendement satisfaisant. La culture doit être binée et buttée durant le cycle au moins 2 fois afin d’éliminer les mauvaises herbes, d’aérer le sol et de remplacer provisoirement une ou deux irrigations en cas de problème d’eau.

Fertilisation :

La fumure de fond est constituée de 20-30 T/ha de fumier + 80 kg N + 180 kg P2O5 + 100 kg K2O/ha. Celle de couverture comprend 30 kg N + 30 kg K2O/ha au stade 5-6 feuilles et 30 kg K2O/ha au stade début grossissement des racines. Les normes d’interprétation des analyses de sol sont les suivantes : * Pour P : un sol qui dose 0-25 ppm P doit subir un apport de 120- 150 kg P2O5/ha; pour une teneur de 25-50 ppm P, l’apport est de 70- 120 kg P2O5/ha. Pour une teneur de plus de 50 ppm P, on apporte 50 kg P2O5/ha. * Pour K : un sol qui dose 0-75 ppm K, l’apport doit être de 120- 150 kg K2O/ha. Pour une teneur de 75-150 ppm K, l’apport est de 80- 120 kg K2O/ha. Pour une teneur de 150-220 ppm K, l’apport sera de 60- 80 kg K2O/ha. Lorsque la teneur dépasse 220 ppm K, on ne fait pas d’apport de potasse. La fertilisation borique est très importante pour la culture de betterave afin d’éviter le cœur noir. En fumure de fond, on apporte 3- 5 kg B/ha. En couverture, on fait 2-3 pulvérisations foliaires d’un produit borique soluble sans dépasser 1 kg B/ha/400 l d’eau. L’apport commence au début grossissement des racines et se répète durant le grossissement.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte :

Il est recommandé de prendre les mesures de protection nécessaires afin de minimiser la lutte chimique qui coûte chère et qui dégrade l’environnement (rotation culturale, lutte intégrée, désherbage, etc…). Les insecticides les plus utilisés sont : Malathion et Carbaryl contre les pucerons, l’araignée et les cafards, Pyllerin contre la mineuse et les larves d’asticot, Trichlorfon, Lannate et Telone (II ou C17) contre les vers gris , blancs et les taupins. Les maladies les plus redoutables sont la Cercosporiose et le mildiou. Des fongicides préventifs doivent être utilisés régulièrement afin d’éviter ces maladies durant les périodes pluvieuses et chaudes du cycle cultural.

Récolte, manipulation du produit et conditions d’une bonne conservation :

La récolte s’échelonne, en général, de Juillet à Novembre si le semis a lieu entre Avril et Juin. On coupe les feuilles et on arrache les racines à l’aide d’un crochet à 2-3 dents. Il faut éviter d’utiliser la sape qui provoque des blessures aux racines. Il est recommandé d’humidifier le sol avant de récolter en cas de sol dur. Une fois la plante est arrachée, la partie aérienne est coupée et laissée sur le terrain (enrichissant la fertilité du sol). Au champ, un tri peut être effectué afin de ranger les racines selon les catégories de calibres. Aux USA, les catégories du calibre sont les suivantes: Grade 1 (diamètre de la racine D = 2,5- 3 cm ); grade 2: (D= 3,2- 6 cm ); grade 3 (D= 6,2-8 ou 9 cm ). Lorsque la racine est plus grande (D > 9 cm ), elle n’est pas bien commercialisée (racine hors calibre). Le rendement moyen national est de 15-20 T/ha. A 0 °C et 95-100 % HR, la durée de conservation des racines (sans feuillage) dépasse 5-6 mois dans les bonnes conditions. Avec les feuilles, la durée de conservation ne dépasse pas 2 semaines (à 0°C et 100 % HR). Le local doit être bien aéré.

Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II

Département d’horticulture

Co auteurs = Pr Ahmed Skiredj, Hassan Elattir et Abdellatif ElFadl