19-05-2012 - 03:58

conduite d’un élevage ovin à l’Agriculture Biologique

  • Publi le : lun 18 oct 2010 , 7:54  
  • Commentaires fermés
  • 2763 vues

L’élevage d’un troupeau ovin allaitant en Agriculture Biologique (AB) peut être économiquement rentable. Une adaptation de certaines pratiques est cependant nécessaire.
Des recherches ont été menées de 2000 à 2005 en zone de moyenne montagne, au centre INRA de Clermont-Ferrand Theix. Une plateforme
pluridisciplinaire réunissant zootechniciens, agronomes et économistes a été mise en place. Un partenariat s’est constitué dès la conception du
projet avec producteurs, structures de développement et enseignement agricole.
Le choix d’une conduite optimale d’un troupeau ovin bio :
le « Système Herbager »
Une seule mise bas par brebis par an,
répartie en deux périodes d’agnelage (mars et novembre)
avec un chargement de 5 brebis/ha (0.75 UGB/ha)
Productivité numérique
Les réussites du Système Herbager reposent sur:
Une bonne fertilité y compris en contre-saison sans traitements hormonaux.
Une prolificité élevée associée à une mortalité des agneaux maîtrisée.
L’alimentation produite sur l’exploitation (fourrages et aliments concentrés) couvre 89% des besoins alimentaires du troupeau.
La marge brute dégagée est comparable à celle d’élevages conventionnels, malgré une conjoncture AB peu favorable (le
différentiel de prix entre agneaux bio et conventionnels est passé de +30% en 2000 à +10% en 2004) et un prix du concen-
tré élevé.
La réussite du système herbager repose sur la bonne maîtrise des pratiques de gestion du pâturage, d’alimentation, de re-
production mais également de lutte contre le parasitisme.
Déterminer, en fonction de la race de brebis, la période de reproduction la plus favorable à un effet bélier efficace (fin
mai en race limousine).
Eviter des intervalles trop courts entre le tarissement des brebis et leur mise en lutte (au moins 3 semaines)
Avoir un nombre suffisant de béliers (1 mâle pour 20-25 brebis)
Optimiser la reproduction en « contre-saison »
Concilier rentabilité et réglementation :jdes difficultés à surmonter
Alimentation : produire des fourrages de bonne qualité permettant de diminuer l’apport en concentrés.
Santé : maîtriser le parasitisme, notamment chez les agneaux à l’herbe (les petits ruminants sont particulièrement sensibles
au risque parasitaire)
Reproduction : optimiser la reproduction en contre-saison.
En pratique
Le Système Herbager est cohérent avec une conduite en Agriculture Biologique.
Choisi par les chercheurs pour son rythme “modéré” de la reproduction, il apporte un niveau de productivité satisfaisant
et stable ainsi qu’une bonne répartition annuelle des ventes d’agneaux.
Alimentation : objectif d’autonomie alimentaire élevée
Produire des fourrages en quantité et qualité suffisantes est un impératif économique fort en système AB car les concentrés bio
sont 60% plus chers que les concentrés conventionnels.
Agneaux de printemps
L’élevage à l’herbe des agneaux nés au printemps contribue à l’amélioration de l’autonomie alimentaire dans les conditions de moyenne montagne. En Système Herbager, les agneaux à l’herbe ont été
produits avec seulement 20kg de concentré par tête.
Agneaux de bergerie
La réglementation limite théoriquement les concen-
trés à 40% de la ration des agneaux. Cette limitation
engendre des croissances réduites et un allongement
de 4 semaines de la durée d’engraissement. De plus,
la consommation de foin est multipliée par 3.
Si la part des concentrés atteint 60% de la ration (600g
de concentré/jour/agneau), les croissances deviennent
satisfaisantes.
Obligation réglementaire de maintien des animaux en pâturage durant
la période estivale : en cas de sécheresse prononcée, il y a un risque
de dégradation importante des prairies (surpâturage et piétinement)
Qualité des fourrages : les carences observées en cuivre et zinc
ont nécessité des apports complémentaires pour éviter des risques
sanitaires (boiteries par exemple).
Déficit en azote des fourrages : la faible valeur azotée reste un
problème majeur pour assurer un bon équilibre des rations sans dé-
grader l’autonomie fourragère*. Rester attentif
Privilégier un chargement un peu inférieur aux potentialités
du milieu (le chargement a été réduit de 0,1 UGB/ha en cours
d’expérimentation). Ceci permet de constituer, les années favo-
rables, un stock fourrager de sécurité qui pourra être mobilisé
en cas de déficit de production fourragère ultérieur et limiter
ainsi la baisse de l’autonomie alimentaire*.
Dans le cadre de l’étude INRA, les quantités de fourrage ingéré
par les animaux avaient été sous-estimées : avec une limitation
de la part du concentré dans la ration, les agneaux consomment
9% des quantités totales des fourrages contre 2% lorsque le
concentré est offert à volonté.
Sevrer tardivement les agneaux (100 jours). Ceci permet de ré-
duire les apports des concentrés et de limiter ainsi les coûts de pro-
duction.
Remarquej: la possibilité de mobiliser fortement les réserves corpo-
relles des brebis grâce à un rythme modéré de mise bas permet également de réduire l’utilisation du concentré.
Dans un objectif d’autonomie alimentaire :
En pratique
La maîtrise du parasitisme avec une réduction importante de l’utilisation de produits de synthèse est possible en AB.
82% des agneaux du Système Herbager n’ont reçu aucun traitement allopathique chimique, et seulement 1% (sorties
de la filière bio) en ont reçu 3 et plus.
Parasitisme
En pratique
Une maîtrise des périodes de reproduction : certaines
périodes de mise bas (fin de printemps) sont plus propices
à une diffusion large des strongles
Une alimentation de qualité et un régime alimentaire
diversifié Exemple : les plantes à tanins peuvent avoir un impact fa-
vorable sur la maîtrise du parasitisme.
Un diagnostic simple
L’état de diarrhée est un indicateur d’infestation pertinent.
Il peut être facilement suivi par l’éleveur et lui permettra
d’intervenir efficacement sur les individus à risque .
Une conduite au pâturage appropriée pour les animaux sensibles réserver le premier pâturage des parcelles aux brebis al-
laitantes et leurs agneaux prévoir des repousses après fauche pour les agneaux se-
vrés éviter un pâturage trop ras
Cela repose sur :
Une productivité numériqueélevée (151 % en moyenne en 2004-2005) et régulière dans le temps grâce
à une bonne fertilité (97 % en saison et 86% en contre saison) et un niveau de prolificité élevé (174%).
L’existence de 2 sessions d’agnelage par an, ce qui permet d’optimiser la productivité numérique et de vendre
des agneaux en hiver (saison faiblement concurrentielle en vente d’agneaux bio).
Une bonne valorisation des ressources fourragères (agneaux engraissés à l’herbe) ce qui limite l’utilisation des
concentrés (100 kg/brebis/an pour le couple mère-agneaux) et donc les coûts de production.
Le poids de la carcasse des agneaux atteint 15,8 kg pour un prix de vente de 4,82 €/kg (moyenne 2004-2005)
La marge brute atteint 82€jpar brebis (moyenne de 2004-2005) (sans découplage de la PBC*).
Le Système Herbager est rentable
Points clés de la réglementation AB pour les élevages ovins allaitants L’alimentation

Leave a Reply

Comments are closed on this post.

Advertisement petites annonces agricoles
Rejoignez nous sur facebook! 14 735 personnes aiment Maroc Agriclutre