Développement de l’aquaculture au Maroc
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Etude de l’écosystème pélagique
L’étude et le suivi des zones d’upwelling (Détails)
Il est formellement établi que la dynamique des stocks pélagiques des systèmes d’upwelling à travers le monde dépend très étroitement de l’environnement physique et des modifications des processus océanographiques. Dans ces zones, y compris la côte atlantique marocaine, l’environnement est changeant et ce, compte tenu de la variabilité du système d’upwelling. Cette variabilité se traduit par l’instabilité des ressources halieutiques, principalement les pélagiques. A travers le monde, les stocks de la sardine au Japon et de la Californie et de l’anchois du Pérou sont des exemples tristement célèbres de l’effondrement de stocks, dû à l’impact de la variabilité du milieu marin dans les zones d’upwelling.
C’est dans ce contexte que l’INRH, à travers son programme d’océanographie, a entrepris des recherches destinées à approfondir les connaissances sur la variabilité du phénomène d’upwelling et son impact sur la productivité du milieu marin en réalisant des campagnes saisonnières en merle long de la côte atlantique marocaine, par le biais de son navire de recherche « Amir Moulay Abdellah ».
L’appui de l’imagerie satellitale et le développement de la modélisation hydrodynamique des zones d’upwelling sont également autant d’outils visant à mieux comprendre leur fonctionnement hydrodynamique et la circulation marine de ces zones.
La relation entre variabilité hydroclimatique et la productivité du milieu (Détails)
Les campagnes menées en mer visent en particulier:
• la compréhension de l’écosystème pélagique de la côte atlantique marocaine,
par la délimitation des aires de ponte et la distribution des œufs et larves des principales espèces pélagiques (sardine, anchois, maquereau, chinchard, sardinelle) ;
• l’étude des facteurs biotiques et abiotiques agissant sur la production et la disponibilité des ressources biologiques (poisson et plancton);
• la délimitation des zones de remontées (upwelling) afin de déterminer les régions à fortes productivités.
Etudes des frayères et nourricières des principales espèces de petits pélagiques (Détails)
Les frayères et nourriceries des principales espèces pélagiques ciblées lors de ces campagnes en mer, coïncident avec les zones de forte productivité selon les saisons ou les années. Les distributions des frayères et nourricières des différentes espèces pélagiques diffèrent selon l’espèce ciblée.
Pour le cas de la sardine par exemple, cette espèce se reproduit principalement en hiver avec une ponte secondaire au printemps et minimale en été. Au sud de Cap Boujdor, la ponte a lieu en hiver, au printemps et en été avec la saison d’hiver comme saison de maximum de ponte. La ponte, en hiver, au printemps et en été, a eu lieu principalement entre Cap Draa et Cap Juby et aux alentours de Dakhla (23°N-25°N). Les zones de présence des larves coïncident généralement avec celles des œufs avec, cependant, un certain décalage des épicentres et d’un étalement de la distribution larvaire.
Fonctionnement des écosystèmes littoraux
La physico-chimie des eaux (Détails)
L’étude de la qualité physico-chimique des eaux consiste à prélever directement sur le terrain les paramètres du milieu, notamment la température de l’eau, la salinité, le pH et l’oxygène dissous. Les substances nutritives (les nitrites, les nitrates, les ammoniums et les phosphates) et les matières en suspension sont échantillonnées dans des bocaux et analysées au laboratoires d’Océanographie de l’INRH
La richesse biologique du site (Détails)
La détermination de la richesse biologique d’un site est faite à partir de l’étude de la biomasse chlorophyllienne et des communautés phytoplanctoniques et zooplanctoniques caractérisant le milieu.
La sédimentologie (Détails)
L’étude du volet sédimentologique se fait par la détermination des faciès sédimentaires, de la granulométrie et de la matière organique dans le sédiment, étant que la nature du sol est un facteur limitant dans le choix des zones potentiellement aquacoles en milieux côtiers.
La courantologie (Détails)
L’étude du volet courantologie s’avère d’une grande importance dans tout projet d’installation de structures d’élevage. Ce volet nous renseigne sur l’intensité du courant et le mode de circulation des eaux à l’intérieur du site, ce qui permettra de guider notre choix concernant la sélection des zones propices à une éventuelle activité aquacole.
Développement de l’aquaculture au Maroc
Etude et évaluation des ressources algales (Détails)
La majeure partie des algues récoltées provient de la zone nord atlantique entre Larache et Essaouira, tandis que le reste est collecté sur la zone sud atlantique entre Tan Tan et Dakhla.
Les actions entreprises par l’INRH sur la période 1998-2005 ont essentiellement mis l’accent sur:
• L’évaluation des champs d’algues de Gelidium de la région d’El Jadida entre Cap Mazagan et Cap Blanc.
• La réalisation de la cartographie des champs d’algues de Gelidium dans la même zone.
• La distribution et la cartographie des champs d’algues de la région d’El Jadida.
• Effet de l’arrachage sur la densité en biomasse et la biométrie des champs d’algues de Gelidium dans cette région.
• L’étude du cycle de vie de Gelidium pour la détermination des périodes d’apparition des stades de développement de l’algue Gelidium (gamétophyte mâle, gamétophyte femelle et tétra sporophyte). Des prélèvements mensuels de 18 stations seront réalisées dans les zones de Sidi Bouzid et Moulay Abdellah.
• La détermination des paramètres environnementaux qui conditionnent l’apparition de ces différents stades.
• Prospection des champs de Gracilaria dans les lagunes de Sidi Moussa et Oualidia.
• L’évaluation des champs d’algues de Gelidium de la région comprise entre Jorf Lasfar et Sidi Abed.
• La réalisation de la cartographie des champs d’algues de Gelidium dans la même zone ;
• La distribution et la cartographie des champs d’algues de la région comprise entre Jorf Lasfar et Sidi Abed.
Etude et évaluation des gisements coquillers naturels et conchyliculture (Détails)
A. Etude et évaluation des gisements coquillers
A.1. Etude et évaluation des gisements coquilliers naturels de la baie de Dakhla
Dans le cadre du suivi régulier de l’état des stocks coquilliers de la baie de Dakhla, l’INRH réalise deux évaluations, par an, des stocks coquilliers exploités. Ces évaluations servent à déterminer les périodes d’exploitation et les quotas de pêche, lors de chaque campagne.
Ces différentes campagnes ont permis de suivre l’état des stocks des coquillages de cette baie, leurs évolutions dans le temps et dans l’espace et d’établir une analyse comparative des résultats obtenus durant ces campagnes de prospection.
A.2. Evaluation des gisements coquilliers et leur répartition dans la lagune de Nador
En collaboration avec le Centré Régional de l’INRH à Nador, Ce programme a pour objectif d’évaluer l’état écologique de la lagune depuis l’ouverture de la passe. Ainsi, les prospections effectuées ont permis de dresser :
• L’inventaire des espèces des mollusques bivalves dans la lagune de Nador ;
• La cartographie de ces espèces, de la végétation et des sédiments de cette lagune.
A.3. Prospection de nouveaux gisements coquilliers du plateau continental atlantique
B. Développement de l’aquaculture au Maroc
Au cours de la période 2002 -2004, l’INRH a effectué, au moyen de son Navire « Charif Al Idrissi », deux campagnes de prospection des gisements coquilliers, par dragage, au large de la côte saharienne ; entre les latitudes 22 et 26°N.
Les objectifs de ces campagnes sont :
• La confirmation de la présence de gisements coquilliers naturels, la détermination de l’espèce endémique et les autres espèces associées.
• L’estimation de l’importance de ces gisements et la détermination de leur étendue.
Au Maroc, la conchyliculture représente 39% de la production aquacole nationale et les poissons représentent 71%. Cette décomposition semble particulière au Maroc car au niveau de la Méditerranée (tous pays confondus), la conchyliculture représente 65%, les poissons 34% et les crustacés et algues 1%. Il ressort de ce fait, qu’au Maroc, la conchyliculture n’a pas encore atteint le rang qu’elle mérite malgré l’existence de nombreux atouts.
B.1. Atouts pour le développement de la conchylicultue :
• Qualité d’eau exceptionnelle avec une productivité primaire abondante et particulière des eaux atlantiques marocaines (Upwelling et panaches sableux) ;
• Des sites d’exception : baies, lagunes et mer ouverte
• Un marché existant aussi bien au niveau national qu’international avec une consommation évoluant à la hausse ;
• Une large gamme d’espèces susceptibles à la culture ;
• Un réseau de surveillance de la qualité et de la salubrité du milieu marin et des produits de la mer, couvrant la totalité des sites à potentiels pour la conchyliculture (INRH) ;
• Une main d’œuvre abondante et disponible.
C’est dans ce cadre que des essais aquacoles ont porté sur quatre espèces de coquillage : la moule, la coquille saint jacques du pacifique et la palourde. L’objectif était d’inciter au développement de la conchyliculture nationale, qui s’est limitée, depuis les années cinquante, à l’ostréiculture, avec cinq parcs à huîtres basés à Oualidia, dont la production est destinée principalement au marché local.
B.2. Étude écologique et biologique de la lagune de Khnifiss à des fins de projets conchylicoles :
Au cours de l’année 2005 et à la demande du Département des Pêches Maritimes qui prévoit l’élaboration d’un plan d’aménagement conchylicole de la lagune de Khnifiss, l’INRH a procédé à une étude biologique et écologique de cette lagune pour pouvoir avoir les éléments nécessaires permettant d’élaborer ce plan.
Or, la planification de l’aquaculture dans toute zone côtière est tributaire des études scientifiques liées à la sélection de site pour l’aquaculture. Le choix de ce dernier est l’un des principaux facteurs qui déterminent la faisabilité et la durabilité des projets aquacoles, d’autant plus que la zone côtière est sous la pression d’un grand nombre d’activités anthropiques. En effet, une bonne gestion d’une telle zone côtière nécessite une meilleure connaissance de l’organisation et du fonctionnement de ses écosystèmes à travers les études océanographiques portant aussi bien sur l’eau que sur le substrat.
Développement de la pisciculture marine (Détails)
Concernant la pisciculture marine, surtout celle visant le marché extérieur, l’objectif de l’INRH était d’inciter à la diversification des espèces en élevage car la production méditerranéenne en loup et dorade est passée de 47.500 tonnes (en 1996) à 85.000 tonnes (en 2000), alors qu’elle n’était que de 9900 tonnes en 1991. Ce développement rapide a provoqué, dans la plupart des pays producteurs, une situation de crise suite aux difficultés générées par l’effondrement persistant des prix. C’est dans ce cadre que l’INRH a renforcé ses capacités de recherche en matière de reproduction artificielle de poissons marins.
Projet d’aquaculture du thon rouge
Dans le cadre de la coopération marocco-japonaise avec l’OFCF (Overseas Fishery Cooperation Foundation), le projet de recherche et développement de l’aquaculture du thon rouge a démarré en 1993 et s’est terminé en mars 2001. Basé à M’diq, ce projet visait essentiellement à contribuer au développement de la recherche et de la technologie de reproduction contrôlée du thon rouge à des fins de repeuplement.
En 1997-98, le Projet a acquis ses propres structures d’élevage en mer et du transport des poissons à l’état vivant.
Les actions menées sur la période 1993-2001 ont porté sur :
• La poursuite de l’élevage des géniteurs de thon rouge au large de M’diq.
• La rééalisation des dernières tentatives de collecte des œufs de thon rouge au niveau du site d’élevage en mer ouverte.
• L’amélioration du système d’approvisionnement de l’écloserie en eau de mer.
• La formation des homologues marocains pour la prise en charge de l’ensemble des travaux du projet (à partir du mois de mars 99) avec l’assistance des experts japonais en tant que conseillers.
Etude pathologique des mollusques (Détails)
A. Surveillance de Bonamia ostreae et de Marteilia refringens dans l’espèce Ostrea edulis
Bonamia ostreae et Marteilia refringens sont des agents pathogènes responsables respectivement de la maladie à «microcell» ou Bonamiose et de la Marteiliose ou maladie des Abers de l’huître plate Ostrea edulis qui provoquent de fortes mortalités. Ces parasites sont à déclaration obligatoire auprès de l’Office International des Epizooties (OIE).
Ce programme, initié en 2004, s’étale sur deux années afin que les établissements d’aquaculture marocains soient reconnus indemnes de ces deux agents pathogènes, conformément au manuel de diagnostic des maladies des animaux aquatiques de l’OIE (2003).
B. Epidemiovigilance
Ce programme concerne le suivi régulier des principales espèces de mollusques bivalves présentes dans les gisements naturels, dans les zones d’élevage, et au niveau des établissements conchylicoles. Il a pour objectifs de détecter l’apparition de maladies, quelles soient exotiques, émergentes ou réemergentes.
Les principales espèces de mollusques bivalves ciblées sont : Crassostrea gigas, Ostrea edulis, Ruditapes decussatus, Perna perna, Mytilus galloprovincialis, Cerastoderma edule, et Acanthocardia tuberculata.
Projets de coopération
Outre les activités liées aux programmes de recherche prioritaires de l’INRH, le Département d’Océanographie et d’Aquaculture est partenaire dans différents projets internationaux :
Projet MEDAR/MEDATLAS (1998-2002)
Sur cette période, l’INRH a participé au projet international MEDAR/MEDATALS, relatif à l’archivage et la sauvegarde des données océanographiques de la mer Méditerranée. A la fin du projet, une importante base de données océanographique de la mer Méditerranée sur un siècle d’observations, collectées par les différents centres, a été développée et mise sur support informatique (CDs).
Projet GERMA (2001-2004)
Le projet GERMA, mené conjointement entre l’INRH et le Centre Royal de Télédétection Spatiale (Rabat) a pour objectif principal l’utilisation de la télédétection spatiale en aide à la gestion des ressources marines et végétales.
Ce projet s’intéresse à deux volets qui concernent les grands axes de recherche de l’INRH, à savoir:
• Le suivi de l’upwelling côtier par imageries satellites NOAA-AVHRR
• La mise en place d’une base de données SIG à fin de caractériser les zones potentielles pour l’aquaculture.
Projet SEA-SEARCH (2002-2005)
Ce projet est un projet européen auquel l’INRH est partenaire. Il consiste en un réseau de 33 centres européens et non européens (dont le Maroc), spécialisés en gestion de données océanographiques et marines, et permet les échanges de ces informations. L’atelier final du projet SEA-SEARCH s’est déroulé au Maroc, du 02 au 04 octobre 2005 à Marrakech.
Projet CARBO-OCEAN (2005-2010)
Le projet européen, Carbo-Ocean, est partenaire a pour mission de comprendre et de quantifier le cycle de carbone dans les marges marines européennes et d’évaluer la contribution des perturbations anthropogéniques au budget du carbone total (émanant de l’océan atlantique et du Nord Ouest d’Europe), dans le contexte des changements climatiques globaux.
Entre 2005-2006 et en collaboration avec le CSIC/VIGO et CADIX (Espagne), l’INRH contribue au projet par la réalisation de quatre campagnes saisonnières à bord du navire de recherche « Amir Moulay Abdellah » dans le Détroit de Gibraltar et avec la participation de chercheurs espagnols. La première campagne a été réalisée en Juin 2005. En 2006 et dans le cadre de ce projet, il sera prévu la réalisation de trois campagnes océanographiques dans le détroit de Gibraltar.
inrh.org.ma

