06-02-2012 - 11:04
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Fabrication d’aliments en aviculture

Pour les élevages avicoles industriels, l’alimentation distribuée est une alimentation composée complète fabriquée dans les usines spécialisées dans les aliments de volailles. En général, ces aliments sont à base de céréales (mais surtout, orge, Sorgho, issues de céréales), tourteaux d’oléagineux (soja et tournesol), farine de poisson (de sardine à 65% MAT), minéraux et premixes. La majorité des ingrédients (mais, soja, sorgho, minéraux et vitamines, additifs) sont importés et le reste est produit en totalité ou en partie au niveau du pays. L’industrie de l’alimentation animale, tournée à 90% vers l’aliment volaille est très compétitive et pour l’essentiel bien outillé pour produire des aliments de qualité.

oeufs

Les différentes gammes d’aliments fabriqués sont fonction du type de production:

-Le poulet de chair: Aliments démarrage, croissance et finition.

-Pondeuse d’oeufs de consommation et reproductrice: aliments poulette démarrage, poulette élevage et pondeuse ou reproductrice.

-Dinde: aliments démarrage, croissance et finition 1 et 2.

Pour le secteur avicole traditionnel, l’aliment composé n’est que très rarement distribué.

L’animal se charge de chercher son alimentation au niveau de l’exploitation et le soir, il peut recevoir une complémentation à base de déchets ménagers et d’issues de céréales (son, criblures …).

La production des aliments composés pour volailles est assurée par 36 usines. Un nombre important d’élevages de pondeuses et de reproducteurs disposent de leurs propres unités de fabrication d’aliments et traitent près de 300.000 tonnes (fabrication à la ferme).

La production totale d’aliments volailles a été de 1,6 millions de tonnes en 2006, pour une capacité totale de production évaluée à environ 3,5 millions tonnes. Cette surcapacité de production entretient une concurrence acharnée pour les parts de marché entre usines, à l’origine d’une quête continue d’amélioration des coûts et de la qualité.

Formulation d’aliments

A- L’équilibre alimentaire

Les matières premières utilisées en alimentation des volailles se classent en deux catégories : les premières appartiennent au groupe « énergie » et comprennent, outre les céréales, quelques racines et tubercules, mais aussi des sous-produits industriels de meuneries (sons et farines basses essentiellement pour ce qui concerne l’Afrique subsaharienne).

Le deuxième groupe de matières premières alimentaires rassemble : les tourteaux sous-produits des huileries et de farines de poissons fabriqués localement .S’y rajoutent les vitamines, les minéraux et un ensemble d’additifs.

Le mais : il représente la céréale de choix pour l’alimentation des volailles. Sa valeur énergétique est très élevée et son amidon présente une digestible élevée.

B- Besoins et normes nutritionnels :

Pour nourrir correctement les volailles, «le formulateur a besoin de connaître le type de production dont il s’agit, les conditions d’élevage des animaux et surtout la composition des matières premières alimentaires contenues dans l’aliment composé complet. La notion de besoins nutritionnels découle naturellement de celle des besoins des animaux..

L’aliment est un mélange de matières premières énergétiques et azotées pour l’essentiel. Viennent s’y rajouter des additifs variables selon espèces. Le formulateur doit respecter un certain nombre de contraintes pour bien alimenter les volailles.

Les premières sont des contraintes nutritionnelles. On comprend que toute modification dans la teneur en énergie doit entraîner automatiquement une modification dans la composition des autres nutriments car en effet, si pour un aliment de 2900 kcal l’animal en consomme 120 g par jour, il consommera en lysine 1.0 8% de cette quantité.

A supposer que le même animal ait à disposition un aliment à 3100 kcal et qu’il consomme toujours 120 g d’aliment, la quantité de lysine consommée est plus importante. En réalité, les animaux ajustent plus ou moins bien leur consommation mais le formulateur doit toujours adapter les autres nutriments à leur teneur en énergie des aliments qui sont présentés.

C- Valeur des aliments :

On peut classer les aliments selon leurs particularités, à savoir ceux qui fournissent l’énergie, les sources de protéines, de calcium et de phosphore et enfin, ceux qui apportent d’autres minéraux, les oligo-éléments et les vitamines.

1- Sources d’énergies :

Les céréales sont généralement à la base de l’énergie des provendes. Le mais sont plus énergétiques que le mil, le sorgho ou le blé.

Les farines basses de riz et de blé (remoulages) ont une bonne valeur énergétique.

Les sons ont une valeur moyenne en énergie mais ils sont indispensables pour régulariser le transit digestif des volailles.

Les huiles végétales et les graisses animales constituent une source d’énergie pratiquement pure et sont utilisés dans les régimes hautement énergétiques.

2- Sources de protéines :

Les tourteaux (arachide, coton, palmiste..) apportent la majorité des protéines de la ration.

La farine de poisson est une excellente source de protéines, riche en lysine et en méthionine.

La lysine et la méthionine de synthèse doivent généralement être incorporées au mélange pour satisfaire les besoins en ces deux acides aminés essentiels généralement trop peu présents dans les matières premières.

3- Sources de calcium et de phosphore :

La craie (carbonate de calcium), les phosphores, les coquillages broyés, les coquilles d’huîtres, la poudre d’os sont généralement utilisées.

Les concentrés minéraux du commerce apportent également ces éléments dans les quantités variables selon les produits commercialisés

4- Apport des autres minéraux, des oligo-éléments et des vitamines

Les concentrés minéreaux-vitamines (CMV) du commerce sont la principale source en ces différents éléments et sont généralement incorporés à des doses variant entre 0.5 et 5 % de la ration.

poule

D- Formulation :

La formulation des provendes consiste à combiner les différents matières premières dont on dispose afin d’obtenir un mélange assurant la satisfaction des besoins des animaux tout en garantissant le prix le plus faible par kg d’aliment composé.

Le tableau si dessous fournit un exemple de calcul de ration pour poulets de chair en phase de démarrage. Pour chaque matière première, un pourcentage d’incorporation a été choisi de manière à satisfaire les besoins de volailles et à obtenir un coût final aussi réduit que possible.

la formulation :

- Il y a intérêt à utiliser un nombre important de matières premières (de 7 à 12) pour équilibrer correctement une ration.

- Il faut s’approcher autant que possible des besoins recommandés pour chaque catégorie de volailles et au cours des différents périodes d’élevage, sans gaspiller les produits qui coûtent chair.

- On ne remplacera jamais une matière première par une autre sans recalculer la composition de la provende.

- On ne fabriquera jamais un concentré minéral vitaminé soi même et on respectera les normes recommandées pour les l’utilisation de CMV du commerce.

- La lysine et la méthionine de synthèse sont souvent indispensables de même que les sources de calcium et de phosphore.

- L’utilisation d’huile végétale ou de graisses animales permet d’obtenir un niveau énergétique élevé dans les rations.

-Les sons (riz, blé, ..) doivent toujours être utilisés (entre 7 et 12 % de la ration) pour la régularisation du transit digestif et éviter les diarrhées et constipations.

- Limites d’utilisation de certaines matières premières :

En raison de la présence de facteurs antinutritionnels, pour respecter une présentation optimale de la provende, ou parce que certains aliments confèrent des goûts à la chair et aux œufs, il est nécessaire de respecter un certain nombre de règles particulières pour l’incorporation des matières premières :

-céréales : pas de limites d’utilisation à l’exception du sorgho rouge qui renferme des tanins (limite de 30 à 35% dans les rations, selon la teneur en tanins) ;

-Tourteau d’arachide : ne pas dépasser 25% du mélange en raison de la présence d’aflatoxine ;

- Tourteau de coton : ne pas dépasser 10% du mélange en raison de la présence de gossypol ;

- Tourteau de palmiste : ne pas dépasser 20% du mélange (teneur élevée en fibres) ;

- Farine de poisson : ne pas dépasser 5% du mélange car elle donne son goût aux œufs et à la viande de poulet, surtout si elle est grasse ;

- Farine basse de riz : ne pas dépasser 40% du mélange pour limiter l’effet dépressif dû à son utilisation dans les rations ;

- Huile végétale et graisses animales : ne pas dépasser 5% du mélange pour éviter la diarrhée.

E- Préparation :

La préparation des aliments dans l’exploitation est réalisée en plusieurs étapes, à savoir :

- Pesée des matières premières : elle doit être précise ;

- Mouture : les matières premières fines (particules de 0.1 à 1.5 mm) peuvent être incorporés telles quelles dans le mélange (phosphore, craie, lysine, méthionine, CMV, sons…).les autres élements de la ration (céréales, tourteaux…) doivent être broyés avant d’être mélangés pour obtenir des particules grossières de 0.5 à 1.5 mm.

- Pré mélange : il consiste à mélanger toutes les matières premières que l’on doit incorporer en faibles quantités avec une partie des céréales moulues, de manière à mieux les répartir dans le mélange final. Le pré mélange peut être réalisé simplement dans des bassines ou dans un tonneau désaxé mis en mouvement au mayen d’une manivelle (exemple : craie, phosphore, lysine, méthionine, CMV + une partie de mais) ;

- Mélange : le pré mélange est incorporé progressivement au reste des matières premières à l’aide d’un mélangeur (mélangeur subhorizontal, vertical, tonneau désaxé…) ou à la pelle sur surface bétonnée ;

- Incorporation d’huile : elle est réalisé en dernier lieu, progressivement et après un certain temps de mélange pour éviter la formation de petites boulettes.

Quelques conseils pratiques :

- Utiliser toujours des matières premières de bonne qualité (éviter moisissures, terre, corps étrangères,…)
- Peser correctement les matières premières.
- Vérifier s’il n’y a pas de pertes au niveau du broyage, sinon réaliser la pesée des matières premières après mouture.
- Éviter les pertes au niveau des pré mélanges.
- Incorporer progressivement le pré mélange dans le mélange.
- Incorporer en dernier lieu les matières grasses, de manière progressive et après avoir mélangé le reste pendant 10 minutes au moins.
- Respecter les temps de mélange recommandés par les fabricants de mélangeurs (de 20 à 30 min.)
- Vérifier la bonne répartition des ingrédients après avoir réalisé le mélange.
- Utiliser toujours une main d’œuvre qualifiée et expérimentée pour la préparation des aliments.
- Lors de la fabrication, éviter la propagation des maladies d’un bâtiment à l’autre (grandes exploitations) par l’intermédiaire des sacs réutilisés : marquage et utilisation des sacs par bâtiment.
- Pour la même raison, utiliser des sacs neufs pour les provendes et les remplacer régulièrement.

http://www.avicultureaumaroc.com

3 Comments

Comments 1 - 3 of 3First« PrevNext »Last
  1. trés joli portail pour aviculture et agriculture

  2. POUVEZ VOUS ME COMMUNIQUER LES ADRESSES DES FABRICANTS D ALIMENTS POUR VOLAILLES.

  3. très intéressant. pouvez vous me communiquer les taux d’incorporation du blé dans les formulations alimentaire poules pondeuses, poulets de chair et porcs; ainsi que l’enzyme qui pourrait faciliter sa digestion?

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