19-05-2012 - 04:59

L’élevage bovin biologique


Une alimentation contrôlée d’origine biologique

L’alimentation vise à une production optimale en qualité plus qu’en quantité,
en respectant les besoins nutritionnels des animaux (développement et
production) .Tous les aliments proviennent de l’agriculture biologique,
Des règles très strictes s’appliquent à l’alimentation des animaux : nature des aliments,
leur proportion dans la ration, leur origine, leur mode de production :
* Au moins 50% de la ration alimentaire doit être produite sur  l’exploitation
* L’alimentation des bovins repose sur l’utilisation maximale de la pâture
* La ration journalière comporte au moins 70% de fourrages grossiers
* Les fourrages conservés par voie humide (ensilage d’herbe coupe fine, botte ronde
enrubannée…) ne peuvent pas dépasser 50% de la ration totale journalière en matière
sèche, concentrés compris. L’ensilage de maïs est limité à 33% de cette ration
.
La quantité de concentrés est limitée à 30% de la ration totale journalière en matière sèche.
En début de lactation cette proportion peut être portée à 40% durant les 3 premiers mois de
lactation et pendant les périodes d’engraissement
Les aliments du bétail ainsi que leur matières premières ne doivent pas avoir été fabriqués
avec des OGM ou dérivés d’OGM (idem pour additifs et auxiliaires de fabrication). La nature des minéraux, oligo-éléments et vitamines est réglementée. Les produits de synthèse ne sont pas autorisés, les veaux doivent être nourris au lait naturel de préférence maternel jusqu’à 3 mois minimum

Pas de médicaments de synthèse

La santé des animaux repose sur le principe de prévention, et un ensemble de points
favorables :
* Races rustiques
* Alimentation équilibrée basée sur les besoins des animaux
* Accès au plein air et exercice régulier
* Qualité de logement et respect des bonnes pratiques d’élevage.

En cas de problèmes sanitaires  priorité  est donnée aux médicaments et traitements élaborés à base de produits tels que l’homéopathie(1) , la phytothérapie (2)et l’aromathérapie (3)
Uniquement à titre curatif, et sous la responsabilité de l’éleveur et du vétérinaire, les
médicaments allopathiques et les antibiotiques peuvent être utilisés.
Lorsque plus de deux interventions thérapeutiques avec des médicaments de synthèse sont
effectuées, en dehors des vaccinations et plans d’éradication obligatoire mis en place par les états , l’animal et ses produits issus sont exclus du circuit agriculture biologique
pendant un an.
En cas de traitement le délai d’attente, avant commercialisation dans le circuit biologique, des animaux traités comme de leur produit, est doublé par rapport au délai légal d’attente ou bien 48 H  mini s’il n’existe pas. L’éleveur tient à jour un carnet d’élevage où tous les traitements sont inscrits.

Respect du bien être de l’animal et pratiques d’élevage

Des règles précisent les conditions de logement des animaux : nature de la litière, espaces
en stabulation, taille des abreuvoirs, volume et cinétique de l’air ambiant, hygiène des locaux. Une litière est obligatoire : de 1 kg par jour et par UGB avec caillebotis à 6 kg en stabulation libre.
Les animaux doivent pouvoir accéder à des aires d’exercice en plein air ou à des parcours
extérieurs. Par principe, il est interdit de maintenir les animaux attachés.
Les caillebotis sont limités à  25% de la surface totale couverte.
Les veaux de plus d’une semaine ne doivent pas rester en boxe individuelle.
Le transport des animaux doit s’effectuer de façon à limiter le stress (sans calmant ni stimulant électrique) en respectant les durées de transport prévues par la réglementation.
Les animaux ne doivent pas être  maintenus dans des conditions favorisant l’anémie (museau, case obscure).
L’écornage des adultes est interdit. La reproduction est basée sur des méthodes naturelles mais l’IA est autorisée.

Respect de l’environnement

La gestion des effluents d’élevage est réalisée selon un plan d’épandage établi et contrôlé.
La quantité totale d’effluents utilisés sur l’exploitation ne doit pas dépasser 170 KG d’azote
par ha et par an de surface agricole ( produits comme achetés)
En cas d’exportation hors de l’exploitation, les épandages ne peuvent se faire que sur des
surfaces conduites en bio
Les capacités de stockage doivent être suffisantes pour permettre l’épandage aux seules
périodes adéquates et éviter tout risque de pollution par rejet, filtration, ruissellement

Atouts de systèmes autonomes : polyculture et élevage

Les systèmes en polyculture élevage sont bien adaptés à la production selon l’agriculture
biologique. C’est un système qui autorise des rotations complètes.
En complément des surfaces herbagères, les surfaces en céréales,  protéagineux (féverole,
vesce, pois, lupin,…), crucifères (choux, colza,…) et tubercules (betterave) permettent
d’équilibrer les rations (apports azotés et apports énergétiques en alimentation hivernale et en régime de finition) et de réduire la part en intrants « concentrés bio » et « paille bio » coûteux, dont l’approvisionnement est plus ou moins facile.
Ces mêmes surfaces permettent une bonne gestion des effluents organiques (fumiers et/ou
lisiers) valorisés en qualité d’engrais (épandage en frais ou après évolution en compost).

LA SANTE DU TROUPEAU

La santé du troupeau : savoir prendre son temps et priorité à la prévention

« La gestion de la santé du troupeau passe par une grande observation des animaux, et
beaucoup d’actions de prévention »

La prévention passe d’abord par :
-l’observation des animaux. Les éleveurs en agrobiologie travaillent régulièrement avec des vétérinaires qui les forment pour mieux connaître les « signaux d’alertes » présentés par les animaux, savoir décrire le comportement des animaux malades, savoir intervenir rapidement avec des produits homéopathiques ;.
- l’amélioration des conditions de logement des animaux : action sur la ventilation, paillage
important, nettoyage et chaulage des bâtiments.
- la connaissance des bonnes pratiques d’élevage, en particulier pour la gestion du
parasitisme (ne pas mélanger les générations au pâturage, favoriser l’acquisition de
l’immunité…).

Maîtriser strongles et grande douve :

Strongyloses digestives et respiratoires :
Il faut éviter de faire pâturer les bovins en première saison de pâturage après des animaux qui ont déjà été à l’herbe, notamment pour prévenir la « bronchite vermineuse ».
Les veaux nés dans l’hiver et au printemps sont peu sensibles la première année.
Encore au pis à la première saison de pâturage, ils sont plus résistants et consomment
moins d’herbe donc ingèrent moins de larves. C’est lors de leur deuxième saison de
pâturage qu’il faut les mettre à l’herbe sur des parcelles différentes de celles des
autres générations de bovins (mise à l’herbe au printemps) ou de préférence sur des
repousses (mise à l’herbe plus tardive).
Les veaux nés à l’automne sont sensibles dès leur première saison de pâturage. C’est
lors de cette première saison de pâturage que les veaux déjà sevrés doivent être mis à
l’herbe sur des parcelles différentes de celles des autres générations (mise à l’herbe
au printemps) ou de préférence sur des repousses (mise à l’herbe plus tardive).
Dans les deux cas, un traitement unique peut être conseillé lors du passage sur les repousses après récolte des excédents (sur broutards ou veaux selon date de vêlage). Ne pas réaliser de traitements systématiques les années suivantes. Des analyses « d’autocontrôle » permettront de vérifier, avec votre vétérinaire, la cohérence de votre conduite d’élevage dont l’objectif principal est l’acquisition de l’immunité des jeunes bovins.
Les pratiques préventives recommandées passent par une bonne conduite du pâturage :
Les prairies nouvellement semées, les repousses après récolte d’ensilage ou de
foin, sont à réserver pour les jeunes bovins car elles sont « saines ».

Avant la mise à l’herbe, prévoir des surfaces suffisantes par catégorie de bovins
pour le printemps ainsi que pour la phase été-automne de façon à éviter le mélange
ou le passage de plusieurs générations d’animaux sur une même parcelle et un
pâturage cas qui favorisent l’ingestion des larves.
Eviter le pâturage continu qui favorise un recyclage permanent des parasites.
Complémenter en cas d’infestation des bovins pour favoriser l’absorption des
aliments.

Maladie de la Grande Douve :

Dans le cas le plus fréquent, la maladie se manifeste l’hiver sous forme chronique. Les bovins sont alors infestés en septembre-octobre, à une époque où ils vont pâturer dans les endroits les plus marécageux.
Diagnostic efficace : l’examen du foie à l’abattoir. Aussi, quelque soit la destination des
bovins de boucherie, se renseigner de leur lieu et date d’abattage. Appeler l’abattoir et se
renseigner s’il y a eu saisie du foie, si oui pour quel motif.
Il faut ensuite mettre en évidence les prairies contaminées.
Pour prévenir la maladie de la grande douve, l’éleveur peut intervenir sur la prairie et sur les animaux.
Sur la prairie : la rendre moins favorable à la limnée. Condamner les endroits
marécageux peu productifs, les bords des ruisseaux effondrés, piétinés, entretenir les
berges pour que l’eau circule. Le drainage est une bonne solution de lutte à condition que
se soit économiquement valable.
Sur les animaux : éviter de mettre les animaux de moins d’un an dans les prairies
supposées contaminées (endroits humides, marécageux).
Sur les grands ruminants, la maîtrise du parasitisme est en général assez bonne, en respectant

les principes généraux de prévention:

# Des études de Nouvelle Zélande montrent que la consommation de plantes riches
en tannin (lotus pedonculatus) conduisaient à des niveaux parasitaires réduits. Les tannins
protègent les protéines des dégradations ruminales et favoriseraient aussi leur absorption
intestinale.

# Détruire les larves infestantes avec des champignons microscopiques. Avant mise
en pratique de cette méthode originale, il faut encore vérifier l’absence de toxicité de ces
« champignons prédateurs » pour les bovins et leur impact sur les écosystèmes prairials.

# Alterner le pâturage de bovins et d’équins : Les chevaux qui ne sont pas
réceptifs aux mêmes strongles que les ruminants et qui coupent l’herbe plus ras, ingèrent de grandes quantités de larves qui ne peuvent donc achever leur cycle. Les chevaux
contribuent à l’assainissement des pâtures.

Immunité : Ensemble des mécanismes de défense d’un organisme vivant. La présence
continue mais modérée de parasites permet de développer l’immunité de contact. Elle
diminue après vermifugation.
Coproscopie : Comptage en laboratoire des œufs de parasites dans les bouses. Fiabilité
limitée car il y n’y a pas de relation systématique : nombre de parasites hébergées/nombre
d’œufs excrétés.
Pepsinogène : Sécrétion de la muqueuse gastrique à l’origine de la pepsine. Le dosage du
pepsinogène sanguin indique le degré de lésions des cellules qui le « laissent passer » dans
le sang. Interprétation possible uniquement chez les jeunes.
Pâtures ‘saines’ : Repousse après récolte (ensilage, foin) ou prairies nouvellement semées.

Biologie des strongles (C Mage, 1997) :

Le recyclage des parasites est assuré par les bovins :
1. Au pâturage, les bovins parasités rejettent des œufs dans les bouses.
2. Les œufs de strongles se transforment en larves infestantes : la pluie est favorable au
délitage des bouses ; chaleur et sécheresse en excès accélèrent la mort des larves.
3. Les larves infestantes se fixent sur les brins d’herbe. Elles migrent peu en hauteur mais
peuvent s’éparpiller jusqu’à un mètre autour des bouses. Durée de vie des larves de 6-8
mois. Lors de la mise à l’herbe au printemps, les prairies sont donc encore contaminées.
Elles s’assainissent si elles sont récoltées en première coupe.
4. Les bovins ingèrent les larves qui muent dans le tube digestif (Ostertagiose type I)
5. En fin de saison, les larves s’enkystent dans la muqueuse de la caillette.
6. Fin hiver/début printemps, elles se réveillent (Ostertagiose type II) et produisent des
œufs excrétés dans le milieu extérieur.

Symptômes des strongyloses

Mauvais état corporel : poils piqués, amaigrissement, diarrhée verte … voire anémie et
mortalité. Tout le lot peut être concerné  ou seulement des bovins adultes
en perte d’immunité dû à un déficit alimentaire, un vêlage …

Tarissement et leucocytes

La maîtrise des taux cellulaires est un problème  rencontré pratiquement par tous les éleveurs
au début de leur conversion bio. Il connaît souvent des phases aiguës. Il se solutionne en
principe assez rapidement en modifiant les pratiques et par l’élimination inévitable des
animaux à risques. Aussi la première précaution consiste à passer en bio avec un troupeau en bonne santé et sain au niveau des mamelles. Le traitement conventionnel au tarissement reste indispensable tant que les savoirs faire alternatifs ne sont pas bien acquis. Cependant il importe d’être sélectif (raisonner vache par vache) et progressif dans la suppression du
traitement. Le respect des bonnes pratiques d’élevage :
* alimentation équilibrée,
* logement sain et confortable,
reste le meilleur moyen de prévenir les risques leucocytaires et de mammites.
Des résultats intéressants peuvent être obtenus avec des pratiques bio comme l’homéopathie ou l’aromathérapie. Leur maîtrise repose sur un sens aigu de l’observation des animaux et une grande technicité de l’éleveur.

(1)homéopathie : prescription d’une dose très faible d’une substance provoquant chez un sujet sain des symptômes identiques à ceux présentés par le sujet malade.

(2) Phytothérapie : macération dans l’alcool de plantes fraîches ou sèches.

(3)Aromathérapie : utilisation des huiles essentielles ou essences naturelles de plantes.

REFERENCES
Guide Technique bio – Bovin (lait et viande)
« Pratiquer l’agriculture Biologique en élevage bovin (lait et viande) – Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-Alpes – juin 2002 »

1 Comment

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  1. 0

    je pense que l’elevage des animaux est trés important dans ce moment la pour permettre ameliorer nos races et aussi bien le devloppement de nos countie

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