Le dragon de Komodo serait apparu en Australie


dragonkomodo

Le dragon de Komodo, Varanus komodoensis Ouwens 1912, est le plus grand des lézards modernes, avec une taille comprise entre 2 et 3 m et un poids pouvant atteindre 70 kg. Son habitat est extrêmement réduit ; on le rencontre en effet seulement dans les îles indonésiennes de Florès, Rinca et Komodo.

Deux théories s’opposent pour expliquer sa grande taille: V. komodoensis est considéré soit comme un exemple classique de gigantisme insulaire (autapomorphie) ou de gigantisme phylogénique (synapomorphie). Dans le premier cas, un ancêtre plus petit aurait acquis une grande taille après son arrivée sur les îles dépourvues de prédateurs. Selon la seconde hypothèse, V. komodoensis appartiendrait à un clade de varanidés australo-papouasiens de grande taille dont la distribution était autrefois beaucoup plus vaste. Ce clade contient aussi les deux espèces modernes V. salvadorii et V. varius et l’espèce géante éteinte Megalania prisca (ou Varanus prisca).

Des paléontologues australiens du Musée du Queensland et de l’université de Wollongong, indonésiens et philippins ont réalisé une reconstitution paléogéographique et géochronologique des varanidés géants au cours du néogène à partir de fossiles provenant de sites situés en Inde, Australie et des îles de Java, Florès et Timor. L’étude suggère que les varanidés géants ont évolué indépendamment sur les continents asiatique et australiens pendant le pliocène, en même temps que les grands mammifères carnivores. Seuls les varanidés géants australo-indonésiens auraient survécu après le pléistocène inférieur.

Le dragon de Komodo serait apparu sur le continent australien au cours du pliocène inférieur (>3,8 Ma) et sa population se serait ensuite dispersée vers l’ouest jusqu’aux îles de Florès et de Java (900 ka et 800-700 ka, respectivement). Sur l’île de Florès, sa taille est restée stable pendant les dernières 900.000 années qui ont été marquées par l’arrivée des premiers hominidés (vers 880 ka) et des humains modernes (10 ka). La découverte de fossiles datant du pléistocène moyen indique que V. komodoensis existait encore en Australie à cette époque et coexistait donc avec V. prisca qui se serait éteint à la fin du pléistocène. Les dragons de Komodo indonésiens actuels seraient donc les survivants d’une espèce australienne maintenant éteinte sur le continent australien.

bulletins-electroniques.com

novembre 3, 2009  
Classé sous - Environnement

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