boat

Fort de ses performances de ces dernières années, le secteur de la pêche maritime au Maroc s’est maintenu sur cette lancée en enregistrant de bons résultats en 2008, tout en s’attelant à faire face à différents défis.
Le secteur a, en effet, généré un chiffre d’affaires de plus de 7,88 milliards de dirhams (MMDHS), pour un niveau global de captures de 1.017.027 tonnes, soit une hausse de 24% en valeur et de 15% en volume, selon le département de la pêche maritime qui précise que les indicateurs du secteur ont enregistré une bonne performance, en 2008, tant au niveau de la production et de sa valorisation qu’au niveau du chiffre d’affaires à l’export.

L’Office national des Pêches (ONP), en charge de la pêche côtière et de la pêche artisanale, a réalisé, durant la même année, un chiffre d’affaires record de 4,5 milliards de DHS pour une production débarquée de 943.000 tonnes, soit une augmentation de 15% en tonnage et une progression de 22% en valeur par rapport à 2007, selon le rapport d’activité de l’Office de 2008.
Quant aux résultats de la pêche hauturière, au titre de la même année, le département de tutelle fait part d’une hausse de 24% en tonnage et de 38% en valeur, par rapport à 2007, tout en soulignant que les débarquements ont totalisé 49.729 tonnes pour un chiffre d’affaires de 3,4 MMDHS.
Cependant, le ministère s’attèle notamment à relever les défis de préservation des ressources en céphalopodes, de la mise à niveau de la flotte de la pêche côtière et artisanale et du prix du gasoil, a fait remarquer M. Fouad Azhari, délégué de ce département à Casablanca, dans un entretien à la MAP.
A travers les Plans d’Aménagement de la Pêcherie poulpière, lancés dès 1999-2000 et sur la base des études de l’Institut national de Recherches halieutiques, le ministère ½uvre à éviter la surexploitation de ces espèces en décidant des repos biologiques, prenant en compte les facteurs de période, de zone et de tonnage, une stratégie qui a donné ses fruits, a soutenu M. Azhari, rappelant que les Plans d’Aménagement concernent la zone maritime sud du Royaume, là où l’exploitation des poulpes est ciblée, notamment du Cap Boujdour à Lagouira.
La modernisation de la flotte de la pêche côtière et artisanale constitue un autre défi à relever, à cause de son vieillissement, d’où l’option de mise à niveau adoptée par le ministère, comme phase de transition, à travers notamment le Programme ” IBHAR “, lancé en juillet 2008 et étalé sur 3 ans à l’attention des professionnels en vue d’améliorer les performances particulièrement par les économies de combustible et la prospection de nouvelles pêcheries d’espèces nobles, a-t-il souligné, estimant que cette mise à niveau est à même d’améliorer aussi les conditions de stockage des captures, d’hygiène et d’habitabilité et de sécurité des marins à bord.
“IBHAR”, qui répond justement à un besoin pressant, connaît de l’affluence de la part des professionnels grâce à ses conditions encourageantes, relève M. Azhari qui précise, par ailleurs, que lorsque le prix du baril de pétrole avait atteint 140 dollars, les professionnels du secteur payaient le prix à la pompe de 7,24 DHS le litre, et qu’actuellement ce prix est fixé à 4,20 DHS pour soutenir les professionnels.
Concernant les perspectives du secteur, toutes espèces confondues, ce responsable tient à souligner qu’elles restent prometteuses et que ce secteur constitue l’un des piliers de l’économie nationale, appelé à poursuivre son développement et sa restructuration pour plus de compétitivité.
Dans le même élan d’optimisme, certains professionnels font remarquer que ce qui plaide en faveur du secteur notamment, c’est la raréfaction des produits de la mer dans nombre de zones dans le monde, ce qui n’est pas le cas dans les zones marocaines, aussi bien au nord qu’au sud du Royaume, et la forte demande mondiale en poisson, toutes espèces confondues, allant crescendo d’une année à l’autre.
Et dans le cadre de la poursuite de la restructuration du secteur, il y a lieu de souligner également l’importance du programme visant la mise en oeuvre des projets de modernisation des ports de pêche et des réseaux de commercialisation, avec notamment la construction d’une nouvelle génération de halles de poisson au niveau de différentes régions.
Certains de ces professionnels souhaitent, à ce propos, que la priorité soit donnée aux zones allant de Moulay Bouselham à Safi, qui ont en le plus besoin, selon eux, et émettent, par ailleurs, l’espoir de voir la gestion des ports confiée à un seul organisme si c’est possible.
A signaler aussi que l’ONP prévoit une labellisation pour distinguer le produit national sur les marchés extérieurs ainsi qu’une ” bourse à l’export ” qui sera mise en place à Casablanca en vue de consolider la compétitivité des entreprises de pêche, ouvertes sur le marché international dans le cadre des échanges avec les partenaires étrangers et de l’accord de pêche conclu avec l’Union Européenne.

MAP

Partager
  • gplus
  • pinterest

Leave a comment