Lutte contre les chenilles processionnaires du pin : expérimentation de l’éco-piège

La processionnaire du pin est un insecte dont les chenilles, dites défoliatrices, s’attaquent aux pins et aux cèdres dont elles consomment les aiguilles. Elles affaiblissent ainsi les arbres et retardent leur croissance. Ce ravageur des jardins, des espaces verts et des forêts progresse vers le nord et en altitude en lien avec le réchauffement climatique. Or sa propagation engendre d’importants problèmes économiques et sanitaires, les chenilles étant hautement urticantes pour l’homme et les animaux. C’est donc dans ce contexte que l’Unité Expérimentale Forestières Méditerranéenne du Centre de recherche INRA d’Avignon, qui est spécialisée dans la recherche et le développement de méthodes de luttes alternatives contre ce ravageur, a participé au développement de l’éco-piège, en collaboration avec l’entreprise La Mésange Verte.
L’éco-piège est formé d’une simple collerette, entourant le tronc à une hauteur où les enfants ne peuvent pas l’atteindre, et d’un sac rempli de terre. Le principe sur lequel repose ce système de lutte est particulièrement original : il utilise en effet des séquences du comportement de l’insecte pour mieux le piéger. Rappelons qu’en fin d’évolution larvaire, les chenilles se regroupent en procession le long du tronc pour descendre de l’arbre et se nymphoser dans la terre. Arrivées dans la collerette, elles sont dirigées dans un sachet rempli de terre suspendu à l’arbre dans lequel elles vont tisser un cocon et se nymphoser. En fin d’hiver, période où les processions sont terminées, l’utilisateur devra décrocher le sachet plastique et l’incinérer. Précisons que ce piège doit être installé sur le tronc des conifères ayant des nids d’hiver de processionnaire du pin. Ainsi, par ce principe, les chenilles sont piégées à une période où le risque dû aux soies urticantes est le plus important. C’est donc une méthode de lutte particulièrement intéressante dans les jardins et dans les zones fréquentées par le public.
L’INRA a testé ce piège dans un terrain de camping du Vaucluse, dans le sud de la France, sur un échantillonnage de pins d’Alep fortement infestés par la processionnaire du pin. Les sachets ont été enlevés et vidés en fin de période. Résultat : de nombreuses chrysalides de processionnaires ont été ainsi dénombrées ce qui prouve l’efficacité du dispositif. Courant 2010, des études complémentaires devraient être menées. Pour autant, l’éco-piège peut déjà être recommandé comme une méthode de lutte efficace.
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novembre 3, 2009
Classé sous - Protection des végétaux

