Le miel d'euphorbe (Daghmous), le produit de terroir le plus prisé par les visiteurs du SIAM

MIEL DAGHMOUS SIAM 2014Meknès – Le miel d’euphorbe (Daghmous), réputé pour ses vertus alimentaires, thérapeutiques et cosmétiques, est le produit du terroir le plus prisé par les visiteurs de la 9ème édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM).

Un engouement particulier pour le miel en général et celui de l’euphorbe en particulier, a été manifesté par les consommateurs durant les cinq premiers jours du Salon, qui cherchent avant tout un produit “bio” et “pur” ayant des vertus thérapeutiques.

Interrogé par la MAP, le vice-président de l’Union des coopératives apicoles de Ouazzane, Seddik Daoudi, a assuré que durant cette édition, le miel d’euphorbe et de thym sont les produits les plus convoités par les pèlerins du SIAM, en dépit de leurs prix élevés.

“Nous avons vendu 200 kilogrammes de miel jusqu’à aujourd’hui, dont plus de la moitié sont à base de thym et de Daghmous”, a-t-il précisé, relevant que les consommateurs commencent à prendre conscience des vertus de ce nectar qui permet de prévenir notamment contre les affections des voies respiratoires, l’asthme allergique, les maladies cardio-vasculaires et l’hypertension.

Le miel de cèdre vient en deuxième position suivi de ceux d’eucalyptus, d’oranger, multi-fleurs et de la lavande, qui sont consommés au quotidien, a expliqué M. Daoudi.

Le prix du miel d’euphorbe et de thym s’élève à 250 DH/kg, alors que celui du cèdre, d’eucalyptus et d’oranger oscille entre 100 DH/kg et 200 DH/kg, a-t-il fait savoir, relevant que le miel d’Arbousier de la région de Tétouan-Chefchaouen-Ouazzane, qui est vendu à 300 DH/Kg, recèle une qualité unique et séduira plus les amateurs de saveurs fortes et épicées.

La gelée royale n’est pas en reste. Elle séduit beaucoup les consommateurs, en raison de ses vertus qui permettraient de réduire la fatigue physique et intellectuelle et le stress, et de renforcer l’immunité, a-t-il dit, notant que ce produit doit être conservé dans le réfrigérateur pour garder sa contenance et conserver sa pureté.

Concernant les produits cosmétiques à base de miel, M. Daoudi a estimé que ce créneau est très prometteur, d’autant plus qu’il suscite de plus en plus l’engouement des consommateurs, citant l’exemple des produits déjà présents au salon, à savoir le savon et le shampoing qui enregistrent des volumes importants de ventes.

Concernant les problèmes qui entravent le développement de la filière apicole au Maroc, M. Daoudi a notamment soulevé la multiplicité des intermédiaires, qui est de nature à faire augmenter le prix de vente du miel sur le marché national et ainsi compliquer l’organisation de la filière apicole.

Il a également relevé les difficultés liés à la commercialisation du miel au niveau national, notamment l’importation des produits apicoles de l’étranger avec des prix bas qui rendent ainsi les miels marocains moins attractifs, appelant, à cet égard, les autorités concernées à limiter l’importation du miel, étant donné que la production nationale répond largement aux besoins du marché intérieur.

M. Daoudi a, en outre, évoqué la peur du consommateur marocain du miel emballé qui, pour lui, s’apprête à être industriel et non pur, soulignant la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation des citoyens quant aux apports du packaging en matière de préservation de la pureté des produits apicoles.

Le nombre de coopératives, d’associations et d’unions des producteurs apicoles qui sont présentes au SIAM avoisine les 140, a indiqué le chef de service de régulation et surveillance des marchés au ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, Mohammed Nhail, relevant que leurs ventes durant ces cinq jours du Salon se situent aux alentours de 17.000 kg.

La production marocaine du miel s’établit actuellement à 5.300 tonnes par an, et devrait passer à 16.000 tonnes à l’horizon 2020, a noté le responsable, faisant savoir que la consommation moyenne annuelle du miel s’établit à 3 kilos par habitant, alors que les importations marocaines du miel s’élèvent à 2.000 tonnes par an.

Les objectifs attendus à l’horizon 2020, dans le cadre d’un contrat programme signé lors de la 6ème édition du SIAM entre le gouvernement et la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’apiculture (Fimap), concernent l’ensemble de la filière apicole.

Il s’agit notamment de l’encouragement de la valorisation des produits de la ruche pour une meilleure valeur ajoutée et la promotion de la qualité par l’amélioration des conditions techniques et sanitaires de production, de commercialisation et de transformation des produits de la ruche, outre l’amélioration de l’offre du miel et des autres produits de la ruche à des prix abordables.

Le coût global de la mise en oeuvre des actions prévues dans le cadre de ce contrat-programme atteint près de 1,5 milliard de dirhams.

MAP – Par : Sanae El Ouahabi