Résistance endogène des plantes aux pucerons

La méthode classique pour contrer les dégâts dus aux insectes parasites des cultures destinées à la consommation humaine consiste à épandre des insecticides pour tenter d’exterminer le parasite concerné. Cette méthode est décriée, tant pour les effets collatéraux (destruction d’autres espèces non parasites, risques indésirables sur la santé humaine) que pour ses propres limites techniques : les populations parasitaires répondent à l’intervention, ce qui peut conduire à l’apparition de parasites résistants qui sont favorisés par l’épandage.
Depuis la prise de conscience de ces limites, les chercheurs du monde entier s’intéressent aux mécanismes de réponse des plantes aux attaques de parasites. Un chercheur chinois de l’Université de Yangling (près de Xi’an, dans la province du Shaanxi) a présenté au 6° congrès d’entomologie de la région Asie-Pacifique une synthèse sur les travaux en ce sens menés depuis une trentaine d’années.
Pour l’auteur (Mme le professeur Zhao Huiyan) les mécanismes de tolérance des plantes cultivées aux pucerons (qui n’est que l’un des mécanismes de réaction des plantes à divers impacts provenant de leur environnement) a une signification écologique énorme. La co-évolution des plantes et des pucerons peut être gérée de façon que les cultures de rente abritent une population d’insectes herbivores sans compromettre les rendements agricoles. C’est sans doute une des clés du maintien de la biodiversité sur les espaces agricoles.
Commentaire : la fixation de l’attention des agronomes pendant des années sur la commande visant à l’éradication des insectes qui sont nos concurrents dans la consommation des produits agricoles était sans doute en partie une illusion. De nombreux experts, dont Mme Zhao, posent aujourd’hui le problème en d’autres termes : comment nous assurer que les rendements agricoles, mesurés par la quantité ramenée à l’hectare de produits désirés mis à la disposition de l’espèce humaine, restent satisfaisants et s’améliorent, tout en évitant de tuer tout ce qui s’approche des plantes cultivées. Cette posture nous conduit à vivre « à côté » des espèces considérées comme des parasites sans forcément essayer de les exterminer ; non pas d’éliminer tout prélèvement effectué par ces insectes, mais de le ramener à une quantité acceptable qui ne compromet pas l’économie agricole. Bien entendu, le recours aux insecticides n’est alors pas systématique.
bulletins-electroniques.com
novembre 6, 2009
Classé sous - Protection des végétaux

