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Trois nouveaux insecticides pour la gestion des résistances et la lutte intégrée

Trois nouveaux insecticides pour la gestion des résistances et la lutte intégrée

nov 1, 2009

HerbicideApplication

L’emamectine benzoate de Syngenta Agro est un nouvel insecticide foliaire, dérivé semi-synthétique d’un composé naturel issu de la fermentation d’un micro-organisme du sol Streptomyces avermitilis. Il appartient à la famille des avermectines (qui n’a actuellement qu’une matière active commmercialisée l’abamectin) et est classé dans le groupe des activateurs des canaux chlore (groupe 6 – Classification Insecticide Resistance Action Commitee). Il agit au niveau neuromusculaire en se fixant de manière irréversible au niveau du récepteur GABA et sur le récepteur Glutamate H. Il en résulte une inhibition irréversible de la contraction musculaire des insectes. Il n’y a pas de résistance croisée avec les principales classes d’insecticides utilisés aujourd’hui. Il est très actif à des doses très faibles sur de nombreuses espèces de lépidoptères affectant les feuilles et fruits de la vigne, des cultures fruitières et légumières. Il agit principalement par ingestion par les larves, une action ovicide a cependant été observée sur certaines espèces. La substance après l’application pénètre immédiatement dans les tissus végétaux, ce qui la met à l’abri du lessivage, mais il n’y a pas de systèmie. L’évaluation écotoxicologique montre un risque acceptable pour les organismes non-cibles aquatiques et terrestres.
Le spirotetramat (nom commercial Movento®), mis au point par Bayer CropScience, est une substance active innovante destinée à combattre les insectes piqueurs – suceurs ravageurs des plantes cultivées. Elle appartient à la nouvelle famille des acides tétramiques et agit par inhibition de la biosynthèse des lipides (groupe 23 – Classification Insecticide Resistance Action Committee). Le spirotetramat est actif après ingestion sur les stades juvéniles, néanmoins une réduction de la fécondité des adultes et du développement des œufs a été aussi observée. Ce qui est remarquable c’est sa double systémie ascendante et descendante, ce qui lui permet d’atteindre les insectes cryptiques et de protéger les racines et les jeunes pousses sur une longue durée. Il présente un large spectre d’activité : aleurodes, psylles, pucerons, cochenilles et certaines espèces de thrips et sera utile en cultures fruitières et légumières de plein champ et sous serre. Il ne présente pas de résistance croisée avec les insecticides actuellement commercialisés, ce qui sera précieux pour la gestion des résistances. Sa toxicité à court et long terme sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène et mutagène, mais il est irritant pour la peau, des précautions sont donc à prendre à ce sujet. Son profil écotoxicologique est bon : pas toxique sur les oiseaux et la faune du sol, peu sur les organismes aquatiques. Le spirotetramat a des effets limités sur les organismes auxiliaires, ce qui lui permet d’être compatible avec les programmes de protection intégrée.
Le chlorantraniliprole (nom commercial Rynaxypyr®) est un nouvel insecticide foliaire développé par Du Pont qui présente un assez large spectre d’activité pour la lutte contre les lépidoptères nuisibles, mais aussi certaines espèces de coléoptères et diptères. Il appartient à la nouvelle famille des anthranilamides. Il agit en activant les récepteurs à ryanodine (RyR), ce qui libère et épuise les réserves de calcium dans les fibres musculaires des insectes entraînant la dérégulation rapide de la contraction musculaire ce qui conduit à la paralysie, l’arrêt de l’alimentation et la mort en 24 à 72 heures (groupe 28 – du classement des modes d’action de l’Insecticide Resistance Action Committee). La pénétration de la substance dans l’insecte se fait par ingestion et secondairement par contact et il démontre une bonne action larvicides et ovo – larvicide. Le chlorantraniliprole est développé en Europe sur les lépidoptères des cultures fruitières et légumières, sur vigne, maïs et pomme de terre, car il est efficace contre le doryphore Leptinotarsa decemlineata. Son mode d’action innovant le rend très appréciable pour la gestion des résistances. Sa toxicité aiguë et chronique sur les mammifères est faible et il n’a pas d’effet cancérigène, mutagène, ni irritant. Au point de vue éco-toxicologique il a une faible toxicité sur les oiseaux et les poissons, mais il est toxique sur certains invertébrés aquatiques et faiblement toxique sur les algues. Il a un impact minimal sur les organismes non cibles (vers de terre). Il est sélectif vis-à-vis des arthropodes auxiliaires et des abeilles, ce qui en fait un outil de choix pour la lutte intégrée.

Source : CR 8ème Conférence Internationale AFPP sur les Ravageurs en Agriculture, Montpellier

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