« Sans fil » pour surveiller la santé des poulets
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Une équipe de chercheurs japonais, regroupant des membres de l’Advanced Manufacturing Research Institute de l’AIST[1], de l’Organisation Nationale de Recherche en Agriculture et Alimentation et de l’Institut Préfectoral de recherche en élevage d’Ibaraki, a mis au point un capteur sans fil permettant de surveiller l’état de santé d’un élevage de poulets. Ce résultat est le fruit d’un projet intitulé « Développement de capteurs de surveillance animale pour la santé humaine et la sécurité alimentaire » effectué dans le cadre d’un programme de la JST[2] intitulé CREST (Core Research of Evolutional Science & Technology).
Depuis quelques années, les gouvernements du monde craignent que le virus H5N1, dit de la grippe aviaire, se combine avec un virus de la grippe humaine pour provoquer une pandémie meurtrière. Chaque apparition du virus chez des oiseaux d’élevage est donc suivie avec attention. Le capteur proposé par les chercheurs peut être appliqué à la détection précoce d’une flambée de ce virus. De façon plus large, la surveillance en temps réel de la santé des poulets peut représenter une avancée certaine pour la garantie de la sécurité alimentaire, une question particulièrement importante au Japon.
Le capteur sans fil a été conçu pour causer le moins d’inconfort possible à l’animal qui le porte : placé sur l’aile du volatile, il a la taille d’une pièce d’un yen (soit 2cm de diamètre) et pèse moins de trois grammes, batterie comprise. Il mesure la température d’un poulet ainsi que son activité, et envoie ces données à intervalles réguliers définis par l’utilisateur vers une station de traitement de l’information. L’enregistrement des données pour des poulets en bonne santé permet d’établir une base de données représentant leur évolution normale au cours du temps.
L’équipe a ensuite infecté des poulets avec trois souches différentes de virus de la grippe aviaire. Le capteur a permis de les différencier : la souche la plus pathogène tue en moyenne les poulets en 36 heures et ne déclenche que peu de fièvre, tandis que l’infection par les deux autres souches, qui tuent en moyenne en 56 et 87 heures, s’accompagne de fortes fièvres.
Suite à ces résultats, l’Institut Préfectoral de recherche en élevage d’Ibaraki souhaite utiliser le système pour étudier l’effet des températures estivales sur l’état de santé des poulets. Par ailleurs, les chercheurs de l’AIST ont l’intention d’améliorer le capteur, en particulier en diminuant sa consommation en énergie, son coût de fabrication, sa taille et son poids. Pour ce dernier paramètre, ils espèrent atteindre une valeur inférieure à un gramme d’ici 2011.
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[1] Institut National des Sciences et Techniques Industrielles Avancées
[2] Agence Japonaise pour la Science et la Technologie, organisme indépendant chargé de mettre en pratique les politiques de recherche établies par le gouvernement.
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